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26.10.2006

Analyse d'une émission de la RTBF sur l'islam

Bruxelles, le 25 octobre 2006

 Analyse de l’émission de la RTBF « Question sur la Une » sur l’islam du mercredi 11 octobre 2006 à 20h15
  

L’émission « Question à la Une » sur l’islam intitulée « Jusqu’où peut-on aller au nom de l’islam ? » a choqué de nombreux citoyens surpris qu’une chaîne publique dite sérieuse puisse à ce point surfer de manière aussi médiocre sur les jugements de valeurs, les amalgames grossiers et une xénophobie primaire.

Dans un premier temps, je n’ai pas voulu réagir tellement le niveau de l’émission était d’une rare médiocrité, cependant suite à l’émission radio EL WAFA de ce jeudi 19 octobre 2006 avec Mariane Klaric et Yves Thiran, directeur de l’information de la RTBF et devant le tollé suscité par une attitude proche du mépris, j’ai voulu faire partager mon regard et mes critiques sachant qu’une partie des citoyens risquent de verser dans le racisme primaire mais également pour ne pas créer un autre amalgame à savoir caricaturer les médias et journalistes qui réalisent et font un travail également remarquable… ne pas tomber dans la caricature bête et méchante de la RTBF pour tous ensemble construire une société juste et égalitaire ou les différences seraient considérées comme une richesse et non comme un danger, une menace voir une maladie…

Cette émission pourrait également s’inscrire dans un cours de journalisme dans « Voici tout ce qu’un journaliste honnête ne doit pas faire… » Forwardez ce texte si vous le jugez nécessaire, bonne lecture, Mouedden Mohsin  
  Analyse d’une émission de piètre qualité surfant sur le sensationnalisme, les amalgames et la xénophobie. Le journalisme est un métier noble, l’information doit respecter les citoyens dans le sens ou nous ne devons jamais chercher à nuire, tromper, manipuler ou instrumentaliser nos peurs ou encore basé notre travail sur des préjugés outranciers. Dès l’introduction, la réalisatrice Mariane Klaric nous propose 11 flashs :
  1. le centre islamique de Bruxelles
  2. un commerce de fruits et légumes
  3. deux messieurs marocains ou d’origines marocaines assis prés d’une porte
  4. une mosquée turque de la Chaussée d’Haecht
  5. un minaret
  6. une boucherie viande halal
  7. une femme voilée
  8. deux femmes voilées
  9. un minaret
  10. un tram 92 avec l’affiche du film « un crime »
  11. une jeune femme portant le foulard.

Voici déjà dès l’introduction, une série de flash permettant de plonger les téléspectateurs dans le bain. Il s’agissait à priori de présenter une émission sur  l’islam radical, on perçoit dès le début l’amalgame sciemment réalisé… Pourquoi montrer des images de paisibles citoyens musulmans ? Des mosquées ? Une boucherie ? Des minarets si le but poursuivi était de  proposer une émission uniquement sur l’islam radical ? L’objectif n’est-il pas plutôt de salir, nuire et criminaliser une communauté déjà largement stigmatisée ? Poursuivons… La suite est une présentation paternaliste de Jean Claude Defossé. Ce dernier rappelle que « cette émission vise les extrémistes et non l’immense majorité des musulmans qui pratiquent leur religion de manière tout à fait respectable » Cette mise en garde devait nous rassurer, il ne devait s’agir en principe que de quelques radicaux dangereux qui devaient sûrement représenter une menace bien grande pour notre état de droit.

Juste après ces « sages » assertions, le même personnage propose aux téléspectateurs une série de titres pour le tenir en haleine« La science ou la religion »… qui l’aurait crû au nom d’Allah on refuse la théorie de l’évolution…on voit également des musulmans faisant la prière à la mosquée Al Khalil, une fille portant la burqua, l’imam Toujgani prêchant dans une mosquée et pour faire saliver les citoyens, J.C. Defossé mêle dans sa présentation, l’application stricte de la charia et le statut de la femme… un cocktail explosif pour une émission racoleuse et dangereuse …

Ce dernier clôture en ajoutant : « Quelle est la position des musulmans modérés face aux fous de Dieu», rappelant que la plupart des musulmans restent croyants et beaucoup vont à la mosquée (brrr…) combien dit-il, sont sensibles aux thèses islamistes ? Impossible à dire mais ce qui est sûr c’est que l’intégrisme progresse notamment chez les jeunes (dixit Jean Claude Defossé surfant sur les généralisations outrancières) et puis pour clore cette introduction super populiste, on ajoute ceci : « Jusqu’où peut-on aller au nom de l’islam ? ». Il s’agit donc bien d’une émission sur l’islam et non l’islam radical !!! 1er séquence : sortie des fidèles d’une mosquée et attentat du World Trade Center La manipulation par les images, parallélisme grossier et malhonnête entre les fidèles musulmans d’une mosquée à Bruxelles et le terrorisme international !!!

Manipulation éhontée… La réalisatrice se fait éconduire par la plupart des musulmans à la sortie d’une mosquée bruxelloise, un citoyen musulman tente de lui répondre timidement, il s’explique sur la frilosité de ces derniers : « on dit beaucoup de mal des musulmans alors que ce n’est pas vrai, il faut voir la vraie réalité... Les musulmans, ce qu’ils ont de vrai »… et là, notre « journaliste » revient directement sur les images chocs des attentats de New York…ce parallélisme est pour ma part ignoble et mériterait de figurer dans le best of de la manipulation et de la malhonnêteté grossière. Que cela soit le fait de la RTBF, chaîne publique, démontre la montée des idées radicales et intégriste chez certains « démocrates ».

On passe ensuite sur les caricatures avec une manifestation violente au Proche-Orient mais également quelques images d’une manifestation à Bruxelles ou les séquences sont soigneusement choisies pour choquer… Rappelons que ces images sont montrées en parraléle avec des fidèles sortant d’une mosquée à Bruxelles, l’amalgame est vite fait par les belges moyens, tout musulman se rendant à la mosquée pourrait ou seraient soit un fou de Dieu ou un terroriste menaçant nos libertés…

Elle poursuit avec celui qu’elle méprise royalement, Yacob Mahi, professeur de religion islamique, elle cherche à le nuire en mettant en avant ses réponses sur un site web « islam Belgique » sur la sexualité datant de 2002 (n’a-t-on rien trouvé de plus racoleur et récent pour monter aussi loin ?) mais aussi en stigmatisant son discours (il leur enseigne la parole du prophète, l’islam et ses valeurs hyper moralisatrices…). Pour lui asséner un dernier coup qu’elle croit fatal : « il est bien connu de la Sûreté de l’état qui le considère comme un radical »… Sur notre antenne radio, Mariane Klarik affirme qu’elle-même en tant que journaliste elle doit être surveillé par la Sûreté de l’état, de plus elle ment lorsqu’elle affirme que ce site est celui de Yacob Mahi, ce dernier ne fait qu’intervenir, enfin elle affirme que Yacob est un élève ou disciple de Tariq Ramadan qu’elle méprise profondément … Yacob n’est pas l’élève de Tariq Ramadan…Sur le plateau, timidement le directeur de l’Info reconnaît cette erreur de la RTBF, mais ne dit mot sur les amalgames orduriers de Mariane Klarik, que du contraire il soutient sa journaliste.

Elle poursuit avec Tariq Ramadan et la lapidation… Lapide t-on des citoyens en Europe ou en Occident ? Non, bien évidemment, le fait-on  ailleurs, oui mais dans quelques pays qui souvent instrumentalise la charia à des fins politiques, il faut également ajouter que ces pays (Arabie etc…) sont les alliés objectifs de nos démocraties. Tariq Ramadan et Yacob Mahi condamnent depuis des années l’instrumentalisation de la charia par les dictatures arabes ou musulmanes (Arabie, Nigéria, Pakistan…), bien évidemment, cela la journaliste n’en parle pas, car cela risquerait de déforcer son argumentaire grossier, qui n’est fait que de diabolisation mensonger.

