27.02.2007

l'ULB "censure" de BXL

 

 

L’ULB « censure » de BXL ?

L’ULB vient le 19 février 2007 de signifier une fin de non recevoir au philosophe Suisse Tariq Ramadan pour une conférence se déroulant dans le cadre de la semaine contre le racisme (sic !) organisé par le Cercle arabo européen de l’Université « libre » de Bruxelles.

 

Le recteur de l’ULB, Monsieur Vincke s’appuie sur l’article 30 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme qui stipule : «Aucune disposition de la présente Déclaration ne peut-être interprété comme impliquant pour un état, un regroupement, ou un individu un droit quelconque de se livrer à une activité ou d’accomplir un acte visant à la destruction des droits et libertés qui y sont énoncés »   

 

Selon Monsieur Vincke, la présence de Ramadan serait une attaque des fondements même de l’esprit démocratique.

 

Il est inquiétant pour un Recteur d’utiliser les fantasmes de l’extrême droite, le mensonge et in fine la censure pour priver notre société d’un débat riche et pluriel.

 

L’ULB a décidé de réaffirmer et de promouvoir les valeurs de la laïcité et de la démocratie en adoptant une posture faite de censure, d’exclusion et de cliché à relent raciste. Cette dérive pose question, elle interpelle nos consciences et nos intelligences, car justement elle ne défend nullement nos valeurs mais les utilisent à des fins idéologiques douteux nous rappelant les thèses racistes de certains colonialistes de gauche.

 

L’ULB soutien Charlie Hebdo, ce qui est son droit, alors que ce dernier est en procès pour avoir publié une caricature tendancieuse si pas raciste. En même temps, elle use de la censure envers un intellectuel qui depuis 15 ans œuvre pour le rapprochement entre les civilisations. Bien sûr, les propos de Ramadan doivent être soumis à la critique acerbe, ils peuvent même être rejetés, cependant rejeter la personne est synonyme d’échec pour notre démocratie, on disqualifie ainsi le débat, la liberté d’expression et in fine la démocratie.

 

Quelle cohérence ? La liberté, à géométrie variable et au faciès ? Que devient le libre arbitre ? La démocratie, est-ce un espace uniformisé ou stalinien ? Pourquoi de tels jugements de valeurs ? N’y a-t-il pas dans ce refus une vision néo-coloniale et assimilationniste ? C’est un refus d’accepter l’islam et les musulmans comme des partenaires. N’est ce pas un aveu d’échec pour la raison et l’intelligence ? Nos valeurs communes ne sont-elles bafouées par l’Université « censure » de Bruxelles ? L’ULB avance le soutien de musulmans éclairés, ils seraient un soutien à l’ULB, ces derniers souvent athéistes surfent sur un double discours, musulman un jour, athé l’autre pour brouiller les pistes et distiller un discours profondément anti-islamique qui prend en otage la laïcité, la démocratie et nos valeurs.

 

Cette censure fera date, car ce n’est pas uniquement le philosophe qu’elle vise mais toutes les opinions non-conformistes, les laïcs convaincus et les musulmans désireux de participer avec leurs identités apaisées et multiples… Ceux qui construisent, jettent des ponts et investissent dans le rapprochement en tenant un discours non consensuel et sincère à l’opposé des provocateurs, racistes et islamophobes qui poursuivent un but précis : enflammer le monde pour stigmatiser et diviser la société en deux camps !

 

Les organisations anti-racistes, les intellectuels, les médias vont-ils réagir et porter haut le flambeau de la « sacralité » de la liberté d’expression ?

 

Nous attendons vivement la réaction du MRAX, du Centre pour l’égalité des Chances, de la Ligue des Droits de l’Homme, du CAL, des féministes, des laïcs sincères pour qui la liberté d’expression (sans haine et racisme) est La priorité d’un état de droit. Nous attendons également Caroline Fourest et le rédacteur de Charlie Hebdo, ils ont là l’occasion d’affirmer leurs opinions, de clarifier leurs positions ou alors le silence ne sera que plus lourd, nos « éclairés » ne seraient en fait que des citoyens provocateurs, souvent haineux désireux de culpabiliser une communauté, de la restreindre à la mendicité intellectuelle et de lui rappeler son « infériorité » matérielle, intellectuelle, culturelle et sociale…cependant n’allons pas vite en besogne, du néant surgit souvent la lumière…Attendons sans préjuger.

 

 

 

A suivre la logique de l’ULB, la prestigieuse Université d’Oxford où travaille Monsieur Ramadan détruirait également nos libertés et la démocratie comme le Parlement Européen pour inviter régulièrement l’intellectuel dans des débats sur le dialogue des Civilisations…On croit rêver, l’ULB seul contre tous, risible, dangereux et profondément basé sur une conception sociétale basée sur l’exclusion d’une laïcité véritable, de la démocratie et de nos valeurs humanistes.

 

 

Le Vif l’Express a lors de son dernier numéro osa une comparaison choc « les musulmans sont-ils les nouveaux juifs d’aujourd’hui ? ». Il y a un inquiétant sentiment d’insécurité chronique appuyé par toutes une séries de faits racistes et criminelles.

 

Avant la guerre, on pouvait justifier le racisme, c’était une opinion acceptée et même encensée par certains « lumineux » philosophes, aujourd’hui la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et les lois anti-racistes ont balisé le terrain.

