22.08.2007

Polémique : TINTIN AU CONGO

Que pensez-vous de la polémique sur la BD jugée "raciste" par un étudiant Congolais ?

Faut-il la retirer de ventes ?

Mes impressions :

La polémique enfle suite à la plainte déposée par un étudiant Congolais sur le prétendu racisme de la BD « Tintin au Congo ». Les médias belges et internationaux se sont posés des questions…Des débats parfois intéressants et riches permirent aux protagonistes d’étaler leurs arguments.

Si la BD « Tintin au Congo » stigmatise les colonisés avec un paternalisme néo-colonial certain, je trouve justement qu’il faut aller beaucoup plus loin et ne pas verser dans ce type de débat «anecdotique » (si il ne se focalise que sur la BD), car le drame de la colonisation vécu par les Congolais est autrement plus cruel que les quelques planches douteuses…

Malgré l’interdiction de la BD « Tintin au Congo » au rayon « enfant » en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, je continue à penser qu’il n’est pas intelligent, ni pertinent de retirer da la vente « Tintin au Congo », par contre, je suis plutôt pour insérer un texte explicatif sur le contexte de l’époque et la colonisation du Roi Léopold II et de la Belgique.

L’histoire reste douloureuse pour tout Congolais, le devoir de mémoire n’a pas encore vu le jour, malgré les excuses officielle sur l’assassinat de Patrice Lumumba par Louis Michel il y a quelques années, il y a comme une immense tâche sur l’histoire de notre pays, une tâche trop souvent édulcorée voir niée, poussant certaines personnes vers un négationnisme inacceptable.

Les historiens belges n’ont pas été d’un grand apport, la plupart du temps, il s’agissait juste de reprendre la version officielle de la Royauté ou du gouvernement de l’époque, les plus critiques se risqueront simplement à rappeler ici et là quelques faits inadmissibles, mais rien de sérieux, ni de scientifique.

Seule la Grande-Bretagne (elle-même une colonie impitoyable désireuse de régler le compte de la Belgique) et la BBC ont dévoilé les sombres desseins du Roi Léopold II et de la sauvagerie de l’entreprise.

La Belgique devra passer ce  cap douloureux qui restera à jamais gravé comme une période tragique de sa courte histoire. La colonisation belge au Congo, c’est plusieurs millions de Congolais tombés par les armes, l’asservissement ou les maladies importées, c’est le travail forcé, les mains coupés, l’esclavagisme et l’assassinat politique, à côté et pour ne pas travestir l’histoire, ce fût aussi, la construction des dispensaires, des hôpitaux, routes et quelques écoles qui permirent  à ceux qu’on appelaient les « sauvages » de pouvoir se former dans le but d’éduquer et de « civiliser » une élite qui allait bien évidemment être totalement au service du maître blanc, on le voit, on le constate, l’opération « civiliser les sauvages » ne fut en fait qu’un immense projet de pillage et d’humiliation, les « bienfaits » rapportés ici et là pour faire bonne impression (construction des routes, écoles, dispensaires, vaccination) ne furent en fait que des politiques sournoises et peu enclines à permettre à une élite démocratique de pouvoir vivre dignement…

Si le débat « Tintin au Congo » ne va  pas au-delà, il n’aura été que d’un intérêt très limité, à vous, à nous de lancer le débat sans polémique mais avec raison, transparence et argument scientifique à l’appui pour faire la lumière d’une sombre période et ce pour tourner une page à jamais gravé dans nos mémoires.

Rappelons que les petits enfants ou les enfants ne sont en rien responsable des crimes commis par leurs parents ou aïeux, cependant le drame serait que les enfants ou les petits-enfants innocents poursuivent le négationnisme de leurs parents et ça, ce serait non pas une faute, mais un second drame.

Mouedden Mohsin

 

 

infos :

http://www.cobelco.org/

 

 

Tintin au Congo classé BD pour adultes

Le groupe Borders, propriétaire de librairies en Grande-Bretagne a donc décidé de ranger Tintin au Congo au rayon BD pour adultes à côté de celles de Manara. Mais pas pour les mêmes raisons, les enquêtes du reporter asexué étant totalement dépourvues de références sexuelles explicites.
C'est la connotation raciste - sans blague... - de la bande dessinée, où les Noirs sont tous des flippés au langage de petit singe, qui a ému certains lecteurs. La polémique n'est pas nouvelle et Hergé a eu régulièrement des soucis avec ce volet des aventures du journaliste cynophile.
Pas en 1931, date de sa sortie, où la BD fut plutôt bien accueillie dans la Belgique colonisatrice sans complexe.
Plus tard (dans les années 60), l'idée d'une mission civilisatrice des sauvages perdit de sa force de conviction et on évita les rééditions.
Comme on le voit sur cette illustration, le passage à la couleur s'est également accompagné d'une euphémisation du propos.

 

 

Un étudiant congolais résidant en Belgique vient de demander en justice l’interdiction de Tintin au Congo pour « racisme et xénophobie ». S’il semble difficile d’approuver sa demande d’interdiction, il n’est pas inutile de rappeler que cet album de Hergé véhicule nombre de stéréotypes raciaux.

Ces stéréotypes sont toujours bien vivaces en France, jusque dans certains discours de nos gouvernants : « Pendant que nous y sommes, que diriez-vous, bonnes gens, du président français, Nicolas Sarkozy, qui vient tout juste d’étaler à Dakar sa vision passéiste de l’Afrique ? Pour sûr, si la sentence devait tomber, Sarko serait plus coupable que Hergé. » [1]


 

 

L’histoire commence à Londres

Des parents, étonnés de voir l’album de Hergé [2] Tintin au Congo vendu dans les rayons pour enfants des librairies du Royaume-Uni, s’en inquiètent auprès de la Commission britannique pour l’égalité raciale (CRE).

C’est un verdict sans appel que la CRE prononce le 12 juillet dernier. « Ce livre contient des images et des mots aux préjugés racistes abominables, où les “sauvages” apparaissent comme des singes et parlent comme des imbéciles. [...] Le fait que l’ouvrage ait été écrit il y a longtemps ne les rend pas plus acceptables. » La CRE ne souhaite pas que la bande dessinée soit interdite, mais elle demande que des précautions soient prises pour la vente de l’ouvrage. Peu après, les librairies Borders et Waterstone’s décident de placer Tintin au Congo dans leurs rayons pour adultes.

Le 28 juillet, l’éditeur sud-africain Human & Rousseau renonce à une édition de l’ouvrage en afrikaans, car il s’est soudain rendu compte que la publication de cet ouvrage dans la langue qui était celle de l’oppresseur blanc pouvait être mal interprétée par une partie de la population (l’étude obligatoire de l’afrikaans à l’exclusion de tout autre idiome à l’université avait été à l’origine des émeutes sanglantes de Soweto le 16 juin 1976).

Dans le même mouvement, l’éditeur Penguin signale que la diffusion de l’édition anglaise en Afrique du Sud ferait l’objet d’un avertissement informant le lecteur du « caractère raciste » de certaines scènes de l’album.

Plainte pour « racisme » à Bruxelles

Fin juillet, une plainte pour « racisme et xénophobie » est déposée à Bruxelles, contre l’album Tintin au Congo, par un étudiant congolais résidant à Bruxelles, M. Mbutu Mondondo Bienvenu. L’enquête n’en est qu’à ses prémices, le juge d’instruction n’ayant pas encore décidé si la plainte était recevable.

Le plaignant, Bienvenu Mbutu Mondondo, veut obtenir de la société Moulinsart, qui gère les droits de l’oeuvre d’Hergé, l’interdiction de l’album qui se vend chaque année à des dizaines de milliers d’exemplaires.

ةtudiant en sciences politiques, Bienvenu Mbutu Mondondo s’est plongé dans une relecture critique de Tintin au Congo, après que sa soeur ait refusé qu’il offre la bande dessinée à son neveu. « Trop raciste ! » lui a-t-elle répliqué. « Ma soeur, comme toute la communauté congolaise de Bruxelles, a été sensibilisée par l’avis rendu en Grande-Bretagne contre cette BD, pleine de préjugés racistes et de violence », explique -t-il.

