29.05.2008
la DH et les violences à Anderlecht
La DH dérape t'elle ?
Populisme ou information ?
La DH nous présente une "enquête" sur les violences à Anderlecht... D'enquête, il n'en sera rien... plutôt un micro trottoir chez les jeunes les plus hargneux... Drôle d'enquête...
Lire ma réponse à la DH et la réponse acerbe de la journaliste Emmanuelle Praet.
Anderlecht: "La haine est là, ça doit péter..."
(29/05/2008)
Les esprits des jeunes Maghrébins, toujours échauffés. "Les hooligans ont provoqué
http://www.dhnet.be/infos/faits-divers/article/209589/and...
http://services.dhnet.be/pdfonline/browse/20080529/77/11/... "notre enquête dans les deux camps"
Réponse de la journaliste :
19:05 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
I will survive (émeutes à Anderlecht)
Soirée d’émeute à Anderlecht ce vendredi 23 mai. Deux camps tentent de s’affronter avec comme arbitre, la police locale et fédérale.
Certains osent : bataille communautaire, ethnique, raciale…C’est sûrement un peu exagéré, cependant nier d’un revers de la main cette affirmation serait aller vite en besogne.
Il y a avant tout, une volonté de contrôler « son » quartier, le haut d’Anderlecht connu depuis vingt ans, comme le bastion des « blancs » éméchés portés sur la dive bouteille et désireux de se faire de l’arabe, ennemi héréditaire ayant remplacé le juif depuis vingt ans au sein de nos sociétés. Il y a vingt et dix ans, les hordes des hooligans anversois et brugeois descendus à la gare du Midi et encadré par les flics passaient en partie par Cureghem pour se rendre au stade. On pouvait lire sur leurs visages haineux et hideux toute la haine d’un racisme puant, ici et là, un jeune marocain, belge sûrement ou également, faisait les frais de leurs « amours » inconsidérés pour la violence gratuite et ce sentiment « puissant » de se sentir exister par la force brutale, à défaut d’exister intellectuellement, culturellement et économiquement.
Rien de nouveau, sauf pour ceux qui aujourd’hui jouent les vierges effarouchés en niant ce problème depuis vingt ans. Oui, le hooliganisme a toujours visé les communautés minoritaires, oui, il y a réellement un racisme bestial de la part de certains groupes, non, tous les supporters du RSCA et loin de là, ne sont pas anti-immigré, anti-arabe…mais une minorité assez importante, impose ses vues, un peu comme le kop de boulogne à Paris qui a la réputation d’être l’un des plus violents d’Europe…Quelle différence avec le kop marseillais, des drapeaux français, marseillais, algériens et marocains flottent dans une ambiance chaleureuse et fraternelle… un peu comme au Standard de Liège ! Le kop d’Anderlecht, est un prolétariat proche de l’extrême droite, celui des Rouches et de Marseille est plutôt situé à gauche, voir à l’extrême gauche…On voit ici et là, la figure du Ché !
De l’autre côté, nous avons les belges que l’on continue d’appeler « d’origine immigré », désireux de ne pas laisser les « flamanis » descendre vers les quartiers populaires en s’accaparant le « terrain », comme si nous étions dans une guerre à l’irakienne, car ces lieux, parfois délabrés (pas tous heureusement, attention à la caricature) sont parfois la seule fierté que l’on protége comme un trésor ou comme un trophée, « mon quartier », « ma bande », « ma zone », on se sent exister, appartenir à un lieu, car nous ne sommes ni des « flamanis », ni totalement des « khorotos », Bruxelles est trop grande, aller au quartier Européen, devient une expédition à préparer pendant des longues années, les quartiers à Woluwé ou Watermael, des quartiers bourgeois ou on risquerait à coup sûr de se faire contrôler, voir embarquer et puis que peut-on bien faire à Woluwé, franchement ?
