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16.01.2008
1 an de prison ferme !!!
Un an de prison ferme !
chronique "Droit au but", journal du Mardi,
C’est la sentence du tribunal correctionnel d’Anvers, assortie d’une amende de 5.109,78 euros à la partie civile (Ethias), le 21 décembre 2007, pour deux membres de la Ligue Arabe Européenne (LAE). Cette dernière avait en 2002 défrayé les chroniques avec les patrouilles civiques et son « implication », lors des révoltes de Borgerhout, après le crime raciste d’un professeur de religion islamique.
Son ex-président, Abou Jajhah et Ahmed Azzouz le n°2 de la ligue ont fait appel de cette décision.
Rappelons le contexte et les faits… Après les assassinats racistes d’une famille marocaine à Schaerbeek en mai 2002 et d’un jeune belgo-marocain à Marcinelle, la LAE, de gauche et panarabiste, composée de jeunes belgo-marocains/arabes, prend connaissance d’un «plan intégré marocains » (contrôle) de la police d’Anvers. La LAE, décide de mettre sur pied des patrouilles de surveillances pacifiques et mixtes pour notifier les abus policiers.
D’après le commissaire Lamine, une partie de la police était connue pour sa proximité avec l’extrême droite ! Devant l’inertie politique et le racisme galopant, ne fallait-il pas plutôt saluer la LAE ?
Sous la pression politique, le parquet d’Anvers lancera une enquête sur Abou Jahjah pour vérifier sa naturalisation belge obtenue en 1996…
Fin novembre 2002, le crime raciste d’Anvers, révoltera les jeunes. Ces derniers réagiront de manière émotive et agressive. La LAE tentera de calmer les esprits lors des révoltes, comme rapporté par un inspecteur de police, en les invitants dans une mosquée pour les ramener à la raison.
Le gouvernement, via le judiciaire emprisonnera pendant 5 jours Abou Jahjah pour « rébellion » et notamment « entraves méchantes à la circulation ». Ce dernier sera relâché par la chambre du Conseil, fautes de preuves, avec une interdiction de manifester pour une période de trois mois.
Par la suite, la LAE décidera de s’allier avec le PTB (Parti travail de Belgique) pour les élections législatives en 2003 (liste Resist), avec un résultat décevant. Devant l’hystérie collective (1), Abou Jahjah, préférera émigrer vers le Liban…
On a aussi comparée la LAE au Vlaams Belang. Ce dernier, milite pour la mort du pays et une « race pure ». Il vient d’inonder nos boites de tracts racistes et islamophobes à Bruxelles et d’éditer des cartes d’identités Flamandes et Wallonnes.
C’est dans ce Maccarthysme « jubilatoire », que cinq ans plus tard, la justice tranchera sur le dossier : « émeutes de Borgerhout», en avançant « l’influence morale » de l’association avec comme circonstance aggravante, le fait d’avoir excité les jeunes ! Ce jugement se base sur une loi de 1886, réprimant le mouvement ouvrier.
L’année 2008 est celle du dialogue Interculturel. Notre gouvernement doit comprendre qu’être belgo-marocain ou/et arabe, musulman, militer pour une cause, ne revient pas à mettre notre pays en danger, il y a comme une présomption de culpabilité, couplée à un « délit de faciès ». Notre pays n’est-il pas plutôt menacé, par l’extrême droite, les flamingants, le racisme institutionnel, les lois liberticides, et la vision sécuritaire portée sur les jeunes « Allochtones » ?
Mijnheer Filip a-t-il déjà gagné, en imposant ses vues et son agenda politique ? Peut-être, car la seule mesure importante, prise suite au crime raciste, a été la condamnation de la LAE. Les élites devront accepter l’idée que ce pays appartient autant à Mohamed Achrak (assassiné à Anvers) qu’à Filip Dewinter…

1) Note
Voici quelques commentaires politiques de l’époque : le 1er ministre déclarait : " la ligue veut terroriser la ville, chasser la police et s'enraciner dans les quartiers anversois pour y poursuivre ses activités criminelles ". Le ministre de l'intérieur indiquait, qu'il prendrait lui même une initiative si il apparaissait que l'arsenal juridique ne permettait pas au parquet d'Anvers d'intervenir contre l'AEL (Le Soir du 30.11.02). Joëlle Milquet, présidente du CDH : "mieux vaut adapter l'arsenal législatif que diaboliser par voie judiciaire ", " ce dernier moyen risque d'avoir l'effet pervers de transformer Abou Jahjah en martyr, et d'en faire la personnalité la plus médiatique du monde musulman " (le Soir, 7.12.02). Anne Marie-Lizin, sénatrice PS : « des mouvements comme les vôtres, vitriolent les filles dans les rues à Alger ». « Y a t'il des filles dans votre organisations ? » (RTBF, Mise au Point). Marie-Nagy, Ecolo : « vous avez un discours de haine… » (RTBF, Mise au Point).
