27.10.2009

communiqué de presse : Belgique & Israël

 Communiqué de presse 

« Collectif pour le respect à la Démocratie »

 

Lettre ouverte au gouvernement Fédéral, Régional et Communautaire de Belgique

 

 

        Abstention de notre pays lors du vote au Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies concernant le rapport « Goldstone » sur les crimes de guerre de l’Etat israélien - Mission économique de la Région Bruxelles Capitale et Israël – Festival du Cinéma israélien - Tapis de fleurs pour Tel-Aviv

 

Notre pays vient de s’abstenir lors du vote du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies sur le rapport « Goldstone », le 23 octobre dernier. Ce rapport met en évidence les nombreux crimes de guerre, voire contre l’humanité, perpétrés par le gouvernement israélien lors de l’opération « plomb durci » à Gaza au mois de décembre 2008 – janvier 2009.

 

Lorsque nous analysons le résultat final, nous constatons que les pays européens ont voté majoritairement contre le-dit rapport (Pays-Bas, l'Italie, la Slovaquie, la Hongrie), tandis que la France et la Grande-Bretagne ont refusé d’y participer, démontrant ainsi le mépris de certains Etats européens à l’égard de l’Institution et des victimes palestiniennes. Le rapport a finalement été adopté à une courte majorité, grâce aux voix des pays du Sud, ce qui vaut aujourd’hui à Israël d’être mis à l’index et de présenter ce rapport comme « injuste » voire « antisémite », là où l’initiateur du rapport, Monsieur Goldstone est lui-même issu de cette communauté.

 

Cependant, nous ne pouvons nous satisfaire de cette abstention qui dans ce cas équivaut à un soutien à la politique belliqueuse israélienne, faite d’occupation, de violations systématiques de toutes les résolutions des Nations Unies. Notre pays ainsi que l’Europe bafoue nos valeurs démocratiques en adoptant, une fois de plus, une posture politique inexcusable et plus grave injuste.

 

En outre, que la mission économique soit directement impulsée par le gouvernement bruxellois où le Ministère en charge des affaires extérieures de la Région, à savoir le Ministre Benoît Cerexhe (CDH) démontre là aussi, le mépris à l’égard des 1.400 victimes Palestiniens, dont de très nombreux civils victimes des obus et balles israéliens, sans parler des milliers de blessés et de personnes traumatisées. A ce jour, tant le gouvernement bruxellois que le Ministre Benoît Cerexhe se taisent dans toutes les langues et ce malgré les très nombreuses interpellations citoyennes.

      Nous avons également appris que la Région bruxelloise financera avec le          soutien de l’Ambassade d’Israël, le festival du cinéma israélien de Bruxelles qui se déroule actuellement. Ce dernier est organisé dans le cadre du 50ème anniversaire du CCLJ.

      Le Centre communautaire laïc juif est une antenne de la gauche sioniste radicale, proche des travaillistes qui ont déclenché l’opération « plomb durci » à Gaza. L’actuel président  israélien, Shimon Perez est lui aussi un travailliste des plus belliqueux qui n’hésite pas à justifier et à défendre le passif criminel israélien.

   

     Ainsi, grâce à la Région bruxelloise et aux partis politiques qui sont dans la majorité, chaque Bruxellois soutient financièrement le projet communautariste du CCLJ qui se voit ainsi récompensé pour son soutien inconditionnel à l’Etat d’Israël. La proximité du CCLJ avec un parti de gauche belge est à nos yeux, une collaboration des plus cyniques. 

 

   Enfin, le bourgmestre de la ville de Bruxelles, Freddy Thielemans (PS) s’est rendu mi-septembre en Israël en offrant un tapis de fleurs (financé par une société belge) dans le cadre du 100ème anniversaire de la création de la ville de Tel-Aviv. Le bourgmestre a tenu un discours avec son homologue Israélien à Tel-Aviv. Le voyage aurait été payé par la ville de Tel-Aviv, même si le bourgmestre l’a nié après avoir rencontré le 22 septembre une délégation citoyenne offusquée par ce blanc-seing donné à un Etat qui bafoue toutes les résolutions des Nations Unies.

