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30.11.2005

Islamophobie ou malentendu à Etterbeek ??

. L'EMISSION A ETE REPORTEE POUR DEBUT JANVIER CETTE FOIS CI AVEC LA PRESENCE DU BOURGMESTRE MONSIEUR DE WOLF  

NB : émission radio spécial sur le sujet le jeudi 8 décembre à 17h30 sur le 106.8 fm
Jeunes de la Clef
Maison des jeunes d'Etterbeek La clef
Avenue d'Auderghem 189 1040 ETTERBEEK
Tél : 02/640.49.96
maisondesjeunes@chello.etterbeek.be
 
PETITION
Cette pétition a été lancée à l’initiative des jeunes de la Clef et vise à alerter le Conseil communal d'Etterbeek du mécontentement populaire qui se lève contre la motion qui touche les maisons de jeunes.
A l’initiative du bourgmestre d'Etterbeek, Monsieur Vincent De Wolf, une motion a été votée à l'unanimité au Conseil communal pour faire interdire tout signe distinctif religieux au sein des maisons de jeunes. Cette motion a été prise en réaction directe à une visite effectuée par le bourgmestre dans notre maison de jeunes. A cette occasion, il y a rencontré notre animatrice bénévole qui nous dispense des cours d'arabe et qui porte le voile.
Suite à la pression exercée par le bourgmestre pour qu’elle retire son voile et par l’adoption de la motion la ciblant directement, notre animatrice a été contrainte d'abandonner son bénévolat.
Nous trouvons scandaleux que des élus censés défendre les intérêts des habitants d'Etterbeek votent une motion qui a un résultat pratique totalement inverse, à savoir :

 - d'empêcher le bénévolat dans notre maison de jeunes            
 - de nous priver d'une animatrice qui nous suit depuis plus d'un an et demi sous le prétexte  fallacieux qu'elle risquerait de nous imposer son choix de porter le voile,
choix qui n'engage qu'elle
 - que la maison de jeunes est de nouveau désertée par les filles et elle le restera dans la mesure où l’animatrice était à l'origine de leur retour. Malgré que l’endroit souffrait d'une mauvaise réputation, elle avait réussi à instaurer un climat de confiance avec les filles.
Nous soussignés, dénonçons cette motion avec force et déclarons soutenir les jeunes de la Clef dans leur revendication de voir les cours d'arabe reprendre normalement avec leur animatrice au sein de la maison de jeunes.
Pour toute information complémentaire : Labiba    0484/64.25.27
                                                                                        labi86@hotmail.com

     NOM     
   PRENOM
    ADRESSE
   PROFESSION
  SIGNATURE
         
         
         
         
         
         
         
         
         
         
         
         
         
         
         
         
         
         
         
         
         
         
         

29.11.2005

Les Informations Citoyennes sur le 106.8 Fm

"Les informations citoyennes"

ce jeudi 1er décembre 2005 de 17h00 à 19h00

Spécial PALESTINE avec Nadia Farkh de l'association belgo-palestinienne à partir de 17h30

http://www.association-belgo-palestinienne.be/

Présentation de la grande journée Internationale du Peuple paletinien qui aura lieu à Bruxelles, le samedi 3 décembre 2005 de 15h00 - 23h00

http://www.association-belgo-palestinienne.be/activites/j...

 

sur le 106.8 fm présenté par Mohsin

 

 

 

25.11.2005

L'UJFP répond à Finkelkraut

Aux membres et sympathisants de l’UJFP,
A nos partenaires associatifs,
Messieurs et Mesdames de la presse,

 
 
L’UJFP REPOND AU RACISME D’ALAIN FINKIELKRAUT
 
Le 18 novembre, le supplément hebdomadaire du quotidien israélien Ha’aretz a publié un reportage de 6 pages sur la France, consacré aux sujets d’actualité qui secouent actuellement l’hexagone tels les émeutes de banlieue, l’intégration des jeunes issus de l’immigration, le racisme ou l’enseignement du fait colonial à l’école publique. Le problème, c’est que ce reportage n’est autre que un entretien fleuve avec Alain Finkielkraut, écrivain et « philosophe », avatar de la pire pensée néo-conservatrice. Bien que ce monsieur se veuille un grand intellectuel, il occuperait plutôt la fonction de pompier-pyromane de la communauté juive, attisant plus d’antisémitisme qu’il incite à la réflexion. Il affiche un racisme décomplexé, profèré désormais à l’état pur. Michèle Sibony, vice-présidente de l’UJFP et Michel Warschawski, président du Centre d’information alternative de Jérusalem, ont traduit de l’hébreu de larges extraits de cet entretien. Notons que l’interview de Finkielkraut a été repris dans la version anglaise de Ha’aretz, mais tronqué de certains passages, le supplément anglais du journal ayant enlevé les propos les plus racistes et les plus scandaleuses. Les affirmations de Finkielkraut ont visiblement abasourdi les journalistes qui l’ont interrogé à Paris. En effet, ils prennent soin de préciser que les réponses de leur interlocuteur « n’émanent pas du Front national mais de la bouche d’un philosophe qu’on considérait autrefois comme l’un des porte-parole de la gauche française ». Pour les lecteurs capables d’encaisser des propos particulièrement choquants, vous trouverez cette prose nauséabonde dans le fichier attaché <Finkieldraut-1> (merci à nos traducteurs). Pour ceux qui préfèrent se passer d’une lecture particulièrement éprouvante, vous trouverez ci-dessous quelques morceaux choisis, révélateurs.



DU RACISME A L’ETAT PUR
 
D’emblée le titre et les sous-titres choisis par Ha’aretz donnent le ton : « Ils ne sont pas malheureux, ils sont musulmans », « Si cela ne leur plaît pas qu’ils rentrent chez eux », « Non à l’antiracisme », « De l’école en France et des bienfaits du colonialisme ». Finkielkraut commence par désigner ce qu’il considère comme la cause des récentes émeutes : « Le problème est que la plupart de ces jeunes sont Noirs ou Arabes et s’identifient à l’Islam » puis il enfonce le clou « Il est donc clair qu’il s’agit d’une révolte à caractère ethnico-religieux ». Il continue sa profession de foi raciste en endossant le rôle de commentateur sportif  : « On nous dit que l’équipe de France est adorée par tous parce qu’elle est ‘black blanc beur’, en fait aujourd’hui, elle est ‘black black black’ ». Pour lui, les jeunes de banlieue en général auraient « une culture (l’Islam) qui au lieu de s’occuper de ses propres problèmes recherche un coupable extérieur (la France) ». Sur les goûts et loisirs de ces jeunes, il s’interroge : « Quels sont les objets de leurs désirs, c’est simple : l’argent, les marques, et parfois des filles ». Ailleurs, il raconte le scénario fictif d’un restaurateur cherchant à recruter : « Imaginez qu’un jeune de banlieues vienne demander un emploi de serveur, il a l’accent des banlieues, vous ne l’engagerez pas… Il doit vous représenter, et ceci exige de la discipline, de la politesse et une manière de parler. » Après avoir mis en doute leur capacité de discipline et de politesse, le philosophe déplore l’inhabilité linguistique de nos jeunes concitoyens, désignés comme immigrés de la seconde ou de la troisième génération : « Prenez par exemple la langue, vous dites qu’ils sont d’une troisième génération, alors pourquoi est-ce qu’ils parlent le français comme ils le parlent ? C’est un français égorgé, l’accent, les mots, la grammaire. » Pour évoquer l’insécurité dans les banlieues, s’adressant au public israélien, il utilise à dessein un langage qui renvoie à des pages tragiques de l’histoire juive : les émeutes seraient pas autre chose que des « pogroms antirépublicains ». Puis, établissant une comparaison avec l’Intifada palestinienne, il accuse les parents ou les grands frères de ces jeunes d’avoir eu recours à une stratégie criminelle : « Eux aussi envoyaient en première ligne de la lutte les plus jeunes ». Opposant les façons différentes dont la presse française a réagi face à l’agitation sociale en Allemagne de l’Est après la réunification et aux récentes émeutes en France, Finkielkraut tonne : « Un Arabe qui incendie une école c’est une révolte, un Blanc c’est du fascisme ».
 
DU COLONIALISME ET DE LA HAINE
 
Finkielkraut, que rien n’arrête, enchaîne sur les bienfaits du colonialisme français et regrette que dans les écoles : « On n’enseigne plus que le projet colonial voulait aussi éduquer, apporter la civilisation aux sauvages. » Sans doute les ancêtres des « sauvageons ». Quant à l’esclavage, rien à y redire : « Ce n’était pas un crime contre l’humanité parce que ce n’était pas seulement un crime. C’était quelque chose d’ambivalent. » Les esclaves et leurs descendants apprécieront. Commentant ce que notre pays (la France) a fait aux Africains, le philosophe affirme « Il n’a fait que du bien. » Comme on pouvait s’y attendre, en bonne logique Finkielkraut tire à boulets rouges sur … les antiracistes. D’abord, « cette violence a été précédé de signes annonciateurs très préoccupants que l’on ne peut réduire à une simple réaction au racisme français » ou encore « Y voir une réponse au racisme français c’est être aveugle à une haine plus large : la haine de l’Occident ». Pour ensuite nier tout court le racisme bien de chez nous et d’énoncer « le mythe du ‘racisme français’ ». Enfin, l’antiracisme serait fauteur de troubles. Les jeunes des banlieues « jouiront du soutien et de l’encouragement à leur violence antirépublicaine, par le biais du discours repoussant de l’autocritique sur leur esclavage et le colonialisme. » Lorsque les journalistes israéliens lui font observer que la France ne traite pas ces jeunes comme des Français, Finkielkraut feint d’ignorer cette réalité et se borne à répondre : « Le problème est qu’il faut qu’ils se considèrent eux même comme Français ». Et pour ce qu’il est de leur exclusion, ils n’ont qu’à s’en prendre à eux-même : « La question n’est pas quel est le meilleur modèle d’intégration, mais la possibilité même d’une intégration pour des gens qui vous haïssent. » Mais la véritable haine semble être ailleurs. Commentant les crimes de la France vichyste pendant l’occupation nazie, il raconte comment sa famille a été déporté à Auschwitz. Pour conclure, toujours en parlant de la France, que « Ce pays mérite notre haine ». Que ce triste sire ait besoin d’un psychanalyse pour exorciser la haine qu’il porte en lui est une question d’hygiène personnelle qui ne regarde que lui. Mais qu’une personne de cet acabit cesse de monopoliser l’espace médiatique serait une affaire de salubrité publique. Nous espérons que la presse tiendra compte des dernières dérives racistes d’Alain Finkielkraut et en tirera les conclusions qui s’imposent. La France compte beaucoup d’intellectuels de qualité qu’on n’entend pas assez souvent. Le temps est peut-être venu pour d’autres représentants de l’intelligentsia, plus digne qu’Alain Finkielkraut, d’occuper dans l’espace public la place qui leur revient.
 