Le ministre de l’intérieur affirmera sur la RTBF (Mise au Point) que les radios arabes diffusent des messages de haines et de violence (suite à l’affaire LAE)
Mouedden Mohsin Pour JDM, Chronique « Droit au but »00:31 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
interview exclusive chef SIOUX !
Interview de Canupa Gluha Mani pour Journal du Mardi
Janvier 2008
Introduction de l’interview du chef SIOUX (LAKOTA) CANUPA GLUHA MANI Canupa Gluha Mahi Histoire :
Les Amérindiens étaient les premiers habitants du continent Américain, ils formaient plusieurs familles distinctes, du nord au sud du continent.
Avec l’arrivée des colons Européens au 16ème siècle, les tribus amérindiennes seront confrontées aux guerres, à la famine et aux maladies.
La tribu Sioux ou « Lakota » est issue des plaines des Etats-Unis (centre du pays), ils étaient libres, sédentaires et vivaient de la chasse des bisons.
Les westerns les ont également fait connaître comme des tribus « sauvages » participant ainsi à la diabolisation de ses peuples autochtones.
La conquête de l’Ouest et la ruée vers l’or par les colons, réduira petit à petit les terres Sioux et des autres tribus… (Apaches, Cheyennes, Comanches,…).
Les chefs Sioux, Crazy Horse et Sitting Bull infligeront, lors de la bataille de Little Big Horn en 1876, une défaite mémorable contre l’armée américaine emmenée par le général Custer. Cette victoire aura la particularité de signifier le début d’une campagne très violente où la totalité des tribus amérindiennes seront anéanties et contraintes d’accepter la domination coloniale…
Depuis plus d’un siècle, les Sioux (et les autres tribus) vivent dans des réserves, où leurs conditions de vies particulièrement difficiles font craindre à certains une lente et irrémédiable agonie.
« La République du Lakota ?»Après plusieurs années de concertations entre les différentes tribus amérindiennes. Le 19 décembre 2007, la délégation « Liberté pour les Lakotas » réunissant 4 représentants s’est rendue à Washington DC pour rompre définitivement les traités les liant avec les Etats-Unis.
Ils déclarèrent la création d’une « République du Lakotah » avec un gouvernement provisoire.
Le gouvernement américain sera-t-il tenté d’écraser cette résistance civique comme par le passé ? En 1969, la prise symbolique de l’îlot d’Alcatraz et en 1973, le siège de Wounded Knee, mettant aux prises des militants amérindiens pour les Droits Civiques et 2000 agents du FBI se terminera sans heurts grâce à la présence des médias et du célèbre acteur, Marlon Brandon… En 1978, les amérindiens organiseront « La grande marche des traités violés », d’Alcatraz à Washington avec la présence d’acteurs comme Robert Redford, Jane Fonda et Bob Dylan…
30 ans plus tard, les conditions de vies des Amérindiens n’ont pas évolué. Aujourd’hui, Canupa Gluha Mani, comme le célèbre militant Sioux, Russel Means sont décidés à militer au risque de leurs vies, pour la liberté et l’indépendance du peuple Lakota.
«Résister ou mourir»Depuis trois décennies, l’histoire et la culture amérindienne ont été revisités. Les derniers films, dont le célèbre, « Danse avec les loups », ainsi que les mouvements « écologistes » et «civiques » impulseront, même en Europe, une nouvelle dynamique avec le phénomène « Indianiste ».
La décolonisation et la « reconnaissance » des peuples indigènes augurent-elles un présage heureux ?
Cette prise de conscience n’est-elle pas un dernier baroud d’honneur ou au contraire, signifiera t’elle, la renaissance d’un peuple ? Allons-nous redécouvrir un mode de vie, des sagesses et des cultures qui ont tout à nous apprendre à une époque ou consumérisme, capitalisme et exploitation des nos ressources, risquent à jamais de nous propulser vers le néant ?
Quelles sont leurs revendications ? Leur projet est-il réaliste ? Qui sont-ils ?