L’objectif  ici n’est pas d’informer ou de tenter de comprendre mais de criminaliser au maximum deux personnes qu’elles détestent au plus haut point, ce qui est son droit, mais qui pose également un problème au niveau déontologique…Réalise-t-elle une émission pour faire comprendre et donner une vision de l’islam et des musulmans de manière neutre ou règle-t-elle des comptes avec des citoyens qu’elle tente de calomnier impunément ?

Conclusion :

La volonté ici est clairement de criminaliser la pratique religieuse, c’est pour ma part du racisme caractérisé dans le but de nuire à toute une communauté. C’est diablement dangereux, car super simpliste et grossier comme le Vlaams Belang…Certains laïcs ont également critiqué cette laïcité de combat intégriste qui au nom de la liberté, traduit une vision basée sur la suprématie d’une culture, d’une civilisation, d’une « race »..

2ème séquence : boucherie musulmane à Bruxelles – école publique

 

Voici maintenant que notre assiette fait des musulmans une population « islamiste » et par conséquent potentiellement dangereuse.

Le boucher tente naïvement d’expliquer comment se déroule le sacrifice rituel, nous avons droit juste après aux explications posées de l’échevin molenbeekois Mohamed Daïf et du bourgmestre de Molenbeek, pour clore cette séquence, un intellectuel  d’origine musulmane explique que derrière la viande halal dans les écoles, il y a plus et notamment la mixité, les cours de biologie, les piscines, le créationnisme, le big bang…

Ramener le dossier halal dans une émission traitant normalement sur le radicalisme  et la menace islamiste est fondamentalement dangereux et malhonnête… le directeur de l’info de la RTBF et la réalisatrice sur notre plateau (radio EL WAFA 106.8 fm), estime que nous avons mal compris et qu’il s’agissait uniquement de parler du dossier halal dans les écoles.

Pour ma part, mettre le dossier de la viande halal dans les écoles au sein d’une émission sur le radicalisme religieux dénote d’une esprit bourré de préjugé, il ne s’agit pas d’imposer la viande halal mais de la proposer afin que les élèves belges et musulmans puissent également recevoir un repas chaud, à moins que l’assimilation pour  le directeur de l’info de la RTBF et la réalisatrice ne passe également par l’assiette. Pourquoi gardons nous les cours de religion ou de philosophie dans les écoles ? Pourquoi ne pas épurer nos écoles publiques de tout signe religieux, philosophique, politique et sociétale… ? Une école basée sur la schizophrénie ou comment construire des jeunes aux identités meurtries, éclatées…

Le « documentaire » se poursuit avec cette affirmation de la réalisatrice : « la propagande religieuse est entrée jusque dans nos écoles ». Elle donne ensuite la parole à un professeur située dans un quartier turc (sic)  sur le refus de certains élèves d’accepter les théories de l’évolution… théorie que je pensais être des théories et non des dogmes à avaliser sans esprit critique, où est passé la rationalité et l’esprit critique de la réalisatrice ? Les théories sont-elles des dogmes ? Graves contradictions pour une rationaliste et une athée censée toujours douter.   

Conclusion : Les musulmans sont là aussi stigmatisés suite à leurs choix alimentaires. Concernant les théories darwinistes ou de l’évolution, il ne s’agit pas d’obliger les étudiants à les croire coûte que coûte (ce que cherchent certains professeurs qui sont plus dans une attitude laïciste de combat contre l’islam ou le fait religieux) mais plutôt à les étudier, à les analyser pour faire de nos étudiants des citoyens à l’esprit critique et non des citoyens lobotomisés, prêt à accepter tout et n’importe quelle théorie. La posture de cette lecture « dogmatisée » est la même que celle des fanatiques qu’elle prétend combattre. De plus, ces cas assez rares sont montés en épingle pour opposer les communautés et créer des séismes voire des légers chocs des civilisations.

3ème séquence : Librairie Salam entre intégration, assimilation et retour à l’islam…

Passons sur la mise en scène humoristique de la réalisatrice : « vous aussi vous auriez pu devenir un belge assimilé, je veux dire… ». Retenons sa dernière phrase :

« Alors que leurs parents faisaient tout pour s’intégrer, eux ( ?) refusent de s’assimiler, ils sont convaincus que le discours des fondamentalistes est le bon… »

Dixit Mariane Klaric

Nous voici dans les vieux débats intégration/assimilation… De quelle assimilation parle t-elle, de la négation de soi ? Cette vision ressemble à une posture néo-colonialiste, s’assimiler à quoi ? le journal du mardi ne s’est pas trompé en présentant ce dossier avec l’image coloniale (www.journaldumardi.be) Qu’est ce que l’intégration ? Roger Nols parlait en son temps d’assimilation ou de retour au pays et encore aujourd’hui un Philippe de Winter du Vlaams Belang, devons nous comprendre que cette dernière a les mêmes références ?

Le « eux », permets de rejeter totalement les jeunes belges d’origines maghrébines, turcs, subsahariens ou des quartiers populaires s’entend, c’est particulièrement stigmatisant, voici les jeunes de notre ville de parents musulmans mis tous dans le même sac… ! Jean Marie Le Pen n’aurait jamais osé aller aussi loin, Mariane l’a fait !

4ème séquence : théâtralisation outrancière de la peur : femme en burqua

Voici le clou de l’émission, une jeune femme ( ?) parle de son passé intégriste, habillée en buqua, le but ici est évident, faire peur aux téléspectateurs belges, car la réalisatrice aurait pu flouter ou masquer l’image, cependant Mariane était à la recherche d’image choc, l’émission dit-elle sur notre antenne radio, se veut provocatrice.

Revenons sur le contenu, passé intégriste, manipulée dés sa jeunesse, problème d’identité… ou est le vrai du faux, quand commence la manipulation et ou s’arrête la vérité ??? Nous ne le saurons probablement jamais. Le message orienté de la réalisatrice et de l’émission en général ne laisse pas de place à une neutralité, nous avons toutes les raisons de craindre que nous pourrions, là aussi être dans la manipulation.

La même séquence traite du port du foulard (mis en parallèle avec la burqua ou niquab) avec  l’intellectuel d’origine musulmane Chemsi Cherif Khan qui nous donne une explication sur l’historicité du port du foulard…, peut-être le seul moment positif de l’émission.

Malek Chebel poursuit en affirmant ceci : « le voile est un instrument de la soumission de la femme… ». Affirmer le contraire, c’est être de facto, un islamiste, radical et potentiellement terroriste. La diabolisation d’une autre lecture n’est pas acceptable, elle crée le sentiment que nous cherchons à rejeter toute autre lecture. Sur le port du foulard, il existe plusieurs lectures et d’après les spécialistes de l’islam et du monde islamique, le port du foulard porté librement n’est pas un instrument de soumission, de plus la liberté de culte au sein de notre pays n’interdit nullement le port du foulard dans les écoles ou le service public, aucune loi belge ne l’interdit, il n’existe que des ROI (règlement d’ordre intérieur) des écoles ou dans certaines communes qui l’interdisent. Un règlement n’est pas une loi, les mots ont leurs importances ! Conclusion :

L’image de cette femme avec la burqa est une mise en scène dans le but est de provoquer les peurs, de susciter le rejet, dans le sens où nous ne pouvons vérifier son histoire.

Juste avant les crimes racistes de la famille de Schaerbeek et du professeur de religion musulmane à Anvers, les médias avaient fortement diabolisés les musulmans (après les attentats du 11 septembre à New-York) ce qui a provoqué en partie les réactions abominables et criminelles que nous avons vécus.

Admettons maintenant que cette séquence (niquab) soit vrai, c’est bien évidemment inacceptable et nous devons lutter contre les manipulations de certains intégristes, cependant nous avons des craintes légitimes vu le peu de recul et de sérieux de la réalisatrice.