REPONSE DE L’UJFP
 
A propos de véritables représentants de l’intelligentsia, nous vous proposons un texte écrit par l’un d’entre eux, que vous trouverez dans le fichier attaché <Rudolf-13>, intitulé « De la peur de penser à l’imbécillité politique » ; il s’agit d’un court article de Rudolf Bkouche, professeur émérite à l’Université des Sciences et Techniques de Lille et membre du Bureau national de l’UJFP. Il constitue une réponse aux divagations racistes d’Alain Finkielkraut dans les pages de Ha’aretz. Outre un sursaut déontologique de la presse écrite et électronique qui doit faire attention à qui elle œuvre ses colonnes et ses antennes, d’autres institutions doivent également opérer les réajustements qui s’imposent. Celles de la communauté juive, par exemple. Si le CRIF et les associations qui lui sont proches se soucient de leur propre image et de leur respectabilité, il est grand temps qu’elles se séparent d’un de ses porte-parole officieux, devenu fort encombrant. La conclusion de l’article de Rudolf Bkouche représente une belle leçon pour Alain Finkielkraut et ses semblables, mais aussi pour les citoyens de bonne foi qui éprouvent un certain désarrois devant la violence et l’injustice ambiantes :
« Finkielkraut oublie pourtant un point fondamental du débat, et en cela il s'est placé hors de l'héritage des Lumières. Les deux siècles qui nous ont précédés ont conduit à transformer l'idée de révolte en la belle idée de révolution, c'est-à-dire en l'idée de transformer le monde. Aujourd'hui où l'idée de révolution semble morte, ne reste que la révolte ou la jacquerie pour s'exprimer, les récentes violences en France nous le rappellent. Il est alors nécessaire de rappeler que ces violences sont la réponse à une violence plus forte, qui n'est plus la seule violence d'Etat, mais qui est la violence du capitalisme mondialisé. C'est alors l'idée de révolution qu'il faut reconstruire. C'est en cela que l'on peut retrouver la tradition libératrice des Lumières. »
 
 
Richard WAGMAN
Président
 
Union juive française pour la paix (UJFP)
21 ter, rue Voltaire
75011 PARIS
 
Tél. : 01 42 02 59 76
Fax : 01 42 02 59 77 
 

21.11.2005

L'émission "l'actualité en un clin d'oeil"

L’émission « L’actualité en un clin d’œil » existe depuis le mois de février 2005. Elle s’inscrit résolument dans une démarche citoyenne pour une information indépendante qui permet à chacun de se faire une opinion.

 

Nos émissions sensibles, délicates ont eu un succès grandissant, nous sommes devenus en quelques mois, l’émission politique phare de la radio arabe de Bruxelles (il existe 6 radios « arabes » sur la fréquence 106.8 FM Bruxelles, radio EL WAFA, AL MANAR, ASALAM, AL WATAN, CULTURE 3, …)

 

Cette ascension rapide a malheureusement aussi occasionné des jalousies, des critiques parfois malveillantes et un désir de faire taire cette émission…

 

Pour rappel, voici les thématiques traitées lors de ces quelques mois…

 

  • Le scrutin islamique de Belgique, l’ex dictateur Augusto Pinochet au Chili,  l’alter mondialisation, les manifestations sociales en Belgique, le racisme et les discriminations à l’embauche en Belgique, la polémique envers l’humoriste Dieudonné, la loi scélérate du 23 février 2005 qui institue en France le « bienfait » colonial, le journaliste pervers d’Agadir, la place de la femme en Islam, la guerre en Irak, la guerre Israélo-palestinienne, le dialogue islamico-chrétien, le dossier de l’immigration, le traitement du dossier subsaharien au Maroc, la situation sociale au Maroc, la liberté d’expression en Tunisie, l’adoption par les couples gays, la guerre oubliée en Tchétchénie, la criminalisation des musulmans en Europe, le bourbier libanais, les soldats refuzniks israéliens, l’écologie, le drame du Tsunami, le tremblement de terre en Cachemire, l’aide Internationale mise en cause, les jeunes des banlieues, les politiques discriminatoires en France etc.…
  • Présentations de différentes groupes rap, présentation du travail associatif en Belgique, présentation des conférences, débats et colloques, présentation des artistes et films d’auteurs, rubriques sportives, émission spirituel spécial ramadan…

Vous le constatez, ces quelques thématiques n’ont pas dû plaire à tout le monde… Pour ce faire et à partir du 1er décembre nous garderons le même concept tout en affinant la forme. Notre rigueur et professionnalisme devront encore plus titiller les sommets afin de ne pas permettre à nos « amis » de pouvoir se servir de l’une ou l’autre de nos émissions ou thématiques pour nous déverser critiques malveillantes ou calomnies…

 

La nouvelle version débutera le jeudi 1er décembre 2005 entre 17h00 et 19h00.

 

Voici quelques questions que l’on nous pose souvent par mail ou téléphone :

 

Etes vous rémunérés pour vos émissions et la préparation de cette dernière ?

 

Non, nous sommes tous bénévoles, amoureux du vrai journalisme d’investigation. Nos émissions ainsi que leurs préparations ne sont pas financés.

 

Etes vous diplômé d’une école de journalisme ?

 

Non, je suis autodidacte, je fais du journalisme audio depuis 8 ans. J’apprends chaque jour en ayant conscience que l’erreur peut se produire à tout moment.

 

Etes vous indépendant ?

 

L’indépendance est un terme aujourd’hui galvaudé, chacun s’estime indépendant, néanmoins, le Conseil d’administration de la radio est indépendant des partis politiques belges, du religieux et des ambassades, cela n’empêche certains d’avoir une sensibilité propre.
En ce qui concerne notre émission, elle est totalement indépendante.

 

Avez-vous des pressions externes ?

 

Cela arrive rarement, mais lors de sujet extrêmement sensible, des pressions se font sentir, clairement !!!
 
Pourquoi travaillez vous bénévolement ?

 

D’abord parce que la radio associative a peu de moyen, ensuite parce que 99% des animateurs radios sur les 6 radios « arabes » sont tous bénévoles, enfin pour terminer nous estimons qu’une radio a comme objectif

 

Les chroniqueurs de l’émission sont-ils rémunérés ?

 

Non, ils participent en tant que bénévole et ce malgré leurs qualifications (journalistes et autres…)

 

Etes vous totalement libre ?

 

Notre émission,  je le précise est totalement libre de mettre sur pied des thématiques et sujets délicats. Si ce n’est le cas, j’aurai déjà démissionné depuis longtemps.

 

Les responsables de la radio exercent-ils des pressions ?

 

Non, il y a clairement une liberté de ton, même si cela dérange certains de nos administrateurs. Des réunions avec le CA sont prévues lorsque parfois certains estiment que nos émissions ont été trop loin… C’est le droit strict des administrateurs de convoquer des animateurs lorsque ceux-ci tiennent une posture citoyenne, idéologique ou politique .Etre convoqué par le CA, ne signifie nullement une quelconque pression, mais participe à faire de la radio un espace de débat, car contradiction il y a et il y aura toujours.

 

Vous a-t-on déjà fermé les ondes ?

 

Oui et non, Suite à mes émissions sur le traitement du dossier subsaharien par le Maroc au mois d’octobre, j’ai pris la décision pendant 15 jours de prendre un recul nécessaire suite à des critiques d’un membre du CA. Par la suite, nous avons trouvé un accord qui me permet de continuer sur le même ton tout en prenant soin de ne pas permettre à nos « amis » de nous calomnier ou d’exercer des pressions inadmissibles Il faut savoir que certaines personnes malveillantes nous écoutent sans cesse pour afin d’enregistrer La faute qui permettra la fermeture de la radio. Depuis le 11 septembre 2001, une criminalisation des radios associatives arabes, comme des mosquées et associations est à la mode…A nous d’être encore plus rigoureux, afin de faire évoluer les mentalités et de lancer un message clair à nos « amis ». « Nous ne céderons jamais à l’amalgame, aux raccourcis et aux simplismes que certains se permettent avec nous. ».

 

Par le passé aviez-vous déjà eu ce type de censure ?

 

Oui, j’ai travaillé bénévolement pendant 5 ans sur la radio AL MANAR et là aussi parfois, des pressions m’ont amené à quitter cette radio.

 

 

Votre radio est-elle militante ?

 

Clairement non, c’est une radio généraliste et commercial  même si nos émissions s’affichent comme des émissions résolument citoyennes !!

 

N’avez-vous pas l’impression de militer et de prendre la radio en otage ?

 

L’information indépendante c’est déjà militer, tellement les concepts et « les informations » que l’on présente sont parfois filtrés… La radio a tout à gagner avec une info indépendante qui questionne et interpelle nos consciences… Notre émission est l’otage de la vérité ou en tout cas d’une certaine forme de vérité (car chacun à la sienne)

 

Vos émissions peuvent-ils aider à conscientiser ?

 

Absolument et sans hésiter, j’ai au sein de notre émission mener une campagne envers le détenu Abdelkrim Dehmani, le plus vieux prisonnier de droit commun en Belgique qui pour des raisons de mauvaises défenses a pris 18 ans, cela est unique en Belgique. Grâce en partie à notre émission, le monde politique, la ministre de la justice a pris ses responsabilités en avançant le fait qu’il n’était pas normal de faire autant d’années de prisons. Nous continuerons à suivre ce dossier…

 

Pourquoi dérangez-vous autant ?

 

Car justement, nos émissions sont indépendantes de tout pouvoir, elles s’inscrivent dans une logique résolument citoyenne, l’indépendance et la citoyenneté font peur, malheureusement. Nous vivons au sein d’une époque ou tout doit être contrôlé en donnant l’impression que tout est « libre ».