 

Le racisme est devenu un délit ! Alors oui, la situation est grave !

 

Seul les « Ali Alibi » estimeront qu’il n’y a pas de racisme ni d’islamophobie, ils soutiendront la censure au nom de la laïcité et de la liberté d’expression, sans états d’âme !

 

A force de stigmatiser à l’infini, une communauté, il est probable qu’un jour le pilier islamique finisse par fleurir, ils pourront ainsi justifier le communautarisme qu’il leur est sans cesse imputé par les professionnels du communautarisme structuré et politisé !

 

Dommage, à moins que ce ne soit le but des nouveaux faucons de la laïcité, créer un énième pilier pour diviser notre société, la communautariser à l’extrême et bâtir un pays ou les citoyens retourneraient tous dans leurs sectarismes idéologiques, religieux, philosophiques et politiques.

 

 

Mouedden Mohsin 0473.595.407

21.02.2007

Jeudi 22 février 2007

 

106.8 fm 
NB : prochaine émission radio le jeudi 15 mars 2007 : spécial semaine de l'anti-racisme avec plusieurs invités.
donc pas d'émission pendant 3 semaines.
Emission radio ce jeudi 22 février 2007
17h00 - 19h00
17h00 : rencontre avec Monsieur le responsable du club Ibn Batouta
Tanger capitale culturelle pour l'expo Universelle de 2012 ?
17h30 : la vie et l'oeuvre de MALCOM X....
Assassiné le 21 février 1965, MALCOM X restera dans l'histoire comme l'un des personnages afro-amércain le plus talentueux et le plus grand...
 
avec Nordine Saîdi
aff_arna

Quand ? vendredi 23 Février 2007 à 19 heures
Ou ? 33,Rue de Dublin- (asbl SUBTERRA) 1050 Ixelles
Métro porte de Namur
Bus :71,54

 

Entrée libre (gratuit)
À partir de 19 h00
Film suivi d'une table ronde citoyenne

 

Juliano Mer Khamis
arabe, hébreu et anglais sous-titres français

 

Kamikazes, résistants, terroristes,... Youssef a commis un attentat-suicide en 2001. Ashraf a été abattu par l'armée israélienne en 2002. Alla commandait un groupe de combattants résistants jusqu'à sa mort, en 2003. Enfants, ils étaient les acteurs prometteurs de la troupe théâtrale que Juliano Mer Khamis, le réalisateur, avait fondée avec sa mère Arna dans les années 1980, dans le camp de réfugiés de Jenine. Il avait alors tourné les répétitions et les représentations. Il est retourné à Jenine en avril 2002, pour comprendre ce qu'étaient devenus les enfants qu'il y avait connus

 

 

 

18h30 : rencontre avec Najat Saadoune : grande soirée de Solidarité avec les cancéreux du MAROC


Retrouvez les chroniques "Droit au but" du journal du mardi

http://www.journaldumardi.be/index.php?option=com_content&task=blogcategory&id=131&Itemid=319

 

11.02.2007

les musulmans, boucs émissaires ? voir dossier du Vif l'Express

Le Vif/L'Express, 09/02/2007, page 46: Juifs-musulmans : au nom de tout... ce qui les rapproche
 

Les musulmans, boucs émissaires?

 

Nombre de musulmans d'aujourd'hui se sentent discriminés, stigmatisés. Le contexte rappelle un peu celui des années 1930, pendant lesquelles des partis et régimes fascistes se sont servis des juifs comme boucs émissaires, leur attribuant notamment la responsabilité de tous les dysfonctionnements de la société. Zoom sur les parallèles - et les différences - entre deux époques

 

Depuis le 11-Septembre, la vie des musulmans en Belgique et ailleurs, en Occident, est devenue plus compliquée. Les terroristes se réclamant de l'islam ont nui aux millions de musulmans qui n'aspirent qu'à vivre en paix. Ces derniers se sentent rejetés. Dans les pays d'accueil, les Etats de droit disposent d'un arsenal législatif de lutte contre le racisme et les discriminations, mais il ne suffit pas à les protéger contre ce malaise. L'antisémitisme des années 1930 a annoncé la passivité, voire la complicité, avec le crime nazi. Nos démocraties, se sentant menacées, risquent-elles de verser à nouveau dans l'intolérance ?

 

La force des stéréotypes. Un texte de 1933 - exhumé par l'historienne Anne Morelli (ULB) - du Bulletin de la Société royale belge de géographie, évoquait, à propos des juifs polonais, exactement les mêmes stéréotypes que ceux qui ont été véhiculés, dans les années 1990, à propos des Turcs ou des Marocains ! On y traite de promiscuité dans des logements insalubres, de regroupement dans un même quartier, de langue et de mœurs étrangères, d'abattage rituel, etc. " Les lieux d'implantation des immigrés juifs et musulmans ont été les mêmes, dans les grandes villes et autour de leurs gares ", souligne l'historien Rudi Van Doorslaer, directeur du Centre d'études et de documentation Guerre et sociétés contemporaines (Ceges). Depuis le 11-Septembre, l'équation " islam = terrorisme " s'est introduite dans l'inconscient collectif. Avant la Seconde Guerre mondiale, des clichés et des caricatures grossières circulaient sur les juifs : " peuple déicide ", " juiverie internationale ", " ploutocratie ", " péril communiste " (les juifs en auraient été l'avant-garde), théories du complot alimentées par un faux célèbre, Les Protocoles des Sages de Sion, etc. " Même si cela n'avait rien de rationnel, ces clichés circulaient dans tous les milieux et, notamment, au sein de la droite catholique, dont Léopold III était parfaitement représentatif ", commente Rudi Van Doorslaer.