 

 

En fin de compte, toutes ces lâchetés additionnées et à chaque fois, justifiées par nos édiles politiques ou notre gouvernement, (voir encore récemment le fameux rehaussement de l’accord économique entre l’Union Européenne et Israël au mois de décembre 2008 faisant d’Israël, un membre quasi permanent de l’Union Européenne) sont des compromissions et des collaborations avec un régime qui sous prétexte d’être « démocratique », mais avec un gouvernement hétéroclite dont l’extrême droite, reçoit une carte blanche pour poursuivre son projet ségrégationniste, colonialiste et criminel.

 

Aujourd’hui, plus qu’hier, nous exigeons de notre gouvernement fédéral, régional et communautaire, une attitude responsable et respectueuse du Droit international.

 

A savoir :

 

1.      Exiger le respect du Droit international afin de mettre fin au blocus et à l’embargo de la Bande de Gaza, mais aussi en Cisjordanie avec les multiples check-points.

2.      Suspendre tous les accords commerciaux avec Israël tant que ce dernier poursuit ses multiples violations concernant le Droit humanitaire et les Droits de l’Homme.

3.      Exiger Israël à se conformer au Droit international en respectant notamment la décision de la Cour Internationale de Justice de la Haye concernant le mur de la honte qui pénètre le territoire palestinien et divise les familles et les villages palestiniens.

4.      Soutenir et ratifier le rapport « Goldstone »

5.      Participer à la campagne de boycott international tant que ce pays ne respectera pas les Accords internationaux.

6.      Exiger d’Israël le respect de toutes les Résolutions des Nations Unies.

7.      Exiger d’Israël la libération de milliers de prisonniers politiques palestiniens, dont Marwan Barghouti, kidnappé depuis 2002 en violation de toutes les règles internationales avec notamment des traitements inhumains et dégradants.

8.      Exiger d’Israël la libération  de plusieurs centaines de mineurs palestiniens incarcérés dans les prisons israéliennes sans jugement.

 

En outre, nous exigeons de nos politiques que les deniers publics ne soient plus attribués aux associations sionistes de Belgique qui promeuvent un projet communautariste de soutien à une politique criminelle.

 

Les Palestiniens déshumanisés, sont un peuple ouvert, dynamique à la culture séculaire qui quotidiennement face à une occupation invraisemblable, résistent, via les actes politiques et civiques, les arts et la culture et toutes les formes d’expression non violente.

 

Nous continuerons à militer afin que nos multiples gouvernements ne soient plus « hors-la-loi » par rapport aux règlements communautaires européens.

Nous continuerons à informer et sensibiliser l’opinion publique, les associations et les médias afin de mettre en évidence vos politiques ignominieuses ou espérons-le justes et courageuses.

 

Salutations distinguées.

 

Infos – contact : Mouedden Mohsin

 

GSM : 0473.595.407

                             mohsin.mouedden@gmail.com

                              

 

Najat Saadoune,         

Présidente Dar el Ward               

 

Jacob Mahi,

Islamologue

 

Daniel Vanhove

Observateur civil en Palestine & Auteur

 

Karima El Mouzghibati,                      

juriste

 

Oscar Flores,                      Moussaddaq Abdou,

                                  citoyen,                                               citoyen,

 

 

Le collectif pour le respect de la Démocratie est une association fondée en 2002 suite aux multiples crimes racistes en Belgique. Il a pour objectif de militer en faveur d’une société respectueuse des valeurs démocratiques et humaniste

08.10.2009

Réponse d'Isabelle Durant (Ecolo)

Bonjour,

Suite à mon interpellation sur la question du foulard, notamment à Watermael-Boitsfort (à lire en bas de page), je vous propose de lire la réponse envoyé par la co-présidente et députée Européenne, Isabelle Durant. 