Concernant l’apport de nos deux intellectuels, il aurait fallut au sein d’une émission respectant la déontologie journalistique et les téléspectateurs que nous puissions entendre d’autres  intellectuels ayant une autre lecture, mais non, là clairement, il s’agissait de convertir, d’infantiliser et criminaliser les femmes musulmanes portant le foulard… La liberté de conscience et de culte, n’est-elle pas inscrite au sein de notre constitution et de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme ? Nos intellectuels et la réalisatrice sont en contradictions perpétuelles avec ce qu’ils disent défendre, à savoir la liberté, cette dernière à bon dos.

5ème séquence : la scène internationale : images de violences

A priori ça devait être un documentaire sur l’islam en Belgique et/ou le radicalisme, nous voici plongé dans les guerres au Moyen-Orient et le terrorisme international…

La réalisatrice en manque d’imagination ajoute : « beaucoup plus dangereux que le voile, la récupération par les islamistes des conflits du monde arabe… Israël – Palestine, Irak, Liban Sur notre antenne, Mariane Klarik a tentée de se justifier maladroitement, elle ajouta que ce n’était pas le port du foulard porté par les femmes librement mais uniquement de l’instrumentalisation de ce dernier (le voile) par les islamistes… Alors pourquoi généraliser ? Pourquoi ajouter dans le commentaire traitant des guerres au Moyen-Orient la question du foulard ? Pourquoi une supercherie aussi grossière ? Pour le téléspectateurs déjà chargés par une islamophobie rampante, une citoyenne belge musulmane portant le foulard se trouve presque dans le même registre que des guerres au Moyen-Orient… c’est grave, dangereux et proche des thèses des mouvements néo-fascistes… ni plus ni moins !

La réalisatrice termine son « reportage » à charge sur l’imam Toujgani qui rappelle aux fidèles de la mosquée les violences subies par le peuple palestinien et le devoir de résistance face à une colonisation violente, voici dit-elle quelqu’un (qui lui a refusé une interview) que l’on pensait modéré mais qui est sur le même registre que les islamistes qui attisent la haine…

Quelle haine ? Désire t-elle faire des musulmans des moutons dociles prêts à aller à l’abattoir du sionisme ? Ne faut-il pas justement comme l’a fait justement l’imam Toujgani, inviter la communauté musulmane et les citoyens du monde épris de justice à résister face à l’agression barbare israélienne ? Mariane Klarik est-elle une marionnette du gouvernement israélien ? A quand un reportage de Mariane sur la guerre immonde menée par les voyous du Proche Orient sur les populations arabes et musulmanes, à moins que pour Mariane, les musulmans ou les arabes ne mériteraient que les bombes ou le mépris ?

Conclusion :

Désir de la réalisatrice d’importer les conflits internationaux sur la scène belge, alors qu’elle reproche ce fait à l’imam Toujgani.

Arno Klarfeld (avocat impétueux), citoyen français a passé prés de deux ans dans l’armée colonialiste d’Israël pour « défendre » dit-il Israël face aux « terroristes » palestiniens… il revint en France et fût décoré par le ministre de l’intérieur Nicolas Sarkozy (qui lui donna un poste important sur la politique de l’immigration !!!) et les médias qui saluèrent son « courage… » Pourquoi les médias ont-ils fait une publicité positive à un bouquin écrit pendant son enrôlement, sans aucun esprit critique ? Comment un français pouvait-il partir prés de deux ans pour servir une armée colonialiste ? Vous imaginez le tollé provoqué si un citoyen français de confession musulmane serait parti en Palestine ou ailleurs ? Pourquoi Mariane n’a-t-elle pas réagit ? Qui importe le conflit ? Celui qui parle de résistance face aux colons ou ceux qui partent guerroyer et reviennent comme des princes distiller leurs haines ?

La diabolisation de l’imam Toujgani accrédite la thèse des musulmans cinquième colonne du pays ou l’ennemi de l’intérieur comme à l’époque pour les juifs du début du 20ème siècle, le message est clair, le téléspectateur belge moyen ou non, ne pourrait que se méfier de son voisin musulman, derrière tout musulman pourrait se cacher un radical, islamiste et potentiellement un être dangereux pour notre démocratie ou encore ils ne seront jamais comme nous, ils sont peut-être plus dangereux, car chez nous… généralisations, banalisations des peurs, stigmatisation éhontée, un patchwork détonnant pour les idées d’extrêmes droites.

Pour revenir sur la question de la guerre en Palestine, il serait nécessaire d’entendre la réalisatrice sur le conflit en Palestine, s’agit-il pour elle uniquement de la défense d’Israël ou de l’occupation violente ? Un colonialisme qui date depuis 1948 ? Tout peuple à droit légitimement à se défendre lorsque celui-ci est agressé, c’est le sens de la phrase de l’imam Toujgani… c’est aussi la lecture de la Déclaration Universelle des Droits de l’homme… Mariane Klaric aurait-elle soutenu la politique d’apartheid d’Afrique du Sud, la colonisation britannique en Inde ou encore l’occupation allemande en Belgique ?

6ème séquences : intégrisme et politisation de l’islam

 

Séquence mêlant certaines personnes condamnées par la justice pour incitation à la haine raciale et distribution de tract par Jean François Bastin, président du PJM (Parti Jeunes musulmans)…

Elle nous donne un « scoop », « l’un des fils de Bastin a été arrêté lors des attentats antisémite d’Istanbul »  documenté par des images entre le fils (qui lui n’a rien à voir avec les attentats d’Istanbul) et son père prés du marché de l’abattoir à Anderlecht.

 

La réalisatrice serait-elle malhonnête ? Elle ne complète nullement « son information », le fils de Bastin arrêté lors des attentats d’Istanbul dans un premier temps a été quelques temps plus tard libéré.

Aucune preuve n’a établit sa participation à l’attentat d’Istanbul, connaissant la sévérité de la justice turque nous pouvons penser que ce dernier n’a de prés ou de loin aucun lien avec les attentas d’Istanbul, cependant la globalité des téléspectateurs sont persuadés qu’aujourd’hui, un des fils de Bastin est en prison pour terrorisme antisémite… c’est ce qui s’appelle désinformer !!! Les musulmans ou islamistes sont-ils coupables de facto ? La justice n’a-t-elle aucune emprise sur les médias racoleurs ? Qui ne respecte pas la loi et la justice, la journaliste réalisatrice ou les musulmans ?

En ce qui concerne la condamnation pour incitation à la haine raciste, à la justice de faire son travail, nous ne pouvons que féliciter cette dernière d’être pro-active sur les questions liées à la diffusion de la haine, du racisme et du rejet, cependant, chaque citoyen belge musulman ou non doit à mon avis être jugé de la même manière.

7ème séquence : Mimount Bousakla, sénatrice, exemple d’intégration ?

Cette sénatrice SP-A qui dans un accès d’émotivité estima il y a un an qu’il fallait dissoudre l’Exécutif des musulmans de Belgique à la mort du cinéaste Van Gogh nous donne une « leçon de courage ».et serait « l’exemple » à suivre.

Elle dit en substance : « on est dans un pays démocratique, des choses qui n’existent pas dans les pays arabes, on a une sécurité sociale, si vous n’avez pas de travail, il y a le chômage (sic), si vous avez des enfants, vous avez des allocations familiales, il y a tout, si vous n’êtes vraiment pas content, quittez le pays, désolé…

Propos paternalistes de la bouche d’une sénatrice belge habituée à la provocation facile et simpliste sur les musulmans et non les intégristes. Les propos entendus sont dignes d’un De Winter du Vlaams Belang ou d’un Jean Marie Lepen du Front National… Pourquoi également cette comparaison avec le monde arabe ??? Les musulmans sont belges et ne vivent pas dans le monde arabe.  Certains musulmans ne sont pas arabes et certains arabes ne sont pas musulmans, attention aux généralisations faciles.

La réalisatrice a choisi une personnalité connue de la Flandre, exemple « d’intégration » parfait ( ?) pour tenter de dompter ou de donner une leçon supplémentaire aux musulmans.