 

Avez-vous déjà été invité en externe grâce à vos émissions ?

 

Oui, j’ai été invité en 2002 par l’Université de Genève pour participer à des conférences sur le traitement de l’information médiatique sur les questions de l’islam suite aux conflits dans le monde. J’ai également participé à toute une série  de conférences et rencontres en Belgique via la radio Al Manar.

 

Quelle est votre plus grande satisfaction ?

 

Ma plus grande satisfaction est d’avoir permis via certaines émissions à conscientiser nos citoyens et politiques sur des sujets délicats .Sur le plan personnel, le fait d’être resté en cohérence avec mon éthique et les valeurs universelles que je partage avec d’autres me permet de me regarder dans le miroir sans honte.

 

Qu’aimeriez vous dire aux auditeurs ?

 

Impliquez-vous, soyez non des citoyens passifs, mais des sujets, participez à faire de notre société un espace de justice, de liberté et de fraternité véritable.

 

 

Mouedden Mohsin

 


 

Droit de réponse à Finkelkraut

Mon droit de réponse édité au journal le Soir du vendredi 25 novembre, page forum, suite à l'article du philosophe Alain Finkelkraut

Je me permets de vous exprimer quelques observations suite à l’interview du philosophe français Alain Finkelkraut au sein du journal belge le Soir, du mardi 15 novembre 2005 (www.lesoir.be) .

Monsieur Finkelkraut est coutumier du fait, il ne parle jamais ou rarement des causes profondes de ce mal être, l’amont disparaît pour ne faire place qu’aux conséquences…
Cette façon de faire décrédibilise fortement notre interlocuteur… comment porter un regard si critique sur les conséquences tout en oubliant de traiter les causes ?

Pour caricaturer son discours, le philosophe se sert d’un événement ou d’une communauté particulière, il grossit les incivilités que nous condamnons tous. pour les généraliser à l’excès. De cette façon il disqualifie les revendications. La surdité du philosophe est presque égale à la haine qui pourrait battre dans le cœur de certains jeunes désespérés, voire des vandales.

Le philosophe reste dans une posture figée qui ne progresse nullement, c’est une forme de mépris et de rejet des réalités vécues dans les banlieues.

Le désir de communautariser (le « eux » et le « nous ») démontre soit une méconnaissance profonde (ce qui ne doit pas être le cas) soit, c’est une façon délibéré de susciter encore plus la polémique pour noircir et réduire des revendications légitimes à la haine…

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Voici l'intégralité du Droit de réponse envoyé au journal Le Soir :

 

DROIT DE REPONSE ADRESSE AU JOURNAL LE SOIR

Réactions critiques suite à l’interview de Monsieur Finkelkraut au sein du journal le Soir du mardi 15 novembre 2005, page 20 « A bout portant », propos recueillis par William Bourton.

http://www.lesoir.be/pdf_dev/pdf/index.php?date=2005-11-1...

Texte envoyé aux médias belges et français, aux acteurs associatifs et politiques.

Je me permets de vous exprimer de manière critique et sincère quelques observations suite à l’interview du philosophe français Alain Finkelkraut au sein du journal belge le Soir, du mardi 15 novembre 2005 (www.lesoir.be) .

Monsieur Finkelkraut est coutumier du fait, il ne parle jamais ou rarement des causes profondes de ce mal être, l’amont disparaît pour ne faire place qu’aux conséquences…
Cette façon de faire décrédibilise fortement notre interlocuteur… comment porter un regard si critique sur les conséquences tout en oubliant de traiter les causes ?

Pour caricaturer son discours, le philosophe se sert d’un événement ou d’une communauté particulière, il grossit les incivilités que nous condamnons tous (les violences, le refus de participer à certains cours d’histoire ou brûler des voitures…) pour les généraliser à l’excès. De cette façon il disqualifie les revendications. La surdité du philosophe est presque égale à la haine qui pourrait battre dans le cœur de certains jeunes désespérés, voire des vandales.

Le philosophe reste dans une posture figée qui ne progresse nullement, c’est une forme de mépris et de rejet des réalités vécues dans les banlieues. Il simplifie également l’histoire, concernant l’esclavage, la traite négrière ou la colonisation. Cette non reconnaissance à enseigner des réalités certes dures mais réelles ne participe-t-elle pas à mépriser les français mais pire encore l’histoire, notre histoire commune ? (1). Y a t’-il des crimes et abominations à enseigner et d’autres à rejeter ?
Dernièrement, le gouvernement français a reconnu les « bienfaits » de la colonisation. Cette histoire coloniale « positive » qui devra bientôt être enseignée dans les écoles n’a suscité à ma connaissance aucune réaction, à part celle des professeurs et historiens de ce pays. Cette posture n’est pas acceptable, elle emprisonne définitivement l’histoire pour effacer de nos mémoires collectives des crimes contre l’humanité clairement établis.

Monsieur le philosophe qui manie l’art de la critique et fait preuve de rationalisme ne se pose nullement la question de savoir pourquoi certains étudiants protestent par rapport à une vision historique tronquée et insultante comme le prouve à raison, la promulgation de la loi du 23 février 2005 signée par le Président français Jacques Chirac. Le philosophe désire-t-il faire de nos étudiants des décérébrés ? Est-ce cela l’esprit des lumières ? Justement en tant que rationaliste, ne doit-il pas être ravi que les cours d’histoire posent débats ? Que les étudiants interpellent leurs professeurs ? La critique doit-elle s’effacer au sein des écoles républicaines et des banlieues ? Ce paradoxe français m’interpelle.

Le désir de communautariser (le « eux » et le « nous ») démontre soit une méconnaissance profonde (ce qui ne doit pas être le cas) soit, c’est une façon délibéré de susciter encore plus la polémique pour noircir et réduire des revendications légitimes à la haine…
Il affirme : « allons nous intégrer la haine ? » Ces propos pour ma part sont d’une dangerosité extrême. Le français d’origine x ou y est sournoisement assimilé à la haine…Ces revendications (lutter contre les racismes, les discriminations, les logements délabrés…) sont écartés, minimisés…

Le philosophe ne mène t’-il pas un combat idéologique et politique ? Fidèle à lui-même et à ses idéaux il imprime en France une pensée résolument liée à des combats idéologiques douteux (2)

Lors du match de football France – Algérie, des « supporters » ont hué la marseillaise car se sentant peut-être exclus des valeurs républicaines (3) (la Marseillaise, soit dit en passant n’est nullement un appel à la fraternité…l’Abbé Pierre demande même que certains propos soient retirés, allons nous traiter ce dernier de délinquant ou d’islamiste ?)…Les médias avaient fait les gros titres sur ces huées…Lors du dernier match Israël – France pour la coupe du monde en Allemagne, des sifflets et huées accompagnèrent la marseillaise en Israël sans offusquer les intellectuels, le politique et les médias… Ces hués légitimes ou non, n’ont pas fait la Une des médias.
Ce traitement différencié de nombreux médias donne parfois raison aux jeunes des banlieues, aux français d’origine x ou y, il y a bien parfois un traitement inégalitaire et partial…

Pour terminer sa diatribe, le philosophe ne nous propose AUCUNE piste, à part l’ordre « républicain » à rétablir d’urgence. Pour bien enfoncer le clou, il termine par cette phrase éloquente :
« Mais la vie, c’est la violence diffuse : les professeurs agressés dans les écoles, les élèves rackettés, les murs tagués, les boîtes aux lettres incendiées… C’est ça la vie de tous les jours »

Le philosophe donne un point de vue peut-être sincère mais qui n’entend ni les Appels, ni les revendications, ni les nombreux acteurs associatifs qui depuis 1981 (4) ne cessent tout en s’épuisant d’appeler « Au Secours… ». La surdité et la cécité se font complices pour nous déverser caricatures, grossièretés et les mépris de l’histoire.
Pour ma part, cette forme de violence issue de ce type de discours méprisant pourrait (avec le racisme, les discriminations, les défaillances de l’état et la démission de certains parents) constituer l’une des probables causes du drame que nous vivons actuellement en France, pourquoi ? Parce qu’elle continue à mépriser les êtres et leurs histoires…Cette violence-là, est bien plus grave que les voitures brûlés, car elle plonge toute une génération dans la désespérance et le néant.

Mouedden Mohsin

Mohsin18mai2003@yahoo.fr

Acteur associatif belge,

(1) le livre noir du colonialisme, XVIe-XXIe siècle : de l'extermination à la repentance
sous la direction de Marc Ferro (Robert Laffont, janvier 2003, 845 pages, 29 €)
(2) Il s'engagera aux côtés de l'avocat Gilles-William Goldnagel (fondateur d'Avocats sans frontières, bis) dans un procès contre le journaliste de radio Daniel Mermet, accusé d'hostilité aux Juifs (il sera relaxé). Procès où témoigneront également à charge Alexandre Adler et Pierre-André Taguieff.
(3) http://hymne-national.ifrance.com/
(4) L’accession à la présidence du président François Mitterrand en 1981 avait pendant quelques mois permis à une partie de la population d’espérer un avenir meilleur…


 

 

Les penseurs idéologues de la France

Bruxelles, le 28 novembre 2005


Les penseurs idéologues de la France

Depuis de trop nombreuses années, les médias français ont fait une place de choix à des « spécialistes », « philosophes » ou « intellectuels » qui impriment de façon durable leurs pensées très marquées idéologiquement.

Ces « penseurs » ont globalement un ennemi commun, le « jeune » français (des banlieues…), « le musulman », « l’arabe » ou « l’africain» français ou non…
Bien sûr, leurs propos sont subtils, puérils et parfois ambigus, d’où la difficulté de décoder les propos énoncés…

Depuis le début du 21ème siècle, leurs propos se sont fait plus durs, plus simplistes…L’ennemi devenait plus visible… leurs explications souvent partiales ont comme objectifs d’inscrire les peurs et les différences (voir communautarisme) comme le danger du 21ème siècle…Pour cela, ils n’hésitent plus à criminaliser l’islam, les musulmans mais aussi, et c’est important, toutes les communautés, ethnies, politiques ou pensées qui ne s’alignent pas sur la leur (1).