On se construit une identité en opposition à l’autre et en faisant de sa zone géographique le centre du monde, elle est en même temps sa ville, son pays, sa patrie à défendre, le camp adverse à exactement la même perception. Ceci est pourtant étonnant, car les deux camps, ont cette même particularité : public économiquement, scolairement et intellectuellement fragile, très exposés aux manipulations et instrumentalisations, c’est bien connu la fragilité pousse au simplisme et à la caricature…Les uns trouvent dans le foot, un exutoire et dans les « immigrés » éternels, des victimes expiatoires, les autres, des sales gamins inciviques, parfois des délinquants en puissances, souvent mineurs, qui s’emmerdent à longueur d’année avec des contrats de sécurités inefficaces et une politique au mieux paternaliste, voir néo-coloniale qui n’a comme finalité que le contrôle et la paix sociale sans réellement prendre en considération, les doléances, les critiques et les énormes attentes…
Les deux camps sont persuadés que l’ennemi c’est « l’autre », l’arabe car il ne sera jamais belge, perçu comme un « bougnoule » à éliminer, nous sommes dans le racisme primaire et bestiale. Les pseudo supporters sont organisés, des professionnels du baston, tandis que les jeunes sont le plus souvent des sales gamins, néophytes et qui à la moindre charge policière et des « pseudo-supporter » tournent les talons…Le combat est perdue d’avance et heureusement, car on risquerait des situations autrement plus sérieuses que ce jeu, du chat et de la souris… Pendant ce temps, les « flamanis » chantent à tue tête : « on est chez nous », comme lors de la coupe du monde 1994 à la Grande-Place, ou des néo-fascistes chargèrent les mamans kholotias et des jeunes, venus faire la fête et gâchés par 500 hooligans descendus sur les lieux pour le baston…Là aussi, les flics de Bruxelles ville n’embarquèrent que les jeunes khorotos. L’arrestation de 193 belges d’origines x pour un belgo-belge démontre combien la police a culturellement une proximité avec les supporters…On ne polémiquera pas, cependant, ses arrestations démontre à souhait, ou la police place ses priorités…le kop dangereux est laissé en paix, les gamins mineurs sont embarqués, les mauvaises langues avancent que face au Kop, le combat est perdue d’avance pour les flics…
Le sporting d’Anderlecht ne porte t’il pas une responsabilité ? Peut-être, car il n’a jamais eu la réputation d’être un club ouvert à la diversité et aux belges d’origines maghrébines… Alain Courtois qui fût anderlechtois pendant quelques mois essaya bien courageusement d’interculturaliser le club, sans succès ! Ce ne sont pas les arabesques d’un Boussoufa ou d’un Ahmed Hassan (apprécié néanmoins par le kop) qui nous feront penser le contraire. Momo et Piet ne partiront probablement pas en vacance ensemble, à moins de se retrouver par accident avec le Kop de Liverpool, d’Ajax et du Bayern à Torremolinos ou à Lloret del Mar, coin éthilique pour fauchés amoureux de soleil : football, paella, chachacha et irish pub déversant des matchs de foot interminables dans une ambiance survoltés, ou le football se fait religion et les « stars », des « messies »…
Si nous prenions le temps de décloisonner nos schémas mentales sur l’autre, en acceptant la diversité dans les communes aisées, en acceptant les « bougnoules » dans les bonnes écoles, en éliminant les discriminations à l’embauche, on pourra peut-être y voir un signe, mais comme notre société est ainsi faite, il faudra encore attendre quelques décennies afin que les politiques qui nous dirigent se rendent compte qu’un problème structurel et communautariste des dominants et des puissants est à l’origine des dérives de la société, car quelle victoire d’assister sous nos yeux, au clash physique entre deux prolétariats qui loin des considérations philosophiques et politiques sont dans une posture, de ce qu’ils pensent être la « survie » de leur « race » et de leur communauté.
Imaginez demain, des blancs se promenant tard le soir sans se faire agresser par des délinquants ou le stade du sporting d’Anderlecht interculturel, entre des « skinets » (skinheads) et des « rolotos » (khorotos = marocains dit de manière péjoratif), chantant « I will survive »…Rêvons un peu, avant le prochain baston !
Mouedden Mohsin18:57 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.05.2008
A lire : "du bon usage de la laïcité"
Du bon usage de la laïcité
http://www.voem-vzw.be/pdf/usage_laicite.pdf
Marc JACQUEMAIN et Nadine ROSA-ROSSO
Mis en ligne le 27/05/2008
Co-directeurs du livre collectif "Du bon usage de la laïcité", Ed. Aden (1)
Historiquement, le terme de "laïcité" désigne deux concepts différents. D'un côté, il exprime le souci d'indépendance totale, au sein d'une société, entre l'organisation politique de l'Etat et toute option religieuse ou philosophique particulière. Un Etat est "laïque" dans ce premier sens s'il ne reconnaît aucun privilège à une religion ou option philosophique en particulier et donc prévoit - conformément à la Déclaration universelle des droits de l'homme - la libre cohabitation des cultes au sein de la société, dans le respect du droit commun, bien évidemment. Mais le mot "laïcité" désigne aussi un concept tout différent : à savoir l'adhésion à une option philosophique particulière, caractérisée par le refus de toute référence à une vérité révélée, ou à l'existence d'entités "surnaturelles". On parle généralement de "laïcité politique" pour le premier sens et de "laïcité philosophique" dans le second sens.