 

Mais, à la différence des années 1930, l'incitation à la haine raciale et le délit de presse à caractère raciste sont désormais réprimés par la loi. " La législation et la morale commune font rempart, juge Jean-Philippe Schreiber, directeur du Centre interdisciplinaire d'étude des religions et de la laïcité (ULB). Mais comme les juifs avant-guerre, les musulmans sont les "étrangers" par excellence. J'ai cependant du mal à distinguer l'origine des préjugés à leur égard. Aucune étude approfondie n'a été réalisée à ce sujet. Est-ce d'ordre religieux, culturel, national ? Les musulmans sont-ils les boucs émissaires des dysfonctionnements de notre société, un réceptacle de nos angoisses ? Même dans les milieux cultivés, cette manière fantasmée de voir l'Autre existe. Il faut remarquer que certains juifs et musulmans peuvent favoriser cela en cultivant une identité forte. Ils sont dès lors perçus comme une entité et non comme des individus. "

 

Une minorité nombreuse. Les musulmans pratiquants ou de culture musulmane seraient quelque 400 000 en Belgique. Les juifs d'avant-guerre n'étaient que 70 000. Ils sont aujourd'hui entre 35 000 et 40 000, vivant principalement à Bruxelles (20 000), Anvers (15 000, dont 10 000 orthodoxes) et dans les autres grandes villes (5 000). Par leur nombre, les musulmans constituent donc une force qui compte dans le débat public. Les dernières élections communales l'ont montré : dans certaines villes, le " vote musulman " est vivement recherché. Certains candidats ont été recrutés par les partis en fonction de leur profil religieux ou de leur nationalité d'origine. Rien de tel avant la Seconde Guerre mondiale. " Les partis politiques ne recherchaient pas le vote ethnique, précise Schreiber, puisque les immigrés ou enfants d'immigrés, pour la plupart, ne possédaient pas la nationalité belge. En revanche, la presse d'extrême droite fantasmait, pour mieux les stigmatiser, sur la supposée "double appartenance" de certaines personnalités politiques. D'Emile Vandervelde, on disait qu'il s'appelait Epstein. Quant à Camille Gutt, il avait certes changé son patronyme de Guttenstein en Gutt, mais son père, d'origine juive, s'était déjà converti au protestantisme au xixe siècle. "

 

Une histoire migratoire différente. " Après la Seconde Guerre mondiale, l'immigration arabo- musulmane et turco-musulmane a été encouragée pour des raisons purement économiques, puis interrompue en 1974, à la suite du choc pétrolier, rappelle Jean-Philippe Schreiber. Les juifs, eux, sont arrivés en Belgique entre la fin du xixe siècle et la veille de la Seconde Guerre mondiale. Ils étaient chassés par les discriminations subies en Europe de l'Est et centrale et, parfois, dans le bassin méditerranéen, et désireux d'échapper aux shtetels (villages juifs d'Europe de l'Est) et aux ghettos étouffants. La plupart d'entre eux, arrivés seuls, avaient déjà connu la vie citadine. Ils venaient d'Europe occidentale avec des rêves d'émancipation individuelle ou d'ascension sociale. Les pays d'origine (Pologne, Hongrie, Tchécoslovaquie, etc.), limitaient ou refusaient leur accès à l'université. " L'école a donc été, pour les juifs, un levier essentiel d'intégration et de promotion sociale.

 

En revanche, mis à part une frange d'opposants aux régimes autoritaires de Turquie et du Maroc, la majorité des immigrés marocains et turcs étaient des ruraux, venus d'Anatolie et du Rif, précipités brutalement dans la société industrielle. Une partie de leurs enfants ont reçu, du système scolaire, une éducation de haute qualité. Mais ceux qui se sont retrouvés dans des quartiers défavorisés n'ont pas eu cette chance. D'autant que les études ne sont pas toujours valorisées au sein de toutes les familles. Et que le phénomène des mariages " endomixtes " - avec un partenaire venu du pays d'origine - ralentit l'apprentissage de la langue et la pratique des usages du pays d'accueil, donc, l'intégration. Une récente enquête de la VUB révèle d'ailleurs que la moitié des jeunes d'origine turque ou nord-africaine quittent l'enseignement secondaire flamand sans avoir obtenu un diplôme.

 

Le moule brisé de l'intégration. Lors de la grande vague d'immigration juive en Belgique, dans la première moitié du xxe siècle, le judaïsme est déjà reconnu par l'Etat belge depuis le xixe siècle, au même titre que le catholicisme ou le protestantisme. " A l'époque, explique Schreiber, la Belgique était le pays le plus libéral d'Europe. Les juifs "de sang bleu", actifs dans le commerce et la banque, comme les Philippson, les Lambert ou les Errera, avaient fixé un schéma culturel d'intégration très moderne, très libéral. Les immigrés juifs d'Europe de l'Est ont été priés de s'y conformer et d'abandonner certains de leurs particularismes. Le Consistoire, interlocuteur des pouvoirs publics, y veillait. Globalement, il a favorisé l'émergence de cadres religieux belges et une intégration qualifiée généralement de "réussie"." Ce qui n'a pas empêché la déportation de 25 000 des 70 000 juifs de Belgique.