Ces «penseurs » sont pour la plupart français et sionistes avec une « respectabilité » politique reconnue tant par la gauche, la droite et parfois l’extrême droite. Ils imposent un véritable terrorisme intellectuel…C’est une équipe qui se connaît depuis une trentaine d’années, qui est soudée et qui, dans un réflexe communautariste, décide de criminaliser telle ou telle personnalité qui ne « cadre » pas avec cette vision unilatérale… Le philosophe Tariq Ramadan (2), le journaliste Daniel Mermet, l’alter mondialiste José Bové, l’intellectuel Edgar Morin et tant d’autres se sont retrouvés dans leur collimateur avec parfois une campagne de dénigrement médiatique et politique d’une violence inouïe…
Pour se protéger d’un prétendu « racisme » envers ces communautés, ils n’hésitent pas à s’allier avec des français africains, arabes ou musulmans qui pour des raisons souvent opportunistes collaborent à ces cabales…

Ils se présentent aussi comme les défenseurs « chevaleresques » de « nos » valeurs « humanistes », « démocratiques », « laïcistes », « américaines » et « israéliennes »… Ils se placent comme les maîtres incontestés de la vérité absolue refoulant par là, le rationalisme qui leur est précieux. Pour créer l’épouvante, ils surfent sur les peurs et les craintes pour rallier l’opinion publique qu’ils pensent pencher dangereusement vers une vision trop tiers-mondiste pour lequel la plupart ont un profond mépris
.
Sans le dire, ils surfent sur le choc des civilisations. Intelligents, vendeurs, parfois riches, ils s’invitent sur les plateaux télé en impressionnant souvent leurs adversaires…Cependant depuis quelques années et phénomènes nouveaux, ils ont peur, ils constatent une très légère mutation qu’ils trouvent inacceptables…Chacun à sa place !

Les « sauvages » s’expriment et parfois très bien, les « sauvages » ou les « indigènes » militent, parlent, participent et revendiquent une citoyenneté pleine qui fait peur à cette élite de la pensée de la peur…Ces penseurs ex gauchisants devenus très droitiers avec (même si ils disent la combattre) en substance une vision typiquement néo-colonialiste…Si vous n’êtes pas d’accord avec moi, c’est forcément que vous êtes contre moi, l’Amérique, Israël et la démocratie…C’est une façon ingénieuse pour placer son adversaire dans une posture défensive (l’adversaire doit s’expliquer sur son « antisémitisme… »). Cette vision Bushienne est enrichie par une finesse et une subtilité que Bush lui-même méconnaît…

Pour ce faire ils utilisent presque à chaque émission la mémoire (qu’ils condamnent étonnement chez les autres, à croire que la traite négrière, l’esclavagisme, la colonisation, l’extinction des peuples amérindiens n’ont été qu’une péripétie de l’histoire, voir des « bienfaits » pour les peuples en question) en invoquant la Shoah et le fascisme. Ce dernier serait devenu « islamique » ou « religieux » représenté par une partie de la population française, de cette manière ils décrédibilisent toute opposition ou débat de fond. Leurs amnésies volontaires et leurs impostures oublient de leur faire dire, que le fascisme est une idéologie du national socialisme et donc pour faire simple (et non simpliste) non religieuse. Ils rappellent la souffrance de la communauté juive, l’instrumentalisant à merveille sans remords pour émouvoir et rallier…L’émotion est une arme qu’ils exploitent sachant que nous sommes dans l’ère de la communication et de la victimisation, le cinéma américain (et d’autres) nous l’ont remarquablement démontré…le soldat israélien devient un résistant face « au terroriste palestinien », « l’armée américaine devient une armée de libération pour les peuples oppressés »…

Ces « penseurs » savent que leur « temps » est limité, qu’ils devront faire place aussi à d’autres voix, opinions et visions qui ne sont pas forcément américanophiles (et américanophobes) ou sionistes mais basés sur le droit International et les valeurs démocratiques…Ils le savent, ils ont peur et lancent un pathétique baroud « d’honneur » communautariste fait de peur extrême, de criminalisation et de choc civilisationnel

Mohsin Mouedden,
Formateur à la citoyenneté.
Mohsin18mai2003@yahoo.fr

Notes :
1)
http://www.acrimed.org/article1894.html
« Les Verts, fervents complices du Front National » - « Les altermondialistes qui, « tôt ou tard » produiront un équivalent du « Protocole des Sages de Sion » - « Pierre Bourdieu et Dieudonné, héritiers de Mao Ze Dung et alliés de Ben Laden » - « Noam Chomsky, idéologue et négationniste »
Plus surprenant, le journaliste-acolyte de Finkielkraut remarque que les « antisémites démocrates et antiracistes » n’ont toujours pas été énumérés. C’est pourquoi, il le devance : « L’idéologie que vous dénoncez est portée en France par une galaxie qui se dit effectivement humaniste, antiraciste, universaliste, et qui compte, parmi d’autres, les amis de José Bové, Le Monde diplomatique, Attac, les Verts, l’extrême gauche... Une certaine gauche, en somme. »
2) Edgar Morin
http://www.ehess.fr/centres/cetsah/CV/morin.html
http://www.crif.org/index02.php?id=5161&menu=52&t...

Tariq Ramadan
www.tariqramadan.com
http://www.col.fr/article-350.html

Daniel Mermet
http://www.acrimed.org/article246.html
http://www.rsf.org/article.php3?id_article=2754

José Bové
http://www.humanite.presse.fr/journal/2002-04-03/2002-04-...

et tant d’autres…

20.11.2005

FINKELKRAUT, le penseur de la peur et des haines...

 

« Ils ne sont pas malheureux, ils sont musulmans ! » : Alain Finkielkraut, le "philosophe de la république" se lâche... dans la presse israélienne et avoue qu¹il a perdu son "combat"


Extraits d'un reportage de 6 pages dans le supplément hebdomadaire de Haaretz daté du 18 novembre, par Dror Mishani et Aurelia Samothraiz. Traduit de l¹hébreu par Michel Warschawski et Michèle Sibony. Titre sur la couverture du supplément sous la photo de A. Finkielkraut : «Vous les Israéliens, vous me comprenez. »
Ils ne sont pas malheureux, ils sont musulmans
Le philosophe juif Alain Finkielkraut, l'un des plus célèbres intellectuels français et porte drapeau de la guerre contre le nouvel antisémitisme ne peut pas entendre parler maintenant de racisme français, de pauvreté et d'exclusion. Qu'on le laisse tranquille avec ce discours mensonger. De son point de vue tout est clair, malgré tout ce que la France a fait pour eux les fils d'immigrés islamiques la haïssent. C'est comme çà dans leur culture. Et les belles âmes bourgeoises et les écoles ramollies les encouragent. Et la France s'en va au diable.
Les réponses de Finkielkraut ont visiblement étonné les journalistes qui l'ont interrogé à Paris. Ils signalent que « pourtant elles n'émanent pas du front national mais de la bouche d'un philosophe qu'on considérait autrefois comme l'un des porte parole de la gauche française, et l'un des philosophes qui ont mûri dans la révolte des étudiants de mai 68 » Ils précisent d'entrée de jeu que AF lors de ses réponses insiste et revient régulièrement sur le fait que « il ne peut plus dire (cela ) en France », « on ne peut pas dire çà en France » « il est peut être dangereux de dire çà en France ».
Sur les émeutes en France :
Question : Dans la presse française les émeutes dans les banlieues sont perçues surtout comme un problème économique, une réaction violente à une situation de pauvreté dure et de discrimination , alors qu'en Israël on a plutôt tendance à penser que l'origine de cette violence est religieuse ou du moins ethnique. C'est-à-dire à voir en elle un élément du combat islamique. Comment vous situez vous par rapport à ces différentes positions?
Réponse : En France on voudrait bien réduire les émeutes à leur niveau social. Voir en elles une révolte de jeunes de banlieues contre leur situation, la discrimination dont ils souffrent et contre le chômage. Le problème est que la plupart de ces jeunes sont noirs ou arabes et s'identifient à l'Islam. Il y a en effet en France d'autres émigrants en situation difficile, chinois, vietnamiens portugais, et ils ne participent pas aux émeutes. Il est donc clair qu'il s'agit d'une révolte à caractère ethnico-religieux.

Q. Et d'où vient-elle ? Est ce une réponse des Arabes et des Noirs au racisme dont ils sont victimes ?
R. Je ne le pense pas, parce que cette violence a été précédée de signes annonciateurs très préoccupants que l' on ne peut réduire à une simple réaction au racisme français. Prenons par exemple les événements qui ont accompagné il y a quelques années le match de football France-Algérie, ce match s'est déroulé à paris au stade de France, on nous dit que l'équipe de France est adorée par tous parce qu'elle est « black blanc beur », en fait aujourd'hui elle est black black black ce qui fait ricaner toute l 'Europe.
Si on fait une telle remarque en France on va en prison mais c'est quand même intéressant que l'équipe de France de football soit composée presque uniquement de joueurs noirs. Quoiqu'il en soit cette équipe est perçue comme le symbole d'une société multiethnique, ouverte etc... Le public dans le stade, des jeunes d'origine algérienne, ont hué pendant tout le match cette même équipe. Ils ont même hué la Marseillaise et le match a du être interrompu quand les jeunes ont envahi le terrain avec des drapeaux algériens.
Et il y a aussi les paroles des chansons de rap, des paroles très préoccupantes, de véritables appels à la révolte, je crois qu'il y en a un qui s'appelle docteur R qui chante « je pisse sur la France je pisse sur de Gaulle » etc... ce sont des déclarations très violentes de haine de la France. Toute cette haine et cette violence s'expriment maintenant
dans les émeutes, y voir une réponse au racisme français c'est être aveugle à une haine plus large : La haine de l'occident qui est responsable de tous les crimes. La France découvre cela aujourd'hui.