La cohabitation des deux sens du mot "laïcité" est malencontreuse, même si elle s'est imposée dans l'usage. Ainsi, on peut parfaitement parler de chrétiens laïques, de musulmans laïques ou d'israélites laïques au sens politique du terme. Mais au sens "philosophique", cela n'aurait guère de signification. On peut donc être laïque au sens politique et pas au sens philosophique. Mais, inversement, on peut être laïque au sens philosophique et pas au sens politique : ce serait le cas de ceux qui voudraient voir la "laïcité philosophique" dominer institutionnellement l'espace public, c'est-à-dire devenir soit la conception de référence de l'Etat, soit à tout le moins une conception privilégiée.
En clair, si un citoyen peut être laïque dans les deux sens à la fois, ce n'est pas possible pour un Etat : un Etat qui se définirait comme philosophiquement laïque, cesserait, par le fait même d'être politiquement laïque. Les deux concepts de laïcité sont donc susceptibles d'entrer en contradiction frontale dès lors qu'on oublie que leurs domaines respectifs de validité sont radicalement différents.
Or, cette confusion est, semble-t-il bien présente au coeur d'un mouvement de radicalisation d'une frange de la laïcité, observable depuis quelques années en Belgique comme en France et qui se définit souvent comme "laïcité de combat". Cette "laïcité de combat" se résume trop régulièrement à un prosélytisme antireligieux qui vise essentiellement l'islam et, de façon très subsidiaire, la religion catholique.
Pour nous, il s'agit d'un très mauvais combat pour la laïcité. En particulier, nous nous opposons à cette volonté de juger péremptoirement les pratiques religieuses des uns et des autres, sans information sociologique réelle et sans référence aucune ni au contexte politique international, ni à la dynamique des inégalités sociales dans nos sociétés. C'est pourquoi il nous semble urgent, en tant que laïques de réagir à cette confusion. De notre point de vue, la laïcité politique est première car elle constitue une condition fondamentale pour qualifier un Etat de pleinement démocratique. La laïcité philosophique est une conception éminemment respectable (c'est la nôtre) mais elle ne peut avoir de privilège dans l'espace public. La laïcité est donc d'abord une forme d'organisation de l'Etat. Elle organise la séparation entre celui-ci et les institutions religieuses. Elle proclame la neutralité de l'Etat à l'égard des convictions philosophiques et religieuses. Elle respecte le pluralisme philosophique et religieux, essentiel à la vie d'une société démocratique. La laïcité est donc en soi un rempart contre toute forme d'intégrisme, qu'il soit d'ordre philosophique ou religieux. C'est dans ces termes que l'on peut définir positivement la laïcité. Et c'est aussi dans ces termes qu'on peut définir ce qu'elle n'est pas.
La laïcité n'est pas l'organisation du combat contre les religions, ni le prosélytisme en faveur de l'athéisme. Elle ne peut pas justifier la guerre de l'Etat contre certains de ses citoyens. Elle ne peut être le prétexte moral pour justifier la discrimination à l'égard de quelque citoyen(ne) que ce soit sur le seul critère de ses convictions. Elle ne peut pas davantage, sur le plan international, servir de justification à l'agression ou aux menaces d'agression et à la guerre, en particulier contre les peuples et nations qui résistent à une occupation étrangère ou s'opposent d'une façon ou d'une autre à l'hégémonie d'une puissance en particulier.
Dans le contexte du monde contemporain, qui mêle à la fois l'unilatéralisme guerrier américain et la tentation de construire une "forteresse Europe" essentiellement blanche (et, pour certains, chrétienne), il nous paraît essentiel de faire entendre davantage une autre voix laïque. Une voix qui plaide en faveur des fonctions fondamentales de la laïcité politique dans notre société : constituer un cadre de pensée pour revendiquer une société à la fois plus juste et plus démocratique et qui ne pourra se construire que dans la reconnaissance du pluralisme culturel ; un cadre de pensée qui se méfie des certitudes morales, toujours délétères, même lorsqu'elle se veulent athées et rationalistes ; un cadre de pensée pour dénoncer les généralisations simplistes, voire les fantasmes, à l'égard des multiples composantes culturelles de la construction européenne, et en particulier, sa composante musulmane. Le "racisme ordinaire" n'est déjà que trop présent dans nos sociétés et il est porté par des gens ordinaires, souvent de bonne foi, qui reçoivent et propagent, sans trop y réfléchir, des représentations fantasmées sur tous ceux dont la culture, l'histoire, les convictions diffèrent de celles de la population majoritaire. Pour nous, comme laïques, il serait catastrophique que, par défaut de prudence ou de lucidité, d'autres laïques viennent couvrir d'un voile de respectabilité des formes larvées de xénophobie qui ne demandent qu'à se développer.