Le plaignant juge l’album « raciste et xénophobe ». « Ce sont les thèses racistes qui ont servi de support à l’idéologie politique pour pratiquer des discriminations sociales, des ségrégations ethniques et commettre des violences, dont des actes de génocides », commente-t-il pour appuyer son action en justice. « Quand on connaît la violence de la colonisation au Congo, les mains coupées, les conditions de construction du chemin de fer, cette bande dessinée est un scandale ». « Il est temps que la Belgique ouvre les yeux. Aujourd’hui encore, on n’apprend rien sur la colonisation dans les écoles. L’histoire du Congo belge est taboue », ajoute-t-il [3].

 

Que va-ton juger ?

La première mouture de l’album a été dessinée par Hergé en 1930 - 31, à une époque où la Belgique était une puissance coloniale contrôlant le Congo. Après la seconde guerre mondiale, lors des refontes des premières aventures de Tintin, Hergé a modifié lui-même certains passages particulièrement choquants.

Tintin au Congo (éditions de 1931 et de 1984).

« Sur le fond, nous sommes étonnés que cette polémique renaisse aujourd’hui », a réagi un représentant de la société Moulinsart. « Hergé s’était expliqué, disant qu’il s’agissait d’une oeuvre naïve qu’il fallait replacer dans le contexte des années 30, où tous les Belges pensaient faire du très bon travail en Afrique. » Dans les années 70, l’auteur avait lui-même décrypté le discours positif sur la colonisation de son album : « Pour le Congo, tout comme pour Tintin au pays des Soviets, il se fait que j’étais nourri des préjugés du milieu bourgeois dans lequel je vivais… C’était en 1930. Je ne connaissais de ce pays que ce que les gens en racontaient à l’époque : “Les nègres sont de grands enfants, heureusement que nous sommes là !”, etc. Et je les ai dessinés, ces Africains, d’après ces critères-là, dans le pur esprit paternaliste qui était celui de l’époque en Belgique. » [4]

On peut discuter de la judiciarisation de l’affaire mais elle a le mérite de rappeler le passé colonial de la Belgique au Congo, le passé colonial de l’Europe, et également la permanence des préjugés raciaux, jusque dans les discours de nos dirigeants actuels.

Pétillon (Canard enchaîné du 15 août 2007)

21.08.2007

billet 7 et 8 sur le Maroc

14.08.07 Billet Maroc n° 7

Discrimination positive au Maroc

 Lorsqu’on pense à la discrimination positive, nous pensons aux Etats-Unis, à la Grande-Bretagne voir à la Belgique qui pour enrayer des discriminations avérées au sein de la société  (écoles, emplois, logements) tente de mettre sur pied une politique en faveur des communautés minoritaires fragilisés pour enrayer des pratiques discriminatoires et racistes.

 

Au Maroc, la discrimination positive existe également mais de manière officieuse, il y a dans le pays, plusieurs minorités, dont une la subsaharienne qui est sur le plan économique très fragile, c’est plutôt une communauté survivant dans des conditions difficiles et n’ayant comme objectif prioritaire souvent que l’émigration vers l’Europe, pourtant la discrimination positive officieuse du pays ne touche nullement les citoyens les plus fragiles mais plutôt celle qui est la plus aisée, Occidentale et plutôt prospère

 

Le Maroc tente de séduire les nouveaux « immigrés » Occidentaux, riche et désireux d’investir dans un pays devenu l’Eldorado de certains richissimes Européens… Facilitée administrative, prêt de terrain à des prix défiant toute concurrence, taxation minimale, à croire que le pays ne compte plus que sur les Occidentaux pour décoller à jamais vers les mirages d’un capitalisme outrancier…Ceux qu’on appelle les Marocains résidants à l’étranger (MRE),  vivent non seulement la discrimination en Europe mais parfois également au sein de leur pays d’origine… Une femme MRE au français irréprochable désirait réserver un billet 1er classe à la gare ferroviaire d’une grande ville marocaine…impossible, le fonctionnaire zélé et à l’hospitalité peu avenante l’invita à prendre la deuxième classe et prétexta, à juste titre un problème informatique…Devant le mépris affiché, la personne téléphona pour réserver une place, toujours en 1er classe avec son accent parisien…là, le fonctionnaire se fit mielleux et invita la gente dame à la gare pour être reçu par le directeur de la gare…Il pensait à Gwendoline, désirait-il lui offrir un soda ou faire causette à un belle française en vue de la séduire ? La dame finit par envoyer son Oncle qui ne fit nullement plaisir au fonctionnaire zélé, il revint néanmoins avec le billet 1er classe…Ouf, Pourquoi raconter cette anecdote ? D’abord, on constate trop souvent que les marocains et en particulier les fonctionnaires ont parfois un mépris pour les MRE, ensuite on constate un favoritisme ou si vous préférez une discrimination positive incompréhensible à l’égard des Occidentaux, mais pourquoi favoriser des citoyens déjà grandement favorisé ? Ne pourrions nous pas plutôt parler d’égalité et de respect pour tous ? Second constat, prenons un belgo-marocain et un belge ou français de souche désirant ouvrir un commerce et ayant les mêmes diplômes et les moyens financiers, à coup sûr, le belge ou le français sera favorisé par rapport au MRE… et ce malgré les campagnes de pub invitant ces derniers à investir dans le pays…En conclusion, le Maroc doit être un des rares pays au monde à pratiquer une discrimination positive à l’égard de ceux qui possèdent, dommage cette mentalité dénotant d’un complexe d’infériorité couplé à un manque de confiance en ses capacités…Tandis que les pauvres discriminés, eux peuvent toujours attendre, à moins de s’appeler Mobutu ou Houphet Boigny ? Non, je blague.

Mouedden Mohsin  

 

16.08.07 Billet Maroc n°8

1 mois sans le racisme

 Au Maroc, pays des contrastes, le racisme existe comme partout ailleurs, cependant pour les Marocains résidents à l’étranger, les fameux MRE souvent à la double nationalité peuvent pendant quelques semaines, loin de la grisaille Belge ou Française vivre « normalement », sans être confronté aux problèmes liés aux racismes…C’est une situation nouvelle pour ceux qui souvent sont confrontés à des discriminations en plein cœur de l’Europe, ne les citons pas toutes, elles sont encore trop nombreuses malgré un arsenal législatif et un tissu associatif dynamique, les discriminations ont malheureusement encore un bel avenir devant elles.

 

En vacances et au Maroc, les MRE sont les bienvenues « chez eux », pub, campagne, prêt bancaires et sourires détonnent, là ou souvent en Europe pour un emploi, un logement, un papier administratif on se voit confronté à des patrons, fonctionnaires et propriétaires aux préjugés tenaces, oui, les marocains d’Europe soufflent pendant quelques semaines, certains en profitent même pour adopter une attitude inconvenante, irrespectueuse et parfois emprunt d’un paternalisme social qui agacent les locaux…

 

De façon générale, on a  le sentiment que le racisme disparaît, que les discriminations vécues en Europe, les regards lourds capables de vous réduire en bouillie, les « No Defense Entry » des lieux publics par des gardiens ou des portiers zélés ne sont plus qu’un lointain et désagréable souvenirs…Qu’il est bon de se sentir chez soi, accueillit, respecté et parfois même chouchouté…S’agit-il vraiment d’une attitude bienveillante faite d’hospitalité et d’amitié ou ne sont là que des calculs politiques pour alléger nos poches et faire voler nos chéquiers ? Oui, bien sûr, il y a de cela, la philosophie de Gandhi a encore du chemin à faire au pays comme partout dans le monde, cependant à la différence de notre plat pays ou de la France, avoir les poches pleines, un chéquier et un parcours politique ne vous ouvrira pas nécessairement la porte d’un logement ou d’une boite, n’est ce pas Monsieur le député flamand Chokri Mahassine ?