 

Isabelle Durant,

co-présidente d'Ecolo

 

Bonjour Monsieur Mouedden,

Nous avons bien reçu votre message concernant le délicat problème du port du voile et les développements qui y ont été donnés, en particulier à Watermael Boitsfort.

Le vote du règlement de travail dans cette commune a eu lieu dans un contexte et poursuivait un objectif qui n’avaient strictement rien à voir avec la question du foulard. En effet, il s’agissait de mettre fin aux agissements de prosélytisme pour une secte religieuse d’un employé au CPAS. Dès lors, dans une commune très peu concernée par la question du voile, les élus verts lors du passage de ce point en collège et l'ensemble des élus lors du passage en conseil communal ont agi de bonne foi pour regler ce cas particulier de prosélytisme. C'est pour cette raison même qu'ils n'ont pas pris de contact particulier avec la direction régionale ou fédérale à l'époque du vote. Il va de soit par ailleurs que la locale Ecolo de Watermael-Boitsfort soutient le programme d'Ecolo et milite bien sûr pour plus d'équité et d'égalité, en cette matière comme dans d'autre. A la suite de cette décision, nous avons rappelé notre programme en la matière à l’ensemble de nos mandataires

Pour ce qui concerne la question plus générale du port du voile dans l'enseignement officiel, je ne peux que m'en référer au programme d'Ecolo que vous connaissez et sur lequel nous avons fait campagne. Nous restons défavorable à une interdiction généralisée mais voulons soutenir mieux les directions d'école dans les décisions à prendre au cas par cas. Nous connaissons bien sûr les projets d'arrêtés proposées par le collectif neutralité.be et considérons toujours qu'ils constituent une piste de travail pour discuter de cette question, comme nous avons été les seules à le rappeler dans l'émission "Controverses" d'il y a deux semaines.

Toutefois, et sans que cela ne puisse être assimilé à des manoeuvres dilatoires, nous voulons privilégier le dialogue, l'écoute, la confrontation de tous les points de vue et des expériences, en particulier avec ceux qui sont en première ligne : les enseignants, les directeurs, les jeunes filles et élèves concernés. Il nous semble que c'est une condition sine qua non si l'on souhaite qu'une décision  soit largement assumée. C'est en ce sens qu'Etopia a publié un recueil de contributions très intéressantes sous le titre "Dépasser les peurs, construire un monde commun". C'est en ce sens que nous poursuivrons dans les semaines et mois qui viennent, pour et avec les membres et les élus d'Ecolo mais aussi et surtout avec l'extérieur,  les discussions et les rencontres sur l'ensemble de la problématique, y compris sur les pistes qu'ouvrent les accommodements raisonnables en matière de lutte contre les discriminations.

Vous remerciant pour votre interpellation et votre engagement, recevez l'expression de nos sentiments les meilleurs.

 

Isabelle Durant
Députée européenne et Co-présidente Ecolo

A l'attention de la Direction d'Ecolo Fédérale/Régionale.

Bruxelles, le 30 septembre 2009

Mesdames, Messieurs,

Objet : concerne la décision des écolos de Watermael-Boitsfort et de votre parti sur le foulard

Je me permets de vous contacter de nouveau afin d'avoir une réponse claire de la part de la direction d'Ecolo sur la question des libertés religieuses (foulard) au sein de l'enseignement officiel et au sein des administrations.

Je constate une déception grande parmi ceux nombreux, musulmans belges qui ont été notamment séduits par le volet "interculturel" de votre programme électoral de juin 2009. Nous constatons avec regret le silence de la Direction, notamment sur la décision prise à Watermael-Boitsfort. L'article du journaliste indépendant, Mehmet Koksal http://parlemento.com/ illuste combien certains sont oublieux de certains principes pourtant figurant dans un programme séduisant et plus important, juste.