Q. Cela signifie d'après vous que ces émeutes ne sont pas orientées contre la France mais contre tout l'Occident ?
R. Non, elles sont orientées contre la France, comme ancienne puissance coloniale, contre la France, pays européen. Contre la France avec sa tradition chrétienne, ou judéo chrétienne.
(.../...)
Q. Est ce que vous pensez que la source de cette haine envers l'Occident parmi les français qui participent à ces émeutes est dans la religion , dans l'islam ?
R. sur ce sujet il faut être clair, c'est une question très difficile et il faut essayer de garder un langage de vérité. On a tendance à avoir peur du langage de vérité, pour des raisons « nobles ». On préfère dire « les jeunes » que « noirs » ou « arabes ». Mais on ne peut sacrifier la vérité quelques soient les nobles raisons. Il faut bien entendu éviter les
généralisations :
Il ne s'agit pas de tous les noirs et de tous les arabes, mais d'une partie des noirs et des arabes. Et évidemment la religion, non pas comme religion, mais comme ancre d'identité joue un rôle. La religion telle qu'elle apparaît sur internet et les chaînes de télévision arabes, sert d'ancre d'identification pour certains de ces jeunes. Contrairement
à d'autres, moi je n'ai pas parlé d'Intifada des banlieues, et je ne pense pas qu'il faille utiliser ce terme. J'ai pourtant découvert qu'eux aussi envoyaient en première ligne de la lutte les plus jeunes, et vous en Israël vous connaissez çà, on envoie devant les plus jeunes parce qu'on ne peut pas les mettre en prison lorsqu'ils sont arrêtés. Quoiqu'il en soit
ici il n'y a pas d'attentats et on se trouve à une autre étape : je pense qu'il s'agit de l'étape du pogrom anti républicain. Il y a des gens en France qui haïssent la France comme république.

Q. Mais alors pourquoi ? Pour quelle raison ?
R Pourquoi est ce que le monde arabo-musulman en partie du moins a déclaré la guerre à l'occident ? La république est la version française de l'Europe.
Eux et ceux qui les justifient disent que cela provient de la fracture coloniale. D'accord, mais il ne faut pas oublier que l'intégration des travailleurs arabes en France à l'époque du pouvoir colonial était beaucoup plus simple. C'est-à-dire que c'est une haine à retardement, une haine a posteriori. Nous sommes témoins d'une radicalisation islamique qu'il faut expliquer dans sa totalité avant d'arriver au cas français, d'une culture qui au lieu de s'occuper de ses propres problèmes recherche un coupable extérieur. Il est plus simple de trouver un coupable extérieur. Il est séduisant de se dire qu'en France tu es exclu et « donnez-moi ! donnez-moi !
Çà n'a jamais marché comme cela pour personne et çà ne peut pas marcher.

De l'école en France et des bienfaits du colonialisme
Aux États unis également nous sommes témoins de l'islamisation des noirs. C'est Louis Farrakhan en Amérique qui le premier a dit que les juifs ont joué un rôle central dans l'esclavagisme. Et le principal porte parole de cette théologie en France aujourd'hui c'est Dieudonné, c'est lui qui est aujourd'hui le vrai patron de l'antisémitisme en France, et non le front national.
Mais en France au lieu de combattre son discours on fait précisément ce qu'il demande : on change l'enseignement de l'histoire coloniale et de l'histoire de l'esclavage dans les écoles. On y enseigne aujourd'hui l'histoire coloniale comme une histoire uniquement négative.
On n'enseigne plus que le projet colonial voulait aussi éduquer, apporter la civilisation aux sauvages. On ne parle que des tentatives d'exploitation, de domination, et de pillage. Mais en fait qu'est ce que veut Dieudonné ? Il exige une « shoah » et pour les arabes et pour les noirs, mais si l'on met la shoah et l'esclavage sur le même plan alors on
est obligé de mentir, car ce n'était pas une shoah. Et ce n'était pas un crime contre l'humanité parce que ce n'était pas seulement un crime.
C'était quelque chose d'ambivalent.
Ainsi en est-il également de l'esclavage. Il a commencé bien avant l'Occident. En fait, la spécificité de l'Occident pour tout ce qui concerne l'esclavage c'est justement tout ce qui concerne son abolition. L'abolition de l'esclavage est une question européenne et américaine. Cette vérité là sur l'esclavage il est maintenant interdit de l'enseigner
dans les écoles.
C'est pourquoi tous ces événements là m'attristent beaucoup : non pas parce qu'ils se sont produits, après tout il fallait être aveugle et sourd pour ne pas voir qu'ils auraient lieu, mais à cause des explications qui les accompagnent. Elles sont un coup mortel à la France que j'ai aimée, et j'ai toujours dit que la vie deviendrait impossible pour les juifs de France quand la francophobie vaincrait, et c'est ce qui va se passer. Ce que j'ai dit maintenant les juifs le comprennent. Tout d'un coup ils regardent autour d'eux et voient tous les « bobos » qui chantent des louanges aux nouveaux « damnés de la terre » et se disent : qu'est ce que c'est que ce pays, que lui est il arrivé ?

Q. Puisqu'il s'agit selon vous d'une offensive islamique, comment expliquez vous que lors des derniers événements les juifs n'ont pas été attaqués ?
R. Premièrement on dit qu'une synagogue a été attaquée. Mais je pense que ce qu'on a vécu c'est un pogrom anti républicain. On nous dit que ces quartiers sont délaissés et que les gens sont dans la misère. Quel lien y a-t-il entre la misère et le désespoir et brûler des écoles ? Je pense qu'aucun juif ne ferait jamais çà. Ce qui unit les juifs - laïques,
religieux, de la Paix Maintenant ou partisans du grand Israël - c'est un mot, le mot schule (lieu d'étude)* c'est ce qui nous unit tous comme juifs.
Et j'ai été tout simplement scandalisé de ces actes qui se sont répétés et encore plus scandalisé par la compréhension qu'ils ont rencontré en France. On les a traités comme des révoltés comme des révolutionnaires. C'est la pire des choses qui pouvait arriver à mon pays et je suis très malheureux.
Pourquoi ?
Parce que le seul moyen de surmonter c'est de les obliger à avoir honte. La honte c'est le début de la morale. Mais au lieu de les pousser à avoir honte, on leur a donné une légitimité : ils sont « intéressants ». Ils sont « les damnés de la terre ». Imaginez un instant qu'ils soient blancs comme à Rostock en Allemagne on dirait immédiatement : le fascisme ne passera pas.
Un arabe qui incendie une école c'est une révolte, un blanc c'est du fascisme. Je suis daltonien : le mal est le mal, peu importe sa couleur. Et ce mal là pour le juif que je suis est totalement inacceptable.
Pire, il y a là une contradiction, car si effectivement ces banlieues étaient dans une situation de délaissement total, il n'y aurait pas de salles de sport à incendier, il n'y aurait pas d'écoles et d'autobus. S'il y a des gymnases des écoles et des autobus, c'est que quelqu'un a fait un effort. Peut-être insuffisant mais un effort quand même.

Q. Mais pourtant le taux de chômage dans les banlieues est insupportable, près de 40% des jeunes entre 15 et 25 ans n'ont aucune chance de trouver un travail ?
R. Revenons un moment à la schule. Lorsque les parents t'envoient à l'école, est-ce que c'est pour trouver un travail ? Moi on m'a envoyé à l'école pour apprendre. La culture et l'éducation ont une justification en elles même. Tu vas à l'école pour apprendre, c'est çà le but de l'école. Et ces gens qui détruisent des écoles, que disent-ils en fait ? leur message n'est pas un appel à l'aide ou une exigence de plus d'écoles ou de meilleures écoles, c'est la volonté de liquider les intermédiaires entre eux et les objets de leurs désirs. Et quels sont les objets de leurs désirs c'est simple : l'argent, les marques, et parfois des filles. C'est pourquoi il est certain que notre société a sa responsabilité, parce qu'ils veulent tout maintenant et ce qu'ils veulent c'est l'idéal de la société de consommation. C'est ce qu'ils voient à la télévision.
[schule : mot yiddish qui signifie école , désigne plutôt chez les juifs ashkénaze de France la synagogue, NDT]

Non à l'antiracisme
« Je suis né à paris et suis le fils d'immigrants polonais, mon père a été déporté de France, ses parents ont été déportés et assassinés à Auschwitz, mon père est rentré d'Auschwitz en France. Ce pays mérite notre haine. Ce qu'il a fait à mes parents était beaucoup plus brutal que ce qu'il a fait aux Africains. Qu'a-t-il fait aux Africains ? Il n'a fait que du bien. Mon père, il lui a fait vivre l'enfer pendant 5 ans. Et on ne m'a jamais enseigné la haine. Aujourd'hui la haine des noirs est encore plus forte que celle des arabes.

