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31.07.2005

MALCOM X

Malcolm x :



" De Washington, ils font subir les mêmes formes d’oppression brutale aux peuples à peau sombre du Vietnam du Nord et du Sud, ou du Congo, ou de Cuba, ou de tout autre pays du monde qu’ils s’efforcent d’exploiter et d’opprimer. Le gouvernement de cette société n’hésite pas à faire subir aux peuples à peau sombre du monde entier les châtiments les plus féroces et l’oppression la plus brutale. Voyez ce qui se passe en ce moment même à Saigon, à Hanoi, au Congo et ailleurs. Ils recourent à la violence lorsque leurs intérêts sont en jeu. Mais en dépit de tout ce déploiement de violence sur le plan international, on attend de vous et de moi que nous soyons non violents lorsque nous ne demandons qu’un petit peu de liberté. "

" Je ne crois en aucune forme de racisme "

A l’heure actuelle, avant de m’engager dans quoi que ce soit, je dois faire connaître clairement ma position. Elle est simple : je ne suis partisan d’aucune forme de racisme. Je ne crois en aucune forme de racisme. Je ne crois en aucune forme de discrimination ou de ségrégation. Je crois en l’Islam. Je suis musulman et je pense qu’il n’y a rien de mal à cela, qu’il n’y a rien de mauvais dans la religion islamique. Elle nous enseigne seulement à croire en Allah, notre Dieu. Ceux d’entre vous qui sont chrétiens croient sans doute au même Dieu car je pense que vous croyez au Dieu créateur de l’univers. C’est en ce Dieu que nous croyons, en le créateur de l’univers - la seule différence tient à ce que vous l’appelez Dieu tandis que nous l’appelons Allah. Les juifs l’appellent Jéhovah. Si vous compreniez l’hébreu, vous l’ appelleriez sans doute Jéhovah, vous aussi. Si vous compreniez l’Arabe, vous l’appelleriez sans doute Allah. Mais puisque l’homme blanc, votre ami, vous a, du temps de l’esclavage, dépouillés de votre langue, la seule langue que vous sachiez parler est la sienne. Vous connaissez la langue de votre ami, si bien que, lorsqu’il vous passe la corde au cou, vous invoquez Dieu, tandis qu’il invoque Dieu. Et vous vous demandez pourquoi celui que vous invoquez ne vous répond jamais ...

Elijah Muhammad nous avait enseigné que l’homme blanc n’était pas autorisé à pénétrer dans La Mecque et nous tous, qui le suivions, nous le croyions ... Quand je suis allé en Arabie et que je me suis rendu à La Mecque, et que j’ai vu ces gens, blonds, les yeux bleus, la peau claire, et tout et tout, j’ai dit : « Bon » , mais je les ai regardés de prés. Et j’ai remarqué que, s’ils étaient blancs et se disaient tels, il y avait toutefois une différence entre eux et ceux d’ici. Voici cette différence essentielle : en Asie, dans le monde arabe, en Afrique, là où il se trouve des musulmans, si vous en rencontrez un qui se déclare blanc, il ne fait qu’utiliser un adjectif pour décrire l’une de ses caractéristiques accessoires, rien de plus : il est blanc.

Mais quand le blanc des Etats-Unis vous dit qu’il est blanc, il entend autre chose par là. Ecoutez le ton qu’il prend : pour lui, se dire blanc, c’est se déclarer le patron. C’est vrai, c’est ce que « blanc » veut dire dans cette langue-ci. Vous connaissez l’expression « libre, blanc et majeur » ; elle est de lui. Il vous fait savoir par là que blanc signifie - libre et maître.

Il est là-haut, et lorsqu’il dit qu’il est blanc, le ton de sa voix change un peu. Je sais que vous me comprenez ...

Quoique j’aie constaté que l’Islam est une religion de fraternité, j’ai dû également affronter la réalité. Il a fallu retrouver cette société américaine qui ne pratique pas la fraternité. Je vis dans une société qui pourrait prôner la fraternité le dimanche mais ne la pratique pas un seul jour de la semaine. La société américaine ne connaît pas la fraternité. Elle est essentiellement dominée par les racistes et les ségrégationnistes qui détiennent à Washington des postes dirigeants. De Washington, ils font subir les mêmes formes d’oppression brutale aux peuples à peau sombre du Vietnam du Nord et du Sud, ou du Congo, ou de Cuba, ou de tout autre pays du monde qu’ils s’efforcent d’exploiter et d’opprimer. Le gouvernement de cette société n’hésite pas à faire subir aux peuples à peau sombre du monde entier les châtiments les plus féroces et l’oppression la plus brutale. Voyez ce qui se passe en ce moment même à Saigon, à Hanoi, au Congo et ailleurs. Ils recourent à la violence lorsque leurs intérêts sont en jeu. Mais en dépit de tout ce déploiement de violence sur le plan international, on attend de vous et de moi que nous soyons non violents lorsque nous ne demandons qu’un petit peu de liberté. Ils sont violents en Corée, violents en Allemagne, violents dans le Sud du Pacifique, violents à Cuba, violents partout où ils vont. Mais lorsqu’il s’agit pour nous de nous protéger des lyncheurs, voilà qu’ils nous disent d’être non violents.

C’est une honte. Car on nous gagne à la non-violence par ruse, et lorsqu’il en est un qui se dresse et parle comme je viens de faire, ils disent : « Mais, c’est un partisan de la violence. » N’est-ce pas ce qu’ils disent ? Chaque fois que vous ouvrez votre journal, vous constatez que l’un de ces machins-là y écrit que je suis partisan de la violence. Je n’ai jamais été partisan de quelque forme de violence que ce soit. J’ai seulement dit que les noirs, victimes des violences organisées que perpètrent à nos dépens le Klan, les Citizens Councils et de nombreuses autres organisations du même acabit, que les noirs doivent se défendre. Quand je dis que nous devons nous défendre contre la violence d’autrui, ils usent habilement de leur presse pour faire croire au monde que j’appelle à la violence, un point c’est tout. Je n’appellerais personne à la violence sans motif. Mais je pense que les noirs de ce pays auront plus de raisons que tout autre peuple au monde de se dresser pour leur propre défense, quitte à briser autant d’échines et à casser autant de têtes qu’il faudra. [...]

Je ne crois pas en la violence, c’est pourquoi je veux y mettre fin. Vous ne parviendrez pas à y mettre fin au moyen de l’amour, de l’amour des choses d’ici-bas. Non ! Tout ce que nous demandons, c’est une vigoureuse action auto défensive que nous nous sentons en droit de susciter par n’importe quel moyen.

Ce genre de propos nous vaut d’être traités par la presse de racistes et de gens « violents à rebours ». C’est comme ça qu’ils vous rendent cinglés. Ils vous font croire que si vous essayez d’empêcher le Klan de vous lyncher, vous pratiquez la violence à rebours. Suivez-moi bien : j’en entends parmi vous un grand nombre qui répètent comme des perroquets les propos de « l’homme ». Vous dites : « je ne veux pas imiter à rebours les hommes du Ku-Klux-Klan. » Eh bien, si un criminel armé d’un fusil vient rôder autour de votre maison, mon frère, pour cette unique raison qu’il a un fusil, et qu’il cambriole votre maison, ce voleur, si vous saisissez votre fusil pour le chasser de chez vous, cela ne fait pas de vous un voleur. Mais non, « l’homme » use sur vous d’une astucieuse forme de logique. Je le déclare, il est temps que les noirs s’unissent pour mener ensemble l’action nécessaire pour leur arracher leurs cagoules, afin qu’ils cessent de faire peur aux nôtres. C’est tout. Lorsque nous disons cela, leur presse nous traite de « racistes à rebours ». « Ne combattez que dans le respect des règles fondamentales établies par ceux contre lesquels vous luttez. » C’est de la folie, mais cela montre comment ils font. En manipulant habilement la presse, ils parviennent à faire prendre la victime pour le criminel et le criminel pour la victime. [...]

Une des astuces dont ils usent pour nous faire cette réputation de criminels consiste à prendre des statistiques et à les faire ingurgiter au public, et, en particulier au public blanc, par l’intermédiaire de la presse. Car le public blanc n’est pas seulement composé de gens mal intentionnés : il compte aussi des gens bien intentionnés. Quoi qu’il se prépare à faire, le gouvernement, à tous les niveaux, veut toujours avoir l’opinion pour lui. Au niveau local, ils publient dans leur presse des statistiques qui montrent à l’opinion que le taux de criminalité est considérable dans notre communauté ; c’est ainsi qu’ils nous font une réputation : à force de voir la presse mettre l’accent sur ce haut niveau de la criminalité, les gens finissent par considérer la communauté noire comme une communauté de criminels.

Alors, quiconque appartient à la communauté noire peut être interpellé dans la rue : « Haut les mains ! », et vous voilà au tapis. Vous aurez beau être un Oncle Tom, docteur, avocat, prêtre ou que sais-je encore : quelle que soit votre situation professionnelle, vous constaterez que l’on s’en prend à vous tout aussi bien qu’à l’homme de la rue. Tout simplement parce que vous êtes noir et que vous vivez dans une communauté noire que l’on a présentée comme une communauté de criminels. En acceptant de vous voir sous ce jour, l’opinion fraie la voie à ceux qui veulent soumettre la communauté à un régime policier - on peut recourir à toutes les violences imaginables pour réprimer les noirs, puisque, de toutes façons, ce sont des criminels. Qui nous a fait cette réputation ? C’est, encore une fois, la presse, qui s’est laissé utiliser dans ce sens par le pouvoir ou par ses éléments racistes. [...]

Vous savez bien, vous-mêmes, qu’il fut un temps où nous haïssions tout ce qui en nous était africain. Nous haïssions nos têtes, la forme de notre nez ; nous voulions avoir ce nez, vous savez, en bec de colombe ; nous haïssions la couleur de notre peau et le sang africain qui coulait dans nos veines. A force de haïr nos traits, notre peau, notre sang, eh bien, nous devions finir par nous haïr nous-mêmes. Et nous nous haïssions nous mêmes. Notre couleur devenait pour nous une chaîne - nous sentions qu’elle était une entrave à nos mouvements ; notre couleur devenait pour nous une sorte de prison dans laquelle nous nous sentions reclus et qui nous empêchait d’aller où bon nous semblait. Nous sentions que toutes ces restrictions étaient uniquement fondées sur notre couleur ; tant que nous nous sentirions emprisonnés, enchaînés, pris au piège par notre peau, nos traits et notre sang de noirs, notre réaction psychologique devait automatiquement consister à prendre en haine cette peau, ces traits et ce sang qui étaient pour nous des entraves. Et nous les prenions en haine.