 

Chokri Mahassine, né à Casablanca, député belge au SP-A, fondateur du festival rock bien connu Pulkkelpok en sait quelque chose, lui qui vient de vivre une discrimination  à l’entrée d’un bar disco …Il n’avait pas la tête de l’emploi, malgré son chéquier, ses poches pleines et sa profession…Non, le Maroc n’aurait jamais osé, encore qu’avec un Sénégalais riche…Sans nulle doute, il est plus difficile d’être marocain en Belgique que Belge au Maroc.

 

Les pays plus pauvres sont-ils plus accueillants ? Les gens du nord ou des pays riches sont-ils plus frileux, moins hospitaliers ? Oui, les gens du sud sont plus hospitaliers car il y a également un impératif économique, oui, les citoyens Européens plus nantis sont moins accueillants, la preuve ? Beaucoup de région riche demandent un confédéralisme voir l’indépendance…le Pays-Basque, la Flandre, la Lombardie, la Catalogne…Lorsqu’on est nanti, on se sent harcelé, on prend peur de façon déraisonnable et on pratique l’individualisme à outrance, on se ferme à l’autre et on finit par vivre reclus, malheureux !

 

Oui, vivre un mois sans le racisme, les discriminations, les regards lourds avec les sempiternelles débats sur le foulard, la laïcité menacée, « l’islam-fascisme » fait du bien, non revenir au pays de Magritte face à un gendarme flamand n’est pas la meilleur façon de renouer avec sa patrie, oui être belgo-marocain en Belgique n’est pas facile, alors me diront certains de mes compatriotes, pourquoi ne pas retourner au Maroc ?

 

D’abord, on est chez soi et puis critiquer la Belgique n’est pas rejeter la Belgique comme voudrait le faire une bonne partie des flamands mais plutôt l’aider à vaincre ses démons.

 

Alors les petits Belges, un petit stage anti-raciste au Maroc ? 

 

 Mouedden Mohsin

 

16.08.2007

Maroc/Presse

 Mustapha Hormat Allah condamné à huit mois de prison ferme

CASABLANCA -

Un journaliste marocain a été condamné mercredi pour la première fois depuis quatre ans à une peine de prison ferme, provoquant la consternation dans la profession qui y voit une "grave menace" pour la liberté de la presse.

 

Le tribunal correctionnel de Casablanca a infligé huit mois de prison ferme à Mustapha Hormat Allah, journaliste à l'hebdomadaire Al Watan Al An, pour publication de "documents confidentiels" concernant la lutte antiterroriste.

Le directeur de ce journal, Abderrahim Ariri, a écopé de six mois avec sursis.

Le premier comparaissait détenu alors que le second était en liberté provisoire. Les deux journalistes devront en outre verser chacun une amende de 1000 dirhams (90 euros).
"Ce verdict nous choque. Nous étions venus pour entendre un verdict qui nous acquitte et nous avons entendu un verdict qui ne nous a pas rendu justice", a déclaré aux journalistes M. Ariri.

"Nous allons nous réunir avec nos avocats et les ONG qui ont pris notre défense pour définir la suite à donner à cette décision de justice", a-t-il ajouté.

C'est la première fois depuis quatre ans qu'un journaliste est condamné à la prison ferme au Maroc. En juin 2003, la cour d'appel de Rabat avait infligé trois ans de prison au journaliste Ali L'mrabet, directeur de deux hebdomadaires pour "outrage au roi".

Le dirigeant du Syndicat des journalistes a qualifié le verdict de mercredi "d'inacceptable".
"C'es une menace pour tous les journalistes dont le métier est de publier des informations, des documents (...)", a déclaré à l'AFP Younes Moujahid, secrétaire général du Syndicat national de la presse marocaine (SNPM).

De son côté le président le président de la Fédération des éditeurs Abdelmounaïm Dilami, a également exprimé son désaccord. "Nous sommes par principe hostile à toute peine de privation de liberté à l'encontre de journalistes dans l'exercice de leur métier", a-t-il dit à l'AFP.

Les deux journalistes étaient poursuivis pour "recel de documents obtenus à l'aide d'une infraction" après la publication le 14 juillet par Al Watan Al An d'un dossier intitulé "les rapports secrets derrière l'état d'alerte au Maroc".

Par ailleurs, le 24 août doit commencer le procès d'Ahmed Benchemsi, directeur de deux magazines saisis ce week-end, sous l'accusation de "manquement au respect dû à la personne du roi".

La justice lui reproche son éditorial dans l'hebdomadaire francophone TelQuel et dans Nichane, rédigé en darija (dialecte arabe marocain), critiquant sur le mode de l'interpellation les propos du roi Mohammed VI sur les élections législatives du 7 septembre.

Un troisième directeur de journal devrait être fixé jeudi sur son sort le 23 août: Mustapha Alaoui avait publié le 6 juillet dans l'hebdomadaire Al Ousboue, des propos attribués au secrétaire général de l'ONU dénonçant en termes désobligeants les agissements de membres de la délégation marocaine aux négociations sur le Sahara occidental. Les Nations unies avaient démenti.

Beaucoup de journalistes marocains craignent que ces récentes poursuites judiciaires marquent un retour aux années noires, ce que démentent les autorités.


 

AFP
Jeudi 16 Août 2007

15.08.2007

commémoration esclavage 23/08/07 à 15h00

Sous le haut Parrainage de

Ms.Attallah  SHABAZZ

(Fille aînée du regretté Malcolm X)

http://www.abolitiondelesclavage.org/

Journée souvenir de

"l'abolition de la traite NEGRIERE et de l'esclavage, 1807 - 2007"

 

Le 23/08/07 à 15h à l’Hôtel de

ville de Bruxelles, Grand

Place (salle Gothique)*

 Madame, Mademoiselle, Monsieur

Se rappeler de l’histoire, fêter ou se souvenir des dates

importantes est un devoir et presqu’une obligation pour tous

les africains et pour les amis de l’Afrique. En décidant de

proclamer le 23 août de chaque année "Journée internationale

du souvenir de la traite négrière et de son abolition", l'UNESCO

a voulu rendre universel ce devoir de mémoire. C'est pourquoi

nous vous invitons à participer à cette journée commémorative

à l'Hotel de Ville de Bruxelles ce jeudi 23 aôut 2007 à 15hoo.

" On vient de loin.... Plus jamais ça.... et pourtant ça continue

encore et encore sous d’autres formes... ici et ailleurs"

PROGRAMME COMPLET AU VERSO

Entrée gratuite

jeudi 23 aôût 2007

200 ans déjà...

15H00 à l’Hôtel de Ville de Bruxelles, entrée par la Grand Place

Avec le soutien de l’Echevin de la Participation et de l’Egalité des Chances, Ahmed El Ktibi.

Avec le soutien du Député Echevin Bea Diallo.

 

INVITATION 

PERSONNELLE

à présenter à l'entrée (*)

LA JOURNEE SOUVENIR DE L’

 

ABOLITION DE

L ESCLAVAGE

le CDM, Collectif du Devoir de Mémoire présente

1807-2007

Editeur responsable: Luc Sunzu Krokussen laan 34 1790 Affligem

PROGRAMME

avec le soutien de

Gratuite

jeudi 23 août 2007

Hôtel de Ville de Bruxelles() RESERVATION OBLIGATOIRE

Une journée agréable pour un souvenir triste

Entrée

PIE TSHIBANDA

Raconte, à sa façon, la version des faits... Le célèbre humoriste * Rappel des faits par les historiens * Intervention des

personnalités invitées * Débat libre Et pour joindre l’utile à l’agréable , un verre d’amitié sera offert

Miss SHABBAZ

Miss SHABBAZ, fille ainée du célèbre leader noir américain

, fait le déplacement des Etats-Unis pour parrainer l’événement à Bruxelles

MALCOM X

JEUDI 23 AOUT 2007 15h00

Hôtel de Ville de Bruxelles

1000 Bruxelles. Entrée par la Grand Place

Réservation obligatoire

abolitiondelesclavage@hotmail.com

0495-876.917

0478-654.650

INVITEE EXCEPTIONNELLE

(*)

INVITATION

PERSONNELLE

LA JOURNEE SOUVENIR DE L’

ABOLITION DE

L ESCLAVAGE

le CDM, Collectif du Devoir de Mémoire présente

à présenter à l'entrée (*)

1807-2007

 

 

14.08.2007

CENSURE MEDIATIQUE AU MAROC

TELQUEL ET NICHANE CENSURES                   

 

 Après l'épisode des deux journalistes du quotidien arabophone « Al Watan » incarcérés (l'un a été libéré depuis) pour avoir révélé un rapport interne « secret défense » des services de surveillance du territoire sur la menace terroriste (1), début juillet, voici les deux magazines « frères », probablement les plus pertinents et/ou provocateurs du pays qui viennent d'être retirés de la vente au Maroc, ce samedi 4 août, suite à une décision surprise du premier Ministre, Driss Jettou.

