04.10.2009
mon interview sur wafin.be
Mohsin Mouedden –
http://www.wafin.be/component/content/102.html?task=view<...
Marocain du mois Septembre 2009
WAFIN.BE: un mot sur ton parcours initial (naissance, études, occupation actuelle) Mohsin Mouedden: Je suis né le 24 avril 1971 à Bruxelles. Mes parents sont originaires du Rif et de Tanger, d’où mon attachement viscéral au pays et à cette splendide région. J’ai eu un parcours scolaire semblable à une partie importante de la seconde génération, poussé vers un sous-enseignement où se déroulaient des règlements de compte à la « West Side Story ». J’ai comblé ce manque scolaire via diverses formations et une lecture effrénée dans une bibliothèque qui est devenu mon refuge. On peux sans rire, affirmer que j’ai eu comme professeurs : Malcolm X, le Mahatma Gandhi, Martin Luther King et Nelson Mandela. Ils ont forgé ma conscience politique et mon identité. Depuis trois ans, je suis coordinateur d’un service para-communal.
WAFIN.BE: la fibre associative a germé en vous très tôt, et çà a l'air de ne pas fléchir ? (citer ton assoc, la Palestine, etc.)
15:18 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
discrimination/journaliste du Monde
Moi, Mustapha Kessous, journaliste au "Monde" et victime du racisme
Brice Hortefeux a trop d'humour. Je le sais, il m'a fait une blague un jour. Jeudi 24 avril 2008. Le ministre de l'immigration et de l'identité nationale doit me recevoir dans son majestueux bureau. Un rendez-vous pour parler des grèves de sans-papiers dans des entreprises. Je ne l'avais jamais rencontré. Je patiente avec ma collègue Laetitia Van Eeckhout dans cet hôtel particulier de la République. Brice Hortefeux arrive, me tend la main, sourit et lâche : "Vous avez vos papiers ?"
Je pensais que ma "qualité" de journaliste au Monde allait enfin me préserver de mes principaux "défauts" : être un Arabe, avoir la peau trop basanée, être un musulman. Je croyais que ma carte de presse allait me protéger des "crochets" balancés par des gens obsédés par les origines et les apparences. Mais quels que soient le sujet, l'endroit, la population, les préjugés sont poisseux.
J'en parle souvent à mes collègues : ils peinent à me croire lorsque je leur décris cet "apartheid mental", lorsque je leur détaille les petites humiliations éprouvées quand je suis en reportage, ou dans la vie ordinaire. A quoi bon me présenter comme journaliste au Monde, on ne me croit pas. Certains n'hésitent pas à appeler le siège pour signaler qu'"un Mustapha se fait passer pour un journaliste du Monde !"
Ça fait bien longtemps que je ne prononce plus mon prénom lorsque je me présente au téléphone : c'est toujours "M. Kessous". Depuis 2001, depuis que je suis journaliste, à la rédaction de Lyon Capitale puis à celle du Monde, "M. Kessous", ça passe mieux : on n'imagine pas que le reporter est "rebeu". Le grand rabbin de Lyon, Richard Wertenschlag, m'avait avoué, en souriant : "Je croyais que vous étiez de notre communauté."
J'ai dû amputer une partie de mon identité, j'ai dû effacer ce prénom arabe de mes conversations. Dire Mustapha, c'est prendre le risque de voir votre interlocuteur refuser de vous parler. Je me dis parfois que je suis parano, que je me trompe. Mais ça s'est si souvent produit...
A mon arrivée au journal, en juillet 2004, je pars pour l'île de la Barthelasse, près d'Avignon, couvrir un fait divers. Un gamin a été assassiné à la hachette par un Marocain. Je me retrouve devant la maison où s'est déroulé le drame, je frappe à la porte, et le cousin, la cinquantaine, qui a tenté de réanimer l'enfant en sang, me regarde froidement en me lançant : "J'aime pas les Arabes." Finalement, il me reçoit chez lui.
On pensait que le meurtrier s'était enfui de l'hôpital psychiatrique de l'endroit : j'appelle la direction, j'ai en ligne la responsable : "Bonjour, je suis M. Kessous du journal Le Monde..." Elle me dit être contente de me recevoir. Une fois sur place, la secrétaire lui signale ma présence. Une femme avec des béquilles me passe devant, je lui ouvre la porte, elle me dévisage sans me dire bonjour ni merci. "Il est où le journaliste du Monde ?", lance-t-elle. Juste derrière vous, Madame : je me présente. J'ai alors cru que cette directrice allait s'évanouir. Toujours pas de bonjour. "Vous avez votre carte de presse ?, me demande-t-elle. Vous avez une carte d'identité ?" "La prochaine fois, Madame, demandez qu'on vous faxe l'état civil, on gagnera du temps", riposté-je. Je suis parti, évidemment énervé, forcément désarmé, avant de me faire arrêter plus loin par la police qui croyait avoir... trouvé le suspect.