 

En revanche, l'intégration des musulmans n'a pas été organisée de la même manière. Parmi les premiers arrivés (militants politiques, syndicaux, artistes ou enfants de bourgeois), certains auraient pu encadrer la jeune immigration turque ou marocaine, mais leur collaboration a été négligée par les autorités belges. Pour des raisons sécuritaires ou géopolitiques, celles-ci ont préféré faire appel aux ambassades des pays d'origine et à l'Arabie saoudite, via la mosquée du Cinquantenaire, siège européen de la Ligue islamique mondiale, qui organise des " missions " wahhabites dans le monde entier.

 

Deux cultes sans hiérarchie. Sur le plan théologique, une différence saute aux yeux : le judaïsme ne fait pas de prosélytisme, il ne cherche pas à faire des adeptes, alors que l'islam porte en lui un désir d'expansion. Cette différence est lourde de conséquences. En revanche, l'islam est structuré de la même manière que le judaïsme, sur une base horizontale - du moins, l'islam sunnite pratiqué par les Marocains et les Turcs. " Un organe chef de culte calqué sur la structure verticale de l'Eglise catholique est, du point de vue musulman ou juif, une fiction religieuse, relève Schreiber. En outre, il prend difficilement en compte la diversité des courants et favorise le leadership des groupes les plus orthodoxes. On attend néanmoins de lui qu'il se porte garant de l'allégeance démocratique de sa communauté. Le Consistoire a donné beaucoup de gages à cet égard. De son côté, l'Exécutif des musulmans de Belgique peine à susciter un "islam de Belgique", investi de la confiance des autorités et apte à encadrer, avec des animateurs locaux, une communauté qui est, en fait, tiraillée en sens divers. "

 

Une Belgique mutante. " Entre la première moitié du xxe siècle et la seconde, on est passé d'un Etat unitaire à une démocratie des identités ", remarque Ahmed Medhoune, directeur du département des services à la communauté universitaire de l'ULB. Ce pédagogue est également l'initiateur du projet - primé par l'Unesco - de tutorat d'élèves d'origine étrangère du réseau secondaire par des étudiants universitaires qui peuvent comprendre leurs difficultés et les pousser à réussir. " La question de la différence, poursuit-il, a été un élément constitutif de l'organisation de la Belgique. Il a été résolu tant bien que mal par la laïcité, c'est-à-dire un Etat neutre. La laïcitéà la belge, qui comporte quelques défauts de fabrication, a réussi à contenir l'Eglise sans l'empêcher d'exercer une influence dans les affaires publiques. L'affirmation identitaire de certains musulmans remet en cause le fondement même de la laïcité, qui est la séparation de l'espace privé et de l'espace public. Ce franchissement de la barrière invisible entre les deux espaces - notamment par le voile - perturbe notre manière de vivre ensemble. Faut-il se résoudre à vivre séparément ? Je suis favorable à la différence, mais pas à une fragmentation supplémentaire de la société belge. Avec une exigence absolue : ne pas tolérer les discriminations. "

 

La concurrence économique. Les juifs arrivés en Belgique avec, pour tout bagage, un métier artisanal ou un désir d'instruction, s'étaient élevés rapidement dans l'échelle sociale. " Pourtant, en période de chômage, ils seront accusés de brader les prix dans leurs commerces ou de manquer de solidarité ouvrière, rappelle Rudi Van Doorslaer. La concurrence économique est l'un des ressorts de la montée de l'antisémitisme qui, dans les années 1930, avait envahi tous les milieux, y compris de gauche. Lorsque l'industrie lourde a disparu des régions industrielles, dans les années 1970, les travailleurs musulmans se sont recyclés comme indépendants, parce qu'ils n'avaient pas d'autre choix. On sous-estime souvent l'élément de concurrence qui inspire le racisme. " Un élément d'appréciation : à Bruxelles, le pourcentage des entrepreneurs d'origine étrangère est supérieur à celui des autochtones.

 

La double allégeance. Les juifs et les musulmans d'aujourd'hui sont pareillement soupçonnés d'avoir un agenda caché ou, plus exactement, de cultiver une double allégeance. Les musulmans, parce qu'ils n'ont pas coupé le cordon ombilical avec leur pays d'origine ou qu'ils adhèrent aux causes étrangères qui impliquent des musulmans dans le monde, notamment au Proche-Orient. Les juifs, parce que, après la Shoah, Israël a pris une place centrale dans leur identité. Mais, avant-guerre, leur " réseau " international, c'est-à-dire la diaspora, faisait déjà peur aux autochtones.