Quels crimes ?

Les crimes des deux hebdomadaires ? Pour Nichane, il s'agirait  d'un manquement au respect dû à l'Islam et au roi, pour « des expressions contraires à la morale » sur la sexualité en Islam, pour Telquel, il s'agirait uniquement de : « Non respect dû au Roi ».

Ce n'est pas la première fois qu'Ahmed Réda Benchemsi, rédacteur de TelQuel et directeur de publication des deux hebdos a maille avec le Makhzen (2) pour ne pas dire, la Monarchie, déjà en 2006 une vive polémique et une condamnation judiciaire avait sérieusement ébranlée la rédaction de Nichane (3)…

Pourquoi le Maroc semble ces derniers temps épinglait une presse indépendante, certes parfois provocatrice  ? Qu'est ce que la provocation pour le Makhzen ? Traiter autrement le dossier : « Sahara Marocain »… faire des révélations sur la Monarchie ou critiquer le discours Royal, épingler l'armée Marocaine, insulter l'Islam, railler le Prophète…la Monarchie est-elle fragile à ce point ou désire t'elle seulement rappeler les règles de « bonne conduite » et de «déontologie» pour tous ?

Un code de la presse à double tranchant.

Le code de la presse (4) initié et bientôt voté par le gouvernement est vivement critiqué par les médias indépendants pour son ambiguïté et la possibilité qui est donnée à la justice, de poursuivre, d'incarcérer et d'emprisonner des journalistes sur des sujets « mal traités », jugés « sacrés ». On pense que le gouvernement tentera à l'avenir de contrôler cette presse dite « indépendante », qui n'a rien à envier à la provocation parfois bête et méchante de « Charlie Hebdo ».

  La presse marocaine est souvent considérée comme la plus libre du monde arabe et islamique, il est vrai que certains des articles publiés ici et là pourraient mener leurs auteurs à la prison à vie en Tunisie, Libye, Syrie, Arabie, cependant… Comparée à des pays où la liberté est inexistante n'est en soi pas si difficile, ni flatteur, la presse marocaine reste « libre » jusqu'à un certain point.

Tel Quel, le chantre du modernisme ? Un Mai 68 Marocain ?

L'hebdomadaire Tel Quel (5) et Nichane donne un coup de jeune depuis quelques années à une presse souvent fade, sans inspiration et tétanisée par le politiquement correct, alors les deux magazines détonnent malgré le côté provocateur, insolent, irrespectueux, choquant et parfois franchement borné à croire que l'équipe journalistique ne cherche qu'à se faire remarquer du pays, du gouvernement, du Roi, du monde…Soif de reconnaissance ? Volonté délibérée de jouer les martyrs ou soif de vérité?

La liberté appelle la responsabilité, mais qu'est ce qu'être responsable ? Chacun a ses propres limites. Doit-on ce censurer lorsqu'on possède une info pouvant mener le pays vers un risque d'implosion ? Doit-on s'auto-censurer ? Les journalistes sont-ils libres et au dessus des lois ? Non, bien évidemment, même aux Etats-Unis ou en Europe, les journalistes risquent d'être filés, mis sur écoute avec des pressions « politiques » et «économiques », voir l'incarcération pour des motifs liés trop souvent à « la défense du pays » ou « secret défense ».

Tel Quel est un hebdomadaire progressiste, laïciste pour ne pas dire athéiste, indépendant des partis politiques, résolument pro-Occidental, anti-religieux et désireux d'être un référent qui mènera le Maroc vers la modernité et la laïcité…L'islam, la Monarchie et la tradition sont considérés par le journal « satirique » comme des « stigmates », un passé à quitter au plus vite pour enfin devenir et être modernes…La modernité, parlons-en… pour Telquel, fumer, boire, danser à n'en plus finir sont des preuves évidentes de modernité…On croit rêver, à l'heure ou l'Europe lutte contre l'alcoolisme et le tabagisme passif. De plus, le journal est résolument politique, il n'est pas neutre, il s'engage subtilement, de façon indirecte à laïciser le pays, son idéal ? La laïcité à la française, en outre, il espère sans l'avouer, la fin de la Monarchie (?) ou sa marginalisation avec le désir de réduire l'Islam à une culture…poétique et sexuelle, d'où son impopularité chez la majorité des marocains et sa popularité chez la classe bourgeoise et bohème.

Le Maroc rêvé de Benchemsi c'est Marock (6), le film provocateur montrant une jeunesse bobo désoeuvrée qui vit la « liberté » en ne pensant qu'à s'amuser… en soi, un Woodstock ou Mai 68 remixé à la sauce Casaoui…Dommage, car si Mai 68 a permis de « libérer » la société d'un traditionalisme certain, il fût aussi le début de la fin, pour une jeunesse ou seule, la jouissance rapide et présente pouvait satisfaire des frustrations accumulées depuis des générations…de la révolte légitime, nous sommes passé à la consommation outrancière sans but, ni finalité. Réduire Tel Quel à ce modernisme simpliste serait idiot et malhonnête, Tel Quel est plus que cela,   son ton, ses articles et sa ligne éditoriale sont modernes dans le bon sens du terme ! Il impulse une nouvelle façon de faire de l'information, il analyse des faits de société de manière osée, il critique des vérités toutes faites, il déconstruit les versions officielles et l'histoire mythifiée du pays, il fait penser ou apprend aux citoyens lecteurs à penser d'eux-mêmes, loin du paternalisme ambiant. Tel Quel est complexe, difficile à saisir…Le Maroc en a grandement besoin, dans ce désert ou l'indigence intellectuelle finit de lobotomiser toute une population vers une information formatée.

Malgré son entêtement, jugé « subversif » par beaucoup, force est de reconnaître que l'hebdomadaire est souvent pertinent, il reste un aiguillon utile et même nécessaire dans un paysage médiatique morne, Oui, Tel Quel est moderne dans le bon sens du terme, non il ne désire pas faire vivre aux Marocains un Mai 68, mais plutôt la Movida Espagnol, cette libération des mœurs qui se traduisit par une mutation sociologique, économique et culturelle faite de plaisirs et des férias quelques années après le décès du général conservateur et totalitaire, Franco et l'installation définitive de la démocratie Ibère, sauvé par le Roi Juan Carlos d'un putsch militaire avorté qui fera date en 1981.  

Le Makhzen justicier ?

Retirer de la vente des magazines sans décision judiciaire est une défaite pour la liberté de presse, la démocratie, l'islam et le Maroc du 21 ème siècle, il ne fera le jeu que de ces nombreux adversaires internes et externes.

Tel Quel doit continuer, la place d'un journaliste ou d'un rédacteur en chef n'est pas dans un bureau de police à subir des interrogatoires humiliants. Les journalistes ne sont pas des criminels, même si certains estiment que le crime de lèse-majesté en est un ! Le débat d'idée doit primer face à la censure, sauf en cas de racismes, de diffamations ou de calomnies avérés.

A la justice de faire son travail, on a pourtant du mal à croire à l'indépendance d'une justice critiquée pour son « suivisme »…Quel juge osera lors du procès rendre un verdict opposé à celui du Makhzen ?