Pour mieux connaître les aspirations de ce peuple, voici l’interview exclusive pour JDM, du dirigeant Sioux, Canupa Gluha Mani.
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1) Pourriez-vous nous présenter votre organisation, « The Lakota Freedom Delegation » ?
« The Lakota Freedom Delegation » (1) est constituée de délégués représentant les 9 réserves Sioux dans le Dakota du sud. Je représente actuellement un mouvement de droit civique appelé « the Strongheart civil right movement » (2), (également connu sous le nom de Tenza Cante). Nous militons pour nos droits civiques et notre liberté.
2) Pourquoi avoir décidé de rompre, le 19 décembre 2007, les traités signés par vos ancêtres avec les Etats-Unis ?
C’est parce que nous en avions assez de continuer à vivre sous cette oppression coloniale. Cela montre que nous ne sommes pas considérés par les descendants des Européens. (Les traités signés par les amérindiens et les colons n’ont quasi jamais été respectés par ces derniers).
3) Que reprochez-vous au juste au gouvernement américain ?
La situation sociale, sanitaire et économique est épouvantable. L’alcool et la drogue touche huit familles sur dix, les prisons regorgent de détenus Sioux, avec un nombre atteignant les 21%. Les cancers et la mortalité infantile, sont cinq fois plus élevés chez nous que la moyenne américaine, sans parler de la tuberculose et du diabète.
Dans le pays le plus développé au monde, 97% de notre peuple vit sous le seuil de pauvreté ! 60% des familles n’ont pas le téléphone, 1/3 des maisons n’ont pas d’eau potable, 40% sont sans électricité.
Nous avons également 85% de gens sans emplois. Il ne reste plus que 14% de Sioux qui parlent le « Lakota », ce qui signifie à terme l’extinction de notre langue. Près de 7000 enfants ont été placés de force, dans des familles non Sioux. Sans oublier que l’espérance de vie moyenne dans les réserves est de 44 ans pour les hommes. Ma réserve qui s’appelle Pine Rigde a le taux le plus élevé d’alcooliques et de drogués. Nous sommes sous une administration illégitime appelée : IRA « Indian Reorganization Act » (organisation fondée par le gouvernement américain pour les « affaires » indiennes) fondée en 1934. Cette administration a institué des pratiques coloniales en éliminant les deux tiers de nos lois traditionnelles.
Nous estimons par conséquent, avoir le droit d’avoir un territoire Lakota où nous pourrions vivre en liberté selon nos lois traditionnelles. C’est un accord qui avait été conclu avec mon peuple via les traités, mais le gouvernement américain ne les a jamais respecté.
4) Que revendiquez-vous ? Des terres ? De l’argent ? Une reconnaissance ? Un état indépendant ?
Nous revendiquons nos droits sur nos territoires. Ces territoires sont le Montana, Dakota du Sud, Dakota du Nord, Wyoming et Nebraska.
5) Des militants amérindiens évoquent le génocide et l’apartheid, ce sont des termes très forts, pouvez-vous expliquer ?
Nous rejetons le système d’apartheid colonial qui causa un génocide à notre peuple et aux peuples indigènes. Nous sommes également le seul peuple à ne pas avoir de siège dans le conseil des Nations Unies. Cela est inadmissible pour mon peuple.
6) L’ « American Indian Movement » (AIM) milite pour les Droits des Amérindiens, quel lien avez-vous avec cette organisation ?
J’étais un membre de ce mouvement (plus célèbre association amérindienne pour les Droits Civiques) (3) et je le soutien toujours, mais j’ai aussi créé mon propre mouvement qui s’appelle the « Strongheart civil right movement ».
7) Etes vous soutenu par toutes les tribus Sioux et amérindiennes des Etats-Unis ?
Deux tiers de la population amérindienne nous soutiennent. Le gouvernement devrait nous reconnaître comme un état libre et indépendant.
8) Pourquoi avez-vous si difficile dans le pays de la Liberté ?
Mon peuple a été persécuté et tué pour avoir gagné une bataille contre les troupes américaines (la bataille de Little Big Horn en 1876). Ce pays n’a jamais pris ses responsabilités pour tous les actes commis.
9) Votre culture et civilisation sont-elles menacées ?
Oui, notre culture et notre civilisation sont menacées. Le gouvernement ne nous a jamais écouté. Ils n’ont jamais tenu leurs promesses tout au long de l’histoire.
10) Comptez-vous interpeller les Nations Unies ?