Le message est clair… soit vous vous intégrez, pire vous vous assimiler, soit vous quittez le pays, pour aller où ???? Je n’ai pas de réponse. En tout cas le programme du Vlaams Block est de la même trempe… « Vous vous assimilez ou vous dégagez »

Sur notre antenne radio (décidemment), Mariane Klarik dit ceci : « Personne en Belgique n’ose parler d’intégrisme, sauf elle, elle a eu le courage de dénoncer cela… »

Mais de quel courage parle t-elle ? Quitter le pays ??? Pour aller où ? Faut-il du courage pour affirmer que ceux qui ne sont pas contents doivent quitter le pays ? N’est ce pas le discours du Front National, il y a peu sur un plateau télé flamand, elle affirma devant des politiques et publics interloqués, qu’il fallait discuter avec le Vlaams Belang…

La réalisatrice conclut par : « il faut agir avant qu’il ne soit trop tard nous a confié la députée belgo-marocaine, parce que l’islam radical pourrait mettre en péril les fondements de nos sociétés modernes.

(L’émission se clôture avec l’image de femmes portant le foulard, c’est le grand dada du moment et de Mariane en particulier…)

 

Conclusion générale :

 

D’abord l’émission est de piètre qualité, indigne d’une « émission » du service public, elle n’aide nullement le téléspectateurs à comprendre mais sert plutôt à criminaliser, non les radicaux, mais la pratique religieuse et les musulmans croyants et pratiquants.

 

La réalisatrice bourrée de préjugés à l’égard des femmes musulmanes portant le foulard, de Yacob Mahi considéré par elle comme dangereux (se servant de la Sûreté de l’état) surfe sur des amalgames grossiers, des préjugés tenaces, un manichéisme frisant le ridicule et last bust not une volonté délibérée de susciter la peur, les craintes, les méfiances et le rejet des musulmans et de l’islam, en soi la construction de l’ennemi de l’intérieur, une cinquième colonne, ni plus ni moins ! L’émission fait le jeu de tous les extrémistes et du Vlaams Belang en particulier, c’est peut-être la raison pour laquelle, la RTBF a décidé de la diffuser juste après les élections du dimanche 8 octobre 2006… Sur notre antenne (radio), ils reconnurent également cela, ils savaient donc qu’en diffusant cette émission, il ferait le jeu de l’extrême droite !!! Question à la Une servirait-elle les intérêts du Vlaams Belang et de la peste brune ?

Non, car le combat d’un Jean Claude Defossé et du service public contre l’extrême droite est connu, il serait ridicule de le penser un seul instant, cependant à force de vouloir généraliser de manière outrancière les musulmans, on se trouve dans ce cas précis, indirectement soutien du Vlaams Belang, voilà qui semble bien fâcheux pour le service public !

La réalisatrice nous prouve à chaque instant son désir quasi pathologique de dépeindre les musulmans croyants et pratiquants comme des citoyens potentiellement dangereux, lorsqu’on a autant de préjugés sur l’islam, les femmes portant le foulard, les mosquées, la viande halal et les imams, le résultat ne peut être que médiocre, car l’émission tel un tribunal de l’Inquisition était uniquement à charge, non uniquement contre l’intégrisme ou le terrorisme, mais contre l’islam et les musulmans et c’est en cela que cette émission est navrante et dangereuse

Il est également consternant que le service public via une émission racoleuse s’évertue à tomber si bas pour faire de l’audimat.

Cette émission, loin d’avoir répondu à la question centrale «Jusqu’où peut-on aller au nom de l’islam ? », ne fait qu’augmenter les peurs et crée un fossé durable et extrêmement dangereux entre les différentes communautés.

Ce qui est encore plus désolant, ce sont les justifications fantaisistes du directeur de l’information de la RTBF et de la réalisatrice sur nos antennes, estimant que pour sa part, ce sont nous, à savoir les musulmans qui n’avons pas compris le message, un paternalisme édifiant teintée de mépris comme le rapporte en partie l’excellent article de Laurent Arnauts, rédacteur en chef du journal du Mardi.

La RTBF via « Question à la Une » a insulté non seulement l’intelligence des musulmans mais également les nombreux téléspectateurs non musulmans et un métier noble qui attendaient de la part du service public autre chose que des grossièretés manichéennes pour ne pas dire xénophobe et même raciste.

Mouedden Mohsin

473.595.407             mohsin.mouedden@gmail.com

 

25.10.2006

émission radio 26.10.06 sur les médias

Emission radio ce jeudi 26.10.06
les infos citoyennes 17h00 - 19h00 sur le 106.8 fm
1er débat
animateur : Ahmed Mouhssin
débats : Jusqu'où peut-on aller au nom de l'islam ?
l'émission TV de la RTBF "Question à la Une" sur l'islam a provoqué une vive émotion... caricatures, amalgame douteux, manipulations et diabolisation des musulmans donne de la RTBF et de la réalisatrice une image ou la laïcité de combat ou intégriste tente de diaboliser toute une communauté... ?
les médias, un pouvoir dangereux pouvant prôner le choc des cultures ?
Hawa Djabali du centre culturel Arabe
Mouedden Mohsin, animateur radio

2ème débat 17h50 :
"Jusqu'où peut-on aller au nom des médias ?"
Laurent Arnauts, du journal du Mardi www.journaldumardi.be
Ricardo Guttierez, journaliste au Soir (sous-réserve)
Michel Collon, spécialiste des médias www.michelcollon.info
La Dernière Heure ...
Mouedden Mohsin, radio EL WAFA 106.8 FM
20:15 Questions à la Une

SUJET 1 - Jusqu'où peut-on aller au nom de l'Islam ? Depuis le 11 septembre 2001, les Belges n'ont-ils pas tendance à voir dans chaque Musulman un terroriste en puissance? Pas tout à fait, mais quand même...¶ Une vraie bénédiction pour les islamistes. " Questions à la une " a rencontré en Belgique de nouveaux missionnaires qui n'hésitent pas à prôner un respect de l'Islam à la lettre, en rupture totale avec le monde moderne et connaissent un succès grandissant auprès de jeunes en quête de leur identité.

Que cachent réellement les revendications sur le port du voile ou sur la viande halal à l'école ? Pourquoi le mot intégration est-il rejeté par ces islamistes ? Nos sociétés démocratiques sont-elles menacées ? Jusqu'où peut-on l'accepter ?

Questions à la une a voulu savoir ce que cherchaient vraiment ces fondamentalistes. Les plus inquiets sur leur influence grandissante sont parfois d'autres musulmans, qui n'hésitent pas à mettre en garde tous les démocrates sur le danger qu'ils peuvent représenter.

SUJET 2:

Pour certains musulmans, la réponse est clairement non. Pour eux , il ne s'agit pas de moderniser l'islam mais d'islamiser la modernité . C'est le discours que tiennent les Frères musulmans, un mouvement fondamentaliste né en Egypte en 1928 mais qui a aujourd'hui des ramifications et des partisans en Europe.

¶ Cette enquête inédite nous conduit dans les coulisses de l'organisation. Elle a été pour l'essentiel réalisée dans le Nord de la France où les " Frères " sont particulièrement actifs : prêches dans les mosquées, récoltes de fonds et même une école pour former de jeunes imans à un Islam rigoriste.

Ces musulmans rigoristes n'hésitent pas à opposer Fatima, gardienne des valeurs de l'Islam, à Marianne, symbole des valeurs de la République. La question posée est donc : l'Islam prôné par ces Frères de France est-il compatible avec la démocratie ?

19.10.2006

émission radio ce jeudi 19.10.06 17h00 sur l'émission de la RTBF : Jusqu'où peut-on aller au nom de l'islam ?