Dans ces conditions, nous nous sentions inférieurs, incompétents et désemparés. Lorsque ce sentiment s’emparait de nous, nous chargions quelqu’un d’autre de nous montrer la voie ; nous ne faisions pas confiance pour cela à un autre noir ni à d’autres noirs. En ce temps-là, nous ne leur faisions pas confiance. Nous pensions qu’un noir était tout juste bon à jouer d’un instrument à vent - oui, à produire des sons, à vous réjouir de quelques chansons, et autres activités du même genre. Mais pour les affaires sérieuses, lorsqu’il y allait de notre nourriture, de notre habillement, de nos toits, et de notre éducation, c’est à « l’homme » que nous nous adressions. Jamais nous ne songions à obtenir ce que nous voulions par nos propres moyens, jamais nous ne concevions l’action à mener comme notre propre affaire. Parce que nous nous sentions désemparés. Ce sentiment provenait de la haine que nous avions de nous-mêmes. Et cette haine elle-même découlait de notre haine pour tout ce qui était africain ... [...]

Si le mouvement Black Muslim s’est développé, c’est, entre autres raisons, parce qu’il mettait l’accent sur tout ce qui était africain. C’est en cela que réside le secret de son succès. Sang africain, ascendance africaine, culture africaine, attaches africaines. Et - voilà qui vous surprendra - nous nous sommes aperçus que, dans les profondeurs de son subconscient, le noir de ce pays est encore plus africain qu’il n’est américain. Il s’imagine être plus américain qu’africain, parce que « l’homme » le trompe, lui lave le cerveau chaque jour. L’ « homme » lui dit et lui répète : « Vous êtes américain ». Mais mon vieux, comment pouvez-vous vous prendre pour un Américain, alors que jamais vous n’avez été traité en Américain dans ce pays ? Jamais vous ne l’avez été, jamais. Supposons que dix hommes soient à table, en train de dîner, et que j’entre et aille m’asseoir à leur table. Ils mangent ; mais devant moi il y a une assiette vide. Le fait que nous soyons tous assis à la même table suffit-il à faire de nous tous des dîneurs ? Je ne dîne pas tant qu’on ne me laisse pas prendre ma part du repas. Il ne suffit pas d’être assis à la même table que les dîneurs pour dîner : voilà ce que vous devez vous mettre dans la tête, noirs de ce pays.

Il ne suffit pas de vivre dans ce pays pour être américain. Il en faut davantage pour le devenir. Vous devez goûter les fruits de l’américanisme. Ce ne sont pas ses fruits, mais ses épines que vous avez goûtées. Des chardons, oui, mais des fruits, non pas. Pour avoir ces fruits, vous avez combattu plus âprement que l’homme blanc, mais votre lutte vous a moins rapporté. Lorsqu’ils vous ont fait endosser l’uniforme et qu’ils vous ont envoyés à l’étranger, vous avez mis plus d’ardeur qu’eux à vous battre. Mais oui, je vous connais bien - pour eux, vous savez vous battre. [...]

Pour conclure, je tiens à dire que jusqu’à présent l’administration a usé d’une méthode astucieuse qui consiste à faire semblant de chercher à résoudre le problème, alors que ce n’est pas cela qu’ils cherchent. Ils se sont attaqués aux conséquences, mais jamais à la cause. Ils ne nous ont fait que des concessions symboliques. Le symbolisme ne profite qu’à un très petit nombre d’entre nous ; il ne profite jamais aux masses. Or, ce sont les masses qui ont un problème, pas les membres de la minorité. Celui qui bénéficie du symbolisme ne tient de toute façon pas à nous côtoyer - et c’est pourquoi il s’attache au symbole [...]

Je le répète, je ne suis pas raciste. Je ne crois en aucune forme de ségrégation. Je suis partisan de la fraternité à l’égard de tout le monde, mais je ne crois pas qu’il faille imposer la fraternité à des gens qui n’en veulent pas. Pratiquons-la entre nous, et si d’autres veulent la pratiquer à notre égard, nous accepterons de leur rendre la pareille. Mais je ne pense pas que nous devions chercher à aimer qui ne nous aime pas.

MALCOLM X, le 14 février 1965

Sur le mariage interracial et l’Etat noir

Pierre BERTON : Avant de quitter Elijah Muhammad, de vous rendre à La Mecque et de voir le monde islamique tel qu’il est, vous croyiez à la nécessité d’une ségrégation totale entre blancs et noirs. Vous étiez opposé à l’intégration et au mariage interracial. Avez-vous changé d’opinion sur ce point ?

MALCOLM : je crois qu’il faut reconnaître tout être humain en tant qu’être humain, sans chercher à savoir s’il est blanc, noir, basané ou rouge ; lorsqu’on envisage l’humanité comme une seule famille, il ne peut être question d’intégration ni de mariage interracial : c’est tout simplement un être humain qui en épouse un autre et qui vit avec lui.

Toutefois, je dois le dire, je ne pense pas que ce soit à un noir qu’il faille demander de défendre son point de vue, parce que c’est l’homme blanc, à titre collectif, qui s’est montré hostile à l’intégration, au mariage interracial et à tout ce qui nous rapproche de l’unité.

C’est pourquoi, en tant que noir et surtout en tant que noir des Etats-Unis, je ne pense pas avoir à défendre un point de vue que je soutenais auparavant, car il constitue lui aussi une réaction à la société, une réaction produite par la société ; à mon sens, c’est à la société qui a produit le point de vue qu’il faut s’en prendre, et non pas à la réaction à laquelle en viennent les victimes de cette société négative.

BEETON : Mais vous ne croyez plus en l’Etat noir ?

MALCOLM : Non.

BERTON : Vous ne croyez plus à l’Etat noir en Amérique du Nord ?

MALCOLM : Non, je crois en une société dans laquelle les hommes puissent mener une vie d’êtres humains sur un pied d’égalité.

Interview du Pierre Berton Show, le 19 janvier 1965.





<LI>Discours de Malcolm X et entretiens extraits de "MALCOLM X, LE POUVOIR NOIR" aux éditions La Découverte





[1] William E.B. Du Bois, dans Les âmes du peuple noir

[2] Pour Du Bois, le Voile représente sa couleur de peau, celle qui le coupe du monde exterieur, qui fait de lui un problème

 

 

 

Regards sur les juifs, les homosexuels et les femmes...

Regards d’un européen musulman sur les  juifs, les homosexuels et les femmes.

 

Depuis les années 90, la communauté musulmane européenne (et du monde) est appelée à épurer l’islam de ses penchants ou textes dits « rétrogrades ». En soi, vivre son aggiornamento (1) comme le firent les catholiques après la Renaissance et ce jusqu’à l’établissement de la laïcité et des démocraties classiques.

 

En France et partout en Europe, l’idée que les musulmans (basée avant tout sur une minorité de jeunes marginaux parfois loin de l’islam) sont des antisémites convaincus a fait son petit bout de chemin (2). Il y a peu c’était l’extrême droite ou le milieu aristocratique qui l’était.
Idem pour l’homosexualité, trop souvent on présente les musulmans comme des homophobes pathologiques…
Pour terminer enfin, le dossier qui a la plus mauvaise cote est encore le rôle de la femme et la discrimination qui lui est faite par les musulmans et l’islam.
Pour entamer une analyse de ces 3 récriminations renvoyées comme un leitmotiv aux musulmans croyants, il faut d’abord prendre un peu de recul et rappeler l’histoire, car cette dernière peut nous apprendre beaucoup sur notre présent et futur.

 

L’Occident (comme d’autres d’ailleurs) a de tout temps imposé sa vision et ses valeurs…cela remonte au temps des croisades, en passant par la colonisation et ce jusqu’à nos jours… Il est important de ne pas oublier que l’un des objectifs de la colonisation européenne (à part le pillage des richesses et le dépeçage du pays) était de civiliser les barbares indigènes et de les faire adhérer en masse à ses valeurs « humanistes » et « démocratiques ».

 

Ce que l’Occident parvint non sans mal à réaliser avec les indigènes, notamment les amérindiens du Nord et du Sud, les africains sub-sahariens, en Océanie et dans certaines parties de l’Asie du sud-est… l’Occident ne parvint par contre nullement à le réaliser avec les musulmans. Son idéologie civilisatrice
faite d’évangélisation et de laïcisme a échoué.

 

Ce fut pour l’Occident un revers inattendu car ils firent beaucoup pour imposer leurs valeurs en se servant des juifs maghrébins ou arabisés, de certaines communautés berbères (Kabyles ou autres), d’opportunistes arabes et beaucoup plus tard de femmes…

 

La colonisation est encore aujourd’hui vu par certains pays européens comme un « bienfait », le président français Jacques Chirac déjà le 11 novembre 1996 lors d’une allocation tenait ces propos :
« Plus de trente ans après le retour en métropole de ces Français [d’Algérie], il convient de rappeler l’importance et la richesse de l’oeuvre que la France a accomplie là-bas et dont elle est fière. » (2B)
Cette affirmation que l’on pouvait qualifier de « maladroite » est aujourd’hui 9 ans plus tard, inscrite et avalisée par le gouvernement français, puisque le 23 février 2005, une loi a été votée par la grande majorité de nos démocrates gouvernants. L’article 4 de ce texte est ainsi rédigé : « Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, et accordent à l’histoire et aux sacrifices des combattants de l’armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit. » Des dispositions voisines existent également pour « les programmes de recherche universitaire ».
La France n’est pas la seule dans ce cas, la Belgique a toujours des difficultés à reconnaître le crime contre l’humanité qu’elle perpétra au Congo avec notamment l’assassinat de Patrice Lumumba.
-1-

 

L’Allemagne quant à lui dés le début du 20ème siècle commis son premier génocide en massacrant la communauté des Hereros en Namibie… (2C).
L’objectif était non seulement de diviser pour régner, mais plus encore… l’Occident savait que sans l’acceptation de ses valeurs, nulle indigène ne serait véritablement «civilisée» et encore moins « asservi ». Car ne l’oublions pas, la civilisation ne devait nullement vous donner une citoyenneté pleine, mais vous aliéner pour mieux vous asservir. Cette subtilité est encore de mise à l’heure actuelle.
L’islam devenait donc une religion de résistance considérée comme dangereuse, intégriste et extrémiste parce que justement, elle restait le ciment de la résistance contre l’invasion occidentale et la colonisation. D’ailleurs tout algérien qui désirait sous la colonisation française adopter la nationalité française devait au préalable renoncer  à l’islam et à ses valeurs. (2D)

 

Nous voyons depuis peu, le retour à la mode en Europe et aux Etats-Unis de la culture amérindienne ou aborigène. Cette mode sympathique ne se réalise qu’une fois qu’une civilisation millénaire ai été soumise et anéantie à jamais… Si l’islam avait été anéanti, nulle doute qu’au cœur de l’Europe, des européens non musulmans se retrouveraient parfois en tenue arabe ou musulmane, organisant des joutes poétiques sympathiques présentant le musulman comme des lettrés et des savants humanistes… L’occidental parfois a une attitude paradoxale…hier l’amérindien ou l’aborigène, il y a peu le juif et aujourd’hui, à qui le tour ?  