Oui, des nations telle que la Bolivie nous ont aidé à faire « pression » sur les Etats-Unis pour reconnaître nos droits. Je suis aussi fatigué de parler anglais, je veux parler Lakota...
11) Le militant amérindien, Leonard Peltier est emprisonné depuis 1976. Que pensez vous de cette longue détention ?
Léonard Peltier a des soutiens internationaux pour sa libération (4). Pour ma part l’une des personnalités que j’admire le plus, reste Nelson Mandela. Il a passé 25 ans en prison pour défendre ses causes, et il en est devenue président à sa libération, c’est ce que j’appelle la liberté.
12) Que représente pour vous aujourd’hui les Etats-Unis d’Amérique ?
J’en ai une représentation très médiocre…
13) Etes vous optimiste?
On est confiant en l’avenir et pour notre reconnaissance, cela nous permettra de développer notre économie...
14) Quel message voulez-vous adresser aux belges et aux européens ?
J’ai un message pour tous les Européens, et les citoyens du monde.
Soutenez-nous, faites pression sur votre gouvernement. Accordez nous la reconnaissance et le statut dont on a besoin pour ne plus endurer ces pratiques coloniales. Donnez nous l’opportunité d’être libre, et nous vous montrerons comment est ce qu’on peut continuer à sauver l’avenir de nos enfants pour un monde meilleur.
Note : 1) http://www.republicoflakotah.com 2) http://www.lakotahoyate.net 3) http://www.aimovement.org/ 4) http://www.leonardpeltier.net/ (anglais) http://freepeltier.free.fr/ Interview réalisée par Hammouti Hafida Nous remercions pour leurs aimables collaborations, Rachid Elaloufi et Lusendi Matou00:26 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
05.01.2008
interview exclusive chef SIOUX !!!
http://www.lakotahoyate.net/about.html
Sitting Bull qui remporta une victoire historique contre l'armée américaine du général Custer
Interview exceptionnel que j'ai eu le plaisir de réaliser cette semaine avec le chef Sioux Canupa Gluha Mani.
Retrouvez cet interview dans le journal du Mardi qui sortira ce mardi 8 janvier 2008 chez vos kiosques....
L'histoire du peuple Sioux ou Lakota !!!
http://woglakapi.free.fr/sioux/
Instinctivement, mon coeur a toujours été avec les peaux-rouge, sans savoir pourquoi. La diversité de leurs habits et de leur tribus, leurs vies intégrées à la nature, leurs fiertés, leurs croyances m'attiraient comme le sont les lucioles par la lumière.
Ce génocide jamais reconnu de ces peuples sur le sol de l'une des première démocratie mondiale a de quoi à faire frémir. Cette tuerie à grande échelle de peuples par les armes, la maladie ou l'alcool n'a jamais ému personne jusqu'à récemment. D'ailleurs dans les films d'hollywood ce sont toujours eux les "méchants" qui attaquent les diligences.
La culture que l'on nomme aujourd'hui occidentale vient d'Europe et elle a gagnée l'Amérique, l'espagne a fait une partie de son mea-culpa sur la colonisation qu'elle a exercée en Amérique du Sud. Mais quid des USA ? ces peuples ont été réduit à la pauvreté, à la perte de leurs cultures et de leur croyance.
En échange de la disparition de leurs cultures, certains Indiens encaissent de l'argent dans des casinos peaux-rouge ou ils prennent enfin une revanche avec les armes de leurs ex-colonisateurs: l'argent. Une veine tentative pour exister semble t'il, nous pourrions croire que le génocide a eu lieu et que c'est de l'histoire ancienne, pas du tout notre culture occidentale dominante a horreur des minorités, le Nettoyage continue donc dans un silence étourdissant.
La culture occidentale déclinante est en train de perdre son hégémonie mondiale. L'inde et la chine ont appris vite les méthodes du capital et de la propriété. Nous sommes en train de nous faire expluser à notre tour lentement mais inexorablement. Le pillage planétaire n'est donc pas fini, la course au PIB a remplacée la course à l'échalotte.
Certains jours, je me dis que l'Homme a des reserves insoupçonnée vis à vis de ses créations archaiques en -isme qui le ronge de l'intérieur. J'apprends donc aujourd'hui, et c'est un grand espoir pour l'avenir, que Les sioux ont rompu le traité signé avec les Etats-unis il y'a 150 ans.