Je constate également sur certains forums musulmans ou facebook, une déception grande de beaucoup d'internautes, suite à une posture parfois peu claire ou à un manque d'information et de communication de la part de la Direction.

En conclusion, j'aimerai si possible avoir une réponse à mes quatre questions afin de pouvoir les diffuser au sein de la communauté musulmane de la région Bruxelloise et de la Wallonie :

Soutenez-vous la position d'Ecolo Watermael Boistfort ? Si la réponse est négative. Comptez-vous agir politiquement afin de rappeler à la section de Watermael-Boitsfort son devoir de militer pour plus de justice et d'égalité ?
Comptez-vous poser un acte politique fort afin de soutenir les étudiantes exclues des écoles et les femmes victimes de l'arbitraire au sein de certaines administrations et plus généralement du monde professionnel ?
Comptez-vous mettre en application la proposition des deux arrêtés relatifs aux ports des signes religieux ou philosophiques proposée par www.neutralite.be que vous avez me semble t'il soutenue ? Si oui, comment ? Puisque vous figurer aujourd'hui dans le gouvernement avec deux acteurs à gauche et progressiste ?
Le MR ayant opté pour l'interdiction, votre parti compte t'il nous faire connaître sa position officielle au plus vite ?
J'espère recevoir une réponse claire qui nous permettra de mieux cerner la volonté politique du parti à régler une situation qui pousse nos citoyennes belges (ou non) à la précarité et au bannissement.

Veuillez agréer, Mesdames, Messieurs, mes salutations les plus distinguées.

Mouedden Mohsin

acteur associatif,
0473.595.407

04.10.2009

mon interview sur wafin.be

Mohsin Mouedden –
http://www.wafin.be/component/content/102.html?task=view<...
Marocain du mois Septembre 2009

WAFIN.BE: un mot sur ton parcours initial (naissance, études, occupation actuelle) Mohsin Mouedden: Je suis né le 24 avril 1971 à Bruxelles. Mes parents sont originaires du Rif et de Tanger, d’où mon attachement viscéral au pays et à cette splendide région. J’ai eu un parcours scolaire semblable à une partie importante de la seconde génération, poussé vers un sous-enseignement où se déroulaient des règlements de compte à la « West Side Story ». J’ai comblé ce manque scolaire via diverses formations et une lecture effrénée dans une bibliothèque qui est devenu mon refuge. On peux sans rire, affirmer que j’ai eu comme professeurs : Malcolm X, le Mahatma Gandhi, Martin Luther King et Nelson Mandela. Ils ont forgé ma conscience politique et mon identité. Depuis trois ans, je suis coordinateur d’un service para-communal.

WAFIN.BE: la fibre associative a germé en vous très tôt, et çà a l'air de ne pas fléchir ? (citer ton assoc, la Palestine, etc.)

discrimination/journaliste du Monde

Moi, Mustapha Kessous, journaliste au "Monde" et victime du racisme

Brice Hortefeux a trop d'humour. Je le sais, il m'a fait une blague un jour. Jeudi 24 avril 2008. Le ministre de l'immigration et de l'identité nationale doit me recevoir dans son majestueux bureau. Un rendez-vous pour parler des grèves de sans-papiers dans des entreprises. Je ne l'avais jamais rencontré. Je patiente avec ma collègue Laetitia Van Eeckhout dans cet hôtel particulier de la République. Brice Hortefeux arrive, me tend la main, sourit et lâche : "Vous avez vos papiers ?"

Trois mois plus tard, lundi 7 juillet, jour de mes 29 ans. Je couvre le Tour de France. Je prépare un article sur ces gens qui peuplent le bord des routes. Sur le bitume mouillé près de Blain (Loire-Atlantique), je m'approche d'une famille surexcitée par le passage de la caravane, pour bavarder. "Je te parle pas, à toi", me jette un jeune homme, la vingtaine. A côté de moi, mon collègue Benoît Hopquin n'a aucun souci à discuter avec cette "France profonde". Il m'avouera plus tard que, lorsque nous nous sommes accrédités, une employée de l'organisation l'a appelé pour savoir si j'étais bien son... chauffeur.