 

Aujourd’hui justement rien n’a beaucoup changé, sauf la forme et la manière qui ont profondément évoluée … La charte de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme fondée par le colonisateur (les pays fondateur étaient tous ou presque des colons) et l’Amérique de la ségrégation « raciale » (à l’époque les pendaisons et les crimes étaient légions, les amérindiens étaient mis sous et dans les « réserves », profondément maltraités) et des crimes contre l’humanité de Hiroshima et Nagasaki (Le 6 août 1945,  250.000 civils japonais innocents furent au nom de la liberté, carbonisés) a atténué les désirs d’une imposition de son idéal par la force et les armes (cependant l’exemple américain en Irak démontre le contraire).
Nous pouvons à l’évidence en lisant la presse occidentale et en écoutant le citoyen ou certains politiques se dire que tout compte fait, la situation d’aujourd’hui participe à cette emprise civilisatrice de l’Occident sur l’esprit des musulmans.
Aujourd’hui affirmer que les démocraties sont à l’origine des plus grands crimes de l’histoire de l’humanité fait de vous un anti-démocrate ou pire un «terroriste »…

 

Pourtant les faits, les chiffres et les morts sont là, jonchés par notre histoire calamiteuse, histoire que nous travestissons, que nous maquillons par nos concepts creux et hypocrites, hier « guerre contre les barbares et les indigènes» ou « guerre pour la civilisation », aujourd’hui « guerre contre le terrorisme » ou « l’islamisme »… Vous le constatez rien n’a profondément changé… à part peut-être le fait que les moyens mis à la disposition des gouvernements (médias, outils de propagandes, appels aux publicitaires et aux manipulations psychologique, utilisation des termes et concepts lights tels les « dégâts collatéraux »…) sont devenus beaucoup plus professionnels, plus importants. (3)

 

Cependant pour remettre les pendules à l’heure, il faut aussi reconnaître que l’Occident a permis au monde ( ?) de rentrer dans le siècle de la modernité sur divers plans (toutes les grandes découvertes techniques, la rechercher, la médecine, l’assainissement du politique, l’ouverture démocratique, la liberté d’expression…) et a permis l’installation d’un projet de société « humaniste » basé sur le « droit » et la « justice ».
-2-

 

JUIFS

 

Pour revenir à la situation d’aujourd’hui et des relations « tendues » entre juifs et musulmans, il faut non sans mal avouer que sur la question de l’antisémitisme, il y a parfois certains jeunes qui excédés par une occupation Israélienne illégitime, condamnée par les Nations Unies (3B) arrivent à perpétrer des actes antisémites marginaux inqualifiables.
On oublie aussi de rappeler que non seulement une partie des musulmans sont sémites (4) mais plus encore, une partie des juifs n’est pas sémite…(5) l’instrumentalisation d’un vocable à maintes reprises répété finit par convaincre l’opinion publique qu’antisémitisme, c’est le mal qui est fait au juif uniquement !!! (6)
Les spécialistes de tous poils et surtout sionistes (qui crieront déjà à l’antisémitisme) mettront en évidence à juste titre que ce terme a une historicité propre. Une historicité propre n’équivaut nullement à gommer, effacer et jeter aux oubliettes les centaines de millions d’arabes et autres qui sont sémites.
Si l’histoire s’est trompée sur ce terme (et c’est le cas !!!) en le présentant comme uniquement « juif », il est temps aujourd’hui de rectifier le tir et de corriger cette faute qui profite malheureusement encore trop souvent aux sionistes et aux amis du grand Israël.

 

L’autre critique adressée aux musulmans est d’être par nature « antisémite », oubliant l’histoire des relations judéo-musulmanes (7). Chez les musulmans, jamais ô grand jamais, les juifs n’ont connu d’Auschwitz, de Treblinka, le goulag ou Dachau… Que du contraire, les juifs ont toujours eu un statut de protégé (Dhimmi) qui en payant une taxe supplémentaire faisait de ces citoyens et dés les premiers temps de l’islam, des citoyens protégés, avec néanmoins moins de droits que les musulmans et parfois même des discriminations. Pour faire une comparaison avec l’Europe ou l’Occident du Moyen-âge à la fin de la seconde guerre mondiale, les juifs à de rares périodes ont souvent connu des pogroms et crimes contre l’humanité.
Le génocide juif commis non seulement par les nazis, mais aussi par une bonne partie de l’Europe profondément judéophobe (France de Vichy, l’Espagne Franquiste, Mussolini mais aussi dans chaque pays européen, une classe politique résolument judéophobe…) fut l’aboutissement de plusieurs siècles de haine et d’injustice envers un peuple dit « frère » mais qui en réalité est honni depuis le début du christianisme et le prétendu «déicide » (8)

 

Ce n’est que vers la fin des années 40 avec la création d’Israël (stratégie politique européenne pour rejeter les juifs hors d’Europe et de créer au cœur du monde musulman, un foyer juif afin de dédommager ces derniers pour les atrocités commises) que l’Europe changera radicalement sa politique pour, cette fois-ci, soutenir Israël, quitte à  violer les Conventions internationales et les résolutions des Nations Unies… La culpabilité européenne n’a pas de prix et Israël tout en instrumentalisant la Shoah, peut à souhait violer toutes les conventions sans que l’Europe des Droits de l’Homme, de l’humanisme et des philosophes des Lumières ne viennent rappeler à Israël que la loi et le droit s’applique à tous.

 

Le chantage à l’antisémitisme est d’ailleurs devenu un fléau, toute critique d’Israël et de sa politique est considéré comme « antisémite » (9), ce vocable instrumentalisé par les sionistes terrifie littéralement toute la classe politique européenne… Ce chantage odieux pousse bien évidemment certains jeunes parfois loin de l’islam à se faire justice eux-mêmes…Sourds face aux puissants…humiliés et méprisés, certains jeunes versent dans le simplisme, cependant la raison première de ces agissements condamnables sont la politique criminelle d’Israël et le silence assourdissant et ignominieux des politiques européennes.
-3-

 

L’islam et les musulmans ne sont pas antisémites ou judéophobes, l’histoire le prouve à souhait
Ces généralités sont de facto stupides et profondément injustes, car ils amalgament un peuple, une communauté de foi.
Un autre fait m’a fait réagir, c’est le traitement médiatique qui est réalisé lorsque les juifs sont insultés. Autant il est intolérable d’entendre « sale juif » ou « mort aux juifs », autant les cris de « sale arabe », « morts aux arabes » passent inaperçus.
Au sein  des manifestations juives pour Israël à Paris (centre du sionisme d’extrême droite) ou autres, nous pouvons entendre un racisme anti-arabe aberrant… ce racisme n’est pas considéré comme odieux et n’est nullement repris dans les rédactions. Alors que ce traitement de l’information à géométrie variable est en soi raciste, car il élève un peuple au profit de l’autre.
Ce racisme de l’information est lui-même générateur de racisme !!!
Un autre fait troublant, est la liberté des milices violentes  (Bétar, la ligue juive de Défense…) sionistes d’extrêmes droites en France qui agissent parfois dans l’impunité totale. (10)

 

En islam, tout mal fait à un citoyen au nom de sa judaïté ou de tout autre religion est déjà considéré comme un crime contre l’humanité.  En islam, la pluralité est synonyme de richesse.

 

“...Si Dieu l’avait voulu, il aurait fait de vous une seule communauté. Mais il a voulu vous éprouver par le don qu’il vous a fait. Cherchez à vous surpasser les uns les autres dans les bonnes actions. Votre retour, à tous, se fera vers Dieu ; il vous éclairera, alors, au sujet de vos différends.” (Al-Mâ’idah – verset V 48)

 

Vous pouvez le constater… si effectivement, certains musulmans peuvent être judéophobes par ignorance ou haine, ils sont une minorité. Une minorité montée en épingle par les médias pour faire penser aux citoyens, que les musulmans par nature sont  des « antisémites ». Enfin pour terminer et clore ce dossier antisémitisme, il faut encore rappeler que l’islam reconnaît les bienfaits des prophètes du judaïsme et du christianisme, ce qui n’est  le cas ni des juifs, ni des chrétiens, ceci n’est pas une critique, mais un constat.

 

Homosexualité

 

La seconde récrimination est récente, puisque cela ne fait que depuis une quinzaine d’années que l’Union Européenne a retiré l’homosexualité des maladies (11). Même si le mouvement gay a commencé son militantisme visible vers la fin des années 60, les homosexuels encore dans les années 80 subissaient toutes sortes de vexations et de discrimination.
Il y avait bien l’un ou l’autre artiste « marginal » qui servait de locomotive, mais globalement il a fallu attendre le début des années 90 pour que le mouvement gay en Europe puisse jouir de reconnaissance et d’une « pleine citoyenneté ». Aujourd’hui, au Danemark, en Norvège et Suède, au Pays-Bas, en Belgique, en Espagne et au Canada, les gays peuvent contracter un mariage et parfois même espérer l’adoption, même si elle reste exceptionnelle.
L’islam comme le christianisme et le judaïsme sont pour une cellule familial classique. Au sein de ces trois religions monothéistes, la notion de la famille est l’un des ciments de la foi. C’est la raison principale du rejet de l’homosexualité par ces trois religions (12). L’islam lui aussi partage cette vision. Les musulmans aujourd’hui sont parfois jugés « musulmans modernes » ou « intégristes » de par leurs positions envers l’homosexualité (et non l’homosexuel). Ce jugement de valeur n’est pas acceptable, la véritable pluralité d’opinion n’est pas d’imposer un terrorisme intellectuel, mais d’accepter la position de l’autre, même si nous pensons qu’elle est archaïque.
-4-
Cependant au sein même du monde musulman, les homosexuels sont présents et plutôt acceptés, sans excentricités (à part l’Iran, l’Arabie Saoudite et quelques rares autres pays…). Il suffit de visiter certains sites spécialisés pour se rendre compte que dans certains pays arabes, les gays occidentaux font plus du tourisme sexuel que du tourisme culturel…
L’homosexualité fait aussi partie de la culture arabe (mais non musulmane), si elle est rarement mise sur la place publique, il y a une forme d’acceptation et d’hypocrisie. L’histoire du monde arabo-islamique l’atteste.
Ce désir de pousser les musulmans à accepter l’homosexualité comme un bienfait, se fait aussi via des  gays qui se revendiquent musulmans.
Très actifs, ils oeuvrent souvent dans la politique ou le monde associatif. Ces militants sont discrets mais travaillent en profondeur pour une acceptation totale de l’homosexualité chez les musulmans en  Europe et dans une moindre mesure dans les pays musulmans. (13)

 

FEMMES

 