 

Une filiation exigeante. " Depuis la Shoah, l'identité des juifs, qui se sont largement laïcisés, est basée sur une culture de la Mémoire, avec une vision assez noire du passé, analyse Jean-Philippe Schreiber. Chez les musulmans s'est également construit un sentiment de victimes : par rapport à l'immigration, au déchirement de l'exil et, dans certains cas, par rapport à la colonisation. Juifs et musulmans ont des revendications mémorielles qui se ressemblent. Et cette mémoire est de plus en plus présente, comme le montre le succès du film Indigènes. Dès lors, à chaque vague migratoire, on pourrait se dire que les nouveaux venus vont s'appuyer sur l'expérience des " anciens " pour résoudre la tension entre leurs besoins d'intégration et d'identité, mais cela ne se passe pas comme ça. " Toutes les mémoires ne sont pas douloureuses ou humiliantes. Certaines donnent espoir et fierté. Selon Ahmed Medhoune, " les Marocains devraient se souvenir aussi de ces militants progressistes qui ont combattu les inégalités dans leur pays. Redonner de l'estime de soi aux musulmans est une tâche urgente ". Première d'une série sur l'histoire des savoirs, l'exposition A la découverte de l'âge d'or des sciences arabes, en collaboration avec l'Institut du monde arabe de Paris, va bientôt débarquer à l'ULB.

 

 

06.02.2007

radio 8 février 17h00 - 19h00 106.8 fm

JEUDI 8 FEVRIER 17H00 - 19H00 SUR LE 106.8 FM

ISLAMIC RELIEF RELANCE SON PROJET DE SOUTIEN AUX ORPHELINS

 

17H30 : ISLAMOPHOBIE : RACISME NOUVEAU QUI SE BANALISE DANGEREUSEMENT !!!

 http://www.islamophobie.net/dev/index.php

 

AVEC 5 INTERVENANTS !!!

 

 

 

 

l'islam en perdition

L’islam institutionnel en perdition PDF Print E-mail

par Mohsin Mouedden   

Monday, 22 January 2007

ImageDepuis quelques mois, au fil des accusations publiques, des perquisitions voire des arrestations, les déboires de l’Exécutif des Musulmans de Belgique font l’actualité hélas davantage judiciaire que religieuse. Alors que l’Islam est  toujours la seule grande religion reconnue à ne pas être traitée sur pied d’égalité avec les autres, on peut voir dans les perpétuelles ingérences extérieures (et l’action de ceux qui veulent en profiter) le germe du naufrage.

Pour mesurer l’ampleur du désastre, quelques rétroactes s’imposent. L'Exécutif des Musulmans de Belgique (EMB) est l'interlocuteur officiellement reconnu par le gouvernement belge en matière de culte musulman. Il a été créé par un arrêté royal du 3 juillet 1998. Un an plus tôt, suite à l’émotion suscitée par la découverte macabre du corps de la petite Loubna Benaïssa, le monde politique avait enfin pris conscience de la nécessité d’accélérer le processus d’institutionnalisation de l’Islam, en panne depuis 1974, année de sa reconnaissance en Belgique. Il existait bien un Conseil Supérieur des Musulmans de Belgique, mais sans compétences réelles et surtout sans moyens.

Force est de constater qu’avant même sa création, des suspicions et compromis douteux ponctuèrent une décennie (les années 90) où furent posés les jalons d’un EMB boiteux. Tous les candidats devaient signer une charte pour rassurer les partis démocratiques, qui stipulait : « J’affirme sur l’honneur adhérer à la religion islamique, en respectant ses prescriptions et ses enseignements de fraternité, de tolérance et de probité, et m’engager à agir dans le cadre de mes fonctions dans l’intérêt exclusif du culte et cela dans le respect de la Constitution du Royaume, des lois et des institutions du peuple belge ».  Mais cela ne suffisait pas au ministre de la Justice de l’époque, Tony Van Parys (CD&V), qui posera comme condition supplémentaire à la création de l’EMB la possibilité d’avoir un « droit de regard » sur les candidats élus.

Ce screening permit au ministre de la Justice, sur base de rapports secrets de la Sûreté de l’Etat, d’écarter d’emblée une vingtaine de candidats « indésirables », sans qu’il n’y ait ni motivation, ni possibilité pour les « recalés » de disposer d’un recours. De toute évidence, c’était la meilleure façon de susciter la méfiance à l’endroit d’une Institution louée par les observateurs étrangers comme une première européenne. Mais cette violation des règles démocratiques élémentaires permettait de rassurer les nombreux opposants politiques au scrutin. Un « compromis à la belge »... aux senteurs coloniales.

Des députés, voire le président catholique du Centre pour l’égalité des chances, Johan Leman, joueront également un rôle dans cette suspicion organisée… Quelques jours après la première élection du 13 décembre 1998, le père dominicain ose cette phrase choc : « 15% des élus étaient des éléments perturbateurs ». Une des pièces maîtresses de ce dossier qui n’hésite donc pas à décrédibiliser l’Institution en construction. Les titres des médias de l’époque sont éloquents : « Panique chez les musulmans de Bruxelles » (La Lanterne), « Boycott des élections ? » (La Libre Belgique), « Des élections déjà contestées ? » (Le Vif), « le risque extrémiste grâce au désert politique ? » (La Libre), « Danger de mainmise intégriste dans l’assemblée des musulmans », « le processus en péril» (le Vif).