Je pensais que ma "qualité" de journaliste au Monde allait enfin me préserver de mes principaux "défauts" : être un Arabe, avoir la peau trop basanée, être un musulman. Je croyais que ma carte de presse allait me protéger des "crochets" balancés par des gens obsédés par les origines et les apparences. Mais quels que soient le sujet, l'endroit, la population, les préjugés sont poisseux.


J'en parle souvent à mes collègues : ils peinent à me croire lorsque je leur décris cet "apartheid mental", lorsque je leur détaille les petites humiliations éprouvées quand je suis en reportage, ou dans la vie ordinaire. A quoi bon me présenter comme journaliste au Monde, on ne me croit pas. Certains n'hésitent pas à appeler le siège pour signaler qu'"un Mustapha se fait passer pour un journaliste du Monde !"


Ça fait bien longtemps que je ne prononce plus mon prénom lorsque je me présente au téléphone : c'est toujours "M. Kessous". Depuis 2001, depuis que je suis journaliste, à la rédaction de Lyon Capitale puis à celle du Monde, "M. Kessous", ça passe mieux : on n'imagine pas que le reporter est "rebeu". Le grand rabbin de Lyon, Richard Wertenschlag, m'avait avoué, en souriant : "Je croyais que vous étiez de notre communauté."

J'ai dû amputer une partie de mon identité, j'ai dû effacer ce prénom arabe de mes conversations. Dire Mustapha, c'est prendre le risque de voir votre interlocuteur refuser de vous parler. Je me dis parfois que je suis parano, que je me trompe. Mais ça s'est si souvent produit...


A mon arrivée au journal, en juillet 2004, je pars pour l'île de la Barthelasse, près d'Avignon, couvrir un fait divers. Un gamin a été assassiné à la hachette par un Marocain. Je me retrouve devant la maison où s'est déroulé le drame, je frappe à la porte, et le cousin, la cinquantaine, qui a tenté de réanimer l'enfant en sang, me regarde froidement en me lançant : "J'aime pas les Arabes." Finalement, il me reçoit chez lui.


On pensait que le meurtrier s'était enfui de l'hôpital psychiatrique de l'endroit : j'appelle la direction, j'ai en ligne la responsable : "Bonjour, je suis M. Kessous du journal Le Monde..." Elle me dit être contente de me recevoir. Une fois sur place, la secrétaire lui signale ma présence. Une femme avec des béquilles me passe devant, je lui ouvre la porte, elle me dévisage sans me dire bonjour ni merci. "Il est où le journaliste du Monde ?", lance-t-elle. Juste derrière vous, Madame : je me présente. J'ai alors cru que cette directrice allait s'évanouir. Toujours pas de bonjour. "Vous avez votre carte de presse ?, me demande-t-elle. Vous avez une carte d'identité ?" "La prochaine fois, Madame, demandez qu'on vous faxe l'état civil, on gagnera du temps", riposté-je. Je suis parti, évidemment énervé, forcément désarmé, avant de me faire arrêter plus loin par la police qui croyait avoir... trouvé le suspect.


Quand le journal me demande de couvrir la révolte des banlieues en 2005, un membre du club Averroès, censé promouvoir la diversité, accuse Le Monde d'embaucher des fixeurs, ces guides que les journalistes paient dans les zones de guerre. Je suis seulement l'alibi d'un titre "donneur de leçons". L'Arabe de service, comme je l'ai si souvent entendu dire. Sur la Toile, des sites d'extrême droite pestent contre "l'immonde" quotidien de référence qui a recruté un "bougnoule " pour parler des cités.