Le dernier dossier à être un boulet pour les musulmans (et non l’islam) et la place de la femme…
La situation des femmes dans le monde arabo-musulman est indigne, cependant on oublie de dire que la situation de l’homme musulman n’est pas des plus saine… lorsqu’on parle d’analphabétisme ou du chômage, les hommes sont presque aussi touchés que les femmes.
La situation du monde arabo-islamique est telle (dictatures, corruptions…) que les citoyens de ces différents pays ne peuvent que vivrent des grandes souffrances…
Ces injustices ne sont pas dû à l’islam, mais à un trop peu d’islam ainsi qu’à une manipulation par les pouvoirs des textes coraniques pour légitimer leurs despotismes.
Là où il y a une injustice avérée concernant uniquement « les femmes » c’est dans la lecture que font parfois certains musulmans sur les versets ayant trait à la femme. L’islam offre des nombreuses possibilités d’épanouissement pour la femme (instruction, activités professionnelles, éducation…), malheureusement certains musulmans instrumentalisent encore trop souvent l’islam en sortant certains versets dit ambiguë de leurs contextes pour amoindrir le rôle de la femme. (13B)

 

Cette situation dramatique est tout à fait inadmissible et anti-islamique. Les violences sexuelles qui sont faites aux femmes dans certains pays « musulmans » concernant par exemple l’excision est intolérable et n’a aucun fondement religieux…Ce mélange de religion et de rites pré-islamiques est une des causes profondes de la faiblesse et de la décadence des musulmans.
Cette « jahilia » (ignorance) est la principale source de nos maux… Les musulmans devront re-faire un travail de lecture véritable, en préservant la justesse et la justice pour tous mais particulièrement pour les nécessiteux et défavorisés (pauvres, femmes, non musulmans, enfants, étrangers, personnes âgées…). Cette éducation du cœur ainsi que l’instruction seront l’une des pistes pour faire des citoyens musulmans, des êtres forts, dynamiques et profondément  justes.
Malgré ce déficit terrible, les femmes partout se prennent en charge et veulent obtenir leurs droits. Nous voyons depuis une dizaine d’années apparaître un féminisme musulman dans beaucoup de pays musulmans. (14)
Ce féminisme là, n’est pas accepté par les féministes européennes, qui elles aussi désirent imposer leurs valeurs et jugements…Cela prouve que l’objectif des féministes européennes (et une partie du monde politique occidental) n’est pas d’aider la femme musulmane à acquérir plus de liberté et de dignité tout en préservant sa foi, mais d’abord de la faire adhérer à ses valeurs laïcistes et «humanistes ». Raison du nombre de soutien incroyablement élevé par les ONG européennes (et le politique) en faveur de toute création d’association féministe se rapprochant de la laïcité.

 

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Le dossier du voile en France, mais aussi en Belgique montre à suffisance que le désir de beaucoup de personnes est de désislamiser la femme, cela passe par le rejet du foulard dans
l’espace scolaire et professionnel. Les reportages démontrant l’aliénation prétendue de ces femmes sont assez effarants. Les campagnes françaises anti-voile indignes (et la commission Stasi) démontrent à suffisance ce désir de combattre l’islam des croyants (et non des couscous et danseuses du ventre).

 

L’occident sait aussi que la femme est le maillon faible par lequel il pourra s’introduire pour insuffler aux sociétés musulmanes, son idéologie. La députée libérale hollandaise d’origine Somalienne, Ayaan Hirsi Ali, qui a rejeté l’islam en insultant ce dernier d’être la cause de l’enfermement et de l’exploitation des femmes ou l’Iranienne Charvott Darvan qui compare le voile au port de l’étoile jaune par les juifs sous le régime nazi, dénotent d’une profonde bêtise humaine et instrumentalisation de l’islam pour des objectifs peu louables (gravir les échelons politiques, booster les ventes, se faire apprécier par la haute société…)
Il est très difficile, quasi impossible aujourd’hui, pour un européen musulman de cœur et de conviction de faire de la politique sans arriver à renier l’islam ou une partie de sa foi.

 

Etre moderne et libre, c’est rejeter l’islam et les croyances religieuses de manière générale, tel est le désir aujourd’hui du monde politique d’épurer tout rappel religieux au sein de notre Occident…
Cette amnésie de rayer les religions de notre continent en devient presque pathologique… 
Les ex-musulmans devenus athés (Malek Boutih, secrétaire au PS français, la députée libérale hollandaise, l’écrivaine iranienne, Salman Rushdie, l’écrivain britannique) le savent et jouent à un jeu très dangereux, avalisé et soutenus par nos démocrates, ravis de trouver des êtres condamnant et honnissant l’islam. Rejeter l’islam car il ne me convient pas est un droit légitime, en faire une incitation à la haine, car c’est vendeur ou politiquement à la mode est non seulement indigne, injuste, mais risque à long terme de mener notre continent vers des tensions qui n’ont pas lieu d’être.
La critique de l’islam doit se faire et les non musulmans doivent questionner et interpeller les musulmans, cependant trop souvent, le débat est d’avance biaisé par nos jugements de valeurs et nos islamophobies pathologiques.
Pourquoi d’ailleurs mener une lutte contre les musulmans, lorsqu’on peut se servir d’ex-musulmans assoiffés de pouvoir et de reconnaissance ?

 

L’Occident a besoin de ces ex-musulmanes qui pour lui sont les garants des combats futurs à mener contre les croyantes. De cette façon aussi, l’occident se protège de certaines accusations de racismes provenant des musulmans de cœur et de conviction.
Ce désir d’épurer l’islam véritable de la sphère publique nous rappelle les heures les plus sombres de notre histoire.
Ce n’est plus un jugement de valeur, c’est une véritable offensive psychique, mentale et intellectuelle envers toute musulmane et musulman.

 

Ces terrorismes intellectuels servent à culpabiliser les musulmans. Cette façon de faire fonctionne sur les esprits sensibles ou face à des identités broyées qui finissent après un matraquage télévisé extraordinaire à croire que tout compte fait l’islam et les musulmans sont bien un problème.

 

Aux musulmanes d’affirmer leurs droits (le droit s’arrache, il ne se donne pas !!!) en mettant en avant le droit et la loi. La création des mouvements féministes en Europe et dans le monde islamique prouve qu’un mouvement silencieux tend à voir le jour et à faire de la femme musulmane, l’avenir du monde arabo-musulman.
-6-

 

La femme musulmane est l’avenir de l’homme et de l’islam, ce n’est qu’à ce prix, que les musulmans avec plus d’islam, pourront renouer avec une société basée sur la justice pour tous.

 

Pour clore ce chapitre, rappelons que la situation de la femme en Occident n’est pas si angélique… La femme européenne (comme partout dans le monde) est parfois exploitée, humiliée et subit souvent des violences physiques (15). La première cause de mortalité chez la femme en Espagne est la violence conjugale… Une campagne nationale a vu le jour en France suite aux violences faites à ces dernières. Dirons nous que le responsable de la mort de ces femmes espagnols et la laïcité ou le christianisme ?

 

OBJECTIFS
 
L’objectif de ces politiques offensives est de laïciser (et non de démocratiser) le monde musulman.
La démocratisation du monde islamique n’interpelle que peu de monde en Occident. Une démocratie musulmane ne servira pas spécialement les intérêts des puissances occidentales… les européens le savent. Les intérêts économiques primes sur tout autre considération.

 

L’objectif principal (à part l’aspect économique) est d’installer définitivement la laïcité… Après cette dernière on passera de facto à l’athéisation de la société musulmane, comme en Europe.

 

L’islam deviendra ainsi une « culture » à la place du culte.
Ce n’est pas du prosélytisme de bas étage… mais une véritable entreprise de laïcisation prosélyte qui passera par certains acteurs du cru, sensibles aux sirènes et mirages occidentaux.
Ce néo-colonialisme, car il s’agit de cela, peut-il venir à bout du monde islamique ? Les musulmans tomberont-ils dans les sirènes du monde occidental, car sous les sunlights et l’emballage du produit, se cache souvent une réalité beaucoup moins drôle
C’est le challenge qui attend les musulmans tout au long de ce 21ème siècle… vivre en harmonie avec sa foi au 21ème siècle pour tirer la société vers la justice, la paix, l’abondance et la modernité ou rejeter sa foi et adopter les us et coutumes occidentales pour se penser moderne et être dans la mode, le mode laïc et athée du 21ème siècle

 

 

 

CONCLUSION

 

Les musulmans sont dans une situation difficile, car si aujourd’hui ces derniers connaissent autant de difficultés, c’est avant tout en grandes parties dû à leurs faiblesses, divisions et anarchismes chroniques.
Les premiers responsables ne sont ni l’Union Européenne, ni l’Amérique ou Israël (a souvent servi de justificatif pour les despotes arabes et « musulmans » pour cloisonner la société), mais le monde musulman.
N’oublions pas aussi l’ignorance et la méconnaissance de l’islam et de ses valeurs. Cette faiblesse est de la responsabilité première des musulmans… ce n’est pas l’Occident qui est puissant, c’est le monde islamique qui est trop faible, économiquement, politiquement, culturellement…
Raison principale pour combattre la posture victimisante de nombre de musulmans sans pour autant négliger le rôle parfois néfaste de nos démocraties.

 

-7-
L’islam est une religion de paix, mais avant d’être une religion de paix, elle est une religion de justice. Aucun système ne peut vivre avec la paix sans la justice.

 

Le monde peut vivre avec ses différences qui sont une richesse… évangéliser, islamiser ou manipuler n’est rendre service ni aux hommes, ni aux femmes et encore moins à notre bonne vieille terre qui supporte nos frasques et nos enfantillages criminels depuis trop longtemps.

 

Respecter l’autre, c’est partager, dialoguer sans préjugés.
Ce chemin de la sagesse n’est encore atteint par aucun des peuples de notre belle planète… peut-être des quelques dizaines de milliers de citoyens à travers le monde dont quelques centaines d’amérindiens ou d’aborigènes qui eux continuent à survivrent en connaissant le poids de l’histoire et l’apport de la « civilisation » à leurs déchéances…

 

Juger c’est déjà condamner… imposer, c’est violenter, vivre avec l’autre malgré ses différences, c’est le vrai défi du 21ème siècle… Ce défi là, sera le plus difficile de notre histoire commune, mais parions sur l’avenir pour ne faire du musulman, de l’occidental, de l’athée ou du juif, qu’une grande, belle et vaste famille appelée obligatoirement à partager, à se respecter et à apprendre à vivre ensemble dans la justice.
« Le vivre ensemble » n’est pas un concept creux, ou la vision du dominant sur le dominé, « le vivre ensemble » basé sur la justice, doit devenir une réalité pour faire de notre monde, un monde civilisé ou le terme « civilisation » aura enfin tout son sens.
Mouedden Mohsin
Acteur associatif belge
Mohsin18mai2003@yahoo.fr
Bruxelles – Belgique.