Les sujets dits « tabous » pourraient être instrumentalisés par le Makhzen et le gouvernement à des fins politiques ou pour régler des comptes. Les « tabous » sont encore trop nombreux, il risque de laisser le pays englué dans un no man's land floue faisant le jeu du Makhzen avec une menace à peine voilée sur la tête de chaque journaliste, syndicaliste, militant associatif ou citoyen lambda désireux de comprendre, d'avancer ou de critiquer.

Cette stratégie malheureuse du Makhzen ne donnera qu'une image peu reluisante du pays, cependant sa politique ultra-libérale, pro-Occidentale et sa lutte contre le terrorisme permet au Maroc quoi qu'il fasse de rester auprès des chancelleries Européennes et Américaine, un pays démocratique, libre et ami…Alors l'arrestation et/ou l'incarcération de quelques journalistes marocains indépendants, ne « réveillera» ni Paris, ni Washington, ni Bruxelles…

Anecdotique (?), l'inculpé Ahmed Réda Benchemsi comparaîtra le 24 août devant le tribunal de première instance de Casablanca, en état de liberté, a annoncé son avocat.

Mouedden Mohsin

0473.595.407

 

 

Note :

 

1)      http://moueddenmohsin.blogspirit.com/archive/2007/07/22/le-maroc-1er-billet.html

 

2)      Traduction Makhzen :

 

http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_jeune_afrique.asp?art_cle=LIN17043questnezhka0

 

«Il ne faut pas jouer avec l'eau, le feu, et le Makhzen », dit l'adage. Dans le parler courant des Marocains, on parle de Makhzen dès qu'il est question de pouvoir. Un pouvoir qui s'incarne parfaitement dans la personne de son représentant suprême, le roi.

 

3)       

 

En janvier 2007, deux journalistes de Nichane avaient été condamnés à trois ans de prison avec sursis et une amende de 80.000 dirhams (7.220 euros) pour avoir publié un dossier intitulé "Comment les Marocains rient de la religion, du sexe et de la politique". Ils avaient été condamnés pour "diffamation envers l'islam et la monarchie".

 

Communiqué de presse de « Nichane » en 2006 avant la condamnation : http://www.nichane.ma/communique/fr/index.php?option=com_content&task=blogcategory&id=13&Itemid=31

 

 

 

Voir vidéo :

 

http://www.neufstream.com/video/x14hgb_maroc-condamnation-de-nichane_news

 

 

 

4) http://www.bladi.net/11920-code-presse-maroc.html

 

 

 

5) http://www.telquel-online.com/

 

Cover d'un numéro non censuré :

 

http://www.telquel-online.com/280/index_280.shtml

 

 

 

6) bande annonce du film Marock : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18407828&cfilm=60727.html

 

Mahatma Ghandi anniversaire

Le 15 août 1947 l’Inde accède à l’indépendance et se libère du joug colonial : l’Inde fête ses soixante ans !

http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Gandhi


mardi 14 août 2007

 


 

A New Delhi le 15 août 1947, le Gouverneur Général Lord Mountbatten annonce l’indépendance de l’Inde qui entraînera la partition avec le le Pakistan, à majorité musulmane.

1,08 milliard d’habitants, l’Inde est le pays le plus peuplé au monde avec la Chine. Démocratie parlementaire (28 états - 7 territoires) les langues officielles sont l’Anglais et l’Hindi ... mais 18 langues régionales sont reconnues !

Ambition mondiale, économie dynamique (11ème économie mondiale) l’Inde est aussi un pays en voie de développement (l’indice de développement humain la place au 126ème rang mondial sur 177).

De nombreux « experts » voient l’Inde au 3ème rang mondial en 2025, devant le Japon...

Nous connaissons tous le père de l’indépendance de l’Inde : Gandhi, assassiné en janvier 1948...hommage...

 

Je ne suis pas un homme de lettres ou de sciences, mais je prétends humblement être un homme de prière. C’est la prière qui a sauvé ma vie ; sans la prière j’aurais depuis longtemps perdu la raison. Si je n’ai pas perdu la paix de l’âme, malgré toutes les épreuves, c’est que cette paix vient de la prière. On peut vivre quelques jours sans manger, mais non sans prier. La prière est la clé du matin et le verrou du soir. La prière, c’est cette alliance sacrée entre Dieu et l’homme pour obtenir d’être délivré des griffes du prince des ténèbres. Nous devons choisir : nous allier aux forces du mal ou, au contraire, aux forces du bien. Voilà mon témoignage personnel : que chacun tente l’expérience et il trouvera que la prière quotidienne ajoute quelque chose de neuf à sa vie, quelque chose qui n’a d’équivalent nulle part ailleurs."

"Il vaut mieux mettre son coeur dans une prière sans trouver de paroles, que trouver des mots sans y mettre son coeur."

Mahatma K. Gandhi

 

"Les Juifs en Palestine" par le Mahatma Gandhi

(Harijan, le 26 novembre 1938)
[traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier]


[Extrait de "Ma Non-Violence" par le Mahatma Gandhi, édité par Sailesh Kumar Bandopadhaya - Ahmedabad : Navajivan Publishing House - 1960]

 


J'ai reçu plusieurs lettres dans lesquelles on me demande d'exposer mes vues sur la question arabo-juive en Palestine et la persécution anti-juive en Allemagne. Ce n'est pas sans quelque hésitation que je me risque à offrir mes opinions sur cette question très délicate.


Toute ma sympathie est acquise aux Juifs. J'ai connu certains d'entre eux, d'une manière très intime, en Afrique du Sud, et certains d'entre eux sont devenus des amis pour la vie. Grâce à ces amis, j'ai pu mieux connaître la persécution à laquelle ils ont été soumis depuis la lointaine histoire. Ils ont été, en quelque sorte, les intouchables de la Chrétienté. La similarité entre le traitement que les Chrétiens leur ont infligé et celui que les Hindous infligent aux Intouchables est frappante. Un jugement de nature religieuse a été invoqué dans les deux cas pour justifier les traitements inhumains qui ont été infligés aux uns comme aux autres. A part les amitiés qu'il m'a été donné de nouer avec certains d'entre eux, ma sympathie pour les Juifs ressortit donc à des raisons de caractère universel.


Mais ma sympathie ne me rend pas sourd aux exigences de la justice. L'appel à un foyer national pour les Juifs ne me séduit guère. La légitimité en est recherchée dans la Bible et dans la ténacité dont les Juifs ont depuis tout temps fait preuve dans la formulation de leur attachement à un retour en Palestine. Pourquoi ne pourraient-ils pas, comme les autres peuples sur Terre, faire de cette contrée leur pays où naître et où gagner sa vie ? La Palestine appartient aux Arabes de la manière dont l'Angleterre appartient aux Anglais ou la France aux Français. Il serait injuste et inhumain d'imposer (une domination par) les Juifs aux Arabes. Ce qui se passe en Palestine, de nos jours, ne saurait être justifié au nom d'un quelconque code moral de conduite. Les mandats n'ont pas d'autre justification que la dernière guerre mondiale (la Première, NdT). Ce serait à n'en pas douter un crime contre l'humanité de contraindre ces Arabes si justement fiers à ce que la Palestine soit restituée aux Juifs en tant que leur foyer national, que ce soit partiellement, ou en totalité.


Une alternative bien plus noble serait d'insister sur un traitement équitable des Juifs où qu'ils soient nés et où qu'ils aient été élevés. Les Juifs nés en France sont Français dans l'exact sens où les Chrétiens nés en France le sont. Si les Juifs n'ont pas d'autre foyer national que la Palestine, vont-ils accepter l'idée de devoir être contraints à quitter les autres parties du monde où ils sont installés ? Ou bien voudront-ils une double patrie, où ils puissent demeurer selon leur bon plaisir ? La revendication d'un foyer national pour les Juifs ne fait qu'offrir sur un plateau une justification présentable à l'Allemagne qui expulse ses Juifs. Mais la persécution allemande des Juifs semble ne pas avoir de parallèle dans l'histoire. Les tyrans de jadis n'étaient jamais allés aussi loin dans leur folie que semble l'avoir fait Adolf Hitler. Et il continue à le faire avec un zèle religieux. N'est-il pas, en effet, en train de prôner une nouvelle religion faite d'un nationalisme militant et exclusif, au nom duquel toute inhumanité devient un acte d'humanité devant être récompensé, ici et maintenant. Le crime d'un jeune leader certes intrépide, mais non moins complètement dément, est en train d'être imposé à l'ensemble de son ethnie avec une férocité absolument incroyable. Si jamais une guerre pouvait être justifiée, au nom de l'humanité, et pour elle, une guerre contre l'Allemagne, destinée à prévenir la persécution délibérée d'une race humaine toute entière serait totalement justifiée. Mais je ne crois en aucune guerre. Discuter le pour et le contre d'une telle guerre est, par conséquent, complètement hors de propos pour moi.