Q. Mais justement vous qui combattez le racisme antijuif affirmez que la discrimination et le racisme dont parlent ces jeunes n'existent pas en réalité ?
R. Bien sûr qu'il y a une discrimination. Et il y a certainement des Français racistes. Des Français qui n'aiment pas les arabes et les noirs. Et ils les aimeront encore moins maintenant quand ils prendront conscience de combien eux même les haïssent. C'est pourquoi cette discrimination va s'approfondir pour tout ce qui concerne le logement et aussi le travail.
Imaginez que vous gérez tous deux un restaurant et vous êtes antiracistes, vous pensez que tous les hommes sont égaux et en plus vous êtes juifs, c'est-à-dire que pour vous parler d'inégalité entre les race pose problème, et imaginez qu'un jeune des banlieues vienne demander un emploi de serveur, il a l'accent des banlieues, vous ne l'engagerez pas, c'est très simple.
Vous ne l'engagerez pas parce que c'est impossible. Il doit vous représenter, et ceci exige de la discipline de la politesse et une manière de parler. Et moi je peux vous dire que même des Français blancs qui copient aujourd'hui les codes de conduite des banlieues, et cela existe, se heurteront au même problème exactement. La seule manière de lutter conte la discrimination est de revenir aux exigences, une éducation sévère, c'est le seul moyen. Mais cela aussi il est interdit de le dire. Je ne le peux pas.
Ce sont des choses du bon sens auxquelles on préfère le mythe du « racisme français ». Ce n'est pas juste. Nous vivons aujourd'hui dans un environnement de « guerre permanente contre le racisme », et il faut étudier la nature de cet antiracisme. Tout à l'heure j'ai entendu à la radio quelqu'un qui s'opposait à la décision du ministre de l'intérieur Sarkozy d'expulser quiconque n'a pas la citoyenneté française a participé aux émeutes et a été arrêté. Et qu'a-t-il dit ? Qu'il s'agissait d'une «épuration ethnique ». J'ai combattu pendant la guerre de Yougoslavie contre l'épuration ethnique des musulmans en Bosnie. Aucune organisation musulmane française ne s'est jointe à nous, ils ne se sont réveillés que pour soutenir les Palestiniens.
Et maintenant on parle d'épuration ethnique ? Il n'y a pas eu un seul mort pendant ces émeutes, en fait si, il y en a eu deux mais c'était un accident. On ne les poursuivait pas mais ils se sont enfuis et cachés dans un transformateur électrique malgré les panneaux d'avertissement qui étaient énormes.
Mais je pense que l'idée généreuse de guerre contre le racisme se transforme petit à petit monstrueusement en une idéologie mensongère.
L'antiracisme sera au vingt et unième siècle ce qu'a été le communisme au vingtième.
Aujourd'hui les juifs sont attaqués au nom du discours antiraciste : la barrière de séparation, « sionisme égal racisme », la même chose en France. Il faut se garder de l'idéologie de l'antiracisme. Bien sûr il y a un problème de discrimination, il y a un réflexe xénophobe c'est vrai, mais présenter les événements comme une réaction au racisme est tout à fait mensonger, tout à fait mensonger.
Q. Que pensez-vous des moyens qu'utilise le gouvernement français pour mettre fin à la violence, l'état d'urgence, le couvre feu ?
R . Mais c'est tellement normal ! Ce que nous avons vécu est terrible. Il faut comprendre que ceux qui ont le moins de pouvoir dans la société sont les autorités, les gouvernants. C'est vrai ils sont responsables du maintien de l'ordre, et c'est important parce que sans eux il y aurait eu une autodéfense, et les gens auraient tiré. Alors ils maintiennent l'ordre et font cela avec une prudence extraordinaire, il faut les saluer pour cela.
En mai 68, il y avait un mouvement tout à fait innocent comparé à celui d'aujourd'hui et il y a eu une violence policière. Ici on jette des cocktails Molotov et on tire à balles réelles. Et il n'y a eu aucun cas de violence policière. (note des journalistes : depuis l'interview plusieurs policiers ont été arrêtés suspectés de violence) Il n'y a aucun
précédent.
Comment maintenir l'ordre ? Par des moyens dictés par le bon sens, que soit dit en passant 73% des français soutiennent d'après une enquête du journal le Parisien. Mais je pense qu'il est trop tard pour provoquer chez eux
la honte, parce que à la télévision, à la radio et dans les journaux, ou du moins dans la plupart d'entre eux, on présente aux émeutiers un miroir embellissant. Ce sont des gens « intéressants », on flatte leur souffrance et on comprend leur désespoir. En plus il y a la grande perversion du spectacle. On brûle des voitures pour qu'on puisse le voir à la télévision, cela leur permet de se sentir « importants » de sentir qu'ils vivent dans un quartier important, cette course après le spectacle doit être analysée, elle produit des effets tout à fait pervers. Et la perversion du spectacle est accompagnée de commentaires tout à fait pervers.

Si cela ne leur plaît pas qu'ils rentrent chez eux :
AF. On dit que le modèle républicain s'est effondré dans ces émeutes. Mais le modèle multiculturel ne va pas mieux. Ni en hollande ni en Angleterre. A Bradford et à Birmingham aussi ont eu lieu des émeutes sur fond racial. Deuxièmement l'école républicaine, le symbole du modèle républicain n'existe plus depuis longtemps. Je connais l'école républicaine j'y ai étudié. C'était une institution avec des exigences sévères, austère, assez antipathique, qui avait construit de hautes murailles pour se protéger du bruit de l'extérieur.
Trente années de réformes stupides ont changé ce paysage. L'école républicaine a été remplacée par « la communauté éducative », horizontale et non verticale, on a révisé à la baisse les programmes scolaires, le bruit
de l'extérieur est entré, la société est rentrée dans l'école. Ce qui signifie que ce que nous voyons aujourd'hui c'est en fait l'échec du modèle post-républicain « sympa ». Le problème avec ce modèle c'est qu'il se nourrit de ses propres échecs : chaque fiasco est une raison pour le rendre encore plus extrême. L'école sera encore plus « sympa ». En fait, face à ce que nous voyons, le minimum de ce que nous devons exiger c'est la sévérité et plus d'exigence. Sinon on aura bientôt des « cours de délinquance ».
Ceci est une évolution caractéristique de la démocratie. La démocratie comme processus ainsi que l'a bien montré Tocqueville, ne supporte pas l'horizontalité. En démocratie il est difficile de supporter des espaces non démocratiques. Tout doit être démocratique dans la démocratie. Mais l'école ne peut pas être ainsi. Elle ne le peut pas. L'asymétrie saute pourtant aux yeux : entre celui sait et celui qui ne sait pas, entre celui qui apporte avec lui un monde, et celui qui est nouveau dans ce monde. Le processus démocratique a provoqué une délégitimité de cette
asymétrie. C'est un phénomène général dans le monde occidental, mais en France il prend une forme plus pathétique, parce que l'une des caractéristiques de la France était son éducation sévère. La France a été construite autour de son école.
Q. Beaucoup de jeunes disent que le problème est qu'ils ne se sentent pas Français, que la France ne les traite pas comme des Français.
R. Le problème est qu'il faut qu'ils se considèrent eux même comme Français. Si les immigrants disent : « les Français » quand ils partent des blancs, alors on est perdu. Si leur identité se trouve ailleurs et ils sont en France par intérêt alors on est perdu. Je dois reconnaître que les juifs aussi commencent à utiliser cette _expression, je les entends dire « les Français » et je ne peux pas supporter çà. Je leur dis « si pour vous la France n'est qu'une question d'intérêt et votre identité est le judaïsme alors soyez cohérents avec vous-même vous avez Israël ». C'est effectivement un grand problème : nous vivons dans une société post nationale dans laquelle pour tout le monde l'État n'est qu'une question d'intérêt , une grande compagnie d'assurance, il s'agit là d'une évolution très grave.
Mais s'ils ont une carte d'identité française ils sont Français et s'il n'en ont pas ils ont le droit de s'en aller. Ils disent « je ne suis pas Français, je vis en France, et en plus ma situation économique est difficile. » Personne ne les retient de force ici, et c'est précisément là que se trouve le début du mensonge. Parce que s'ils étaient victimes de l'exclusion et de la pauvreté ils iraient ailleurs. Mais ils savent très bien que partout ailleurs, et en particulier dans les pays d'où ils
viennent, leur situation serait encore plus difficile pour tout ce qui concerne leurs droits et leurs chances.

Q. Mais le problème aujourd'hui est l'intégration dans la société française de jeunes gens et de jeunes filles de la troisième génération, et non d'une vague de nouveaux immigrants. Ils sont nés en France et ils n'ont nulle part ailleurs où aller.
R. Ce sentiment qu'ils ne sont pas Français ce n'est pas l'école qui le leur donne ; Il y a ici des écoles partout. En France comme vous le savez peut-être, on inscrit les enfants dans les écoles, même s'ils se trouvent illégalement dans le pays. Il y a ici quelque chose de surprenant de paradoxal. L'école pourrait très bien appeler la police puisque l'enfant se trouve en France illégalement, et malgré tout l'école ne prend pas en considération leur illégalité.
Il y a des écoles là-bas, et il y a des ordinateurs partout. C'est là que vient le moment où il faut faire un effort, et ceux qui font les émeutes ne sont pas prêts à faire cet effort. Jamais.
Prenez par exemple la langue, vous dites qu'ils sont d'une troisième génération, alors pourquoi est-ce qu'ils parlent le français comme ils le parlent. C'est un français égorgé, l'accent, les mots, la grammaire. C'est à cause de l'école ? A cause des profs. ?

Q. Puisque les arabes et les noirs apparemment n'ont pas l'intention de quitter la France, comment pensez-vous traiter le problème ?
R. Ce problème est le problème de tous les pays européens. En Hollande on est confronté à ce problème depuis l'assassinat de Theo Van Gogh. La question n'est pas quel est le meilleur modèle d'intégration, mais la possibilité même d'une intégration pour des gens qui vous haïssent.

Q. Et que va-t-il se passer en France ?
R. je ne sais pas je suis désespéré. A cause des émeutes et à cause de leur accompagnement médiatique. Ils vont se calmer, mais qu'est ce que çà veut dire ? Ce ne sera pas un retour au calme. Ce sera un retour à la violence habituelle.
Alors ils vont arrêter parce qu'il y a tout de même un couvre feu, et les étrangers ont peur, et les dealers veulent reprendre les affaires. Mais ils jouiront du soutien et de l'encouragement à leur violence antirépublicaine, par le biais du discours repoussant de l'autocritique sur leur esclavage et le colonialisme. C'est cela, ce n'est pas un retour au calme mais à la violence de routine.

Q. Alors votre conception du monde n'a aucune chance ?
R. Non. J'ai perdu. Pour tout ce qui concerne la lutte sur l'école, j'ai perdu. C'est intéressant, parce que quand je parle comme je parle beaucoup de gens sont d'accord avec moi. Beaucoup. Mais il y a quelque chose en France, une espèce de déni qui provient des « bobos » des sociologues et des assistants sociaux, et personne n'a le courage de dire autre chose. Ce combat est perdu, je suis resté en arrière.

 

http://toutesegaux.free.fr/article.php3?id_article=233

 
 

LA VOIX TRES DEVIEANTE D'ALAIN FINKELKRAUT DANS LE JOURNAL HAAREETZ


 

LE Monde

23.11.05


 

On voudrait réduire les émeutes des banlieues à leur dimension sociale, y voir une révolte de jeunes contre la discrimination et le chômage. Le problème est que la plupart sont noirs ou arabes, avec une identité musulmane. En France, il y a d'autres émigrants en situation difficile. Ils ne participent pas aux émeutes. Il est clair que nous avons affaire à une révolte à caractère ethnico-religieux." Tel est le point de vue du philosophe Alain Finkielkraut, qu'il développe dans une longue interview au quotidien israélien Haaretz du 18 novembre.

 

Le journal le présente comme "une voix très déviante, d'abord parce que ces propos ne sortent pas de la bouche de Jean-Marie Le Pen". La crise des cités est-elle une réaction au racisme dont sont victimes les Arabes et les Noirs ?, lui demande le quotidien. "Je ne le pense pas, répond le philosophe. (...) On nous dit que l'équipe de France est admirée parce qu'elle est black-blanc-beur. (...) En fait, aujourd'hui, elle est black-black-black, ce qui fait ricaner toute l'Europe." Voir dans les émeutes "une réponse au racisme français, c'est être aveugle à une haine plus large : celle de l'Occident" qui anime, selon lui, les jeunes banlieusards.