Les traités signés il y'a 150 ans représentent des mots sans valeur sur du papier sans valeur" et ont été "violés maintes fois afin de voler notre culture, notre terre et nos coutumes", ont indiqué des responsables de la communauté.
Magique non ? Des leaders lakotas se sont rendus en délégation dans les ambassades de Bolivie, du Chili, d'Afrique du Sud et du Venezuela et comptent entreprendre une mission diplomatique dans plusieurs pays au cours des prochains mois.
Une véritable trouvaille, il fallait y penser: rompre un traité négocié à coup d'eau de feu il y'a 150 ans montre la continuité du peuple et finalement remet les sioux au coeur de leur histoire et met en perspective le pays qui n'est pas si unis qu'il voudrait bien le faire croire.
C'est la seule tribu avec Sitting Bull a avoir infligé une dérouillée à l'armée US à Little Big Horn (je ne connais pas le nom sioux de cet endroit).
Un peu plus d'histoire des Etats-unis ici et une magnifique image de Nuage Rouge dont l'humanité devrait s'inspirer. L'homme sans argent, libre, lucide et intelligent issus d'un peuple avec des valeurs est fier.
![]() http://www.gauchebdo.ch/article.php3?id_article=507 Interview de Bobby Castillo, indien apache, membre de l'American indian movement (AIM) et coordinateur international de la campagne pour la libération de Léonard Peltier. Il est interdit de territoire américain depuis le 9 septembre 2001. | | |
| Quelle est aujourd'hui la situation des Apaches et des 2 millions d'Indiens aux USA ? Bobby Castillo Pour les peuples autochtones (les native americans)des Etats-Unis, que l'on parle des Apaches, des Dakota ou des Chumasch, la situation est finalement la même . Après 1890, et la fin de ce que l'on appelle les guerres indiennes (il y en eu officiellement 65), les Indiens ont été parqués dans des réserves. L'Etat nous a donné les terres que ne voulaient pas les fermiers qui avaient besoin d'herbe et d'eau pour leur bétail. Ce sont des mauvaises terres et il est très difficile de pouvoir survivre. Dans ces territoires, le taux de chômage avoisine les 80%. Le taux de mortalité infantile est dix fois plus fort que dans le reste des USA, le taux de suicide le double. Il n'y a souvent ni école, ni hôpital, ni même de dispensaire. C'est un vrai génocide. Aujourd'hui, la situation est en train de changer du fait que l'Etat nous a autorisés à installer des casinos et des maisons de jeux dans certains de ces territoires. On a ouvert près de 80 salles de jeux., ce qui est finalement peu si on le compare au nombre de casinos qui se trouvent dans le Nevada ou au New Jersey. Face au sous-emploi et au manque de fonds, c'est cependant la seule alternative qui nous restait. Malheureusement, tous les profits générés ne sont pas redistribués aux Indiens. Les entreprises concessionnaires, appuyées par l'Etat, prennent leur part. On peut même parler d'une vraie implantation d'une mafia. Mais, bon, la vie était encore plus dure pour les Indiens avant l'apparition de ces maisons de jeux. Quel rôle joue l'Etat américain dans cette relégation des populations indiennes ? Toute l'histoire des USA est marquée par un véritable plan de génocide des Indiens . Dans les années 60, le gouvernement a forcé près de 40% des femmes indiennes a être stérilisées. En remontant plus loin dans le passé, il faut aussi se souvenir du plan de déportation (Indian removal Act) dans l'Oklahoma des Indiens Cherokee par le président Andrew Jackson dans les années 1830. Le président Abraham Lincoln lui-même a ordonné l'exécution de 380 Dakotas. La corde pour les pendre a même manqué. Cette exécution a été justifiée par la « nécessité de nettoyer les frontières des Indiens sauvages pour mieux protéger l'implantation de nos colons ». C'est la même rhétorique qu'on entend aujourd'hui en Israël contre les Palestiniens. Dans les cours destinés aux jeunes militaires( ROTC, reserve officer training course), on lit textuellement : « La politique de l'armée américaine a été de regrouper en tribus les Indiens et éventuellement de les exterminer » . C'est donc clair. On peut vraiment parler d'une politique planifiée d'extermination, ce qui a poussé les populations indiennes à se rebeller. En 1973, le Mouvement des indiens d'Amérique ( Indian american movement ) ainsi que des indiens chicanos du Mexique ont occupé Wounded Knee ( Dakota du Sud), lieu du massacre de Sioux en 1890 et d'un traité sur les black hills en 1868. Face