Mais s'il ne peut être question d'une guerre contre l'Allemagne, même avec l'énormité du crime commis contre les Juifs, il ne saurait être question, non plus, d'une alliance avec ce pays. Comment une alliance pourrait-elle être conclue entre une nation qui revendique la défense de la justice et de la démocratie et une nation qui est l'ennemi déclaré de l'une comme de l'autre ? Ou bien, alors, peut-être l'Angleterre est-elle en train de glisser vers une dictature armée avec tout ce que cela comporte ?


L'Allemagne est en train de démontrer au monde entier comment la violence peut être utilisée efficacement lorsqu'elle n'est entravée par aucune hypocrisie ni aucune faiblesse se faisant passer pour de l'humanisme. Elle montre aussi à quel point sa violence est hideuse et terrible dans son horrible nudité.


Les Juifs peuvent-ils résister à cette persécution planifiée et éhontée ? Ont-ils un moyen de préserver leur dignité, et de ne pas tomber dans le désespoir et l'abandon d'eux-mêmes ? Je fais le pari que c'est possible. Nul être humain croyant en un Dieu vivant ne doit se sentir impuissant ou abandonné.

Jéhovah, le Dieu des Juifs, est un Dieu plus personnel que celui des Chrétiens, des Musulmans ou des Hindous, bien qu'il s'agisse, en fait, par essence, du Dieu commun à tous ces croyants, c'est leur Dieu unique, sans associé et échappant à toute description. Mais comme les Juifs attribuent à Dieu une personnalité et croient qu'Il commande chacun de leurs actes, ils ne devraient pas se sentir impuissants. Si j'étais juif et né en Allemagne, si j'y gagnais ma vie, je proclamerais que l'Allemagne est mon pays, autant qu'elle peut être le pays de l'aryen gentil le plus baraqué, et je le défierais de me tuer ou de m'enfermer dans sa forteresse ; je refuserais d'être expulsé ou soumis à un traitement discriminatoire. Et pour ce faire, je n'attendrais pas que mes coreligionnaires juifs viennent me rejoindre dans la résistance civile, mais j'aurais la certitude qu'à la fin du compte les autres seraient amenés à suivre mon exemple...


... Et maintenant, un mot aux Juifs de Palestine. Je suis absolument persuadé qu'ils se fourvoient. La Palestine biblique ne correspond à aucun territoire géographique. Elle est dans leurs coeurs. Mais s'ils doivent absolument considérer la Palestine de la géographie comme leur foyer national, c'est un péché inexpiable d'y pénétrer à l'ombre du canon britannique. Un acte de nature religieuse ne saurait être posé avec l'assistance des baïonnettes et des bombes. Ils ne peuvent s'installer en Palestine qu'en respect de la bonne volonté des Arabes. Ils devraient s'efforcer de se gagner le coeur des Arabes. C'est le même Dieu qui commande aux coeurs des Arabes et à ceux des Juifs... Ils trouveront le monde à leurs côtés dans leur aspiration religieuse. Il y a des centaines de manières de s'entendre avec les Arabes, pour peu qu'ils écartent résolument l'aide que leur apporte la baïonnette britannique. Telles que les choses se déroulent actuellement, ils sont co-responsables avec les Britanniques de la spoliation d'un peuple qui ne leur a jamais porté un quelconque tort.


Je ne défends pas les excès des Arabes. J'eusse aimé qu'ils eussent adopté la non-violence dans leur résistance à ce qu'ils considèrent à juste titre comme une agression inqualifiable contre leur pays. Mais si l'on se réfère aux lois généralement admises du bien et du mal, rien ne peut être dit contre la résistance des Arabes à une injustice massive.


Laissons les Juifs qui prétendent être le peuple élu en apporter la preuve par choix qu'ils feront de la non-violence afin de revendiquer une place sur cette terre. Tout pays est le leur, Palestine y comprise, non pas en conséquence d'une agression, mais en vertu d'un service altruiste envers leur prochain. Un ami juif m'a envoyé un livre intitulé "La contribution juive à la civilisation", écrit par un Cecil Roth. Ce livre énumère tout ce que les Juifs ont apporté à la littérature, aux arts, à la musique, au théâtre, à la science, à la médecine, à l'agriculture etc... de part le monde. Avec un tel héritage, les Juifs sont fondés à refuser d'être traités comme les déchets de l'Occident, d'être méprisés ou traités avec condescendance. Ils peuvent obtenir le respect et l'attention du monde en se montrant dignes d'avoir été choisis par Dieu, au lieu de tomber dans la déchéance des brutes oubliées de Dieu. Ils peuvent ajouter à leurs contributions, innombrables et inestimables, (à l'Humanité) celle, suprême, de l'action non-violente.

journaliste condamné à 8 mois au Maroc

Affaire Al Watan :

8 mois de prison ferme pour Hormatallah

du journal marocain AL WATAN

http://gazetteer.de/wg.php?x=&men=gpro&lng=fr&dat=32&geo=-134&srt=pn2n&col=ohq 


Le tribunal de première instance de Casablanca a condamné, mercredi, le journaliste Mustapha Hormatallah de l’hebdomadaire ’’Al Watan Al An’’ à huit mois de prison ferme et à une amende de 1.000 dh et le directeur de la publication, Abderrahim Ariri, à six mois de prison avec sursis assortis de 1.000 dh d’amende.


L’hebdomadaire ’’Al Watan Al An’’ avait publié le 14 juillet dernier un dossier intitulé ’’les rapports secrets derrière l’état d’alerte au Maroc’’.

Le parquet général avait décidé le 24 juillet de déférer les deux journalistes pour recel de documents obtenus à l’aide d’une infraction conformément à l’article 571 du code pénal, de relaxer Ariri et de le poursuivre par convocation directe, et de placer Hormatallah sous mandat de dépôt.

 

 

Un journaliste condamné à huit mois de prison ferme au Maroc

LEMONDE.FR avec AFP | 15.08.07 |

Le tribunal correctionnel de Casablanca a infligé huit mois de prison ferme à Mustapha Hormat Allah, journaliste à l'hebdomadaire Al Watan Al An, pour publication de "documents confidentiels" concernant la lutte antiterroriste. C'est la première fois depuis quatre ans qu'un journaliste est condamné à une peine de prison ferme au Maroc.

 


Le directeur de ce journal, Abderrahim Ariri, a écopé de six mois avec sursis. Le premier comparaissait détenu alors que le second était en liberté provisoire."Nous étions venus pour entendre un verdict qui nous acquitte et nous avons entendu un verdict qui ne nous a pas rendu justice", a déclaré aux journalistes M. Ariri. "Nous allons nous réunir avec nos avocats et les ONG qui ont pris notre défense pour définir la suite à donner à cette décision de justice", a-t-il ajouté.

Cette condamnation a provoqué la consternation dans la profession."C'est une menace pour tous les journalistes dont le métier est de publier des informations, des documents (...)", a souligné Younes Moujahid, secrétaire général du Syndicat national de la presse marocaine (SNPM).

L'organisation Reporters sans frontières s'est pour sa part déclarée "révoltée et consternée". "Cette décision traduit un mépris de tous les usages du droit international qui n'a cessé de réaffirmer qu'on n'emprisonne pas un journaliste pour un délit de presse", déclare-elle dans un communiqué

 http://www.rsf.org/article.php3?id_article=23285

 

 

 

03.08.2007

Un enfant à Tanger

Billet Maroc n 5

4.08.07

Tanger – Maroc

Un enfant à Tanger

Tanger, samedi 4 août, il est midi, il fait chaud avec une légère brise, déjà des centaines d'enfants se retrouvent au centre ville, sur les plages, sur les lieux touristiques pour vendre une camelote souvent famélique...mouchoirs en papiers, cigarette, de l'eau et quelques bonbons et sucreries...