Quand le journal me demande de couvrir la révolte des banlieues en 2005, un membre du club Averroès, censé promouvoir la diversité, accuse Le Monde d'embaucher des fixeurs, ces guides que les journalistes paient dans les zones de guerre. Je suis seulement l'alibi d'un titre "donneur de leçons". L'Arabe de service, comme je l'ai si souvent entendu dire. Sur la Toile, des sites d'extrême droite pestent contre "l'immonde" quotidien de référence qui a recruté un "bougnoule " pour parler des cités.
Et pourtant, s'ils savaient à quel point la banlieue m'était étrangère. J'ai grandi dans un vétuste appartement au coeur des beaux quartiers de Lyon. En 1977, débarquant d'Algérie, ma mère avait eu l'intuition qu'il fallait vivre au centre-ville et non pas à l'extérieur pour espérer s'en sortir : nous étions parmi les rares Maghrébins du quartier Ainay. Pour que la réussite soit de mon côté, j'ai demandé à être éduqué dans une école catholique : j'ai vécu l'enfer ! "Retourne dans ton pays", "T'es pas chez toi ici", étaient les phrases chéries de certains professeurs et élèves.
Le 21 décembre 2007, je termine une session de perfectionnement dans une école de journalisme. Lors de l'oral qui clôt cette formation, le jury, composé de professionnels, me pose de drôles de questions : "Etes-vous musulman ? Que pensez-vous de la nomination d'Harry Roselmack ? Si vous êtes au Monde, c'est parce qu'il leur fallait un Arabe ?"
A plusieurs reprises, arrivant pour suivre un procès pour le journal, je me suis vu demander : "Vous êtes le prévenu ?" par l'huissier ou le gendarme en faction devant la porte du tribunal.
Le quotidien du journaliste ressemble tant à celui du citoyen. Depuis plusieurs mois, je cherche un appartement. Ces jours derniers, je contacte un propriétaire et tombe sur une dame à la voix pétillante : "Je m'appelle Françoise et vous ?" "Je suis M. Kessous ", lui répondis-je en usant de mon esquive habituelle. "Et votre prénom ?", enchaîne-t-elle. Je crois qu'elle n'a pas dû faire attention à mon silence. Je n'ai pas osé le lui fournir. Je me suis dit que, si je le lui donnais, ça serait foutu, qu'elle me dirait que l'appartement avait déjà été pris. C'est arrivé si souvent. Je n'ai pas le choix. J'hésite, je bégaye : "Euhhhhh... Mus... Mustapha."
15:17 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
l'affaire Polanski !
Que nous dévoile l’arrestation du cinéaste Roman Polanski ?

http://fr.wikipedia.org/wiki/Roman_Polanski
par Mouedden Mohsin
Depuis l’arrestation du célèbre cinéaste franco-polonais, Roman Polanski, nous avons eu droit à un florilège de réactions qui la plupart vont dans le sens d’un soutien inconditionnel.
Rappel des faits :
En 1977, le jeune Polanski a rendez-vous pour des prises de photos dans une villa au Etats-Unis avec un très jeune mannequin de 13 ans. Cette dernière révèlera qu’elle a été droguée délibérément afin de faciliter l’abus sexuel ou plutôt le viol. Ce dernier ne daignera reconnaître que « la relation sexuelle » sur mineure et fera quelques jours de prison avant d’être libéré sous caution, avant son jugement. Il quittera précipitamment les Etats-Unis estimant qu’il n’aurait eu droit, dans le pays le plus « libre » du monde à un procès « équitable ». Ainsi, depuis 32 ans, Polanski fuit les Etats-Unis et les Etats-Unis demande son extradition afin d’y être jugé. Entre temps, Roman Polanski payera un montant à sa victime et cette dernière, il y a deux ans, lui pardonnera.
Un soutien inconditionnel…indécent et hystérique !