C'est dans ce contexte que nous avons voulu donner la parole à des citoyens athées, agnostiques, juifs, musulmans, chrétiens ou marxistes qui, tous partagent cette vision de la laïcité. Un livre (1) est issu de cette démarche. Les auteurs qu'il rassemble ont des convictions personnelles fort différentes à beaucoup d'égards et ne se reconnaissent donc pas tous dans la "laïcité philosophique". Pour autant ils se revendiquent tous laïques au sens primordial (politique) qu'on vient de définir et ils sont tous inquiets des dérives possibles au sein de la laïcité.
Le pire des contresens serait évidemment de croire que ce livre est écrit contre l'engagement laïque. Nous sommes convaincus que beaucoup de laïques, militants ou non, en partageront d'emblée la plupart des arguments. Quant aux autres, ceux qui ont pris le chemin de ce qu'ils appellent une "laïcité de combat", nous ne pouvons que les inviter à débattre avec nous. Car s'il y a un point sur lequel nous pouvons espérer être tous d'accord, c'est qu'il n'y a pas de laïcité sans débat.
(1) Sous la direction de Marc Jacquemain et Nadine Rosa-Rosso, le livre "Du bon usage de la laïcité " vient de paraître aux Ed. Aden, Bruxelles, 2008. Y ont contribué: Jean Bricmont, Dan Van Raemdonck, Henri Goldman, Radouane Bouhlal, Géraldine Brausch, , Alec De Vries, Paul Delmotte, Malika Hamidi, Paul Löwenthal, Bernadette Mouvet et Chritophe Page. www.aden.be
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la traite négrière à la citoyenneté
L’abomination ! Comment pendant des siècles nos esprits « éclairés » en Europe ont-ils pu donner un aval pseudo-scientifique à l’un des plus grands pogroms de l’histoire de l’Humanité ? La traite négrière n’est pas uniquement un crime contre l’humanité au nom de la supériorité « raciale » blanche. L’objectif principal était l’exploitation humaine « racialisé » à des fins économiques, c’est la raison pour laquelle certains n’emploient pas le terme génocide.
D’autres par contre, avancent que ce fût bien un projet génocidaire, car non seulement on faisait travailler les Africains jusqu’à la mort, puisque nous pouvions compter sur un riche vivier inépuisable, mais plus encore, on vidait le continent de ses populations originelles…
Depuis peu, les penseurs, philosophes et intellectuels contemporains, surtout Français, sont devenus les défenseurs d’un relativisme forcené. Ils s’efforcent de rappeler qu’il faut replacer le tout dans son contexte…Qu’il ne faut pas oublier que les Arabes/Musulmans furent bien avant les Européens, des esclavagistes nés.
Plus encore, qu’entre « eux », à savoir les Africains, ils s’exploitaient déjà, donc nous n’aurions fait que poursuivre « l’œuvre abominable »... Effectivement l’esclavagisme existe depuis l’Antiquité. La plupart des puissances l’ont utilisé, y compris les Arabes et les Musulmans. Cependant la traite négrière transatlantique qui produisit le commerce triangulaire, au départ des ports de Londres, Bordeaux, Nantes, Lisbonne, d’Amsterdam ou Liverpool avait bien quelque chose d’exceptionnellement brutale et unique, à savoir la déportation « industrielle » (via une législation minutieuse), dans des conditions terribles d’une partie de la population d’Afrique Occidentale (estimée à treize millions d’individus) vers la lointaine Amérique conquise depuis peu…Quoi qu’on puisse en dire le relativisme historique de certains intellectuels, non dénué d’une volonté idéologique de dédramatiser, voir parfois de nier, utilisent des slogans phares pour disent-ils déculpabiliser les français : « suffit la repentance », «Soyons fiers d’être Français ! » ou « guerre des mémoires, stop ! », insinuant que certains « indigènes » Africains oseraient se comparer à un génocide ayant eu lieu en Europe, en soi une entreprise de culpabilisation…Là ou cette histoire a toujours été soigneusement amnésiée.