 
Emission radio EL WAFA 106.8 FM
"Les infos citoyennes"
ce jeudi 19 octobre 17h00 - 19h00 en live
sur l'émission RTBF "Question à la Une"
Jusqu'où peut-on aller au nom de l'islam ???
informer ou désinformer ?
Criminalisation de l'islam et de la pratique religieuse ?
Pourquoi ? Comment ?
une.jpg
avec : confirmation pour tous, sauf pour Mr Touzani.
Mariane Klaric (réalisatrice du reportage (RTBF)
Yves Thiran, directeur de l'information (RTBF)
Hammouti Hafida, islamologue
Radouane Bouhlal (président du MRAX)
Ronald Ceulemans : LES (lutte contre l'exclusion sociale Molenbeek)
Hafida Mimoun : coordinatrice de la maison de la femme Molenbeek
Sam Touzani : artiste engagé (sous-réserve)
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20:15 Questions à la Une

SUJET 1 - Jusqu'où peut-on aller au nom de l'Islam ? Depuis le 11 septembre 2001, les Belges n'ont-ils pas tendance à voir dans chaque Musulman un terroriste en puissance? Pas tout à fait, mais quand même...¶ Une vraie bénédiction pour les islamistes. " Questions à la une " a rencontré en Belgique de nouveaux missionnaires qui n'hésitent pas à prôner un respect de l'Islam à la lettre, en rupture totale avec le monde moderne et connaissent un succès grandissant auprès de jeunes en quête de leur identité.

Que cachent réellement les revendications sur le port du voile ou sur la viande halal à l'école ? Pourquoi le mot intégration est-il rejeté par ces islamistes ? Nos sociétés démocratiques sont-elles menacées ? Jusqu'où peut-on l'accepter ?

Questions à la une a voulu savoir ce que cherchaient vraiment ces fondamentalistes. Les plus inquiets sur leur influence grandissante sont parfois d'autres musulmans, qui n'hésitent pas à mettre en garde tous les démocrates sur le danger qu'ils peuvent représenter.

SUJET 2:

Pour certains musulmans, la réponse est clairement non. Pour eux , il ne s'agit pas de moderniser l'islam mais d'islamiser la modernité . C'est le discours que tiennent les Frères musulmans, un mouvement fondamentaliste né en Egypte en 1928 mais qui a aujourd'hui des ramifications et des partisans en Europe.

¶ Cette enquête inédite nous conduit dans les coulisses de l'organisation. Elle a été pour l'essentiel réalisée dans le Nord de la France où les " Frères " sont particulièrement actifs : prêches dans les mosquées, récoltes de fonds et même une école pour former de jeunes imans à un Islam rigoriste.

Ces musulmans rigoristes n'hésitent pas à opposer Fatima, gardienne des valeurs de l'Islam, à Marianne, symbole des valeurs de la République. La question posée est donc : l'Islam prôné par ces Frères de France est-il compatible avec la démocratie ?

Une enquête de Malik Aït Aoudia

Prochaine diffusion le : vendredi 13 octobre

 

Un dossier du Journal du Mardi sur l'émission diffusée par la RTBF au sujet de l'islam ou l'islam radical  en Belgique
Questions à la Une » (RTBF) en question. Jusqu'où peut-on aller au nom de la laïcité? PDF Print E-mail
par Laurent Arnauts   
Monday, 16 October 2006
Mercredi 11 octobre dernier, l'excellente émission « Questions à la Une » de la RTBF s'attaquait à son tour au nouveau marronnier des médias : le fondamentalisme islamique. Du moins, c'est ce qu'on pouvait croire en fonction du titre de cette semaine-là: « Jusqu'où peut-on aller au nom de l'Islam ? » Au bout du compte, c'est cependant un tout autre menu qui a été servi au téléspectateur, où l'amalgame le disputait au préjugé pour stigmatiser la pratique de la religion musulmane en général. Est-ce qu'au nom d'une laïcité de combat – parfaitement acceptable voire souhaitable – certains se permettent de flirter avec les thèses et les méthodes de l'extrême droite ? Ce ne serait hélas pas la première fois qu'on découvrirait un enfer pavé de bons sentiments... un peu néocolonialistes ?

Autant le dire d'emblée, l'indignation face à cette dernière livraison de « Questions à la Une » est à la mesure de l'approbation – voire l'admiration – que cette émission suscite d'habitude. Malgré les limites inhérentes à la formule, elle parvient en effet chaque semaine à produire un bel échantillon de journalisme d'investigation, que ce soit sur des sujets d'actualité ou non. En l'occurrence elle a peut-être essayé de faire elle-même l'actualité, mais c'est plutôt raté : sur la question de départ, à savoir le fondamentalisme islamique, on n'apprend rien – mais alors rien- de neuf dans le reportage signé par Marianne Klaric. Ce qu'on découvre en revanche, c'est l'étendue peu commune des préjugés dont fait étalage la réalisatrice, qui semblent pour la plupart dater de l'époque de Roger Nols. C'est dire s'ils sont rancis.

Qu'on en juge. Le ton est en effet donné par ce constat lâché gravement en déambulant devant la caméra, comme le veut le format de l'émission : « Alors que leurs parents voulaient s'intégrer, ces jeunes (d'origine maghrébine, ndlr) refusent de s'assimiler ». Auparavant la journaliste avait en effet demandé tout à trac à un libraire musulman barbu et surtout interloqué: « Vous auriez pu devenir un Belge complètement assimilé, pourquoi ce retour aux sources ? » Marianne Klaric semble ignorer que depuis que la société belge démocratique – à l'exception donc de l'extrême droite – a embrassé l'idée de devenir multiculturelle, l'exigence ou la promotion de l'assimilation de tous à un modèle culturel dominant est abandonnée. Ce qui est bien le moins dans un pays qui a inscrit comme nul autre la multiculturalité dans ses textes constitutionnels (sous le vocable de « communauté »).

On pourrait penser qu'il ne s'agit là que d'un abus de langage, l'usage malheureux d'un terme tombé en désuétude, par une personne qui n'aurait pas suivi les évolutions sociopolitiques de notre pays de ces vingt dernières années. Il n'en est rien. L'entièreté du reportage est du même tonneau, et surtout sa conclusion, par la bouche de la sénatrice flamande Mimount Bousakla ( SP.A), qui assène : « En Belgique on reçoit des allocations familiales pour les enfants, des allocations de chômage quand on n'a pas de travail... tout cela n'existe pas dans les pays arabes non démocratiques. Ceux qui ne sont pas contents de la Belgique, ils n'ont qu'à partir ! » Est-ce un hasard si c'est là le cliché favori et la traduction presque littérale du slogan du Vlaams Blok/Belang : « Aanpassen of opkrassen », s'adapter ou déguerpir ? Peut-être pas. Mme Bousakla, fort marquée par une éducation religieuse intolérante dans son enfance, qu'elle souhaite à juste titre conjurer dans la société, est parfois emportée par son élan. Ainsi, le soir des élections du 8 octobre, elle avait provoqué l'ébahissement d'un plateau de télévision flamand en soutenant crânement qu'il fallait « discuter avec tout le monde, y compris le Vlaams Belang ». Ce coup de grâce au cordon sanitaire ne doit qu'à la défaite-surprise du parti raciste à Anvers de s'être perdu dans le brouhaha postélectoral.

L'aboutissement de ce principe selon lequel les personnes d'origine étrangère et plus particulièrement les musulmans, fussent-ils nés belges, n'auraient qu'à « la fermer » et « s'adapter », n'est autre que la création d'une citoyenneté de deuxième rang. Seuls les Belges « de souche », chrétiens ou laïques, auraient le droit de critiquer la société et donc d'influer sur son évolution. Il faut noter que cette forme raffinée d'apartheid politique – qui ne viendrait que s'ajouter à l'apartheid socio-économique existant- est exactement celui professé par le Vlaams Blok/Belang, lorsqu'il minimise sa relative défaite aux communales en l'imputant à l'influence du contingent de votants « nouveaux belges ». Ce subtil distinguo en apparence compliqué porte un nom plutôt simple : le racisme.