Chantage

Les « notables » musulmans, pour des raisons de realpolitik, accepteront la mort dans l’âme ce chantage : présélection ou l’annulation de l’EMB. Avalisant par la même occasion une distorsion dangereuse et liberticide. L’EMB aurait pu provoquer une crise salutaire en protestant, et en remettant son mandat pour « ingérences intempestives du politique ». Malheureusement, l’EMB préféra jouer avec une logique politique versatile pour espérer sur le très long terme une « reconnaissance » véritable. En soi, une posture typique du rapport : « dominé – dominant » comme on peut la reconnaître dans les relations Nord-Sud…

Yassin Didier Beyens, le président Conseil Supérieur des Musulmans de Belgique (prédécesseur de l’EMB), aura la sincérité d’avouer : « Nous fûmes tous extrêmement dérangés de payer un si lourd tribut à la réussite du projet. Mais n’étions nous pas prisonniers du contrat social avec l’Etat, celui avec lequel nous savions au départ qu’il nous fallait aliéner une part de notre liberté ? Non, ce jour là, l’Etat ne fut pas la « Providence » pour les musulmans. » Sans gène, le ministre de la justice Van Parys se défaussera même sur lui en envoyant une lettre surprenante et perfide à un candidat turc recalé par le screening : « …Si le docteur Beyens vous a communiqué que vous étiez indésirable, il faut probablement voir cette attitude à la lumière de ce qui précède. En espérant que ces explications vous permettront de comprendre les raisons de décision de Monsieur Beyens, je vous prie… » Pour Yassin Beyens, « le politique, en me relançant la patate chaude sans éclaircir sa position, allumait une bombe à retardement ».

Lors des élections de 1999, l'inspecteur des finances Nordin Maloujahmoune succède au Dr. Beyens en tant que premier représentant élu du culte musulman. Suspecté de malversations et de détournement de fonds, il fait cependant l’objet d’un « putsch » interne en 2003. Rétabli dans ses fonctions par un tribunal, il sera tout de même destitué par un vote de défiance. Une longue et coûteuse enquête, agrémentée de 11 perquisitions et d’articles incendiaires, disculpera finalement et totalement Nordin Maloujahmoum... au mois de juin 2005 !

L’assemblée générale élit en 2003 un nouveau président, l’économiste Mohamed Boulif. Devant le refus du ministre de la Justice de l’époque, Marc Verwilghen (VLD), de valider la nouvelle composition de l’Exécutif, le Kern (conseil des ministres restreint) proposera à deux médiateurs, la sénatrice Meryem Kacar (SP-A) et le sénateur Philippe Moureaux (PS), de formuler des propositions pour déminer le terrain. Il en ressortira un « Rapport Moureaux » qui permettra de « décrisper » un tant soit peu les relations. L’équipe présidée par Boulif sera finalement acceptée par le Kern. Mais quelques mois plus tard, le climat se détériore à nouveau, avec des  suspicions et accusations de « malversations ».

De 1999 à 2005, l’EMB traversera donc une période trouble, où les dossiers seront souvent bloqués. La tâche est pourtant immense : reconnaissance des mosquées et des imams, formation de ces derniers (le statut des enseignants de religion islamique), les « carrés » musulmans dans les cimetières, l’aumônerie… Dans une indifférence (musulmane) généralisée, l’EMB tentera de résoudre l’un ou l’autre dossier, entre deux scandales.

Un « nouvel » EMB

Entre-temps, la nouvelle (et actuelle) ministre de la Justice, Laurette Onkelinx (PS), alertée par un courrier de février 2004 signé par Kissi Benjelloul, membre de l’Assemblée générale de l’Exécutif et président d’une série d’associations cultuelles, décide d’introduire un projet de loi instaurant une Commission chargée d’organiser les élections générales pour le renouvellement des organes représentatifs du temporel du culte musulman.Toutefois, au mois de juin 2004, le Conseil d’Etat rendra un avis négatif pour ingérence disproportionnée. Suite à ce « contretemps », la ministre fera voter en catimini, le 20 juillet 2004, l’une des lois les plus rapides de l’histoire du Parlement belge, et ce sans en référer à l’EMB toujours présidé par Mohamed Boulif. Pourtant, le 17 novembre 2003, lors d’un son discours prononcé à l’hôtel de ville de Bruxelles, la ministre Onkelinx était dithyrambique envers le président Boulif : « je me permets déjà de vous le dire Monsieur Boulif, ça fait des années maintenant que nous travaillons ensemble, et c’est toujours pour moi un grand plaisir, parce qu’il y a toujours cette volonté avec vous, avec l’exécutif, de construire, d’être des partenaires non seulement fiables, enthousiastes, crédibles aussi, des partenaires qui font constamment des efforts pour être côtes à côtes avec l’autorité pour apporter des solutions au bénéfice de toute la communauté musulmane. » Comment expliquer ce revirement à 180° de la ministre ? Mohamed Boulif payait-il sa proximité avec le CDH ? Etait-il considéré comme trop indépendant ? Mystère…
La commission pour la mise sur pied de nouvelles élections, prévues en mai 2005, vit donc le jour quelques semaines plus tard après le vote de la loi, avec deux « garants » musulmans, dont le sociologue Hassan Bousseta (... passé depuis au PS). L’EMB ainsi que plusieurs associations musulmanes déposeront une requête auprès Conseil d’état et auprès de la Cour d’arbitrage pour annuler ce processus jugé « illégitime », sans succès à ce jour.