 

Références :
(1)      AGGIORNAMENTO (pl. AGGIORNAMENTI ou AGGIORNAMENTOS) n.m. Adaptation à l'évolution du monde actuel.
(2)      http://toutesegaux.free.fr/article.php3?id_article=2&...                                          (2B) http://www.ldh-toulon.net/article.php3?id_article=508       
               http://www.ldh-toulon.net/article.php3?id_article=563                                                                            (2c) le massacre des Hereros http://www.ldh-toulon.net/article.php3?id_article=485                     (2D) http://www.afrique-asie.com/archives/2002/154juill/154alg...
         http://www.ldh-toulon.net/article.php3?id_article=148
       
(3)      Principes élémentaires de propagande de guerre utilisables en cas de guerre froide, chaude ou tiède… (Labor, coll. « Quartier libre », 2001) – 93 pages par Anne Morelle, historienne à l’ULB.
      (3B)  plusieurs Résolutions des Nations Unies et ce depuis 1948 condamne Israël sans jamais avoir        
             été appliquées.
(4)     Les Sémites sont les descendants du fils aîné de Noé, Sem, qui, après le déluge, s'installa avec sa famille dans la région de la Mésopotamie et de la Palestine. Aujourd'hui les peuples sémites se composent essentiellement des Juifs et des Arabes mais dans l'Antiquité, ils comprenaient également les Assyriens, les Babyloniens, les Araméens, les Cananéens et les Phéniciens. Les Sémites donnèrent naissance à des alphabets et à des dialectes qui se répandirent dans toute la Méditerranée orientale, le Proche-Orient et l'Afrique du Nord-Ouest (Éthiopie) entre le XIe siècle avant Jésus-Christ et le VIe siècle après Jésus-Christ environ. Les Arabes sont donc un peuple de Sémites, descendant du patriarche et prophète Abraham, par son fils aîné Ismaël
(5)      Les juifs falashas ou d’Europe de l’est ne sont pas des sémites ou rarement, les populations berbères converti au judaïsme il y a plusieurs siècles ne sont également pas des sémites.
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(6)      http://www.monde-diplomatique.fr/2002/12/VIDAL/17276
(7)      http://www.mfa.gov.il/MFAFR/MFAArchive/1990_1999/1999/9/Juifs%20et%20Arabes%20-%20un%20heritage%20culturel%20commun    «Juif et arabe, un héritage culturel commun »
http://www.monde-diplomatique.fr/1997/03/DE_ZAYAS/8003   http://www.ushmm.org/wlc/article.php?lang=fr&ModuleId...   
(8) http://home.tiscali.be/rupture/cb_frame.htm
Les juifs en Europe de l'Est http://www.historia.presse.fr/data/thematique/87/08707201...
1012 Expulsion des juifs de Mayence/1096 Les croisés massacrent les juifs en Rhénanie/1244 Frédéric II, duc d'Autriche, accorde une charte aux juifs/1264 Charte de Boleslav le Pieux en Pologne/1285 Destruction de la communauté de Munich/1334 Casimir III de Pologne étend la charte de 1264/1348 Massacres de la Peste noire en Allemagne. Les juifs allemands émigrent en Pologne et en Lituanie/1367 Expulsion des juifs de Hongrie/ 1388 Witold de Lituanie garantit une charte aux juifs de Brest-Litovsk/ 1389 Pogroms à Prague/ 1421 Expulsion d'Autriche/1439 Expulsion d'Augsbourg/1454 Révocation des privilèges. Emeutes à Cracovie/1483 Expulsion de Varsovie/1495 Expulsion de Cracovie et de Lituanie/1503 Retour des juifs en Lituanie/1534 Sigismond, grand-duc de Lituanie et roi de Pologne, abroge la loi les obligeant à porter un signe distinctif/ 1581 Début de l'autonomie juive en Pologne. Fondation du Conseil des Quatre Etats/1616 Les juifs peuvent revenir à Francfort/1649 Expulsion des juifs de Hambourg/ 1655-1656 Pogroms en Pologne/1671 Les juifs peuvent s'installer au Brandebourg/1700-1760 Débuts du hassidisme/1712 Première synagogue publique à Berlin/1750 Législation antijudaïque en Prusse./1764 Abrogation du Conseil des Quatre Etats en Pologne/1772 Première proscription des hassidim /1791 Zones de résidence obligatoire pour les juifs russes/1808 Début de l'émancipation des juifs germaniques./1835 Législation antijuive en Russie./1837 Création d'un journal juif à Berlin./1842 Conscription forcée des juifs dans l'armée russe/1848 Emancipation des juifs en Allemagne. Emeutes antijuives en Autriche-Hongrie/1860-1865 Les juifs « utiles » (diplômés, artisans) autorisés à vivre en dehors des zones de résidence en Russie/1867 Garantie des droits pour les juifs austro-hongrois./1871 Garantie des droits pour les juifs allemands. Pogroms à Odessa et en Roumanie./1873 Ouverture du séminaire rabbinique de Berlin./1905 Pogroms en Russie. Emigration massive./1908 Le yiddish est proclamé langue nationale ashkénaze./1912 Fondation du mouvement de jeunesse juive Blau-Weiss en Allemagne et en Tchécoslovaquie.
Les juifs en Europe de l'Ouest
1073 Arrivée des premiers juifs en Angleterre./1190 Massacre des juifs de York./1222 Le concile d'Oxford prend des mesures discriminatoires/1242 Le Talmud brûlé à Paris./1263 Discussion de Barcelone./1269 Saint Louis impose un signe distinctif, la rouelle./1290 Expulsion des juifs d'Angleterre./1306 Expulsion des juifs de France./1315 Les juifs sont rappelés en France./1320 Croisade des pastoureaux dans le Midi et en Espagne./1348 Massacres de la Peste noire en Espagne et au Portugal. Les juifs d'Italie protégés par une charte du pape Clément VI./1391 Massacres et conversions des juifs espagnols./1427 Un édit papal interdit le départ des juifs en Terre sainte./1473 Massacre des marranes de Cordoue et de Valladolid./1475 Expulsion des juifs de diverses villes italiennes./1492 Expulsion des juifs de Castille et d'Aragon./1516 Ghetto de Venise./1533 Le Talmud est brûlé à Rome./1541 Expulsion des juifs de Naples./1590 Des marranes s'installent aux Pays-Bas./1593 Expulsion des juifs de l'Etat pontifical./1602 Début d'une communauté juive à Amsterdam./1656 Autorisation de rentrer en Angleterre./1685 Liberté de culte pour les juifs anglais./1723 Concile général des juifs du Piémont./1760 Création du Comité représentatif des juifs britanniques./1775 Edit du pape
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Pie VI contre les juifs./1791 Les juifs de France bénéficient des droits civiques./1793 Attaque du ghetto de Rome./1796 Emancipation des juifs de la République batave./1807 Instauration d'un Sanhédrin à Paris./1818 Restauration des droits des juifs en France/1829 Ouverture d'un séminaire rabbinique à Padoue./1831 Le judaïsme obtient un statut d'égalité avec les autres religions en France./1833 Emancipation des juifs britanniques./1846 Abolition du «serment d'allégeance» en France./1848 Début de l'émancipation des juifs italiens./1855 Premier maire juif à Londres./1856 Création du Jew's College en Angleterre./1860 Instauration en France de l'Alliance israélite universelle./1870 Abolition du ghetto de Rome. Fondation de la Synagogue unifiée de Grande-Bretagne./1894 Affaire Dreyfus en France./1898 Emile Zola publie J'accuse/1906 Réhabilitation de Dreyfus/ 9 novembre 1938 la nuit du cristal en Allemagne 
1940-45 : génocide des juifs en Europe http://fr.wikipedia.org/wiki/Shoah#Les_victimes_juives_du...
(9) http://www.minorites.org/article.php?IDA=10559 L’industrie de l’Holocauste de Norman Finkelstein http://www.lafabrique.fr/article_livres.php3?id_article=50
http://paris.indymedia.org/article.php3?id_article=29497
(10) http://www.communautarisme.net/index.php?action=article&id_article=150599
http://www.communautarisme.net/index.php?action=article&id_article=150761&print=1
http://perso.wanadoo.fr/d-d.natanson/betar.htm
(11) En 1992 l’OMS a définitivement retiré l’homosexualité des maladies (psychiques…) http://filoumektoub.free.fr/gaibeur/actu/OMS/OMS.htm
(12)  http://fr.wikipedia.org/wiki/Juda%C3%AFsme_et_homosexualit%C3%A9
http://fr.wikipedia.org/wiki/Islam_et_homosexualit%C3%A9
http://fr.wikipedia.org/wiki/Christianisme_et_homosexualit%C3%A9
Cela fait partie de ce que nous, les bouddhistes, appelons « une mauvaise conduite sexuelle ». Les organes sexuels ont été créés pour la reproduction entre l'élément masculin et l'élément féminin et tout ce qui en dévie n'est pas acceptable d'un point de vue bouddhiste[..] le Dalaï Lama
(13) l’organisation dite « musulmane Al Fatiha » fondé par  Faisal Alam
 http://www.antenna.nl/~waterman/alfatiha.html  voir les associations européennes « Marhaba », « Kelma » … (13B) http://www.abdelaziz-benabdallah.org/Islam-femme.html
(14) Par le philosophe Tariq Ramadan   http://islamlaicite.org/article103.html
(15)   http://www.amnestyinternational.be/doc/rubrique649.html
http://www.lexpress.fr/info/monde/dossier/espagne/dossier...
http://www.arte-tv.com/fr/histoire-societe/Quand_20des_20p_C3_A8res_20se_20vengent/Violences_20conjugales/813722.html
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25.07.2005

Dieudonné SOLIDARITE

INTERVIEW DE L'HUMORISTE DIEUDONNE M'BALA M'BALA SUR RADIO CANADA

 

 

 

 

 

http://www.radio-canada.ca/radio/emissions/document.asp?docnumero=10879&numero=1641

 

http://lesogres.org/

22.07.2005

L'islamophobie en France : un racisme odieux !

Terrorisme

Quand la DST profane le Coran
Ali Berthet

Mardi 19 Juillet 2005
http://fr.pg.photos.yahoo.com/ph/co...2c1.jpg&.src=ph...
     
 

Après quatre jours de garde à vue, Madame Bach est sortie libre. C’est le mardi 21 juin 2005 à 6H, que cette habitante de Montpellier La Paillade (34), mère de trois enfants est menottée avec son époux et en présence de leurs enfants. Des hommes et des femmes en cagoule et en armes, agissant pour le compte du contre espionnage français (DST), les ont emmenés. Dans une lettre rendue publique la semaine dernière dont SaphirNet a vérifié l’authenticité, Madame Bach dénonce les conditions de son interrogatoire.

 
« Marocaine, je bois, je fume et je t’emmerde »
 

Une musulmane dans une salle face à ses interrogateurs. On l’oblige à retirer son Hijab. On lui défait sa chemise pour dévoiler le haut de ses seins en l’encourageant de quelques compliments ironiques sur ce décolleté et la beauté de ce corps qu’elle cache sous son voile. Elle essuie des railleries sur le Coran auquel elle se réfère. Objectif : déstabiliser le sujet. La scène ne se passe pas à Guantanamo. Elle se passe en France, à Montpellier. La femme est Madame Bach, épouse de Hamid Bach, présumé terroriste et soupçonné de préparer des attentats contre des objectifs situés en Italie.