Et pourtant, s'ils savaient à quel point la banlieue m'était étrangère. J'ai grandi dans un vétuste appartement au coeur des beaux quartiers de Lyon. En 1977, débarquant d'Algérie, ma mère avait eu l'intuition qu'il fallait vivre au centre-ville et non pas à l'extérieur pour espérer s'en sortir : nous étions parmi les rares Maghrébins du quartier Ainay. Pour que la réussite soit de mon côté, j'ai demandé à être éduqué dans une école catholique : j'ai vécu l'enfer ! "Retourne dans ton pays", "T'es pas chez toi ici", étaient les phrases chéries de certains professeurs et élèves.


Le 21 décembre 2007, je termine une session de perfectionnement dans une école de journalisme. Lors de l'oral qui clôt cette formation, le jury, composé de professionnels, me pose de drôles de questions : "Etes-vous musulman ? Que pensez-vous de la nomination d'Harry Roselmack ? Si vous êtes au Monde, c'est parce qu'il leur fallait un Arabe ?"

A plusieurs reprises, arrivant pour suivre un procès pour le journal, je me suis vu demander : "Vous êtes le prévenu ?" par l'huissier ou le gendarme en faction devant la porte du tribunal.


Le quotidien du journaliste ressemble tant à celui du citoyen. Depuis plusieurs mois, je cherche un appartement. Ces jours derniers, je contacte un propriétaire et tombe sur une dame à la voix pétillante : "Je m'appelle Françoise et vous ?" "Je suis M. Kessous ", lui répondis-je en usant de mon esquive habituelle. "Et votre prénom ?", enchaîne-t-elle. Je crois qu'elle n'a pas dû faire attention à mon silence. Je n'ai pas osé le lui fournir. Je me suis dit que, si je le lui donnais, ça serait foutu, qu'elle me dirait que l'appartement avait déjà été pris. C'est arrivé si souvent. Je n'ai pas le choix. J'hésite, je bégaye : "Euhhhhh... Mus... Mustapha."

l'affaire Polanski !

Que nous dévoile l’arrestation du cinéaste Roman Polanski ?

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Roman_Polanski

par Mouedden Mohsin

 

Depuis l’arrestation du célèbre cinéaste franco-polonais, Roman Polanski, nous avons eu droit à un florilège de réactions qui la plupart vont dans le sens d’un soutien inconditionnel.

 

Rappel des faits :

 

En 1977, le jeune Polanski a rendez-vous pour des prises de photos dans une villa au Etats-Unis avec un très jeune mannequin de 13 ans. Cette dernière révèlera qu’elle a été droguée délibérément afin de faciliter l’abus sexuel ou plutôt le viol. Ce dernier ne daignera reconnaître que « la relation sexuelle » sur mineure et fera quelques jours de prison avant d’être libéré sous caution, avant son jugement. Il quittera précipitamment les Etats-Unis estimant qu’il n’aurait eu droit, dans le pays le plus « libre » du monde à un procès « équitable ». Ainsi, depuis 32 ans, Polanski fuit les Etats-Unis et les Etats-Unis demande son extradition afin d’y être jugé. Entre temps, Roman Polanski payera un montant à sa victime et cette dernière, il y a deux ans, lui pardonnera.

 

Un soutien inconditionnel…indécent et hystérique !

 

L’arrestation du cinéaste à Genève la semaine dernière a dévoilé certains comportements troublants. Ainsi, le Ministre de la Culture française, Frédéric Mitterand s’est dit « stupéfiait » et a invoqué un « acharnement » contre celui qui a déjà tant souffert. Il parlait notamment de la Shoah, puisque Polanski a vu une partie de sa famille périr dans les chambres à gaz. Lui-même a vécu dans le ghetto de Cracovie, cependant cette phrase est malheureuse à plus d’un titre, car si nous suivons la logique du Ministre, il suffirait d’avoir connu un drame immonde pour être lavé de tout soupçon et in fine, exempté de rendre des comptes à la justice. De la part d’un Ministre, c’est gravissime, d’autant plus que dans un de ses ouvrages, il parle de ses propres relations sexuelles tarifées qu’il partagea avec des « garçons » en Asie. Le silence et un peu de décence, dans son cas auraient été le minimum.