Appelons-le, Ali, il a 10 ans, il arpente les rues du centre de Tanger en vendant uniquement des paquets de mouchoirs en papiers au prix de 2dh (20 cents) pièce...

Il gagne 1 dh par paquet vendu...Ali est vif et intelligent, il a un physique plutôt "nordiste", prend le temps de réfléchir et donne sa réponse... Il a déjà la roublardise et l'intelligence des gens de Sousse, région du sud Marocain entre Taroudant et Agadir, les Soussi sont des commerçants redoutés et économes, ils détiennent souvent un véritable magot voir le commerce du bled, souvent au prix de très lourd sacrifices, les "bonnes" blagues sur les Soussi (considéré comme des radins pas possible, à côté, les bataves sont des cigales) pullulent au Maroc et ... même en Europe !

Assis sur une terrasse d'un café bordant l'Océan, j'observe son manège, Ali s'approche, il me propose un paquet de mouchoir en papier à 2dh, j'accepte et saisis l'occasion pour faire un brin de causette, le temps chez les Soussi est compté, je sais que je dois faire vite... je l'invite à s'asseoir et lui propose un deal : 5 paquets de mouchoir en papier... au prix de ? Il réfléchit et me propose 7,50 dh... j'accepte, là il se ravise... 9dh me dit-il se rendant compte qu'il risque soit la fessée, soit une remontrance maternelle... Ali, désire étudier pour obtenir un diplôme, il aime les études mais aussi "travailler", au début, il me dit faire ce job pour se faire de l'argent de poche, la confiance aidant, il me dévoile la réalité, une "obligation" parentale de vendre un maximum de paquet par jour... Justement, il dit se faire 70 dh brut par jour (35 dh de bénéfice), ce qui représente un joli pactole, le montant journalier d'un ouvrier au Maroc (70-90 dh ou 7-9 euros par jour)...Sa maman prend soin de ramasser le montant récolté, tandis que son père a ouvert un petit commerce pas loin de la médina...Son rêve à Ali ? Ouvrir un commerce pardi, comme tout Soussi qui se respecte, il a la suite dans les idées, notre petit...Pendant les vacances, il se lève à 9h, prend son petit déjeuner, commence son "job d'été" de 10h00 à 14h30, il rentre à 15h00 déjeuner et sort de 16h00 à 21h00, six jours sur sept, les 35 heures des socialistes français sont explosé ! Et pendant les cours ? Il me dit aller à l'école, je le crois facilement, vu ses capacités intellectuelles au dessus de la moyenne... à 17h00, il rentre chez lui, mange, fait ses devoirs, me dit-il et sort de 18h00 à 20h30 chaque jour vendre ses fameux mouchoirs et ce toute l'année !!!

Ils sont des centaines à Tanger, des dizaines de milliers au Maroc, souvent âgé de 6 à 16 ans, vendant une petite marchandise qui va leur permettre d'être déjà à un âge ou on penserait plus à barboter dans l'eau, ramener le "pain" à la maison...Ajoutons à cela, l'exploitation et le racket, Ali s'est fait volé quelques pièces la semaine passée par des garnements juste plus âgé que lui, l'insécurité et le risque de certains pervers sexuels locaux et étrangers et voilà nos "enfants" ambulants,  pas spécialement tous paumés, à la merci d'un danger ou d'un prédateur que la plupart des touristes ne soupçonnent guère...

Justement, les organismes internationaux et Human Right Watch sont très sévères à l'égard du Maroc, plus de 600.000 enfants de moins de 15 ans travailleraient (lire article de Loubna Bernichi de Maroc Hebdo) par obligation !

Ali a plutôt de la chance comparé à des situations beaucoup plus pénibles, ses parents ont quitté Taroudant il y a 3 ans, ils ont un objectif, faire de l'argent au plus vite et retourner à Taroudant, surnommé la petite Marrakech...Il dit se plaire à Tanger mais son rêve serait d'émigrer... non en Europe (un des rares) mais à Taroudant, revenir sur ses terres, là ou il a laissé ses copains d'enfance et ses repères, mais me dit-il à Tanger, il y a de l'argent et ... la mer ! De la mer, parlons-en, Ali a un jour par semaine, le dimanche ou il peut prendre congé... faire trempette à la plage avec sa famille, il me dit qu'une fois dans l'eau, il n'en sort plus, la plage de Malabata ou playa est la plus "polluée" de Tanger malgré le fait que la baie de Tanger soit l'une des plus belles au monde...

Ali me pose des questions, d'où viens tu ? De Bruxelles, lui dis-je…Tu connais ? Oui, me dit-il, il hésite, "c'est la France, je crois ou…", non, c'est en Belgique (il ne manquait plus que ça, la France !). Il a une circonstance atténuante, les Soussi ont quasiment tous émigré en France ou il représente les 3/4 des marocains (1 million de marocain en France).

On connaît plus Bruxelles, capitale de l'Europe que la Belgique, elle reste toujours l'eldorado pour les marocains du pays et surtout ceux du nord qui préfère notre ville à Paris, Amsterdam ou Madrid...A Bruxelles, me dit-on, on est pas dépaysé, le ramadan c'est comme le bled, en plus vous avez le marché de l'abattoir, le café des "jbalas" à Limonier, Moulenbiik…C'est du Maroc en évolué ou on peut bien gagner sa vie...Ouais..Ouais...Ali, m'observe et lâche : "Tu es quelqu'un de bien, en plus tu es lettré" Ah bon, lui dis je ? Qu'est ce qui te permet de dire cela ? "Eh ben, tu es assis dans un café, ça veut dire que tu as un bon travail et tu t'exprimes bien, donc tu dois être un lettré, et toc !" Stratégie commerciale de sa part ? Flatterie pour me revendre sa camelote à "prix d'or" ? 

Il revient à la charge ; "Alors, tu les prends à 9dh ou pas ?"... Je lui fais remarqué qu'une parole donnée est une parole donnée. J'insiste pour 7,50 dh. Non, me dit-il, ma mère risque de se fâcher contre moi, elle ne sera pas contente... je lui propose un deal, je t'offre un soda (7 dh) et prend tes 5 paquets à 7,50 dh..."Tu es super gagnant, lui dis-je, tu gagnes une boisson…qu'en penses-tu ?


(N'y voyait pas un jeu d'image peu reluisant pour la marque, laquelle le soda ou le WC...?)

Il réfléchit et me dit : "Non, ce sera 9dh pour 5 paquets, tu gagnes 1 dh, si je prend le coca, je serai perdant... car une fois bu, j'aurai quand même perdu 2,50 dh ... le coca, je vais le boire et puis après, me dit-il avec cette "maturité" précoce, j'irai au WC !!! Tandis que si j'ai de l'argent, je pourrai les mettre de côté pour mon commerce..." Tout est dit dans cette approche et cette vision ultra réaliste... Se faire plaisir est un luxe pour tout marocain lambda, les temps sont durs, les prix ont doublé, le coût de la vie est presque aussi élevé qu'à Bruxelles... les loyers ont explosé, un appartement au centre ville de 100m2 à la location coûte 3000 à 4000 dh (300 à 400 euros), faramineux, lorsqu'on sait qu'un salaire d'un ouvrier moyen est de 180 euros, d'un employé, de 200 à 250 euros par mois !!!