Agé de 35 ans, Hamid Bach est mis en examen et écroué le lundi 27 juin dans le cadre de l’enquête sur « filière irakienne ». Actuellement à la prison de Fleury Mérogis (91), il est poursuivi pour « détention de substances explosives en bande organisée et en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. »
 
Durant sa garde à vue, Madame Bach est interrogée par l’agent « Khadija ». Un prénom qui lui évoque celui de la « mère des croyants », épouse du Prophète de l’islam et première femme devenue musulmane. « Khadija » opère en présence de ses collègues de la DST. Dans une lettre touchante détaillée qu’elle diffuse par l’intermédiaire de ses proches et auprès du Conseil régional du culte musulman du Languedoc Roussillon, Madame Bach écrit : « L'interrogatoire commence par le pourquoi du port du voile qui, de plus, est de couleur noire ; les motivations de ce choix et de leur réciter des versets coraniques s'y rapportant. A ma réponse naïve à toutes ces questions, Khadija Ragragui, la femme de Loi m'a répondu : « moi je suis Marocaine, je bois, je fume et je t'emmerde. » Entre temps, quand j'essayais de dissimuler mes cheveux sous ma tunique, cette même personne me les ressortait en me faisant l'éloge de ma « beauté ». L'interrogatoire se poursuit toujours en me posant des questions d'un air intéressé sur des sourates ainsi que sur des versets du Coran. « Qu'est-ce que ton Allah dit sur la sourate des femmes ? » Une fois ma réponse émise, « mon amie Khadija » me suggéra de m'asseoir sur le Coran et de me servir des versets pour essuyer mes déjections. Evidemment les termes utilisés par cette personne sont autrement plus vulgaires que je n'ose même pas les rapporter ici. »
 

Deux exemplaires du Coran déchirés


Peu satisfait de ce harcèlement moral, l’interrogatoire se fera plus physique comme l’écrit madame Bach : « les tapes sur la tête, les gifles accompagnées d'insultes du style : « ânesse, saleté, ***, manipulatrice, intégriste, terroriste… » Toute cette scène s'est déroulée sous les encouragements et les applaudissements de ses collègues du sexe fort. Certains se permettaient des : vas-y Khadidja, tu vas y arriver.  Toutes ces humiliations ont été subies dans des conditions inhumaines :
-         Station debout pendant tout l'interrogatoire (seul repos accordé : une à deux heures de sommeil (allongée) par nuit.
-         Deux à trois gobelets d'eau par jour.
-         Refus de me remettre mon foulard pour accomplir mes prières quotidiennes.
J'aurai beaucoup d'autres exemples à fournir, mais cela prendrait trop de temps, car le calvaire a duré 96 heures. »
 
Madame Bach a finalement été relâchée, aucun chef d’inculpation n’ayant été retenu contre elle. Elle a retrouvé ses enfants et a pu regagner son domicile passé au peigne fin par les enquêteurs. Au milieu de ses meubles renversés, des ses tableaux éventrés et de son papier peint arraché, elle a eu la surprise de découvrir ses deux exemplaires du Coran déchirés. Quant à ses bijoux et son porte-monnaie, ils se sont volatilisés. Madame Bach a pris un avocat et a décidé de porter plainte pour le traitement subi pendant ces quatre jours.
http://fr.pg.photos.yahoo.com/ph/co...2c1.jpg&.src=ph...

 

 

 

 

un comité de soutien a été organisé par une soeur : comitedesoutienammebach@yahoo.fr ; je vous laisse aussi le e-mail de la soeur en question contre_les_les_abus_de_pouvoir@hotmail.fr ;

COMMUNIQUE : Le Coran profané, cela n’arrive pas seulement à Guantanamo
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Le Coran profané, cela n’arrive pas seulement à Guantanamo

Dans le cadre de l'enquête dite des « filières irakiennes », une perquisition a eu lieu au domicile de la famille Bach à Montpellier. Au cours de cette perquisition, deux Corans ont été piétinés et déchirés (photo prise par le journal local le MIDILIBRE de l’Hérault du 29-06-2005).
Mme Bach, marocaine d'origine vivant en France depuis 25 ans et mère de 3 enfants, témoigne afin que d'autres citoyens ne subissent le même sort. Elle a vécu l’enfer pendant quatre jours de garde à vue, en France, berceau des droits de l’homme, alors qu’elle est innocente de ce dont on l’accusait. Elle décrit des méthodes d’interrogatoire avilissantes et humiliantes qui font penser au quotidien inhumain des prisonniers irakiens d’Abou Ghareib (voir l’intégralité de son témoignage sur SaphirNet.info).
Monsieur Bach est, quant à lui, inculpé des mêmes faits reprochés à son épouse. Celle-ci dénonce un « coup monté » contre son mari, un musulman sans histoire. Elle affirme, que les dépositions de son époux ont été obtenues « sous la contrainte et par la menace ».
Il est inacceptable que le Coran, livre tenu pour sacré par les musulmans, soit foulé au pied et déchiré. Cela est d’autant plus inadmissible lorsque cela est le fait des forces de l’ordre de notre pays. Ne sont-elle pas censées garantir et protéger les droits de leurs concitoyens ?
Nous invitons toutes celles et tous ceux qui souhaitent exprimer leur indignation à écrire aux autorités afin que cessent ces agissements porteurs de haine et de violence dans un monde déjà dominé par la terreur.
Nous demandons à toute personne qui souhaite soutenir la famille Bach dans cette affaire de nous contacter. Votre aide sera appréciable.

Le comité de soutien à Mme Bach
comitedesoutienammebach@yahoo.fr

 

 

La torture au Maroc

RAPPORT ACCABLANT DE LA FEDERATION INTERNATIONALE DES LIGUES DES DROITS DE L'HOMME SUR LA TORTURE AU MAROC

 

 

Ce rapport de la fédération internationale des ligues de droits de l'homme (FIDH), que TelQuel présente en exclusivité, va déranger. Moins par son contenu, d'ailleurs, que par le simple fait qu'il existe. Car ce qu'il affirme dans les grandes lignes (le retour de la torture, des enlèvements, des disparitions…) n'est pas inconnu des Marocains. Depuis que la "lutte contre le terrorisme" a commencé chez nous (au moins un an avant le 16 mai 2003), et grâce à de multiples bribes d'information publiées dans la presse… "on sait". La nouveauté, c'est que tout cela n'est plus sous la forme d'informations éparses, parfois contradictoires et présentées de manières diversement crédibles. La FIDH a fait un vrai travail d'enquête et de recoupement. Ses envoyés, des hommes et une femme, au-dessus de tout soupçon, ont rencontré des dizaines de personnes : victimes, familles de victimes, journalistes, militants des droits de l'homme mais aussi avocats, procureurs, ministres (dont celui de la Justice et celui des Droits de l'homme). Le résultat de leur enquête va bientôt circuler dans
nombre d'instances internationales. Le blanc-seing américain (d'autant plus que leurs agents participent à certains interrogatoires à Témara) suffira-t-il pour passer outre le désastreux "retour d'image" que ce rapport ne manquera pas d'occasionner au royaume ?
Espérons que non. Si la lutte contre le terrorisme est légitime, si le danger intégriste au Maroc est réel, les méthodes pratiquées par nos forces de sécurité ne sont pas acceptables, ni excusables. De plus, elles sont totalement improductives (lire en page 4). Après ce qu'on leur a réservé, ceux parmi les interpellés qui n'étaient pas encore arrivés au stade terroriste sont aujourd'hui mûrs. Une bombe à retardement sommeille dans nos prisons. Quant aux vrais terroristes, les enlèvements et la torture de leurs "frères en islamisme"… ne font que les conforter dans l'idée que le système est injuste, et qu'il faut l'abattre. Jusqu'à quand resterons-nous piégés dans cette spirale infernale ?


Arrestations ou enlèvements ?

Arrêter des suspects, d'accord. Mais pourquoi leur bander les yeux et mentir à leurs familles sur leur destination ?


• Le mercredi 18 septembre 2002 à 6h30 du matin, Abderrezak Faouzi a été arrêté au port de Casablanca. (Il raconte) : "Quatre personnes en civil me sont tombées dessus et m’ont conduit vers une voiture en me déclarant qu’ils étaient des agents de sécurité et qu’ils avaient besoin de moi pour seulement quelques minutes. Étant monté dans une voiture banalisée, on m’a mis alors des menottes et une fois qu’on a pris l’autoroute de Rabat, on m’a bandé les yeux".

• (Le 6 août 2002 vers 21h00), Salah Zarli se trouvait (…) sur
un parking à proximité de son domicile à Casablanca. "Des hommes taillés en armoires à glace m’ont entouré, lorsque j’ai essayé de comprendre, l’un d’eux a sorti des menottes et a enserré mes poignets. Essayant de poser une question, j'ai reçu un coup de poing sur le visage, puis on m'a jeté dans une voiture sous la menace d’un revolver. Les insultes ont commencé à pleuvoir et quelqu’un m’a bandé les yeux".

• Mohamed Chtoubi a été arrêté le 29 septembre 2002 à Salé. Selon son récit et celui que nous a fait sa sœur, il sortait de sa boutique lorsqu’il fut coincé par un grand nombre de policiers en civil qui ont menacé de tirer sur lui. "(…) Lorsqu’ils m’ont jeté dans la voiture, ils ont appelé leurs supérieurs pour leur annoncer qu’ils détenaient "la commande". Rendez-vous fut pris à l’aéroport de Salé d’où je fus transféré dans une autre voiture avec d’autres individus qui m’ont tout de suite menotté et bandé les yeux (…)".

• (Nous sommes le vendredi 20 septembre 2002 vers 23h00 (…) quand) les policiers emmènent Abdelkebir Ktoubi en assurant à sa famille que leur proche "a une affaire en cours et qu'il sera de retour le lendemain". (…) Le lendemain, (sa famille) fait en vain le tour des commissariats à sa recherche. Le surlendemain, d'autres policiers reviennent (…). "Le plus curieux, rapportent nos témoins, c’est que les policiers nous ont demandé quelles étaient les personnes qui étaient venues chercher Abdelkebir l’avant veille, si le véhicule utilisé était vraiment celui de la police et se sont étonnés que ces "policiers" n'aient pas montré leurs cartes professionnelles". La famille se demande si elle a affaire à deux services différents de sécurité ou s'il s'agit d'un stratagème pour lui faire croire que la police n'a rien à voir avec l'enlèvement. Abdelkebir Ktoubi racontera plus tard (…) : "On m’a embarqué dans une Fiat, bandé les yeux, nous avons roulé très peu pour encore changer de voiture. (…) Ils m’ont alors demandé si je ne voulais pas aller avec eux à Marrakech, ce qui était une manière de me tromper sur ma destination finale (qui, en fait, comme je le saurais plus tard, était le siège de la DST à Témara). Lorsqu’on s’est arrêté à une station pour prendre de l’essence, on m’a couvert la tête pour faire croire que je dormais".