Suite à l’abnégation de la députée française Christiane Taubira (voir loi Taubira reconnaissant en 2001 la traite comme crime contre l’Humanité…), l’ex président, Jacques Chirac proclamait le 10 mai, « la journée internationale de l’abolition de l’esclavage ». Il ajoutera : "La grandeur d'un pays, c'est d'assumer toute son histoire. Avec ses pages glorieuses, mais aussi avec sa part d'ombre".
Après la traite, nous eûmes la colonisation (2), mission dite pudiquement « civilisatrice » avec ses zoos humains, l’exploitation des ressources et l’asservissement des Hommes, à l’heure même où, paradoxalement, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme rappelait la justice et l’égalité pour tous.
Récemment invité à une conférence avec un historien Belge sur les tirailleurs africains (voir film, la couleur du sacrifice), ce dernier parla de « dérapages dangereux » en expliquant les crimes au Congo sous tutelle du Roi Léopold II (3). L’objectif n’est pas ici de faire porter le fardeau des crimes passés sur nos enfants ou de verser dans la culpabilisation comme souhaite le faire, le président Sarkozy sur la question de la déportation des enfants juifs. Cependant continuer à mésestimer, méprisé ou pire nier l’évidence n’aura comme effet que de braquer ceux qui pendant des siècles attendent un geste, une reconnaissance et un pardon, qu’ils soient d’ailleurs, Amérindiens, congolais, Africains ou Aborigènes.
Comment ne pas clôturer par « le discours sur le colonialisme », du poète, politique et anti-colonialiste Martiniquais, Aimé Césaire (3) qui vient de nous quitter le 17 avril 2008 et qui ne cessa de clamer sa « négritude » comme son ami Sénégalais Léopold Sédar Senghor :
« Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral, et montrer que, chaque fois qu’il y a au VietNam une tête coupée et un oeil crevé et qu’en France on accepte, une fillette violée et qu’en France on accepte, un Malgache supplicié et qu’en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et qu’au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées. de tous ces prisonniers ficelés et interrogés, de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent. [...]
N’oublions jamais qu’aujourd’hui encore, l’esclavage « moderne » (4) sous différentes formes existe dans des sociétés riches, archaïques et/ou pauvres. A nous de poursuivre la libération de l’Homme au nom de nos principes.
Note : 1) Christiane Taubira : http://www.christiane-taubira.net/2) Le livre noir du colonialisme, de Marc Ferro, édition Laffont 2003
3) voir le film britannique : Le roi blanc, le caoutchouc rouge et la mort noire 4) http://www.hommage-cesaire.net/ 5) http://www.esclavagemoderne.org/
23:33 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
le procès Abou Jahjah
mai 2008
Le procès d’Abou Jahjah, un test capital pour notre pays !
Au mois de décembre 2007, le tribunal correctionnel d’Anvers condamnera, l’ex président de la Ligue Arabe Européenne, Dyab Abou Jahjah et son collègue, Ahmed Azouz à un an de prison ferme et à une amende de 5.109.78 euros pour « avoir influencé moralement les jeunes », lors des émeutes à Anvers. (1) Ce jugement se base sur une loi archaïque de 1889 réprimant le mouvement ouvrier.
Les deux accusés feront appel d’un jugement qui heurte par son impartialité et qui démontre clairement que notre justice roule à deux vitesses, que l’on soit flic, bourgeois ou arabe et pauvre. Nous avons affaire à une justice de classe avec ici un accent fort mis sur la volonté de briser des manifestations politiques légitimes, raison pour laquelle, ce procès est surtout politique !
Ce lundi 26 mai 2008, les deux accusés auront un rendez-vous historique avec les tribunaux.
Je ne reviendrai pas sur le fond de l’histoire, à savoir, que la Ligue Arabe Européenne a été sciemment criminalisé par le politique et une bonne partie de nos médias, dans une campagne odieuse.
Racismes et impunités :
Qui se souvient encore aujourd’hui de l’assassinat raciste du professeur de religion islamique, le 26 novembre 2002 ? Quelqu’un a-t-il une information concernant le criminel qui n’hésita pas à abattre un homme pieux qui avait pour seul tort d’être musulman ? Dès l’assassinat, on parla du coupable comme d’un homme déséquilibré. Que devient-il ? Silence radio !