Ali... revient à la charge, alors, tu les prends ou pas, sinon, je dois y aller ? À ma gauche, un client m'observe, il tend l'oreille pour entendre notre conversation... faire un brin de causette à un enfant à Tanger est suspicieux... prostitution infantile oblige...Ce client me regarde, me dévisage, je fais semblant de rien et puis...Je lui lance, ce petit à de la suite dans les idées; il est intelligent, pas moyen de diminuer le prix... Il me lance : "je te connais, me semble t'il, tu as participé à un débat télévisé ou politique à BXL" Oups..., me voilà démasqué... Oui, lui dis-je, j'avais l'impression également d'avoir vu ta "tête" quelque part...Il me tend comme si nous étions en période électorale, sa carte politique du scrutin communal... d'octobre 2006. Ah, le CDH, lui dis-je, Joëlle Milquet galère pour le moment avec les flamingants ! Il est conseiller communal d'une commune de BXL...On parle quelques instants de la situation des enfants de la rue...

 

Ali... voyant le temps précieux défiler depuis 30 minutes... me relance, alors c'est ok ou pas ? Je lui propose de couper la poire en deux en lui expliquant les avantages du deal... Je te propose 8dh et une boisson... Des bouts des lèvres... il me dit "Allez, 8dh, je suis perdant, mais c'est pas grave..." Ouf, je suis arrivé à diminuer le prix de 2 dh...Une révolution face à Soussi, même âgé de 10 ans ! Il commande un coca bien glacé, je lui remets bien plus que les 10 dh ce qui provoque son étonnement et un large sourire et l'invite à rentrer à la maison pour manger...il a gagné sa matinée, un peu de répit dans ce monde de "brute". Je pars en le saluant et en lui souhaitant bonne chance pour ses affaires...Je pars le coeur un peu lourd, l'ai-je poussé à poursuivre dans cette voie, est-ce un encouragement de ma part dans l'exploitation des mômes...? Où ne sont là que les "élucubrations" d'un nanti Européen qui philosophe à n'en plus finir ? Je ne sais pas...Quel est le meilleur moyen d'agir ? Créer une association ? Lutter, dénoncer les politiques ? ...Acheter plein de paquets de mouchoirs en papiers quitte à me moucher pour l'éternité...?

I don't know ?

Ils sont des milliers par nécessité, souvent par obligation, parfois maltraité à déambuler dans les rues à des heures tardives (jusqu'à 1h du matin, sauf notre Ali, qui ne dépasse jamais 21h00, insécurité oblige) au risque de faire des mauvaises rencontres... C'est aussi ça la réalité marocaine, loin des sunlights vantant le décollage économique, la démocratisation outrancière du pays et  12 travaux d'Hercule, initié par le Roi.

Ciao Ali et comme on dit chez nous...Que Dieu t'aide...yallah (Allez ou O Dieu, expression favorite de la "Soeur"), n'est ce pas, Soeur Emmanuelle ? 

Mouedden Mohsin

Tanger - Maroc 

Infos ;

Les enfants de la rue :

http://www.bayti.net/lacite.php

association Darna Tanger, oeuvre pour la protection des enfants de la rue

http://www.darnamaroc.org/index_fr.html

Bayti association

http://www.bayti.net/

http://www.maroc-hebdo.press.ma/MHinternet/Archives_679/html_679/non.html

600.000 âgés de moins de 15 ans travaillent au Maroc. Exploitation, mauvais traitements et abus sexuels sont leur lot quotidien. Un fléau qu'il faut combattre.

Non-assistance à enfants en danger

Loubna Bernichi

Un rapport accablant, un de plus. Human Rights Watch enfonce le clou. Le Maroc figure parmi les pays les plus touchés par le phénomène du travail des enfants. Ils sont 600.000 âgés de moins de 15 ans contraints de travailler, soit 11% des Marocains âgés de 6 à 15 ans. Un pourcentage alarmant surtout lorsqu'on sait qu'il est l'un des plus élevé dans le monde. 66.000 jeunes filles sont employées comme petites bonnes au sein des familles. Elles travaillent 100 heures par semaine sans temps de repos ni de jour de congé, pour un salaire mensuel moyen de 200 dirhams. Dans son rapport de soixante pages, publié le 20 décembre 2005, Human Rights Watch dénonce les conditions difficiles de ces enfants domestiques. Ils sont victimes de violences physiques et verbales très fréquentes et de harcèlement sexuel de la part de leurs employeurs. S'ils ne se soumettent pas aux ordres, ils subissent des supplices corporels ou sont séquestrés, ou encore sont privés de salaire s'ils décident d'abandonner. La plupart des petites bonnes n'ont aucun niveau d'instruction. Leurs employeurs leur refusent l'accès à l'enseignement. Souvent, elles sont privées de nourriture et de soins médicaux. Rares sont celles qui cherchent à fuir leur lieu de travail, même si elles sont maltraitées.
Très jeunes et ignorantes, cloisonnées dans des espaces privés dont elles ne sortent qu'occasionnellement pour faire quelques courses, elles ont peur du monde extérieur. Par manque de moyens et de contact avec leurs familles, elles ne savent pas comment retourner chez elles. Les menaces régulières de leurs employeurs de les dénoncer à la police les dissuadent aussi. Les quelques téméraires qui finissent par s'échapper voient leur démarche vouée à l'échec. Fréquemment, leurs familles les renvoient chez leurs anciens employeurs, ou leur en trouvent un nouveau qui n'est peut-être pas mieux. Rien qu'à Casablanca, on dénombrait en 2001 environ 23.000 domestiques, dont 59% étaient âgées de moins de 15 ans. Selon une enquête menée auprès d'un échantillon de 529 filles domestiques par le Haut Commissariat au plan, sous l'égide de l'UNICEF, 82 % de ces filles sont analphabètes.
77 % d'entre elles reconnaissent accomplir trois tâches, notamment les travaux ménagers, les courses et la garde des enfants. 22% n'ont ni jour de repos ni congé annuel. Leur rémunération, directement versée aux parents, est d'environ 220 dirhams pour les fillettes de 7 à 10 ans et de 500 dirhams pour les 15 à 17 ans. 86 % des filles interrogées ont reconnu avoir été l'objet de réprimandes, 55% déclarent avoir été battues, et 4,2% ont été victimes d'abus sexuels de la part de leur patron. Quant aux employeurs, ils sont 81% à ignorer les préoccupations et les problèmes concernant leurs domestiques. Le cas des petites bonnes n'est qu'un cas parmi d'autres.
Les garçons sont aussi concernés par le travail infantile. Selon le rapport 2006 de l'Unicef sur la situation de l'enfance dans le monde, 58 % des 600.000 enfants qui travaillent au Maroc sont des garçons. Ils sont utilisés comme main d'œuvre dans le milieu rural au secteur agricole, et dans le milieu urbain au secteur artisanal, notamment dans le travail du cuir pour la fabrication de la maroquinerie ou le tissage et la fabrication des tapis. Au Maroc, 5.000 à 10.000 enfants de 8 à 14 ans produisent des tapis. Ils sont aussi marchands ambulants ou placiers dans des parkings. À l'origine de ce phénomène, la pauvreté, l'exode rural vers les quartiers périphériques des grandes villes, l'éclatement familial, l'analphabétisme, l'indifférence de la société, l'absence de mobilisation, le manque d'engagement politique et les lacunes législatives. En effet, le droit du travail au Maroc ne régule pas le travail domestique, et les inspecteurs du travail n'ont pas autorité pour pénétrer dans des domiciles privés afin d'enquêter sur des violations de l'interdiction générale du travail des enfants de moins de quinze ans.
Pour Human Rights Watch, la police, le Ministère public et les juges font rarement appliquer les clauses du Code Pénal sur les abus contre les enfants travailleurs domestiques. En 2003, le ministère de l'Emploi avait mis en place un plan national de lutte contre le travail des enfants, mais Human Rights Watch estime que les programmes gouvernementaux de protection de l'enfance mettent rarement en avant le travail des enfants domestiques. Souvent, ces programmes sont mal coordonnés et manquent des fonds nécessaires pour leur mise en œuvre. Peu de programmes s'occupent activement de retirer les enfants des pires formes du travail des enfants y compris le travail domestique, et ceux qui existent ont été en général des programmes pilotes ayant une portée et un succès limités.
En ce troisième millénaire, il n'est plus admissible qu'on vole leur innocence à des milliers d'enfants.
Que deviendront-ils à l'âge adulte ?


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