C’est donc dans un climat détestable que s’est déroulée, le 20 mars 2005, l’élection d’un nouvel EMB, boycottée par la quasi-totalité de la communauté marocaine, qui estimera que ce scrutin s’assimile à une farce électorale, tandis que les Turcs mobilisés par la Diyanet (institution des affaires religieuses turques), monopoliseront de facto le scrutin… Un résultat prévisible, qui provoquera chez la ministre de la Justice une gêne certaine, elle qui ne veut en aucun cas se « couper » de sa base électorale belgo-marocaine… La nouvelle équipe, présidée par l'employé de la Diyanet Coskun Beyazgül, diplômé de l'enseignement religieux turc officiel et de l'Université libre de Bruxelles, section Philologie et histoire orientales, option islamologie. Il fera d’importantes concessions, au mois d’avril 2005, pour permettre aux Marocains et notamment à Kissi Benjelloul, intronisé vice-président avec un score dérisoire (prés de 400 voix), d’espérer une hypothétique « représentativité » des musulmans de Belgique. On l’aura compris, ces « arrangements à la belge» avaient pour but de permettre à la ministre de ne pas perdre la face et de rassurer sa base électorale marocaine.

L’ex-mari de la ministre de la Justice, Abbes Guenned, semble jouer également un rôle non négligeable dans ce dossier. Son poste dans son cabinet (où il travaille sur le dossier « cultes ») lui permet de s’occuper du brûlant dossier touchant aux reconnaissances des mosquées et des imams. Si pour beaucoup, l’homme traîne une réputation sulfureuse, lui affirme qu’il existe uniquement une volonté de nuire à la ministre, et avoir été complètement blanchi par le juge marocain instruisant une affaire de stupéfiants le concernant. Il a également obtenu gain de cause devant les tribunaux belges face au journal satirique de « droite catholique » Père Ubu pour calomnie.

Les « affaires »


On l’a vu, dès sa création l’EMB a été le théâtre d’accusations financières en tous genres, justifiées ou pas. Au vu de l’actualité récente, ce n’est pas fini ! Ainsi, la ministre de la Justice (et des Cultes) a bloqué en 2004 un subside attribué à l’EMB, suite dit-on à la découverte d’une gestion comptable « légère ». Confronté au risque de paralysie, l’EMB a contracté au mois de décembre 2004 un prêt à l’association financière « Hefboom » pour un montant de 80.000 euros, et ce pour payer les salaires impayés et les frais de fonctionnement. Le subside octroyé par Laurette Onkelinx ne sera finalement versé qu’au mois de juin 2005... à la nouvelle équipe présidée par Coskün Beyazgül. Cette dernière remboursera-t-elle le prêt contracté par l’ancienne équipe? Pour l’actuel président, Coskun Beyazgul, proche de la Diyanet turque, l’affaire est en « instruction », et dès lors il ne peut intervenir. Abdelmajid Mhauchi, membre de l’ancien EMB, dément cette affirmation : l’affaire ne serait pas à l’instruction, et l’actuel président userait de ce prétexte pour ne pas rembourser le prêt. En attendant, il y a deux mois, plusieurs familles ont reçu la visite d’un huissier de justice, certaines risquant de perdre leurs biens pour rembourser une somme qu’ils n’auraient nullement dérobée... Bref, du Kafka à la sauce politico-musulmane.

Plus récemment, le mardi 16 janvier dernier, Mohamed Boulif a été incarcéré à la prison de Forest pour « abus de confiance », pour un montant de 60.000 à 100.000 euros non (ou pas assez) justifiés. En outre, une facture de 31.000 euros (achat d’ordinateurs) via la société SGI de son beau-frère poserait également problème. Rappelons que la société SGI est le fournisseur attitré de l’EMB depuis 1998, bien avant la présidence de Mohamed Boulif. Les médias parlent d’ordinateurs « fantômes », mais selon le conseiller en communication de l’EMB, Imran Akhtar, ils sont entreposés dans une pièce de l’EMB et un huissier de justice a dressé un inventaire à l’arrivée de la nouvelle équipe. Pourquoi dès lors certains médias continuent-ils de répandre de fausses informations? Mystère !

Autre élément au dossier, il y a quelques mois, un mandat postal d’une somme de cent euros a été envoyé au détenu Trabelsi, condamné pour la préparation d’un attentat terroriste en Belgique. Certains médias n’hésitèrent pas à pointer du doigt Mohamed Boulif. Pourtant, ce mandat est anonyme : seul le nom de « l’Exécutif Musulman » y figure. La poste explique pour sa part que pour un montant de moins de 1.000 euros, il n’était pas nécessaire d’indiquer le nom de l’expéditeur... Le but de nuire semble évident ! Rien en tout cas, ne semble devoir être épargné à Mohamed Boulif, homme apprécié et jugé intègre par une grande majorité des musulmans de ce pays, qui estime son arrestation injuste.

Ce n’est pas fini. Le « Soir » du 6 janvier 2007 révélera que des factures auraient été également gonflées pour les « soirées du ramadan ». L’EMB « justifiera » les 15.000 euros par voie de presse, mais en même temps certaines voix à l’Assemblée générale s’élèvent pour critiquer une gestion toujours opaque et légère… Dans le magazine Le Vif l’Express du 18 janvier 2007, Marie-Cécile Royen dresse un tableau apocalyptique de l’EMB actuel. Pêle-mêle, elle affirme que Kissi Benjelloul,vice-président actuel de l’aile francophone de l’EMB, aurait contribué à la chute de Boulif. Toujours selon elle, des plaintes émanant de l’Union des Mosquées de Belgique (UMB) et d’un Mimoun Ayada (renvoyé par la mosquée Al Mouhsinine) accuseraient l’homme à propos de certains montants. De plus, l’EMB aurait dilapidé beaucoup d’argent dans des investissements qui auraient amené l’institution à « une grande misère », dont le personnel aurait fait les frais en décembre 2006

A qui profite le crime?