Voilà en quoi ce reportage véhicule la thèse fondatrice de l'extrême droite – ce qui explique l'émoi qu'il a provoqué dans la communauté musulmane en particulier et dans la population d'origine immigrée en général (voir interviews ci-après). Ce n'est hélas pas tout : pour mieux stigmatiser les comportements qui, dans l'esprit de certains, doivent être éradiqués dans un processus d'assimilation, il est recouru à des exagérations et à des amalgames que l'extrême droite ne renierait pas non plus. On ne sait par où commencer tant les exemples abondent. Cela commence par une visite à une sortie de mosquée, dont les fidèles demandent de ne pas être filmés et refusent de parler à la caméra. L'un d'entre eux finit tout de même par se dévouer, pour expliquer leur malaise d'être perpétuellement associés au terrorisme dans les médias depuis les attentats du 11 septembre. Dans le reportage, on a droit à un fondu enchaîné sur une longue séquence montrant les Twin Towers qui s'effondrent et les secours qui s'activent autour des victimes...

Ce type d'amalgame, par lequel on associe visuellement ou séquentiellement des choses qui en réalité n'entretiennent pas de lien démontrable ou démontré, est pratiqué à de multiples reprises. On rappelle ainsi que des kamikazes sont passés par une « centre islamique » extrémiste de Bruxelles, que les services de renseignement n'ont pas les moyens de surveiller les activités des extrémistes islamistes dans notre pays, etc. Dans ce contexte et sans autre explication, on doit comprendre que la revendication de la fourniture de nourriture hallal (dont la viande est issue d'animaux tués rituellement) dans certaines écoles publiques de la capitale est une dangereuse manifestation d'intégrisme. Même chose pour le foulard, qualifié plus explicitement « d'outil n°1 de la propagande islamiste » ou encore « d'instrument de la soumission de la femme » par l'antropologue Malek Chebel, qui n'a sans doute pas vu à l'oeuvre, de France où on est allé l'interviewer (tiens, il n'y a pas de spécialistes en Belgique?), la jeune Nabela Benaïssa et sa famille au temps où la Belgique était au bord de l'émeute.

Dans une boutique qui vend aussi des livres pieux, la journaliste commente ainsi les rayonnages de djellabas et autres babouches : « pour s'habiller comme à l'époque du prophète, tout y est ». Il faut croire qu'elle n'a pas beaucoup voyagé : la djellaba est encore en usage courant du Maghreb au Moyen-Orient. Et elle constitue l'habit traditionnel de la plupart les cérémonies familiales importantes, y compris dans notre pays. Même si certains portent ce vêtement en raison d'un sentiment religieux, est-ce pendable ? Dans cette même boutique, la reporter pousse encore plus loin ses investigations façon « Le jardin extraordinaire ». Elle entreprend en effet, caméra au poing, de toucher un vendeur, lequel se rebiffe poliment mais fermement, expliquant que sa religion lui interdit de toucher ou d'être touché par une femme qui n'est pas une parente. Ceci est certes la manifestation d'une lecture ultra-orthodoxe de l'Islam, mais était-il pour autant indispensable d'en faire la démonstration par l'expérimentation, comme s'il s'agissait d'une curiosité zoologique ? Ne suffisait-il pas de poser la question ? N'existe-t-il pas quelque-chose comme le droit à la dignité, qui fait que l'on ne doit pas nécessairement accepter de subir les attouchements d'un inconnu, a fortiori agressivement, avec une caméra ? Cette attitude et ses présupposés dégage comme un fumet de néocolonialisme...

Si l'on ajoute à tout cela la séquence où l'on accuse le présidents de la Ligue des imams de Belgique d' « attiser la haine » parce qu'il évoque le problème israélo-palestinien dans un prêche, ou celle où le professeur de religion islamique Yacub Mahi est qualifié « d'intégriste selon les services de renseignement », sans autre preuve ni précision qu'une citation tronquée issue de son site internet, par laquelle on lui fait dire qu'il est partisan d'une peine de cent coups de bâton en cas d'adultère (ce qui est risible connaissant le personnage)... Le tableau est aussi apocalyptique que mal étayé. Et en définitive, l'impression générale qui se dégage de ce salmigondis est que certaines pratiques pourtant bénignes de la religion musulmane constituent, en soi, un intégrisme, et le marchepied vers le terrorisme. Sans que ce lien de cause à effet ait donné lieu à ne fut-ce qu'un début de démonstration.

Entendons-nous. On a le droit de critiquer l'Islam et ses pratiques, ou celles qui lui sont attribuées – c'est de bonne guerre et les musulmans eux-mêmes ne se privent pas de critiquer eux aussi le monde qui les entoure. On a même le devoir de combattre vigoureusement le véritable extrémisme (qui consiste à empiéter sur la liberté d'autrui). Le JDM y concourt d'ailleurs régulièrement en essayant de susciter le débat (ou en dénonçant, parmi les premiers, des extrémistes comme le « cheikh Bassam »). Mais encore faut-il le faire à la régulière. Ici, le but ne semble pas être de dénoncer les extrémistes, mais plutôt de stigmatiser les musulmans pratiquants en suggérant qu'ils entretiennent une proximité étroite avec l'extrémisme (et donc le terrorisme) dès qu'ils sont trop « visibles », c'est à dire moins « assimilés ». Il y a donc lieu de suspecter derrière ce travail, qui n'a évidemment pas vocation à toucher les musulmans mais veut surtout « faire peur » à la population non-musulmane, un autre agenda. Celui déjà esquissé par le candidat malheureux à la présidence du Centre d'Action Laïque, Chemsi Cheref-Khan (voir nos précédentes éditions), qui est aussi l'un des deux seuls intellectuels interviewés dans le reportage : ressouder un « camp » laïque en manque de repères, puisqu'au moment où il bénéficie enfin de la manne publique, l'affaiblissement de l'Eglise catholique le prive de son adversaire de toujours. Désolé, mais tous les laïques ne mangent pas de ce pain-là.
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Mohsin Mouedden, animateur à radio EL WAFA(*):«L’impression d’un retour au nolsisme»

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par Laurent Arnauts   

Monday, 16 October 2006

Interview

Comment avez-vous perçu le reportage de la RTBF sur l'Islam extrémiste?

Globalement j'ai plutôt l'impression qu'il était davantage question de l'Islam en tant que tel, plutôt que l'Islam extrémiste. Avec beaucoup de caricatures et de préjugés. La réalisatrice a mélangé la situation nationale et internationale, avec des pratiques religieuses comme la viande hallal, le terrorisme... C'est un patchwork explosif qui raconte parfois tout et n'importe quoi. C'est très manipulateur.

Vous pensez qu'il s'agit d'erreurs ou sont-ce des amalgames pratiqués consciemment?

J'ai l'impression que ce reportage visait à créer ou au moins attiser les peurs. Le téléspectateur belge moyen qui regarde cela ne peut qu'être choqué et heurté, ne peut que faire l'amalgame selon lequel Islam = islamisme = terrorisme. Cela revient en filigrane tout le long de l'émission. Je suis très choqué, comme tous les musulmans je crois. C'est confus, mais je crois que c'est sciemment confus, comme lorsqu'on désigne les gens qui mangent de la viande hallal comme des islamistes, voire des potentiels terroristes. Or 99% des musulmans mangent hallal! Que va penser la personne qui se retrouve dans une boucherie hallal? Ce dont j'ai peur en voyant ce reportage, c'est que je me dis que si le service public est prêt à aller aussi loin, c'est qu'on est en train de faire marche arrière. A certains moments du reportage j'ai l'impression d'un retour au nolsisme.

C'est ce genre de choses qui justifie la réticence à parler aux médias qu'on observe d'ailleurs également dans le reportage?