"On a peur du langage de vérité. Pour des raisons nobles, on préfère dire "jeunes" que "noirs" ou "arabes", dit-il. "Je n'ai pas parlé d'intifada des banlieues. J'ai pourtant découvert qu'eux aussi envoient en première ligne les plus jeunes. Vous, en Israël, connaissez cela : on envoie les jeunes devant parce qu'on ne peut pas les mettre en prison.(...) Il s'agit d'un pogrom antirépublicain : il y a en France des gens qui haïssent la République."

Pour quelle raison ? "Eux et ceux qui les justifient disent que cela provient de la fracture coloniale", répond M. Finkielkraut. "Le principal porte-parole de cette théologie, c'est Dieudonné, qui est le vrai patron de l'antisémitisme, et non le Front national. Mais au lieu de combattre son discours, on fait précisément ce qu'il demande : on change l'enseignement de l'histoire coloniale et de l'esclavage. Désormais, on enseigne qu'ils furent uniquement négatifs, et non que le projet colonial entendait éduquer et amener la culture aux sauvages." Rappelant que son père fut déporté de France à Auschwitz, il ajoute : " Qu'a fait ce pays aux Africains ? Que du bien. A mon père, il a fait subir cinq ans d'enfer. Pourtant, je n'ai jamais été éduqué dans la haine. Or celle des Noirs (contre la France) est pire encore que celle des Arabes."

Les journalistes notent que beaucoup d'enfants d'immigrés ne se sentent pas respectés comme français. Réponse : "Ils disent : "Je ne suis pas français, je vis en France et en plus ma situation économique est difficile." Mais personne ne les retient ici de force." Quant aux motivations des jeunes des cités, elles n'ont aucun lien avec l'emploi, selon lui. Que veulent-ils ? "C'est simple : l'argent, les marques et, parfois, les filles." Certes, reconnaît-il, "il existe des Français racistes, qui n'aiment pas les Arabes et les Noirs". "Ils les aimeront encore moins en prenant conscience de combien ceux-ci les haïssent (...) Imaginons que vous gérez un restaurant. Un jeune vous demande un emploi. Il a l'accent des banlieues. C'est simple : vous ne l'engagerez pas, c'est impossible." Voilà, se désole-t-il, "des propos de bon sens", mais, dans la France actuelle, "on leur préfère le mythe du "racisme français"". Et de conclure : "L'antiracisme sera au XXIe siècle ce que fut le communisme au XXe."

Sylvain Cypel
DROIT DE REPONSE ADRESSE AU JOURNAL LE SOIR
Réactions critiques suite à l’interview de Monsieur Finkelkraut au sein du journal le Soir du mardi 15 novembre 2005, page 20 « A bout portant », propos recueillis par William Bourton.

 

 

Texte envoyé aux médias belges et français, aux acteurs associatifs et politiques.

 

Je me permets de vous exprimer de manière critique et sincère quelques observations suite à l’interview  du philosophe français Alain Finkelkraut au sein du journal belge le Soir, du mardi 15 novembre 2005 (www.lesoir.be) .

 

Monsieur Finkelkraut est coutumier du fait, il ne parle jamais ou rarement des causes profondes de ce mal être,  l’amont disparaît pour ne faire place qu’aux conséquences…
Cette façon de faire décrédibilise fortement notre interlocuteur… comment porter un regard si critique sur les conséquences tout en oubliant de traiter les causes ?

 

Pour caricaturer son discours, le philosophe se sert d’un événement ou d’une communauté particulière, il grossit les incivilités que nous condamnons tous (les violences, le refus de participer à certains cours d’histoire ou brûler des voitures…) pour les généraliser à l’excès. De cette façon il disqualifie les revendications. La surdité du philosophe est presque égale à la haine qui pourrait battre dans le cœur de certains jeunes désespérés, voire des vandales.

 

Le philosophe reste dans une posture figée qui ne progresse nullement, c’est une forme de mépris et de rejet des réalités vécues dans les banlieues. Il simplifie également l’histoire, concernant l’esclavage, la traite négrière ou la colonisation. Cette non reconnaissance à enseigner des réalités certes dures mais réelles ne participe-t-elle pas à mépriser les français mais pire encore l’histoire, notre histoire commune ? (1). Y a t’-il des crimes et abominations à enseigner et d’autres à rejeter ?
Dernièrement, le gouvernement français a reconnu les « bienfaits » de la colonisation. Cette histoire coloniale « positive » qui devra bientôt être enseignée dans les écoles n’a suscité à ma connaissance aucune réaction, à part celle des professeurs et historiens de ce pays. Cette posture n’est pas acceptable, elle emprisonne définitivement l’histoire pour effacer de nos mémoires collectives des crimes contre l’humanité clairement établis.

 

Monsieur le philosophe qui manie l’art de la critique et  fait preuve de rationalisme ne se pose nullement la question de savoir pourquoi certains étudiants protestent par rapport à une vision historique tronquée et insultante comme le prouve à raison, la promulgation de la loi du 23 février 2005 signée par le Président français Jacques Chirac. Le philosophe désire-t-il faire de nos étudiants des décérébrés ?   Est-ce cela l’esprit des lumières ? Justement en tant que rationaliste, ne doit-il pas être ravi que les cours d’histoire posent débats ? Que les étudiants interpellent leurs professeurs ? La critique doit-elle s’effacer au sein des écoles républicaines et des banlieues ?  Ce paradoxe français m’interpelle.

 

Le désir de communautariser (le « eux » et le « nous ») démontre soit une méconnaissance profonde (ce qui ne doit pas être le cas) soit, c’est une façon délibéré de susciter encore plus la polémique pour noircir et réduire des revendications légitimes à la haine…
Il affirme : « allons nous intégrer la haine ? » Ces propos pour ma part sont d’une dangerosité extrême. Le français d’origine x ou y est sournoisement assimilé à la haine…Ces revendications (lutter contre les racismes, les discriminations, les logements délabrés…) sont écartés, minimisés…

 

Le philosophe ne mène t’-il pas un combat idéologique et politique ? Fidèle à lui-même et à ses idéaux il imprime en France une pensée résolument liée à des combats idéologiques douteux (2)

 

Lors du match de football France – Algérie, des « supporters » ont hué la marseillaise car se sentant peut-être exclus des valeurs républicaines (3) (la Marseillaise, soit dit en passant n’est nullement un appel à la fraternité…l’Abbé Pierre demande même que certains propos soient retirés, allons nous traiter ce dernier de délinquant ou d’islamiste ?)…Les médias avaient fait les gros titres sur ces huées…Lors du dernier match Israël – France pour la coupe du monde en Allemagne, des sifflets et huées accompagnèrent la marseillaise en Israël sans offusquer les intellectuels, le politique et les médias… Ces hués légitimes ou non, n’ont pas fait la Une des médias.
Ce traitement différencié de nombreux médias donne parfois raison aux jeunes des banlieues, aux français d’origine x ou y,  il y a bien parfois un traitement inégalitaire et partial…

 

Pour terminer sa diatribe, le philosophe ne nous propose AUCUNE piste, à part l’ordre « républicain » à rétablir d’urgence. Pour bien enfoncer le clou, il termine par cette phrase éloquente :
 « Mais la vie, c’est la violence diffuse : les professeurs agressés dans les écoles, les élèves rackettés, les murs tagués, les boîtes aux lettres incendiées… C’est ça la vie de tous les jours »

 

Le philosophe donne un point de vue peut-être sincère mais qui n’entend ni les Appels, ni les revendications, ni les nombreux acteurs associatifs qui depuis 1981 (4) ne cessent tout en s’épuisant d’appeler « Au Secours… ». La surdité et la cécité se font complices pour nous déverser caricatures, grossièretés  et les mépris de l’histoire.
Pour ma part, cette forme de violence issue de ce type de discours méprisant pourrait (avec le racisme, les discriminations, les défaillances de l’état et la démission de certains parents) constituer l’une des probables causes du drame que nous vivons actuellement en France, pourquoi ? Parce qu’elle continue à mépriser les êtres et leurs histoires…Cette violence-là, est bien plus grave que les voitures brûlés, car elle plonge toute une génération dans la désespérance et le néant.

 

Mouedden Mohsin

 

 

Acteur associatif belge,

 

(1)     le livre noir du colonialisme, XVIe-XXIe siècle : de l'extermination à la repentance
sous la direction de Marc Ferro (Robert Laffont, janvier 2003, 845 pages, 29 €)
(2)     Il s'engagera aux côtés de l'avocat Gilles-William Goldnagel (fondateur d'Avocats sans frontières, bis) dans un procès contre le journaliste de radio Daniel Mermet, accusé d'hostilité aux Juifs (il sera relaxé). Procès où témoigneront également à charge Alexandre Adler et Pierre-André Taguieff.
(4)     L’accession à la présidence du président François Mitterrand en 1981 avait pendant quelques mois permis à une partie de la population d’espérer un avenir meilleur…

Point de vue

LE MONDE | 21.11.05 | 15h22

Les feux de la haine, par André Glucksmann


Brûler des véhicules vides est un délit. Enflammer des bus pleins, vider sous les passagers des bidons d'essence et craquer une allumette est un crime. Faut-il être philosophe pour distinguer les violences contre les choses et la terreur contre les personnes ? Un seuil a été franchi. Voici venue l'heure du nihilisme. Il prend au sérieux un slogan jusqu'alors fantaisiste : "Nique tout !" OAS_AD('Middle');