Dans le secret de Témara

De nombreux témoignages attestent, de manière irréfutable, de l'existence d'une certaine annexe de la DST


Tous les témoignages concordent donc pour signaler l'existence de ce centre de détention secret qui doit être situé à l'intérieur même ou à proximité du nouveau siège de la DST à Témara. Avant de fonctionner depuis deux ans, pour détenir au secret des militants islamistes ou présumés terroristes, il aurait aussi été utilisé entre le milieu des années 80 et le début des années 90, comme l'ont publiquement affirmé deux témoins qui y avaient également été illégalement détenus des années durant à cette époque (témoignages de Mohamed Mossadek Ben Khadra et de Khadija Hamed, publiés dans Al Ittihad Al Ichtiraki en avril et juin 2000). Outre Témara, d'autres lieux de détention et d'interrogatoire auraient été établis dans des fermes et d'autres locaux après des aménagements sommaires, comme, selon certaines informations, à Tit Mellil, dans la banlieue de Casablanca.


Interrogatoires sous la torture

Tabassages en règle, viols et/ou menaces de viol sur la famille, brûlures de cigarettes, falaqa… Toute la panoplie des années noires est de nouveau en usage


• La détention au secret est systématiquement associée à la torture et aux mauvais traitements. Des cas de viols sont signalés. Ainsi Abdelghani Bentaous a déclaré avoir été violé trois fois. Abdelmjid Raïs a déclaré avoir été violé avec une bouteille et brûlé avec des cigarettes. D’autres détenus déclarent avoir été brûlés avec des cigarettes et suspendus pendant des heures ou soumis à la torture de l’eau ingurgitée de force.

• Plusieurs détenus qui ont refusé de signer les procès verbaux d’interrogatoire ont finalement signé sous l’effet de la torture. C’est par exemple ce que déclarent Abdelghani Bentaous et Atchane à leurs avocats et au juge.

• Abderrezak Fawzi a été maintenu, depuis son arrestation le 18 septembre 2002, dans une cellule individuelle sans fenêtre. Seuls un matelas en mousse et une couverture vétustes sont jetés à terre. Les yeux bandés et menotté, il est "cuisiné". "Cet interrogatoire à Témara, écrit-il, était mené à coups de poing, de pieds, d’humiliation et d’injures et ponctué de brûlures de cigarettes sur mes mains. Ces pratiques bi-quotidiennes ont provoqué chez moi des souffrances physiques et morales dont je garde encore les traces évidentes sans parler des cauchemars et de l’absence de sommeil".

• (Témoignage de Abdallah Meski, interpellé le 15 juillet 2002) : "Au commissariat de Ben Msik, je suis resté de midi et demi à 18h00 . J'y ai subi un interrogatoire normal portant sur mes activités à l’étranger [Meski vit en Arabie Saoudite]. Les policiers rendaient compte au téléphone de cet interrogatoire au fur et à mesure qu’il se déroulait. Remis dans un véhicule, on me bande les yeux... Là, on m’interroge sur mes engagements, mes voyages par exemple en Syrie et si j’y connaissais des Marocains (…). Comme je n’avais rien à dire, on a commencé à me battre à l’aide d’une barre de fer, on m’a menacé de viol et de violer ma femme". (…)
l (Témoignage de Salah Zarli, interpellé le 6 août 2002) : "… On m’a emmené au secret à Témara où j’ai subi plusieurs interrogatoires avec des méthodes épouvantables. Puisque "je ne devais plus voir le soleil, selon eux, dit Salah Zarli, j’ai reconnu m'être rendu en Afghanistan. Ils m’ont alors demandé de travailler avec eux pour mieux connaître les Afghans surtout lesMarocains afghans et les islamistes à Milan où je travaillais à l’Institut Islamique. Quatre jours après, ils m’ont laissé partir en me demandant de les informer. (…) Le 3 septembre 2002, quatre individus m’ont accompagné chez moi, ont tout fouillé et ont emporté tous mes papiers. (…) De nouveau, ils m’ont emmené à Témara où ils m’ont gardé un mois et demi enfermé dans une cellule individuelle que je ne quittais que pour être interrogé durant 16 heures de suite, interrogatoire qui dirait à 8h du matin jusqu’à 3h du matin. Tabassage sur tout le corps, mise à nu, insultes, crachats, menaces et j’en passe… Tout cela sans voir les visages de mes tortionnaires".

• "…Menotté et les yeux bandés, j’ai été emmené à la salle de tortures où on m’a fait agenouiller et mis les bras au dessus de la tête pour me maintenir ainsi durant le long interrogatoire qui a suivi. À chaque fois que j’hésitais ou bégayais ou me trompais, j’étais battu à l’aide d’un fil électrique tressé. Les coups portaient sur la tête, le dos, la plante des pieds, les fesses, les cuisses, accompagnés de gifles et de coups de poings sur le visage, ce qui a provoqué une surdité de l’oreille gauche. Un médecin est alors venu me voir et m’a prescrit des médicaments. Lorsque j’eus rejoint la salle de torture, l’un des tortionnaires a déchiré ma chemise devant mon jeune frère, lequel poussait des hurlements, alors que je l’entendais sans le voir puisque j’avais toujours les yeux bandés. On me conduisit à une salle de tortures, où je passai la première nuit sans dormir parce qu’on m’interrogeait presque sans interruption" (Kamal Chtoubi).

• La famille de Mohamed Chtoubi affirme qu'il a été violé à l'aide d'une bouteille et a tenu à nous dire qu'on lui a refusé des soins à la prison de Oukacha alors qu'il n'arrivait plus à s'asseoir, ce qu'elle a constaté lors de son procès. Le chantage constant à l'égard de Mohamed Chtoubi était : "Reconnais les faits et ton frère sera relâché". "Le jour où je l'ai vu, raconte sa sœur, il avait le nez et la bouche déformés par les coups". "La perversité qu’ils rajoutaient au fur et à mesure que se prolongeait ce cauchemar, relate Mohamed Chtoubi, c’est qu’ils menaçaient de violer ma mère, mon épouse et mes sœurs sous mes yeux. Ils n’oubliaient cependant pas la torture physique puisqu’ils utilisaient l’électricité, me suspendaient, m’étouffaient à l’aide de chiffons mouillés… On m’a abandonné parce que mon état s’est gravement détérioré et que je passais des nuits entières à hurler à la suite de cauchemars horribles (…) Le plus difficile, c’était d’abord la peur d’être violé, acte dont ils brandissaient constamment la menace, et les hurlements de ceux qu’on torturait (…) Au bout de 40 jours de ce régime, je ne savais plus où j’en étais, ni ce que je disais, ni ce que je faisais … Un jour du mois de Ramadan (novembre 2002) j’ai retiré l’enveloppe de mon matelas pour la transformer en corde, que j’ai accroché à la fenêtre pour me pendre … Ce sont mes râles qui ont fait venir les gardiens. Le médecin qu’on m’a emmené voir les yeux bandés, leur a dit que mon état d’hypotension pouvait entraîner de graves conséquences". C’est alors que les chefs de la prison le convoquent pour dire à Mohamed Chtoubi que toute autre tentative de sa part lui coûterait la vie et qu’il serait "enterré dans la forêt toute proche sans que quiconque ne sache le sort qui lui a été réservé". Trois ou quatre jours après, de nouveaux tortionnaires prirent la relève avec les mêmes méthodes. (…) "Le 14 septembre 2002, des gardiens viennent me prendre, menotté et les yeux bandés, pour me jeter dans une voiture (…) Arrivés à destination, la même voix qui m’avait interrogé la toute première fois me déclare que si je ne voulais pas retourner d’où je venais, je n’avais qu’à signer les documents qu’on allait me présenter. Contraint et forcé, j'ai signé …"

• Abderrahman Majdoubi, arrêté à Tanger dans la nuit du 2 juillet 2002, parle d’un lieu où il a été introduit dès le deuxième jour de son arrestation en présence de cinq individus "dont certains m’interrogeaient et d’autres me frappaient. L’un d’eux utilisait la tranche d’un hachoir pour me frapper et un autre un tuyau en métal recouvert de caoutchouc pour taper sur mes genoux (…) Puis j’ai été tiré et traîné par terre pour être emmené dans une autre cellule où un tortionnaire me frappait le visage avec ses brodequins alors que son complice m’interrogeait (…)". Un des tortionnaires promet à Majdoubi qu’il ne sortira de ce lieu que réduit à quelques kilos.


Morts suspectes

Outre la cas, connu, de Moul Sebbat, deux autres interpellés sont morts dans des circonstances troublantes.


1. Abdelhak Bentassir dit "Moul Sebbat"
Agé de 30 ans, (…) personnage solide, "c’est lui qui déchargeait seul sur son dos sa marchandise à la boutique, il n’a jamais été malade, ni pris de médicaments" dit l’une de ses sœurs. Plutôt que de nous voir débarquer chez elle, la famille de Abdelhak a préféré nous rencontrer dans un café de Fès, sous l'œil vigilant d'un "civil" venu s'installer ostensiblement à la table à côté pour lire son journal. (…) Le 21 mai 2003, un nombre important de policiers en civil et en uniforme s’introduisent chez Abdelhak Bentassir, vers 18h45, et l’embarquent sans mandat. Les 26 et 27 mai, son épouse est convoquée au poste de police pour s'entendre dire que son mari est en fuite. Un numéro de téléphone lui est même remis pour appeler au cas où elle aurait du nouveau. Le 28 mai, une voisine lui apprend qu’elle vient d’entendre à la télévision la nouvelle de la mort de Abdelhak aux infos de 13h00. De nouveau, les sœurs et l'épouse font le tour des commissariats et apprennent qu’elles doivent se rendre à l’hôpital Ibn Rochd à Casablanca. Là, on les dirige vers une pièce où se trouve une caisse, l’odeur est épouvantable, et devient franchement insupportable lorsqu’on découvre le visage et le haut du corps jusqu’aux aisselles du cadavre. C’est un amas de chair décomposée noire, dit la sœur qui l’a identifié, où apparaissent des touffes de cheveux et de barbe. Est-ce bien lui ? Son beau-père et sa femme sont incapables de l’identifier. Mais sa sœur remarque les deux incisives cariées de Abdelhak et l’authentifie (…). Une source informée, qui a eu connaissance du rapport d’autopsie, nous déclare que "la mort de Moul Sebbat est plus le fait d’une violence incontrôlée que de tortures classiques". (…) Une autopsie a été pratiquée sur réquisition du parquet par quatre médecins légistes qui ont conclu à une mort naturelle, due à des problèmes du cœur et du foie. Ils ont constaté des ecchymoses, qui seraient dues à la résistance que l’intéressé a opposée lors de son arrestation. Mais, selon les autorités, elles auraient été superficielles, et sans lien avec le décès.