L’arrestation du cinéaste à Genève la semaine dernière a dévoilé certains comportements troublants. Ainsi, le Ministre de la Culture française, Frédéric Mitterand s’est dit « stupéfiait » et a invoqué un « acharnement » contre celui qui a déjà tant souffert. Il parlait notamment de la Shoah, puisque Polanski a vu une partie de sa famille périr dans les chambres à gaz. Lui-même a vécu dans le ghetto de Cracovie, cependant cette phrase est malheureuse à plus d’un titre, car si nous suivons la logique du Ministre, il suffirait d’avoir connu un drame immonde pour être lavé de tout soupçon et in fine, exempté de rendre des comptes à la justice. De la part d’un Ministre, c’est gravissime, d’autant plus que dans un de ses ouvrages, il parle de ses propres relations sexuelles tarifées qu’il partagea avec des « garçons » en Asie. Le silence et un peu de décence, dans son cas auraient été le minimum.
En outre, le corporatisme d’une élite joue à plein. L’association des cinéastes suisses estime que ce "scandale juridique nuira à la réputation de la Suisse et n’hésite pas à parler de « farce juridique en Amérique ».
La corporation des cinéastes Européens s’est lancée dans une large pétition de soutien, avec notamment Salman Rusdie, Pascal Bruckner, le philosophe, Bernard Henri Lévy qui sur antenne estima : « que cela n’a pas de sens de mettre un homme en prison pour des faits d’il y a 30 ans (en oubliant d’expliquer que le cinéaste est en fuite depuis 30 ans), il venait à Zurich pour recevoir un prix pour son œuvre qui est considérable…un festival du film qui se transforme en traquenard policier qui n’est pas acceptable » Il ajoute : « Roman Polanski est un enchanteur qui a enchanté des générations entières, d’hommes et de femmes, et des enfants…avec des histoires magnifiques… ». Sa victime appréciera ! Nous sommes ici en plein délire, la raison tant rabâchée n’a plus cours…
http://www.dailymotion.com/video/xan0bq_polanski-peutetre...
Tandis que le Ministre, Bernard Kouchner estime qu'il a un "talent reconnu dans le monde entier". Jacques Lang (PS) parle de "grand créateur européen", enfin la nouvelle directrice de l’UNESCO, évoque "une personnalité intellectuelle mondialement connue" et donc nous comprenons que tous ces « beaux » esprits invoquent soit la célébrité, un passé douloureux (shoah) ou le génie, afin de présenter le cinéaste comme une « victime expiatoire ». Lorsqu’un des nôtres doit rendre des comptes, nos principes s’envolent…
On oublie d’avancer que les Etats-Unis tentent depuis 30 ans de rappeler au coupable et aux nombreux pays « amis » l’hébergeant, via un mandat international, son extradition : Canada, Israël, France, Grande-Bretagne, l’Allemagne…c’était silence radio ! Polanski est un « génie » que l’on n’extrade pas, surtout si il a connu le ghetto de Cracovie et fait partie de « notre » élite ! Tous ces « beaux » esprits sont bien dans la justice de classe, c’est affligeant.
Conclusion :
Cette histoire révèle deux choses : que l’on soit riche ou pauvre, connu ou méconnu, faisant partie de la « famille » ou pas, le traitement sera différencié. Seul Daniel Cohn Bendit et le réalisateur Besson prennent leurs distances.
Le second constat est d’ordre plutôt politique et dépasse le cinéaste. La pression exercée sur la Suisse par les Etats-Unis depuis deux ans afin que ce pays dévoile les noms des riches (fraudeurs) américains qui ont un compte bien garni dans les banques Suisses a perturbé le pays de « la vache qui ne rit plus »…Si l’arrestation du cinéaste intervient aujourd’hui, c’est également pour donner des gages de bonne conduite à l’Oncle Sam, car la Suisse avait la possibilité de l’arrêter il y a déjà de très nombreuses années, le prévenu se rendait régulièrement en Suisse et y possédait même une habitation.
Nous pouvons regretter la violence de la justice américaine, cependant à bien des égards, cette justice est beaucoup plus libre et indépendante que la justice française ou l’interventionnisme politique y est, diffus. A Roman Polanski de nous prouver que ce ne fût pas un viol caractérisé, mais uniquement un égarement coupable sur une mineure de 13 ans…Y a-t-il une différence ? A la justice américaine de trancher, à moins qu’une solution politique ne vienne « sauver » le réalisateur du film « le pianiste »
NB : Lire aussi la dernière carte blanche de la Libre Belgique indécente de soutien au cinéaste !
http://www.lalibre.be/debats/opinions/article/532728/libe...
15:16 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