Depuis ses débuts en 1999, l’EMB n’a connu aucun moment de répit. Le screening fit entrer le ver dans le fruit : avec les ingérences outrancières et les opportunistes musulmans, l’Institution est rapidement devenue un ramassis au service d’une logique politique et sécuritaire.

L’homme qui focalise aujourd’hui beaucoup de rancoeurs n’est autre que le vice-président de l’EMB Kissi Benjelloul. Beaucoup voient  lui un homme prêt à tout pour arriver à ses fins. Lesquelles ? Ancien boucher, il chercherait à contrôler la viande halal (préparée selon le rite musulman) via son label. Un marché juteux, que l’EMB tente de coordonner, et à propos duquel Mohamed Boulif et d’autres souhaitent aussi avoir leur mot à dire, surtout concernant l’attribution du label « halal ». Boulif aurait-il été sali pour être définitivement écarté de ce marché ? Kissi Benejlloul s’en défend, manifeste son désintérêt pour le dossier et exprime sa « fraternité » avec Boulif qu’il espère libre au plus vite. De plus, il prétend n’avoir aucun lien avec la ministre de la Justice et encore moins avec l’ambassade du Maroc. Pourtant, selon Le Vif-L’Express, l’homme aurait fait serment d’allégeance au Roi du Maroc. Il serait également connu dans les pays du Golfe, et au Maroc et semble détenir un réel pouvoir, qu’il dit « mettre au service des musulmans »... Il reste un homme controversé qui suscite un rejet chez beaucoup malgré son côté paradoxal et populaire ! Au mois de décembre 2006, il a été mis à la disposition de la justice pour l’achat d’un camion frigorifique, mais il a été relâché le lendemain.

Le juge d’instruction bruxellois Claise, qui est en charge de plusieurs dossiers, aura  donc fort à faire… A l’heure actuelle, la présomption d’innocence prime, la prudence doit être de mise, car tous, jusqu'à la preuve du contraire, sont présumés innocents !

A quand la fin des incertitudes ?


La première des incertitudes... est celle de la durée du mandat de l’Exécutif actuel, qui doit encore être déterminée par l’Assemblée générale, selon son président actuel. Idem pour le règlement d’ordre intérieur qui n’a toujours pas vu le jour. Hassan Bousseta lui même critique cette gestion, c’est tout dire ! A côté de cela, des citoyens musulmans comme Abdelghani Ben Moussa continuent d’informer les citoyens sur les ingérences politiques (www.vigilancemusulmane.be). Il a en outre été lui-même candidat au scrutin du 20 mars 2005, mais écarté par la « Commission » pour ne pas avoir accepté de s’inscrire dans les catégories ethnico-culturelles (Turcs, Marocains, convertis…), au sujet desquelles trois recours au Conseil d’Etat sont toujours pendants. Un arrêt favorable positif peut d’ailleurs à tout moment remettre en question le processus électoral du 20 mars 2005.

Comment sortir de ce chaos ?


Le chantier de la représentation institutionnelle de l’Islam en Belgique nécessitera de la part des musulmans un grand sens des responsabilités, à l’heure où certains politiques perçoivent cette communauté comme exogène voir criminogène.

Afin de crédibiliser l’Institution, il faudrait au plus vite, dans un souci de déjà la rassembler  à nouveau, appeler à de nouvelles élections pour 2007-08 avec un mandat clair. Ensuite, augmenter une subvention devant permettre à l’EMB de répondre aux nombreux défis qui concernent les 500.000 musulmans de notre pays, remplir les véritables objectifs de l’EMB, améliorer la communication et faire de l’Institution une administration ouverte, moderne et efficace.

Il conviendrait également une fois pour toutes, de mettre un terme à l’ethnicisation du culte, mis en exergue par les autorités qui semblent s’être servis à merveille de l’adage « diviser pour régner ». Alors qu’il faudrait favoriser un islam qui a ses racines en Belgique et qui s’affranchirait de toutes les ingérences des pays d’origine, il est paradoxal de constater que nos autorités créent les conditions qui encouragent les pays étrangers à réinvestir le terrain de la gestion du fait musulman en Belgique... Cette contradiction rend les musulmans schizophrènes.

Comme le rappelle le docteur Yassin Didier Beyens (*), il faudrait pour la réussite de l’EMB, d’abord des mandataires désintéressés, et que ces élus soient capables de tenir compte d’autres logiques que les leurs propres, afin de pouvoir travailler avec des politiques dont les logiques sont parfois aussi opposées et contradictoires.

En conclusion, la principale difficulté est avant tout d’ordre politique. Y a-t-il une volonté de mettre fin aux interventionnismes? Permettra-t-on aux musulmans de ce pays d’être des citoyens aux droits égaux ? C’est là, le véritable et premier défi !

(*) BEYENS, Didier, L’alchimie de la médiation musulmane, Paris, La Médina, 2001. Voir aussi www.suffrage-universel.be

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