2. Mohamed Bounit
Le 17 juillet 2003, 5 personnes se présentent comme des policiers au domicile de Mohamed Bounit à Taroudant, enseignant, docteur en philosophie et auteur de deux livres sur l’islam. Leur chef entreprend de mener un interrogatoire sur un article paru sur Internet et repris par un journal suédois dont Bounit est l’auteur (…). Selon sa sœur Naïma, cet interrogatoire n’a pas duré longtemps (…). Dans la soirée, le policier le rappelle à plusieurs reprises pour discuter du livre de Bounit qu’il considère comme un appel au Jihad (…). Le 21 juin 2003, les policiers reviennent et embarquent Mohamed Bounit. Sa famille a essayé de le rejoindre au commissariat où, leur a t-on dit, une équipe était venue spécialement de Rabat à Agadir pour l’interroger. (…) Le 24 juin 2003, les policiers reviennent convoquer sa famille pour identifier son cadavre. Son crâne, selon sa famille, était fracassé. D'après les autorités, Mohamed Bounit serait décédé en se jetant de sa voiture, alors que des policiers "inexpérimentés" l'emmenaient vers Casablanca. "Pris de panique", ils auraient jeté le corps dans une rue de Marrakech. Le 21 juillet, le ministre de la Justice confirme cette thèse à une délégation de l'OMDH et de l'AMDH et annonce l'ouverture d'une instruction. Fin décembre 2003, la presse marocaine annonce la désignation d'un juge d'instruction et l'inculpation de trois policiers.

3. Hassan Dardari
Parti en Afghanistan pour s'y installer avec sa famille avant les attentats du 11 septembre 2001, il quitte ce pays après l'invasion américaine, est arrêté et détenu durant un mois en Iran et arrive au Maroc le 7 juillet 2002. Interpellé à la gare de Tanger, Hassan Dardari est emmené en voiture jusqu'à Rabat, où on lui bande les yeux à l'approche de la ville, avant de l'emmener au centre de Témara. Il affirmera plus tard qu'il a été interrogé durant un mois, tortures à l'appui, les questions portant sur l'organisation Al Qaïda et les Marocains présents en Afghanistan, des centaines de photos de personnes lui sont notamment présentées afin qu'il procède à leur identification (…). Hassan Dardari affirme aussi avoir été interrogé par des enquêteurs étrangers "très polis" qu'il pense être américains, à propos de l'organisation et des structures d'Al Qaïda. (…) Relâché fin décembre 2002, il regagne le quartier qu'il habite à la périphérie de Kénitra. Le 14 mai, alors qu'il revient de la prière de l'Asr, plusieurs témoins oculaires assistent à sa mort : une voiture tous feux éteints le renverse avant qu'un second véhicule ne lui écrase la tête.


Instruction bâclée, justice partiale

Une fois déférés à la justice, quasiment tous les droits des inculpés sont violés


Il apparaît de manière incontestable que les droits à un procès équitable des personnes interpellées en lien avec les évènements du 16 mai, tels que garantis par la législation marocaine, ont été violés de manière quasi-systématique (…). Les procédures d'instruction qui duraient antérieurement de nombreux mois - un an pour l'affaire Fikri - se sont brutalement accélérées à la suite du 16 mai. En quelques semaines, les inculpés, qui encouraient de très lourdes peines, sont renvoyés devant la chambre criminelle après une instruction particulièrement sommaire, le juge cherchant seulement à faire confirmer les aveux obtenus par les policiers. (…)
Au Parquet général où des mis en cause ont souvent été conduits les yeux bandés, croyant ainsi qu’ils étaient encore dans les locaux de la police, les droits garantis par l’article 76 du Code marocain de procédure pénale (CPP) n'ont été, de l'avis unanime des avocats rencontrés, presque jamais respectés. Cet article garantit le droit à désigner un avocat, sa présence lors de cette première audition, le droit à un examen médical si la personne déclare avoir été maltraitée et enfin la rédaction d'un procès-verbal. (…)
Soumis apparemment à une obligation immédiate de résultat, les juges d'instruction ont d'évidence pris de grandes largesses avec les dispositions de la législation marocaine : "l'instruction s'est déroulée en effet dans des conditions aberrantes, souvent après minuit et même à 3h ou 4h du matin" dit un avocat, les inculpés attendant pendant des heures dans le fourgon, où on leur donne parfois à boire. Quant à l’interrogatoire lui-même, il se déroule selon un avocat d’après un questionnaire pratiquement pré-établi, l’inculpé devant répondre à des questions précises. "Ne me parlez de rien qui soit en dehors de ce dossier", a dit le Président de la Cour à un accusé qui voulait s’expliquer. Les accusations n'étaient parfois étayées que par une dénonciation ou une citation d’un tiers ou d’un autre accusé, le plus souvent à la suite de mauvais traitements ou de torture. Les dossiers comprenaient rarement des pièces attestant de la possession d’armes ou d’explosifs ou encore d’une participation à des associations interdites. (…)
D’après les avocats rencontrés tant à Casablanca qu’à Rabat, les procès-verbaux rédigés par les juges d’instruction durant la phase d'instruction préliminaire étaient basés essentiellement ou exclusivement sur les procès verbaux de la DST, les juges n’acceptant pas leur remise en cause ou obligeant certains inculpés à les signer sans leur permettre d'en prendre connaissance. Il en a été ainsi, par exemple, pour Larbi Dakik, client de Me Idrissi, qui a dû signer sur la marge du procès-verbal sans pouvoir le lire. (…)
Ce sont donc des avocats débutants, peu expérimentés ou non motivés, qui auraient été désignés, parfois dans une urgence qui n'a guère permis d'assurer une défense digne de ce nom. Certains avocats qui venaient tout juste d'être désignés, nous ont affirmé les familles à de nombreuses reprises, ont rencontré les inculpés qu'ils étaient censés défendre 48 heures seulement avant le procès où ils jouaient leur tête. Certains de ces avocats, désignés, pour ce qu'il nous a été donné de constater, assuraient un service minimum. Parfois, ils étaient aussi convaincus que l'accusation de la nécessité d'une ferme répression des "actes terroristes", ou s'en remettaient à la sagesse de la Cour. Quant aux avocats déterminés à jouer pleinement leur rôle, ils ont fréquemment été menacés par des Présidents, brandissant à tout bout de champ le respect dû à la Cour. De même, les avocats qui se retiraient pour protester contre la violation des droits de la défense étaient immédiatement remplacés.

Terminus : la prison

Les enquêteurs de la FIDH ont visité les cellules et le parloir de Oukacha, mais on ne les a pas laissés rencontrer les prisonniers


• Les visiteurs arrivent à la prison de Oukacha à 11 h du matin, ils n’entrent dans la cour de la prison qu’à 15 h et ne sont dans le couloir de la visite qu’à 17 h et ce, pour 20 minutes. Arrivés dans le vaste couloir en sous-sol qui mène au parloir, le brouhaha d’une manifestation envahit l’espace et plus on se rapproche, plus le brouhaha grandit. On pénètre ce qui ressemble plus à une antre plus qu’à une salle, où une faible lampe jette une lumière blafarde sur des êtres accrochés à des grillages, qui hurlent comme des sourds. Le 18 juillet 2003, il y faisait une chaleur d’étuve et l’odeur de fauve y était repoussante. Des gardiens stoïques font le va et vient dans le couloir qui sépare les grilles. D’un côté les détenus, de l’autre les familles. Deux hordes hurlantes essayent de communiquer (…)

• (Au cours de notre visite à la prison de Oukacha, à Casablanca), nous avons pu voir des cellules vides, de 2,50 m sur 1,50 m avec un coin toilettes isolé et une petite fenêtre à ras de plafond, peintes de frais et passées au détergent dont l’odeur nous a pris à la gorge. Ces cellules, selon le directeur de la prison, devaient accueillir les 31 condamnés du groupe Youssef Fikri. Mais lorsque nous avons demandé à rencontrer certains d’entre eux, le directeur de Oukacha nous a affirmé que ces derniers avaient été transférés à Kénitra. En fait, en quittant la prison, nous avons rencontré certaines familles de ces condamnés dont c’était le jour de visite et qui nous ont affirmé qu’elles avaient pu les voir. (…)

19.07.2005

ABDELKRIM AL KHATTABI UN HOMME, UNE VIE

UN HOMME ABDELKRIM AL KHATTABI... RESISTANT CONTRE LA COLONISATION EUROPEENNE, RIFAIN MUSULMAN A INSPIRE LES PLUS GRANDS HOMMES DE CE 20ème SIECLE

 

Bataille Anoual, il était possible de vaincre des armées classiques Version imprimable Suggérer par mail
Le peuple marocain jeudi, commémorera le 84e anniversaire de la bataille d'Anoual, qui rappelle l'éclatante victoire des combattants de la région du Rif, sous la conduite du moujahid Mohamed Abdelkrim Al Khattabi, sur les forces d'occupation espagnole.

Le peuple marocain et à sa tête le mouvement national, la famille de la résistance et l'armée de libération célèbreront, jeudi, le 84-ème anniversaire de la bataille d'Anoual, qui rappelle l'éclatante victoire, le 21 juillet 1921, des combattants de la région du Rif, sous la conduite du moujahid Mohamed Abdelkrim Al Khattabi, sur les forces d'occupation espagnole.

La commémoration de cette épopée, considérée comme étant le premier soulèvement contre l'occupant, est l'occasion de rendre hommage à la bravoure, à l'esprit de sacrifice et à l'héroïsme avec lesquels les populations du Rif ont fait face aux visées colonialistes.

Le glorieux anniversaire, qui commémore une étape gravée en lettres d'or dans les annales de la lutte du peuple marocain pour la défense de l'intégrité territoriale du Royaume, est également une opportunité pour se remémorer les lourds sacrifices consentis par ces combattants et les actions épiques qu'ils ont engagées pour repousser toute menace visant à porter atteinte à l'unité du pays. C'est à Anoual, entre Melillia et Al Hoceima, que le général Sylvestre, qui commandait les 60.000 hommes de l'armée espagnole installée dans cette région, avait concentré la plus grande partie de ses troupes.

Disposant d'une armée nombreuse et d'un armement moderne, le général espagnol n'avait, à aucun moment, imaginé que ses troupes allaient essuyer une cuisante défaite par les résistants marocains.



La victoire d'Anoual qui eut des retentissements au-delà des frontières du Maroc a servi de référence et de leçon aux plus grands stratèges de l'époque et constitué un catalyseur pour la conscience de tous les peuples colonisés. La bataille d'Anoual était, en fait, la première étape du processus de lutte menée par Feu SM Mohammed V pour la libération du Maroc, lequel processus a été poursuivi par Feu SM Hassan II pour la récupération des provinces du sud du Royaume. Elle est la preuve que le peuple marocain n'a