En outre, le corporatisme d’une élite joue à plein. L’association des cinéastes suisses estime que ce "scandale juridique nuira à la réputation de la Suisse et n’hésite pas à parler de « farce juridique en Amérique ».

La corporation des cinéastes Européens s’est lancée dans une large pétition de soutien, avec notamment Salman Rusdie, Pascal Bruckner, le philosophe, Bernard Henri Lévy qui sur antenne estima : « que cela n’a pas de sens de mettre un homme en prison pour des faits d’il y a 30 ans (en oubliant d’expliquer que le cinéaste est en fuite depuis 30 ans), il venait à Zurich pour recevoir un prix pour son œuvre qui est considérable…un festival du film qui se transforme en traquenard policier qui n’est pas acceptable » Il ajoute : « Roman Polanski est un enchanteur qui a enchanté des générations entières, d’hommes et de femmes, et des enfants…avec des histoires magnifiques… ». Sa victime appréciera ! Nous sommes ici en plein délire, la raison tant rabâchée n’a plus cours…

http://www.dailymotion.com/video/xan0bq_polanski-peutetre...

 

Tandis que le Ministre, Bernard Kouchner estime qu'il a un "talent reconnu dans le monde entier". Jacques Lang (PS) parle de "grand créateur européen", enfin la nouvelle directrice de l’UNESCO, évoque  "une personnalité intellectuelle mondialement connue" et donc nous comprenons que tous ces « beaux » esprits invoquent soit la célébrité, un passé douloureux (shoah) ou le génie, afin de présenter le cinéaste comme une « victime expiatoire ». Lorsqu’un des nôtres doit rendre des comptes, nos principes s’envolent…

On oublie d’avancer que les Etats-Unis tentent depuis 30 ans de rappeler au coupable et aux nombreux pays « amis » l’hébergeant, via un mandat international, son extradition : Canada, Israël, France, Grande-Bretagne, l’Allemagne…c’était silence radio ! Polanski est un « génie » que l’on n’extrade pas, surtout si il a connu le ghetto de Cracovie et fait partie de « notre » élite ! Tous ces « beaux » esprits sont bien dans la justice de classe, c’est affligeant.  

 

Conclusion :

 

Cette histoire révèle deux choses : que l’on soit riche ou pauvre, connu ou méconnu, faisant partie de la « famille » ou pas, le traitement sera différencié. Seul Daniel Cohn Bendit et le réalisateur Besson prennent leurs distances.

 

Le second constat est d’ordre plutôt politique et dépasse le cinéaste. La pression exercée sur la Suisse par les Etats-Unis depuis deux ans afin que ce pays dévoile les noms des riches (fraudeurs) américains qui ont un compte bien garni dans les banques Suisses a perturbé le pays de « la vache qui ne rit plus »…Si l’arrestation du cinéaste intervient aujourd’hui, c’est également pour donner des gages de bonne conduite à l’Oncle Sam, car la Suisse avait la possibilité de l’arrêter il y a déjà de très nombreuses années, le prévenu se rendait régulièrement en Suisse et y possédait même une habitation.

  

Nous pouvons regretter la violence de la justice américaine, cependant à bien des égards, cette justice est beaucoup plus libre et indépendante que la justice française ou l’interventionnisme politique y est, diffus. A Roman Polanski de nous prouver que ce ne fût pas un viol caractérisé, mais uniquement un égarement coupable sur une mineure de 13 ans…Y a-t-il une différence ? A la justice américaine de trancher, à moins qu’une solution politique ne vienne « sauver » le réalisateur du film « le pianiste »



NB : Lire aussi la dernière carte blanche de la Libre Belgique indécente de soutien au cinéaste !


http://www.lalibre.be/debats/opinions/article/532728/libe...

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