à leur résistance et un siège de 73 jours, le gouvernement américain a simplement répondu par la violence militaire ( avec l'aide du FBI). Plusieurs leaders, comme Buddy Lamont ont été tués et après la reddition , tout le monde a été arrêté. Dans les mois qui ont suivi, 65 personnes de cette réserve (de Pine Ridge) ont aussi été froidement assassinées par le FBI. Une répression étatique totale, appuyée par des paramilitaires. C'est aussi le moment de l'arrestation de Leonard Peltier, en prison depuis 1976 ? Au début de l'année 1975, la recrudescence du Règne de la Terreur pousse les anciens de la réserve de Pine Ridge à faire appel à l'AIM pour se protéger des attaques des GOONs (organisations paramilitaires) Léonard Peltier et d'autres militants s'installent alors dans cette réserve au moment où une véritable guerre paramilitaire dans les territoires indiens est en train de se préparer ( comme l'a montré un document officiel d'avril 1975). C'est ce qui passe deux mois plus tard, où 200 agents et paramilitaires entourent la réserve en 20 minutes. Deux agents du FBI sont tués. Trois indiens sont arrêtés pour le meurtre , mais seront acquittés le 16 juillet de la même année. Léonard Peltier lui a fui au Canada. Arrêté, il sera extradé aux USA en décembre 1976. Dès ce moment, le gouvernement usera de tous les moyens - légaux ou illégaux - pour l'inculpe. Son procès débute en 1977, le 16 mars sous l'inculpation de double meurtre, il aura lieu dans un endroit réputé pour ses opinions anti-indiennes. A l'issue de ce procès truqué (fabrications de preuves, faux témoignages, intimidation de témoins) Peltier est condamné le 2 juin à deux peines de prison à perpétuité. Aujourd'hui Léonard Peltier a passé 27 ans en prison malgré le fait que les autorités aient admis qu'aucun élément ne peut prouver qui a réellement tiré sur les agents du FBI le 26 juin 1975.En Amérique, la justice est toujours mauvaise quand on est pauvre qu'on soit un noir, un Indien ou un blanc pauvre. Qu'est- ce que vous attendez de la session des nations-Unies sur la déclaration des peuples autochtones ? J'ai un avis différent des autres participants sur l'issue des débats. J'ai l'impression que les grands Etats- ce que j'appelle les nations-colonie, et qui ont usurpé des terres comme par exemple les USA, mais aussi le Canada New-Zélande ou l'Australie, ne voudront pas signer une déclaration qui reconnaissant les droits des peuples autochtones ou qu'ils feront tout pour dénaturer le texte en jouant par exemple sur les mots. Je ne suis pas très optimiste sur les résultats de cette session. Quelle est votre perception de la politique américaine aujourd'hui à un mois de l'élection présidentielle ? Pour moi, aucun président ne s'est montré favorable aux Indiens. Et ce, dans toute l'histoire des USA. Aujourd'hui, il existe dans chaque réserve des conseils de tribus ( tribal councils), supportés par l'Etat, mais ils ne peuvent émettre aucune décision souveraine d'après les décrets présidentiels (government law) votés par George Bush. Ce texte stipule que les « peuples autochtones sont des sortes (quasi)de nations domestiques et souveraines à l'intérieur des USA ». Mais cela ne donne aucune pouvoir de décision sur notre évolution, si ce n'est de pouvoir choisir, par exemple, entre une compagnie d'électricité ou l'autre sur notre territoire et encore. A Big Mountain (Arizona), le gouvernement veut par exemple déloger 10 000 familles pour pouvoir exploiter de l'uranium. Aujourd'hui, le nettoyage ethnique continue comme avant. Selon vous va-t-on vers la disparition complète des indiens nord-américains ? Pour moi, le futur continuer à être très dur pour les Indiens. Et ce n'est pas avec le gouvernement de George Bush que cela changera, mais avec son programme je pense que l'avenir est mauvais pour la planète entière. Mais je ne crois pas que les indiens disparaîtront, car nous avons toujours survécu malgré la haine et je crois que les Américains disparaîtront avant nous. Aujourd'hui, l'économie aux USA est très mauvaise. Le dollar ne cesse de baisser et plus personne n'achète des produits américains. Cela entraîne du chômage -deux millions d'emplois ont été perdus sous Bush -peut-être une dépression et de la violence. L'Amérique est en train de vivre une véritable implosion et l'Empire est en train de tomber. Joël Depommier |
00:45 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note