En tant que citoyens belges de confession musulmane, on a le sentiment que dès que nous disons des choses, ce sera monté en épingle et instrumentalisé à des fins politiques et idéologiques. La séquence où on montre les tours du World Trade Center juste après que la personne ait expliqué qu'elle souffrait des amalgames depuis le 11 septembre, est frappante. C'est vrai qu'on a l'impression que la neutralité, l'objectivité et la déontologie journalistiques sont bien loin. J'ai eu l'occasion de discuter longuement avec la réalisatrice du reportage, Marienne Klaric, et c'est vrai que dès le début j'ai perçu une vision très réductrice, avec beaucoup de préjugés à l'égard des filles qui portent le foulard par exemple.  Pareil pour les deux intellectuels auxquels on donne la parole: Malek Chebel est français et a priori ne connaît pas la situation belge: il a une position sur l'Islam qui doit plaire à l'Occident, très clairement. L'autre, Cheref-Khan, est quelqu'un de très marginalisé ici. Il a des positions de combat sur la laïcité, ce qui n'est pas incompatible avec l'Islam. Mais il se présente comme un "musulman culturel" ou "d'origine musulmane". Ce genre d'expression nous fait toujours très rire: très souvent les gens qui se présentent comme cela sont laïques, voire athées. Ce n'est pas négatif, c'est juste qu'il faudrait avoir la probité intellectuelle de dire qui l'on est, et au départ de quelle position l'on s'exprime. Si le reportage avait donné la parole à un ou deux autre spécialistes d'un profil différent, on aurait eu un autre son de cloche et davantage d'objectivité. En prenant ces deux intellectuels-là, on sait clairement que la réalisatrice tendait vers une direction bien définie.

Laquelle?


Il y a je crois une volonté de criminaliser la pratique religieuse musulmane. C'est un message clair adressé aux musulmans: "si vous voulez encore rester chez nous - car il y a le vous et le nous-, vous avez intérêt à changer votre fusil d'épaule et à essayer de vous assimiler". C'est le sens de la phrase de Mimount Bousakla qui termine le reportage. La réalisatrice fait appel à une sénatrice un peu populiste - elle a appelé il y  a un an et demi à dissoudre le Conseil consultatif des musulmans parce que celui-ci n'avait pas jugé utile de prendre position sur l'assassinat de Theo Van Gogh aux Pays-Bas. Elle est connue pour ses positions très critiques à l'égard de la communauté musulmane - qu'il faut continuer à critiquer, là n'est pas la question. Cela dit, aujourd'hui dans certains partis, le fait de critiquer la communauté musulmane fait gravir des échelons... Je ne suis pas contre la critique, cela permet à la communauté musulmane d'aller de l'avant. Mais je suis contre les amalgames et les généralisations outrancières. En tous cas, des discours nolsistes tenus par une progressiste flamande, c'est très très grave.

(*) Emission "Les infos citoyennes" sur radio EL WAFA 106.8 FM. Ce jeudi 19 octobre 17h00 - 19h00 en live à propos de l'émission RTBF "Question à la Une"
Jusqu'où peut-on aller au nom de l'islam ? Avec : (sous réserve) Jean Claude Defossé (RTBF), Mariane Klaric (réalisatrice du reportage (RTBF), une islamologue belge, Raoudane Bouhlal (président du MRAX), Pierre Yves Lambert (www.suffrage-universel.be)

Radouane Bouhlal, président du Mouvement pour la Répression de l’Antisémitisme et de la Xénophobie(M PDF Print E-mail

par Laurent Arnauts   

Monday, 16 October 2006

Interview

Quelle a été votre réaction à l'égard du reportage de la RTBF sur l'Islam extrémiste?

Au premier abord j'étais assez curieux et satisfait, parce que je trouve que cela fait partie des missions du service public de traiter de questions difficiles, notamment du radicalisme dans les communautés religieuses, et notamment dans la communauté musulmane. Mais le résultat me heurte. Et ce, malgré l'introduction de Jean-Claude Defossé qui précise qu'il n'est pas question de la majorité de la communauté musulmane, qui elle se comporte bien, mais des extrémistes. Or, force est de constater que ce reportage ne parle pas des extrémistes! Tout au long on voit des amalgames et des confusions qui me paraissent très dommageables pour la communauté musulmane.

Par exemple?

J'ai été très choqué que l'on traite le port du foulard comme étant une démarche vers le radicalisme et l'intégrisme. Cela n'a absolument rien à voir! Cela signifie qu'un organe comme le MRAX, qui défend la liberté de porter ou ne pas porter le foulard, est un agent de l'intégrisme islamique! C'est surréaliste, tout de même. De même, Marianne Karic dit à un certain moment que "les parents, eux, voulaient s'intégrer, tandis que les jeunes ne veulent plus s'assimiler". Bel exemple de confusion: l'assimilation est une grave atteinte à la multiculturalité. L'extrême droite et en particulier le Vlaams Belang ne disent pas autre chose. Et avec ce que dit Mimount Bousakla, là on est vraiment dans le "Programme en 70 points" du Vlaams Blok! Quand une chaîne de service public expose ainsi cette parole sans l'encadrer, sans faire de petits commentaires assassins comme la réalisatrice a pu le faire pour d'autres intervenants dans le reportage, sans contradiction, je trouve qu'il y a dérapage grave. On peut critiquer l'Islam, et on a le devoir de critiquer les intégristes, mais on ne peut pas critiquer indistinctement la communauté musulmane, en mêlant la question du hallal ou du foulard à des questions de radicalisme qui n'ont rien à voir. Tous les musulmans mangent hallal, cela ne fait pas d'eux des radicaux! Pour moi, un bon reportage contre les intégristes, devrait pourvoir être applaudi par les musulmans eux-mêmes. Parce qu'ils en sont les principales victimes, soit parce qu'ils sont directement affectés dans leur famille, soit parce qu'ils subissent un rejet de la part de la société dominante. Ici, c'est l'inverse: tous les musulmans se sentent affectés!

Pourquoi ce parti-pris? Y aurait-il un malaise dans le monde laïque à l'égard des musulmans?

Je pense qu'il y a dans le camp laïque, à juste titre ou pas, un sentiment d'insécurité très grave à l'égard des musulmans, auxquels on attribue un agenda caché. La pensée laïque conçue comme espace de liberté est profondément juste, mais que crois que certains laïques ne se rendent pas compte qu'ils sont en train de virer dans de l'intégrisme, un intégrisme laïque. De ce fait, pour ce prémunir contre des musulmans qu'on a envie de respecter mais dont on craint un agenda caché, on rejette tout en bloc. C'est une dynamique très négative.

Concrètement, quelles sont les craintes selon vous ?


Il y a deux facteurs: d'une part, le fait que le terrorisme est aujourd'hui principalement situé dans le camp musulman, même si les musulmans n'aiment pas entendre cela et si d'autres pratiquent aussi le terrorisme. Et d'autre part, il y a l'ancien combat contre la religion catholique, justifié dans la mesure où lorsque les religions sont au pouvoir, les libertés reculent. Les laïques, après avoir gagné ce combat contre les catholiques, ne veulent pas le perdre contre les musulmans. Ce qu'ils perçoivent comme l'expansion de l'Islam (notamment démographique) leur fait peur. La combinaison des luttes antiterroriste et pour la laïcité, conjuguées, cela donne des dérapages laïcards comme aujourd'hui. C'est dramatique car au lieu de mettre de l'huile, on radicalise les camps. Je crois d'ailleurs que la RTBF doit se rendre compte que ce reportage ne va pas. Si mes informations sont correctes, il devait être diffusé avant les élections. Ils l'ont reporté pour ne pas influencer le vote des électeurs. Pourquoi, sinon parce que ce reportage allait alimenter les votes d'extrême droite? Quand Jean-Claude Defossé a fait ses reportages sur l'extrême droite, j'applaudis des deux mains, parce qu'il a réussi à ne pas stigmatiser toute la Flandre ou tous les Flamands. Pourquoi ne pas avoir réussi à faire cela avec la communauté musulmane?