Apparemment au sein de notre plat pays, vous avez plus de chance de risquer votre vie ou une condamnation en participant à une manifestation qu’en assassinant un « bronzé »…C’est suite à cet assassinat raciste que certains jeunes se révoltèrent face à une police connue en partie pour sa proximité avec l’extrême droite.
Dyab Abou Jahjah conscient des discriminations vécues par les jeunes « Allochtones » et suite également à « un plan intégré marocain » (contrôle visant les jeunes dit marocains) de la police anversoise, décidera avec des jeunes d’Anvers de surveiller la police, en les suivants à pied pour informer les jeunes de leurs droits civiques, en soi, un acte citoyen face à l’impunité policière et à un racisme de plus en plus brutal. Ce civisme provoqua l’ire de la société bien pensante.
Civisme pour écarter la complicité :
Depuis 1994 au Etats-Unis on vit l’apparition des « copwatchers » (surveillant de la police) (2), suite à l’acquittement de plusieurs policiers dans un procès à Los Angeles (qui furent suivit par des émeutes ayant provoqué prés de 40 victimes). Ce sont des pacifistes qui surveillent caméra au poing les contrôles et les dérives des forces de l’ordre, sachant que les très nombreuses bavures et crimes ne sont quasiment jamais condamnés par une justice américaine à deux vitesses. Les citoyens face à l’impunité et surtout face à un politique complice, prennent leurs responsabilités.
Le procès des deux membres de la LAE est un test capital pour notre état de droit. Abou Jahjah devenu l’ennemi public numéro un, pour avoir dénoncé, les discriminations et le racisme d’une société sourde aux souffrances des jeunes et d’une communauté stigmatisé par le racisme ambiant et une islamophobie galopante…Aujourd’hui encore, beaucoup sous-estiment ce fléau, estimant qu’il y au pire de l’exagération (voir l’historienne Anne Morelli de l’ULB) ou au mieux, un « problème ».
Les trois piliers de l’état ont l’obligation de se décommunautariser au plus vite !
Est-il un dangereux manipulateur, fondamentaliste, intégriste et même un raciste, comme le présente la société aisée et bien pensante ou n’est-il qu’un précurseur dans un pays qui ne cesse de parler d’intercutluralité, de diversité et de « tolérance » mais qui poursuit sa logique d’exclusion, avec notamment les expulsions d’étudiantes portant le foulard (voir le cas cette semaine de l’école libre les « Ursulines » à Bruxelles). (3)
Les enquêtes universitaires actuelles prouvent à suffisance, que la situation de ses populations, est difficile. Pour seul réponse, des promesses politiques et des « mesurettes » souvent insignifiantes, car combattre le racisme et les discriminations pour une égalité pleine et totale demande aux communautaristes professionnels, avec les trois piliers de l’état (le libéral, le chrétien et le socialiste-laïc) de lâcher du lest, de partager le pouvoir, de sortir de leurs communautarismes excessifs, privilèges immoraux, dogmatismes idéologiques et conforts intellectuels.
Le rapport de force beaucoup trop défavorable des minorités ethniques, (un terme qui choque la « bonne » conscience), permettra encore pour quelques années aux commanditaires du pays, de pouvoir jouir de leurs prédominances indécentes, cependant Dyab Abou Jahjah, comme la génération présente et future, ne laissera aucun répit à ceux qui abusent ses populations, de leurs discours trompeurs et mielleux. Comme le disait à juste titre, Martin Luther King, « nous n’avons plus le temps d’attendre… ». Les citoyens issus ou non de ses communautés continueront à dénoncer l’inacceptable, mais également à proposer des pistes de solutions pour un état juste et équitable, car il faudra faire son possible pour ne pas tomber dans le piège grossier de la société dominante qui pour mieux stigmatiser et délégitimer des attentes légitimes réduira cela en des doléances « communautaristes ». Là, oui, Dyab Abou Jahjah, fût bien un précurseur, car il a fait sauter l’hypocrisie sociétale en révélant le visage hideux de ceux qui sont censés combattre les inégalités. A la justice « indépendante », de ne pas suivre le politique et les médias et d’en faire ainsi, un martyr !
Mouedden Mohsin
Acteur associatif Note : 1) http://moueddenmohsin.blogspirit.com/archive/2008/01/16/1... 2) http://envoye-special.france2.fr/index-fr.php?page=report... 3) http://www.lesoir.be/regions/bruxelles/koekelberg-des-pet...
23:31 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note