Les cas de cruauté ne soulèvent aucun sentiment d'horreur ni de répulsion chez les insurgés. Eux qui déplorent à juste titre le sort de deux jeunes électrocutés n'ont pas un mot, pas un regard pour les victimes et les morts qu'ils font. Comme si le cap du respect humain une fois franchi, la lutte à mort devenait règle.
Un incendie nihiliste n'épargne pas les incendiaires. C'est leurs quartiers qu'ils brûlent, les voitures de leurs voisins ou de leurs parents, les jardins d'enfants et les écoles de leurs frères et soeurs qu'ils saccagent. Ils font table rase de ce qui permet d'améliorer la vie, de se distraire, de communiquer ou trouver un emploi. Croit-on que les pyromanes ne s'aperçoivent pas qu'ils travaillent contre eux-mêmes ? S'acharneraient-ils par simple inadvertance à transformer en enfer des conditions de vie déjà difficiles ? Si les incendiaires ne sont pas des bombes humaines (ils prennent soin de leur sécurité corporelle), ils sont déjà socialement et existentiellement suicidaires et se construisent un avenir de décombres. "No future."
Haine de soi, haine des autres, haine du monde naviguent de conserve. En terrorisant l'entourage à coups de cocktails Molotov, en transformant les conduites de gaz en torchères, en oeuvrant à la destruction générale ("Ce soir, ce sera Bagdad" à Clichy-sous-Bois), on s'affirme. "Je brûle, donc je suis." Tout mouvement de contestation violente est en proie à ces tentations terroristes. Mais celles-ci triomphent quand la haine prend les commandes, quand les incendiaires définissent leur "force" par leur capacité de nuire, et elle seule. Dans les flammes qui dévorent le lieu de leur naissance, ils mirent leur puissance et fêtent l'assomption de leur virilité.
Comment désigner ces jeunes et moins jeunes incendiaires ? Un gosse de 10 ans lave la voiture familiale, c'est la Fête des pères. Il tombe sous une balle perdue. Sur les lieux du crime, le ministre de l'intérieur propose de nettoyer la cité "au Kärcher". Autre drame à Argenteuil, il parle de "racaille". Que n'a-t-il pas dit ! L'opposition se déchaîne, c'est normal. La presse aussi, ce qui l'est moins. Pour éviter de regarder le mal en face, on fait de la sémantique : le ministre aurait injurié l'ensemble des cités ! Quand les émeutes éclatent, le gouvernement enfonce le clou, pas mécontent de tenir un mouton noir responsable du chaos. Passons sur les intrigues très fin de règne.
Peut-on ou non user du terme "racaille" et d'autres quolibets non moins dépréciatifs ? Faut-il s'abstenir de toute stigmatisation des incendiaires sous prétexte que des innocents pourraient se sentir visés ? Le sacro-saint souci de ne pas susciter d'"amalgame" fait justement l'amalgame. Il suppose impossible de séparer le bon grain de l'ivraie, donc de distinguer la minorité de l'ensemble. La belle âme compatissante interdit de nommer un chat un chat et un incendiaire de véhicules habités un assassin potentiel. On confond ceux qui brûlent et ceux qui s'y refusent. On prend la partie pour le tout.
Les Trissotins moralisateurs ne veulent pas froisser les incendiaires, ainsi entament-ils une bataille grotesque sur les mots pour contourner la cruauté des faits. Certains, qui reprochent "racaille", écrivent quelques lignes plus loin : "barbares", "sauvages" ou "voyous". Le politique regrette les termes "discriminants" et se réfugie dans le vocabulaire homologué : "délinquants". Tant pis pour la présomption d'innocence. Voilà l'émeutier coupable avant d'être jugé. La confusion atteint des sommets dans le vocabulaire neutre : les "jeunes" incendient, les "jeunes" tirent à balles réelles, pour conclure : les jeunes sont en colère. Les incendiaires sont jeunes (sans guillemets) parmi les jeunes, jeunes comme tous les jeunes. Pour éviter l'amalgame, on le chauffe à blanc ? Il faut juger chacun sur ses actes et non sur sa génération ou son origine ethnique. Jeune ou vieux, un voyou qui terrorise est un voyou. Le discriminant infamant refuse de confondre classe d'âge ou lieu d'habitation et comportement criminel. Le dernier mot est à Diziz la Peste, le célèbre rappeur : "Asperger d'essence un handicapé, c'est parce que t'as un malaise ou t'as pas de boulot ? Non, t'es qu'une *****, c'est tout !"
Pourquoi euphémiser des actes délictueux ? Serait-ce par crainte de reconnaître en eux un peu de nous-mêmes ? Le diagnostic tombe tous azimuts : échec de l'intégration. Et si c'était exactement le contraire ? Les immigrés de première génération ne mettaient pas le feu à leurs bidonvilles autrement sordides. Leurs enfants sont français et se conduisent en Français, y compris quand, avec d'autres Français "de souche", ils ont l'allumette facile. Ils ne sont pas, ce qu'on leur fait croire par racisme compassionnel, les damnés de la terre. L'embrasement des banlieues est l'indice d'une intégration aboutie : tout dépend de comment et à quoi on s'intègre.
Quand les experts auscultent les "échecs" des "modèles" français ou américain, ils mesurent une dure réalité à l'aune d'une intégration idéale qui n'a lieu nulle part. On rêve d'absorber des éléments extérieurs en les diluant dans une communauté nationale harmonieuse et pacifiée. Tel ne fut jamais le cas. Les immigrants s'intégraient dans la douleur et dans le drame, lorsque les conflits qui divisaient la France devenaient les leurs. Les immigrants n'entraient pas dans une cité consensuelle et paradisiaque, mais toujours divisée. Ils se révélaient français à part entière en prenant parti pour un camp contre un autre, quitte à se faire agonir comme "étrangers".
En France comme aux Etats-Unis, l'intégration est contestatrice et conflictuelle. Si nul ne met en doute la "francité" des paysans qui font valoir leur volonté sans hésiter sur la violence des moyens, il faut reconnaître une vertu proprement française aux cocktails Molotov des banlieues.
C'est en France que les incendiaires nihilistes apprennent qu'être fort, c'est nuire. Plus tu casses, plus tu comptes. La France, de droite comme de gauche, gagnerait à se contempler dans le miroir que lui tendent les boutefeux.
Qui prétend gouverner l'Europe en toute minorité, quitte à déclarer aux pays qui s'émancipent de leur maître russe qu'ils n'ont qu'un droit, c'est celui de se taire ? Qui vote à 55 % contre l'Europe et mêle son bulletin avec ceux des extrêmes et des racistes ? Qui prend le risque de démolir cinquante années d'efforts ? Qui se dit prêt à faire capoter l'OMC et se moque, au nom de nos 2 % de paysans, de l'immense misère africaine ? La diplomatie française se comporte dans les rapports internationaux comme s'il s'agissait de purs rapports de nuisance. Hier elle est au mieux avec Saddam, aujourd'hui avec Poutine. Elle traite à l'occasion de "résistants" les égorgeurs de Bagdad.
Pareille option nihiliste exerce ses ravages à l'intérieur. Les exemples de chantage abondent. Les zones de non-droit font tâche d'huile dans la France d'en haut comme dans celle d'en bas. Nos banlieues sont tout à fait françaises. Trop facile de stigmatiser l'étranger. Les incendiaires sont bien de chez nous. Ils sont citoyens d'un pays où soufflent des vents de haine.

 

 

 

 
RACISME  

Finkielkraut, les "noirs"
et les "arabes"


NOUVELOBS.COM | 23.11.05 | 19:40

Alain Finkielkraut. Interrogé dans le journal israélien Haaretz sur les violences urbaines en France, le philosophe s'en prend vivement aux "noirs", aux "Arabes" et à l'islam. Il ajoute que l'équipe de nationale "black-black-black" de football est la risée de l'Europe.

 

 
La Une du Haaretz Magazine
 
I nvité à s'exprimer sur les émeutes urbaines, l'écrivain et philosophe français Alain Finkielkraut a livré, samedi 19 novembre, au journal israélien Haaretz, une interview pour le moins surprenante, digne, selon les journalistes, d'un dirigeant d'extrême droite, dans laquelle il s'en prend vivement aux "noirs", aux "Arabes" et à l'islam.
Ces propos pourtant "ne sortent pas de la bouche d'un membre du Front national de Jean-Marie Le Pen mais de l'un des plus éminents anciens porte-parole de la gauche française", tiennent à préciser les journalistes d'Haaretz en prélude à l'interview. Selon eux, Alain Finkielkraut aurait à plusieurs reprises précisé, lors de l'entrevue, qui s'est déroulée à Paris, qu'"il est impossible, peut-être même dangereux de dire ces choses aujourd'hui en France".

"Black-black-black"

Le philosophe s'en prend notamment, et vivement, aux jeunes musulmans des banlieues.

 

"En France, on a tendance à réduire ces émeutes à leur dimension sociale, de les voir comme une révolte des jeunes des banlieues contre leur situation (…)", affirme l'éditorialiste. "Le problème, c'est que la plupart de ces jeunes sont des noirs ou des Arabes avec une identité musulmane." Selon lui, la preuve en est que, "en France, il y a également d'autres immigrants en situation difficile -Chinois, Vietnamiens, Portugais- et ils ne prennent pas part aux émeutes. Donc, il est clair qu'il s'agit d'une révolte avec un caractère ethnico-religieux".
"Serait-ce la réponse des Arabes et des noirs au racisme dont ils sont victimes ?", s'interroge-t-il tout de même, avant de se répondre : "Je ne le crois pas, parce que cette violence a eu des signes précurseurs très inquiétants". L'écrivain en veut pour preuve le match France-Algérie de football, en octobre 2001, au cours duquel des jeunes avaient sifflé La Marseillaise. "Les gens disent que l'équipe nationale française est admirée par tous parce qu'elle est "black-blanc-beur". En réalité, l'équipe nationale est aujourd'hui "black-black-black", ce qui en fait la risée de toute l'Europe."

"Un pogrom anti-républicain"

Alain Finkielkraut explique par ailleurs que, "sur ce sujet, il faut être clair". "On a tendance à avoir peur du langage de vérité, pour des raisons 'nobles'. On préfère dire 'les jeunes' que 'noirs' ou 'Arabes'. Mais on ne peut sacrifier la vérité, quelles que soient les nobles raisons. Il faut bien entendu éviter les généralisations: Il ne s’agit pas de tous les noirs et de tous les Arabes, mais d’une partie des noirs et des Arabes."
S'il précise ne pas avoir employé le terme "Intifada" pour désigner les violences urbaines, l'écrivain a "pourtant découvert qu’eux aussi envoyaient en première ligne de la lutte les plus jeunes, et vous en Israël vous connaissez ça, on envoie devant les plus jeunes parce qu’on ne peut pas les mettre en prison lorsqu’