10.10.2006

Sarkozy : danger !

http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=34734

 Cet homme est probablement aussi dangereux que son modéle Georges Bush

 

http://www.re-so.net/spip.php?article2677

06.10.2006

sondage foulard 2006 communiqué de presse

Communiqué de presse 

 

Le sondage foulard 2006 suscite de multiples interrogations

 

Au mois de mai 2006, une trentaine de citoyens, dont plusieurs associations s'étaient réunies pour mettre sur pied un questionnaire à l'adresse des candidats des quatre partis démocratiques des dix-neuf communes de la région bruxelloise.

L'association de fait « sondage foulard 2006 » voyait le jour. Dès début juillet, nous contactions par mail et téléphone les différents partis politiques leur soumettant notre volonté de mener un sondage sur leurs positions concernant la question du port du foulard.
La majorité des fédérations et sections politiques contactées tardèrent à nous communiquer les coordonnées des différents candidats.
Durant le mois de septembre, plusieurs envois furent organisés et adressés à l'ensemble des candidats disposant d'une adresse e-mail. Sur un total de 1291 questionnaires envoyés, seuls 43 candidats ont répondu, dont 9 du CDH ; 12 d'ECOLO ; 10 du PS ; 6 du MR ; 1 du FDF et 5 indépendants. De plus, différents candidats (une cinquantaine) nous ont fait part de leurs réactions et commentaires.    
Compte tenu du faible nombre de réponses, force est de constater que :

-          le sujet « foulard » n'interpelle pas d'avantage le politique ;

-          les candidats demeurent flous, ambigus quant à l'expression de leurs opinions ;

A la lumière de ces constatations, nous estimons que le sujet « foulard » reste une question difficile à traiter. Paradoxalement à cela, il reste un incitant électoral dans la mesure où l'on retrouve entre autres des femmes belges musulmanes portant le foulard sur des affiches électorales…
Par conséquent, de nombreuses interrogations subsistent, à savoir :
-          que représente « la liberté religieuse » inscrite dans les législations en vigueur ?

-          quelle est la véritable position des partis politiques ?

-          quelle sera la position des futurs élus ?

-          quelle est la place des Belges musulmanes dans la société ?

Cette situation liée à l'inertie des différents partis politiques génère de nombreuses discriminations tant dans les sphères économiques que sociales et explique notamment la mobilisation de la société civile et associative, dont le MRAX, le COIFE,…
C'est pourquoi le politique devra rapidement prendre ses responsabilités. Nous restons convaincus que ce sujet mérite une attention plus soutenue, loin de toute polémique. Il s'agit là du respect des libertés fondamentales pour la sauvegarde de notre démocratie et du meilleur vivre ensemble.
Infos : Mouedden Mohsin 0473.595.407/ Farida Tahar 0475.931.061

mohsin.mouedden@gmail.com         www.sondagefoulard2006.be

05.10.2006

lettre citoyenne au ministre Charles Picqué

article parue dans le Soir du jeudi 5 octobre, page 25

 

Lettre citoyenne au Ministre Charles PICQUE :   « Expression ou Répression de la Liberté Religieuse ? »

Le Ministre-président du gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale, Monsieur Charles Picqué (PS), a décidé qu'«  en vue de garantir la liberté de l'électeur dans son choix démocratique, la manifestation extérieure de toute forme d'expression (…) philosophique ou religieuse est interdite pour les membres des bureaux électoraux  ».

 

La « manifestation extérieure de toute forme d'expression (…) philosophique ou religieuse… » désigne notamment, le foulard porté par certaines citoyennes belges de confession musulmane. La décision de Monsieur Picqué prive ces citoyennes de leurs droits et devoirs constitutionnels. De plus, elle stigmatise et   banalise les diverses discriminations à leur égard.

 

Une polémique a suivi cette décision et de nombreuses questions ont fusé :

 

Le foulard est-il, en fin de compte, interdit pour les membres des bureaux électoraux ?  Comment les Présidents des bureaux de vote vont-ils gérer la situation ?  Qu'est-ce que le principe de neutralité ? Quelle régulation du religieux sur la scène publique ? Pourquoi la question du foulard est-elle d'emblée « problématisée » : d'abord dans les écoles et les administrations publiques, ensuite dans les bureaux de vote ? Comment interpréter le silence des partis démocratiques ? C oncrètement, faut-il boycotter le PS ainsi que les autres partis complices aux prochaines élections dans les 19 communes bruxelloises ?

 

Ces questions sont d'autant plus sensibles qu'elles ressurgissent à quelques jours du scrutin communal. L'enjeu est de taille pour les partis politiques qui ont joué avec la surenchère des voix électorales de la communauté musulmane.  

 

Nous n'allons pas revenir sur le sempiternel débat lié à la question du foulard mais il est évident que cette affaire interroge la société sur le présent et l'avenir des citoyens musulmans Belges. Citoyens à part entière ou citoyens de seconde zone ?  

 

Cet acharnement démontre bien que la discrimination et l'exclusion sont des réalités concrètes et que notre société n'est vraisemblablement pas prête à concevoir le vivre-ensemble basé sur le « respect mutuel » tant prôné dans les discours politiques…

 

Ce qui est le plus inquiétant, c'est que cette décision remet en cause des libertés fondamentales dont notamment la liberté de conscience, la liberté de culte et la liberté de manifester ses convictions religieuses en privé comme en public. Dans une société démocratique, ces libertés doivent être garanties à tous les citoyens, sans distinction aucune.

 

 

 

Le projet d'une société interculturelle est le véritable enjeu de cette « affaire d'assesseurs ».  Faut-il renoncer à ce qui dévoilerait  notre identité musulmane pour être membres des bureaux électoraux ?   Un bureau de vote ne devrait-il pas refléter la diversité sociale que nul ne peut nier?

 

En tant qu'associations musulmanes, nous prenons position contre cette atteinte à la liberté et, nous sommes décidées à poursuivre des actions citoyennes afin de faire entendre notre voix. Une société juste et égalitaire ne peut se prétendre comme telle en excluant une partie de sa population des écoles, de la fonction publique, des bureaux de vote et demain…  

 

Nous voulons jeter les bases d'un vivre-ensemble et promouvoir toutes les initiatives qui vont dans ce sens. Nous aspirons à vivre dans une société où l'égalité des chances n'est pas une valeur abstraite mais un modus vivendi pour tous les citoyens quelles que soient leur origine ou leur confession.

 

Signataires: Le Collectif « Présence Musulmane » Belgique, Femmes Musulmanes de Belgique, Les Fourmis asbl, Réflaction, Al Qarawiyyin asbl, Fondation Sadek Charaf, Union des femmes libres pour l'égalité des droits, Al Kawthar asbl, ASBL Astrolabe, la Ligue des musulmans de Belgique, …

 

Infos & contact : Abdelmajid Mhauchi – mhauchia@yahoo.fr Gsm : 0474.241.711

02.10.2006

semaine marathon octobre 2006

Semaine marathon radio EL WAFA 106.8 FM

MARDI 3 octobre 2006

17h00 - 18h10 

Avec le PSECOLOCDH MR

  Mercredi 4.10.06

DROIT AU BUT  15h00 – 17h00

Spécial football avec la présentation du match de ce vendredi 20h30 :

FC BRUSSELS – MAROC

 Logo

Match  amical : FC Molenbeek Brussels -   Equipe National Marocaine   

 Stade Edmond Machtens VENDREDI 6 OCTOBRE 20H30 PRIX 10.00 EUROS 

le vendredi 6/10/2006 à 20h30  prix : 10.00 euros

 http://cms.proximedia.com/site/Page_Generale.asp?DocID=10258&langue=FR

 

  avec le chroniqueur Mokhtar, l'échevin Jamal Ikazban, le président du FC Brussels Johan Vermeesh         Emission radio ce jeudi 5.10.06 17h00 – 19h00   Spécial ligne droite scrutin communal du dimanche 8 octobre 2006 Infos sondage foulard 2006  

Avec Abdelmajid, Yacob Mahi, plusieurs associations belges musulmanes